{"id":7291,"date":"2020-03-24T17:07:00","date_gmt":"2020-03-24T16:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/?p=7291"},"modified":"2026-02-13T22:24:37","modified_gmt":"2026-02-13T21:24:37","slug":"creation-et-cosmologie-du-big-bang-par-william-lane-craig","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/2020\/03\/24\/creation-et-cosmologie-du-big-bang-par-william-lane-craig\/","title":{"rendered":"Cr\u00e9ation et cosmologie du Big Bang &#8211; par William Lane Craig"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Par William Lane Craig<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>De r\u00e9centes discussions ont soulev\u00e9 la question des implications m\u00e9taphysiques de la cosmologie standard du Big Bang. L&rsquo;argument de Gr\u00fcnbaum selon lequel le principe de causalit\u00e9 ne peut \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;univers repose sur un pseudo-dilemme, puisque la cause ne pourrait agir ni avant ni apr\u00e8s t=0, mais \u00e0 t=0. Le plaidoyer de L\u00e9vy-Leblond en faveur d&rsquo;une modification de la m\u00e9trique du temps cosmique en vue de repousser la singularit\u00e9 \u00e0 &#8211;<\/em>\ua74f<em> implique diverses difficult\u00e9s conceptuelles et est de toute fa\u00e7on vain, puisque le commencement de l&rsquo;univers n&rsquo;est pas \u00e9limin\u00e9. L&rsquo;aversion de Maddox pour les implications m\u00e9taphysiques possibles du mod\u00e8le standard t\u00e9moigne d&rsquo;un scientisme \u00e9troit. La cosmog\u00e9n\u00e8se standard du Big Bang semble donc avoir ces implications m\u00e9taphysiques que certains ont trouv\u00e9es si d\u00e9rangeantes.<\/em><\/p>\n\n\n<hr \/>\n\n\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, le vulgarisateur scientifique Robert Jastrow a \u00e9bouriff\u00e9 les plumes de la science en affirmant dans son petit livre&nbsp;<em>God and the Astronomers<\/em>&nbsp;[(1978), pp. 113-116] que de nombreux cosmologistes ont une aversion profonde pour les implications m\u00e9taphysiques et, en fait, th\u00e9ologiques possibles de la cosmog\u00e9n\u00e8se classique du Big Bang. Une correspondance r\u00e9cente avec le magazine scientifique britannique&nbsp;<em>Nature<\/em>&nbsp;semble confirmer ce jugement [Maddox (1989), L\u00e9vy-Leblond (1989), Gr\u00fcnbaum (1990).] J. Maddox anticipe avec empressement la chute du mod\u00e8le du Big Bang parce que les cr\u00e9ationnistes y trouvent une \u00ab&nbsp;ample justification&nbsp;\u00bb de leur credo th\u00e9iste ; Jean-Marc L\u00e9vy-Leblond cherche au contraire \u00e0 subvertir les implications m\u00e9taphysiques de la th\u00e9orie du Big Bang par une modification de la m\u00e9trique du temps cosmique afin de repousser l&rsquo;origine de l&rsquo;univers \u00e0 l&rsquo;infini, auquel \u00ab&nbsp;il semble appartenir&nbsp;\u00bb ; A. Gr\u00fcnbaum ne voit aucune exigence encadrant un tel artifice, puisque la conception d&rsquo;une cause de la singularit\u00e9 cosmologique initiale est contradictoire et la question de savoir ce qui a caus\u00e9 l&rsquo;origine de l&rsquo;univers est donc un \u00ab&nbsp;pseudo-probl\u00e8me&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 cette controverse, il me semble que la tentative de Gr\u00fcnbaum de faire appara\u00eetre une contradiction dans la conception d&rsquo;une cause du Big Bang \u00e9choue et que Maddox a donc raison de soutenir que le mod\u00e8le classique a bien certaines implications&nbsp;m\u00e9taphysiques ; d&rsquo;autre part, les tentatives de Maddox et de L\u00e9vy-Leblond pour \u00e9viter ou discr\u00e9diter ces implications \u00e9chouent \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;argument de Gr\u00fcnbaum est que m\u00eame si nous supposions que&nbsp;<em>t<\/em><em><sub>0<\/sub><\/em>&nbsp;est un instant bien d\u00e9fini auquel la singularit\u00e9 du Big Bang s&rsquo;est produite, cet \u00ab&nbsp;\u00e9v\u00e9nement&nbsp;\u00bb ne peut pas avoir de cause pr\u00e9alable parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a tout simplement pas eu d&rsquo;instant avant&nbsp;<em>t<\/em><em><sub>0<\/sub><\/em>. La singularit\u00e9 du Big Bang \u00ab&nbsp;ne peut avoir aucune cause dans l&rsquo;univers&nbsp;\u00bb (sans doute parce qu&rsquo;une causalit\u00e9 en sens inverse est impossible) ni ne peut \u00ab&nbsp;\u00eatre l&rsquo;effet d&rsquo;une cause ant\u00e9rieure&nbsp;\u00bb (parce que le temps n&rsquo;existait pas avant.) Comme Gr\u00fcnbaum le pr\u00e9cise ailleurs [(1991), p. 248], cet argument ne d\u00e9pend pas essentiellement de l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle&nbsp;<em>t<\/em><em><sub>0<\/sub><\/em>&nbsp;\u00e9tait le premier instant temporel, plut\u00f4t qu&rsquo;un point singulier constituant la limite du temps, qui, par analogie avec une s\u00e9rie de fractions convergeant vers z\u00e9ro comme limite, n&rsquo;a pas de premier instant. Dans les deux cas, l&rsquo;objection reste la m\u00eame : puisqu&rsquo;il n&rsquo;existait pas d&rsquo;instants temporels ant\u00e9rieurs, il ne peut y avoir de cause ant\u00e9rieure \u00e0 la singularit\u00e9 cosmologique initiale. Par cons\u00e9quent, cette singularit\u00e9 doit \u00eatre uniquement sans cause et la question de l&rsquo;origine ultime pos\u00e9e par Maddox doit \u00eatre inappropri\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, l&rsquo;objection de Gr\u00fcnbaum est assez clairement un pseudo-dilemme. En effet, il ne tient pas compte de l&rsquo;alternative \u00e9vidente o\u00f9 la cause du Big Bang a agi&nbsp;<em>\u00e0<\/em>&nbsp;<em>t<\/em><em><sub>0<\/sub><\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire simultan\u00e9ment (ou de mani\u00e8re co\u00efncidente [1]) avec le Big Bang. Les discussions philosophiques sur la direction causale traitent couramment de la causalit\u00e9 simultan\u00e9e, la question \u00e9tant de savoir comment distinguer A comme cause et B comme effet lorsque ceux-ci se produisent ensemble en m\u00eame temps [Dummett et Flew (1954) ; Mackie (1966) ; Suchting (1968-69) ; Brier (1974), pp. 91-98 ; Brand (1979)] [2]. M\u00eame \u00e0 un niveau plus banal, nous faisons r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;exp\u00e9rience de causes simultan\u00e9es ; pour emprunter un exemple \u00e0 Kant, une balle lourde reposant sur un coussin est la cause d&rsquo;une d\u00e9pression dans ce coussin. En effet, si les conditions causales suffisantes pour un \u00e9v\u00e9nement&nbsp;<em>E<\/em>&nbsp;\u00e9taient pr\u00e9sentes avant l&rsquo;instant&nbsp;<em>t&nbsp;<\/em>de l&rsquo;apparition de&nbsp;<em>E<\/em>, alors&nbsp;<em>E<\/em>&nbsp;se produirait avant&nbsp;<em>t&nbsp;<\/em>; de m\u00eame, si les conditions causales pour&nbsp;<em>E<\/em>&nbsp;disparaissaient \u00e0&nbsp;<em>t&nbsp;<\/em>apr\u00e8s avoir exist\u00e9 \u00e0&nbsp;<em>t<\/em><em><sub>n<\/sub><\/em>&nbsp;&lt;&nbsp;<em>t,<\/em>&nbsp;alors&nbsp;<em>E<\/em>&nbsp;ne se produirait pas \u00e0&nbsp;<em>t<\/em>. En tout cas, il ne semble pas y avoir de difficult\u00e9 conceptuelle \u00e0 dire que la cause de l&rsquo;origine de l&rsquo;univers a op\u00e9r\u00e9 simultan\u00e9ment (ou de mani\u00e8re co\u00efncidente) avec l&rsquo;origine de l&rsquo;univers. Nous devrions donc dire que la cause de l&rsquo;origine de l&rsquo;univers est causalement ant\u00e9rieure au Big Bang, mais pas temporellement ant\u00e9rieure au Big Bang. Dans un tel cas, l\u2019on peut dire que la cause existe sans espace et sans temps, sans l&rsquo;univers, mais temporellement post\u00e9rieure au moment de la cr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pourquoi penser qu&rsquo;une telle cause existe ? Tr\u00e8s simplement, parce que l&rsquo;inf\u00e9rence causale est fond\u00e9e sur l&rsquo;intuition m\u00e9taphysique que&nbsp;<em>quelque chose ne peut pas sortir d\u2019un rien absolu<\/em>. Une pure potentialit\u00e9 ne peut pas s&rsquo;actualiser. Dans le cas de l&rsquo;univers (y compris tous ses points limites quelconques), il n&rsquo;y avait rien physiquement avant la singularit\u00e9 initiale [4]. La potentialit\u00e9 d&rsquo;existence de l&rsquo;univers ne pouvait donc pas se trouver en lui-m\u00eame, puisqu&rsquo;elle n&rsquo;existait pas avant la singularit\u00e9. Selon l&rsquo;hypoth\u00e8se th\u00e9iste, la potentialit\u00e9 de l&rsquo;existence de l&rsquo;univers r\u00e9side dans la puissance de Dieu de le cr\u00e9er. Dans l&rsquo;hypoth\u00e8se ath\u00e9e, il n&rsquo;y avait m\u00eame pas de potentialit\u00e9 d&rsquo;existence de l&rsquo;univers. Mais il semble alors inconcevable que l&rsquo;univers devienne r\u00e9el s&rsquo;il n&rsquo;existait aucune potentialit\u00e9 de son existence. Il me semble donc qu&rsquo;une petite r\u00e9flexion nous am\u00e8ne \u00e0 la conclusion que l&rsquo;origine de l&rsquo;univers avait une cause.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s la nature de la probl\u00e9matique en question, cette cause doit avoir transcend\u00e9 l&rsquo;espace et le temps (au moins sans l&rsquo;univers) et donc \u00eatre sans cause, immuable, \u00e9ternelle, immat\u00e9rielle et extr\u00eamement puissante. De plus, comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit ailleurs [Craig (1979), pp. 149-153 ; (1991), pp. 104-108], la cause est interpr\u00e9t\u00e9e de la mani\u00e8re la plus plausible comme \u00e9tant personnelle. Car la seule fa\u00e7on dont un effet temporel pourrait provenir d&rsquo;une cause \u00e9ternelle et immuable semble \u00eatre que la cause soit un agent personnel qui choisit \u00e9ternellement de cr\u00e9er un effet dans le temps. Une cause immuable, fonctionnant m\u00e9caniquement, soit produirait un effet imm\u00e9morial, soit ne produirait aucun effet du tout ; mais un agent dot\u00e9 de libre arbitre peut avoir la d\u00e9termination \u00e9ternelle d&rsquo;agir de fa\u00e7on causale \u00e0 un (premier) moment du temps et de produire ainsi un premier effet temporel. Par cons\u00e9quent, la cause de l&rsquo;univers est plausiblement consid\u00e9r\u00e9e comme personnelle. Cette conclusion est confirm\u00e9e par l&rsquo;incroyable complexit\u00e9 des conditions initiales donn\u00e9es dans l&rsquo;univers primitif, qui t\u00e9moignent d&rsquo;un dessein intelligent [Leslie (1990).] Ces attributs font partie des propri\u00e9t\u00e9s essentielles de ce que les th\u00e9istes entendent par \u00ab&nbsp;Dieu&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9vy-Leblond \u00e9vitera cette implication m\u00e9taphysique en adoptant la modification de la m\u00e9trique du temps cosmique de Misner, qui convertit le domaine du temps physique de ]<em>t<\/em><em><sub>0<\/sub><\/em>, +\u221e[ en ]-\u221e, +\u221e[. Il pense apparemment qu&rsquo;en rendant la singularit\u00e9 cosmologique initiale infiniment \u00e9loign\u00e9e dans le pass\u00e9 m\u00e9trique, l\u2019on peut ainsi ignorer sans risque les questions m\u00e9taphysiques qu&rsquo;elle soul\u00e8ve. Mais pourquoi devrions-nous consid\u00e9rer la m\u00e9trique temporelle de Misner au lieu de la m\u00e9trique conventionnelle comme une description factuellement objective du pass\u00e9 r\u00e9el de l&rsquo;univers ? L\u00e9vy-Leblond semble sugg\u00e9rer trois raisons : (i) puisque la singularit\u00e9 n&rsquo;appartient pas au pass\u00e9 de l&rsquo;univers, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle se situe \u00e0 la bordure du pass\u00e9, l\u2019on peut dire que cet \u00ab&nbsp;instant hors de port\u00e9e&nbsp;\u00bb est infiniment lointain ; (ii) d\u2019apr\u00e8s l&rsquo;analogie de la vitesse limite&nbsp;<em>c<\/em>&nbsp;et du z\u00e9ro absolu, l\u2019on devrait accepter \u00ab&nbsp;l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une origine temporelle devant laquelle le concept de temps n&rsquo;a aucun sens&nbsp;\u00bb ; (iii) puisque, selon la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale le choix des coordonn\u00e9es utilis\u00e9es pour d\u00e9crire l&rsquo;univers est arbitraire, nous sommes libres de modifier les param\u00e8tres spatio-temporels par lesquels la m\u00e9trique de Robertson-Walker est exprim\u00e9e et de renvoyer ainsi l&rsquo;origine du temps \u00e0 moins l&rsquo;infini.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce ne sont pas des raisons suffisantes pour pr\u00e9f\u00e9rer la modification de la m\u00e9trique de Misner : (i) La singularit\u00e9 n&rsquo;est hors de port\u00e9e de la m\u00e9trique standard que si l&rsquo;on s&rsquo;approche d&rsquo;elle par un intervalle ouvert instant apr\u00e8s instant ; mais si nous r\u00e9gressons par des distances d&rsquo;intervalles temporels \u00e9gaux non nuls, alors nous atteignons une origine absolue de l&rsquo;univers en un nombre fini de pas, en ce sens que nous arrivons \u00e0 une premi\u00e8re ann\u00e9e, ou heure, ou seconde, ou quoi que ce soit d&rsquo;autre, m\u00eame si ces segments temporels n&rsquo;ont pas de premier instant [Smith (1985).] La singularit\u00e9 est le point limite du premier segment temporel et n&rsquo;est donc pas infiniment \u00e9loign\u00e9e. (ii) Avec la m\u00e9trique standard, nous avons&nbsp;<em>d\u00e9j\u00e0<\/em>&nbsp;une origine temporelle devant laquelle le concept de temps n&rsquo;a pas de sens, de sorte que cela ne justifie pas une modification de la m\u00e9trique. (iii) Si la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, consid\u00e9r\u00e9e&nbsp;<em>in abstracto,<\/em>&nbsp;n&rsquo;\u00e9tablit aucune formule pour d\u00e9couper la multitude de points de l&rsquo;espace-temps, certains mod\u00e8les de l&rsquo;espace-temps, comme le mod\u00e8le de Friedman, ont une g\u00e9om\u00e9trie physique dynamique et \u00e9volutive qui est li\u00e9e aux conditions limites d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et d&rsquo;isotropie du fluide cosmologique et qui se traduit par certaines sym\u00e9tries naturelles qui servent de marqueurs pour la foliation pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;espace-temps et l&rsquo;attribution d&rsquo;un param\u00e8tre de temps cosmique [Misner, et. al. (1973), p. 714.] La sous-d\u00e9termination de la th\u00e9orie&nbsp;<em>in abstracto<\/em>&nbsp;n&rsquo;a tout simplement aucun rapport avec le fait de pr\u00e9f\u00e9rer une horloge non conventionnelle \u00e0 l&rsquo;horloge conventionnelle pour mesurer le temps cosmique.<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, il existe des raisons positives de rejeter la prescription de L\u00e9vy-Leblond : (i) Alors que la m\u00e9trique du temps est conventionnelle dans un sens trivial partag\u00e9 par toutes les quantit\u00e9s physiques, notre choix d&rsquo;une m\u00e9trique est contraint par nos conceptions pr\u00e9th\u00e9oriques de la congruence temporelle. Une m\u00e9trique qui attribue des intervalles temporels \u00e9gaux, par exemple, \u00e0 mon action de d\u00e9jeuner et \u00e0 la p\u00e9riode de formation des galaxies peut satisfaire tous les axiomes formels de la congruence, mais elle ne serait pas pour autant une th\u00e9orie de la&nbsp;<em>congruence temporelle<\/em>&nbsp;; toute propri\u00e9t\u00e9 partag\u00e9e \u00e0 un degr\u00e9 \u00e9gal par l&rsquo;intervalle de formation des galaxies et par mon d\u00e9jeuner n&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pas une dur\u00e9e temporelle [Friedman (1973), pp. 231-232.] De la m\u00eame mani\u00e8re, une m\u00e9trique qui assigne \u00e0 l&rsquo;univers un \u00e2ge infini et une dur\u00e9e temporelle pass\u00e9e infinie, comme l&rsquo;a r\u00e9alis\u00e9 Milne en proposant son param\u00e8tre&nbsp;<em>t&nbsp;<\/em>[Milne (1948)], n&rsquo;est tout simplement pas objective sur le plan des faits, mais est un artifice math\u00e9matique. (ii) En renvoyant la singularit\u00e9 cosmologique initiale \u00e0 moins l&rsquo;infini (<em>\u03f4<\/em><em><sub>i<\/sub><\/em><em>&nbsp;<\/em>= -\u221e)<sup>*<\/sup>, L\u00e9vy-Leblond se retrouve carr\u00e9ment dans l&rsquo;absurdit\u00e9 d&rsquo;un pass\u00e9 infini comme le soutient G. J. Whitrow [1980], \u00e0 savoir qu&rsquo;il est impossible pour un \u00e9v\u00e9nement pr\u00e9sent de se retirer dans un pass\u00e9 infiniment lointain. En g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019on r\u00e9pond \u00e0 Whitrow en soulignant qu&rsquo;un pass\u00e9 infini n&rsquo;implique pas des \u00e9v\u00e9nements infiniment lointains ; mais pour L\u00e9vy-Leblond, un tel recours n&rsquo;est pas permis, car il a fait de l&rsquo;origine de l&rsquo;univers un \u00ab&nbsp;\u00e9v\u00e9nement&nbsp;\u00bb ou une entit\u00e9 infiniment lointaine situ\u00e9 sur la limite du pass\u00e9. (iii) Dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9es, la modification de la m\u00e9trique de Misner, malgr\u00e9 les protestations de L\u00e9vy-Leblond, est en proie aux Paradoxes du mouvement de Z\u00e9non en ce qu&rsquo;il serait impossible d\u2019avancer \u00e0 travers la s\u00e9rie infinie d&rsquo;intervalles s\u00e9parant tout temps&nbsp;<em>t<\/em>&nbsp;de l&rsquo;origine singuli\u00e8re de l&rsquo;univers [Bartels (1986), p. 112.] L\u2019\u00e9chappatoire habituelle, \u00e0 savoir que les intervalles convergent en taille vers le z\u00e9ro, ne peut pas fonctionner pour Misner car, en red\u00e9finissant ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme congruent dans le temps afin d&rsquo;atteindre un \u00e2ge infini pour l&rsquo;univers, il a, en fait, rendu les intervalles \u00e9gaux en longueur, de sorte que le paradoxe de la dichotomie de Z\u00e9non se fraye un chemin avec v\u00e9h\u00e9mence. (iv) Comme l&rsquo;\u00e9chelle de temps de Misner ne supprime pas le d\u00e9but&nbsp;<em>physique<\/em>&nbsp;de l&rsquo;univers \u00e0 la singularit\u00e9 cosmologique initiale, mais se contente de r\u00e9assigner sa date, elle ne fait finalement rien pour \u00e9viter les probl\u00e8mes m\u00e9taphysiques associ\u00e9s \u00e0 une origine absolue. Il suffit de dire que sur cette \u00e9chelle de temps particuli\u00e8re, l&rsquo;univers est n\u00e9 et a donc \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 il y a un temps infini. La prescription de L\u00e9vy-Leblond pour \u00e9viter les implications m\u00e9taphysiques tant redout\u00e9es par Maddox semble donc tout \u00e0 fait inutile.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui nous ram\u00e8ne \u00e0 la pr\u00e9occupation de Maddox : est-il d\u00e9shonorant de tirer ce genre d&rsquo;inf\u00e9rences m\u00e9taphysiques ? Maddox semble penser que de telles d\u00e9ductions obscurcissent \u00ab&nbsp;une question importante, celle de l&rsquo;origine ultime du monde&nbsp;\u00bb. Mais il me semble qu&rsquo;il a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avance du type de r\u00e9ponses \u00e0 donner \u00e0 cette question qui seront jug\u00e9es acceptables. Cela semble \u00eatre un pr\u00e9jug\u00e9 philosophique de sa part. Comme l&rsquo;a soulign\u00e9 Jastrow, la poursuite du pass\u00e9 par les scientifiques s&rsquo;arr\u00eate au moment de la cr\u00e9ation ; mais simplement en tant qu&rsquo;hommes et femmes pensants d\u00e9sireux de d\u00e9couvrir le sens de la vie et de l&rsquo;univers, devons-nous nous interdire&nbsp;<em>a priori<\/em>&nbsp;de tirer ce qui peut nous sembler des conclusions m\u00e9taphysiques plausibles ?<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, comme nous le rappelle Gr\u00fcnbaum, il s&rsquo;agit d&rsquo;une question empirique qui consiste \u00e0 savoir si la cosmogonie classique du Big Bang est une description r\u00e9aliste de l&rsquo;origine de l&rsquo;univers. Mais les mod\u00e8les alternatifs, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des mod\u00e8les quantiques [Craig (1993)] ou des mod\u00e8les du plasma [Kevles (1991)], ne se sont pas encore r\u00e9v\u00e9l\u00e9s convaincants. Par cons\u00e9quent, il me semble que, qu&rsquo;on le veuille ou non, la th\u00e9orie cosmologique actuellement accept\u00e9e apporte un soutien tangible \u00e0 la doctrine th\u00e9iste de la&nbsp;<em>creatio ex nihilo<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bartels, Andreas. [1986].&nbsp;<em>Kausalit\u00e4tsverletzungen in allgemeinrelativistischen Raumzeiten.<\/em>&nbsp;Erfahrung und Denken 68. Berlin : Dunker &amp; Humboldt.<\/p>\n\n\n\n<p>Brand, Miles. [1979]. \u00ab\u00a0Causality<em>\u00ab\u00a0.<\/em>&nbsp;Dans&nbsp;<em>Current Research in Philosophy of Science: Proceedings of the P.S.A. Critical Research Problems Conference,<\/em>&nbsp;pp. 252-281.&nbsp;Edit\u00e9 par P.D. Asquith et H.E. Kyburg, Jr.&nbsp;East Lansing, Mich.: Philosophy of Science Association.<\/p>\n\n\n\n<p>Brier, Bob. [1974].&nbsp;<em>Precognition and the Philosophy of Science: An Essay on Backward Causation<\/em>. New York : Humanities Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Craig, William Lane. [1993]. \u00ab\u00a0The Caused Beginning of the Universe: a Response to Quentin Smith\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>British Journal for the Philosophy of Science<\/em>&nbsp;44, pp. 623-639.<\/p>\n\n\n\n<p>Craig, William Lane. [1979]<em>. The<\/em>&nbsp;Kalam&nbsp;<em>Cosmological Argument<\/em>. Library of Philosophy and Religion. Londres : Macmillan.<\/p>\n\n\n\n<p>Craig, William Lane. [1991]. \u00ab\u00a0The&nbsp;<em>Kalam<\/em>&nbsp;Cosmological Argument and the Hypothesis of a Quiescent Universe<em>\u00ab\u00a0. Faith and Philosophy<\/em>&nbsp;8, pp. 104-108.<\/p>\n\n\n\n<p>Craig, William Lane. [1990]. \u00ab\u00a0&lsquo;What Place, then, for a Creator?&rsquo;: Hawking on God and Creation\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>British Journal for the Philosophy of Science<\/em>&nbsp;41, pp. 473-491.<\/p>\n\n\n\n<p>Dummett, A. E. et Flew, A. [1954].&nbsp;\u00ab\u00a0Can an Effect Precede its Cause?\u00a0\u00bb In&nbsp;<em>Belief and Will<\/em>, pp. 27-62. Aristotelian Society Supplementary Volume 28. Londres : Harrison &amp; Sons.<\/p>\n\n\n\n<p>Friedman, Michael. [1973]. \u00ab\u00a0Gr\u00fcnbaum on the Conventionality of Geometry\u00a0\u00bb. Dans&nbsp;<em>Space, Time and Geometry<\/em>, pp. 231-232. Edit\u00e9 par Patrick Suppes. Dordrecht : D. Reidel.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00fcnbaum, Adolf. [1990]. \u00ab\u00a0Pseudo-Creation of the Big Bang\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>Nature<\/em>&nbsp;344, pp. 821-822.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00fcnbaum, Adolf. [1991]. \u00ab\u00a0Creation as a Pseudo-Explanation in Current Physical Cosmology\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>Erkenntnis<\/em>&nbsp;35, pp. 233-254.<\/p>\n\n\n\n<p>Jastrow, Robert. [1978].&nbsp;<em>God and the Astronomers<\/em>. New York : W.W. Norton.<\/p>\n\n\n\n<p>Kevles, D.J. [May 16, 1991]. \u00ab\u00a0The Final Secret of the Universe?\u00a0\u00bb&nbsp;<em>New York Review of Books<\/em>&nbsp;38\/9, p. 31.<\/p>\n\n\n\n<p>Leslie, John. [1990].&nbsp;<em>Universes<\/em>. Londres : Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9vy-Leblond, Jean-Marc. [1989]. \u00ab\u00a0The Unbegun Big Bang\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>Nature<\/em>&nbsp;342, p. 23.<\/p>\n\n\n\n<p>Mackie, J.L. [1966]. \u00ab\u00a0The Direction of Causation\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>Philosophical Review<\/em>&nbsp;75, pp. 441-466.<\/p>\n\n\n\n<p>Maddox, John. [1989]. \u00ab\u00a0Down with the Big Bang\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>Nature<\/em>&nbsp;340, p. 425.<\/p>\n\n\n\n<p>Milne, E.A. [1948].&nbsp;<em>Kinematic Relativity<\/em>. Oxford : Clarendon Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Misner, C.W.; Thorne, K.S.; Wheeler, J.A. [1973].&nbsp;<em>Gravitation<\/em>. San Francisco : W.W. Norton.<\/p>\n\n\n\n<p>Smith, Quentin. [1985]. \u00ab\u00a0On the Beginning of Time\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>No\u00fbs<\/em>&nbsp;19, pp. 579-584.<\/p>\n\n\n\n<p>Suchting, W.A. [1968-69]. \u00ab\u00a0Professor Mackie on the Direction of Causation\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>Philosophy and Phenomenological Research<\/em>&nbsp;29, pp. 289-291.<\/p>\n\n\n\n<p>Whitrow, G.J. [1980].&nbsp;<em>The Natural Philosophy of Time<\/em>. 2<sup>nde<\/sup>&nbsp;\u00e9d. Oxford : Clarendon Press.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>[1] De mani\u00e8re co\u00efncidente dans le cas o\u00f9 la \u00ab&nbsp;simultan\u00e9it\u00e9&nbsp;\u00bb est strictement d\u00e9finie en termes d&rsquo;occurrence&nbsp;<em>au m\u00eame moment<\/em>. Comme la singularit\u00e9 n&rsquo;est pas un instant ou un moment du temps, mais une limite du temps, une cause produisant son effet \u00e0 la singularit\u00e9 ne pourrait pas \u00eatre strictement dite simultan\u00e9e \u00e0 son effet. N\u00e9anmoins, elles se produisent toutes deux de mani\u00e8re co\u00efncidente (au sens litt\u00e9ral du terme), c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elles se produisent toutes deux \u00e0&nbsp;<em>t<\/em><em><sub>0<\/sub><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[2] Dans le cas de la cr\u00e9ation de l&rsquo;univers par Dieu, il est bien s\u00fbr \u00e9vident de savoir quelle est la cause et quel est l&rsquo;effet, puisqu&rsquo;il est m\u00e9taphysiquement impossible que Dieu ait une cause ext\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>[3] Il serait vain de s&rsquo;opposer \u00e0 la solution propos\u00e9e selon laquelle une causalit\u00e9 simultan\u00e9e est impossible en raison de la vitesse de propagation finie des influences causales physiques, car (i) l&rsquo;objection ne tient pas compte du fait que des causes lointaines sont li\u00e9es par des cha\u00eenes causales aux causes imm\u00e9diates des \u00e9v\u00e9nements en question, de sorte que, pour tout intervalle de temps non nul choisi arbitrairement dans lequel l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement se produit simultan\u00e9ment avec sa cause, l\u2019on peut d\u00e9signer des sous-intervalles non nuls dans lesquels des causes \u00e9loign\u00e9es, interm\u00e9diaires et imm\u00e9diates peuvent \u00eatre identifi\u00e9es dans la cha\u00eene causale, avec pour r\u00e9sultat qu\u2019une causalit\u00e9 simultan\u00e9e n&rsquo;est jamais \u00e9limin\u00e9e, et (ii) l&rsquo;objection n&rsquo;est pas pertinente dans le cas de la cr\u00e9ation, puisque Dieu n&rsquo;est pas un objet physique d\u00e9pendant de signaux causaux de vitesse finie, mais, en tant que personne qui transcende l&rsquo;espace, est imm\u00e9diatement pr\u00e9sent par sa connaissance et sa puissance en tout point de l&rsquo;espace (ou \u00e0 sa limite.)<\/p>\n\n\n\n<p>[4] Cela ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme voulant dire qu&rsquo;il y avait un temps vide avant la singularit\u00e9, car le temps commence&nbsp;<em>ex hypothesi<\/em>&nbsp;au moment de la cr\u00e9ation. Je veux dire qu&rsquo;il est faux de dire que quelque chose ait exist\u00e9 avant la singularit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>[5] Remarquez donc que l&rsquo;article de L\u00e9vy-Leblond porte mal son titre, car selon lui, l&rsquo;univers a un point de d\u00e9part infiniment lointain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Note de Bible &amp; Science Diffusion&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>* Jean-Marc L\u00e9vy-Leblond, physicien fran\u00e7ais, professeur \u00e9m\u00e9rite de l\u2019universit\u00e9 de Nice et directeur de programme au&nbsp;Coll\u00e8ge international de philosophie&nbsp;de 2001 \u00e0 2007, recourt \u00e0 ce qu\u2019il appelle un \u00ab&nbsp;temps additif&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>\u03f4<\/em>&nbsp;qu\u2019il distingue du temps cosmologique et qu\u2019il d\u00e9finit de la fa\u00e7on suivante&nbsp;de mani\u00e8re \u00e0 s\u2019affranchir d\u2019un commencement de l\u2019univers :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a0(\u2026) un r\u00e9sultat math\u00e9matique \u00e9l\u00e9mentaire mais profond de la th\u00e9orie des groupes garantit qu\u2019il existe une application (fonction)\u00a0<em>f\u00a0<\/em>qui reparam\u00e9trise le temps\u00a0<em>t\u00a0<\/em>en un nouveau temps\u00a0<em>\u03f4<\/em>\u00a0=\u00a0<em>f\u00a0<\/em>(<em>t<\/em>) pour lequel la loi de composition devient additive : \u2206<em>\u03f4<\/em><sub>12<\/sub>=\u2206<em>\u03f4<\/em><sub>1<\/sub>\u00a0+\u2206<em>\u03f4<\/em><sub>2<\/sub>.\u00a0<\/p><p>En d\u2019autres termes (c\u2019est l\u2019\u00e9nonc\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral du th\u00e9or\u00e8me), tout groupe continu \u00e0 un param\u00e8tre est isomorphe \u00e0 un groupe additif. De plus, le param\u00e8tre additif, ici\u00a0<em>\u03f4<\/em>, est unique, \u00e0 un choix d\u2019unit\u00e9 pr\u00e8s ; la preuve du th\u00e9or\u00e8me est constructive et fournit une proc\u00e9dure bien d\u00e9finie pour trouver la fonction\u00a0<em>f<\/em>. C\u2019est sur cette proc\u00e9dure d\u2019ailleurs qu\u2019est fond\u00e9 le passage de la vitesse einsteinienne (non-additive) \u00e0 la rapidit\u00e9 (additive).\u00a0<\/p><p>Nous appellerons \u201ctemps additif\u201d le temps\u00a0<em>\u03f4<\/em>\u00a0ainsi introduit. Pour le construire explicitement, il nous faut maintenant \u00e9crire une loi de combinaison naturelle pour les intervalles de temps cosmique. Cette loi ne peut \u00eatre fond\u00e9e que sur la seule caract\u00e9ristique sp\u00e9cifique du mod\u00e8le d\u2019Univers consid\u00e9r\u00e9, \u00e0 savoir son \u201crayon\u201d\u00a0<em>R<\/em>(<em>t<\/em>). Nous utilisons ce facteur d\u2019\u00e9chelle spatial pour mesurer l\u2019\u00e2ge de l\u2019Univers (\u2026).<\/p><p>Au temps cosmique \u201cinitial\u201d\u00a0<em>t<\/em><em><sub>i<\/sub><\/em>, tel que\u00a0<em>R<\/em>(<em>t<\/em><em><sub>i<\/sub><\/em>)=0, correspond maintenant pour le temps additif la valeur\u00a0<em>\u03f4<\/em><em><sub>i<\/sub><\/em><em>\u00a0<\/em>=\u2212\u221e, comme on pouvait s\u2019y attendre. Du point de vue du temps additif, donc, il n\u2019y a pas de d\u00e9but\u201d : l\u2019Univers a toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 et le Big Bang n\u2019a jamais commenc\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p><cite>Jean-Marc L\u00e9vy-Leblond, \u00ab\u00a0L\u2019\u00e2ge de l\u2019Univers est-il vraiment fini ?\u00a0\u00bb,\u00a0<\/cite><cite><em>Festival d\u2019astronomie de Fleurance<\/em><\/cite><cite>, ao\u00fbt 2006.<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les affinit\u00e9s marxistes de L\u00e9vy-Leblond expliquent sans aucun doute cet exp\u00e9dient math\u00e9matique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Source&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.reasonablefaith.org\/writings\/scholarly-writings\/the-existence-of-god\/creation-and-big-bang-cosmology\/\">https:\/\/www.reasonablefaith.org\/writings\/scholarly-writings\/the-existence-of-god\/creation-and-big-bang-cosmology\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">A propos de William Lane Craig<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"130\" height=\"139\" src=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/wcraig-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-427\" style=\"width:171px;height:183px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Dr William Lane Craig<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p class=\"has-large-font-size\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Le<strong>\u00a0Dr William Lane Craig<\/strong>\u00a0est, sans conteste, le plus grand philosophe analytique contemporain encore en activit\u00e9. Il est enseignant-chercheur en philosophie \u00e0 l\u2019\u00c9cole de Th\u00e9ologie de Talbot \u00e0 La Mirada, en Californie, aux \u00c9tats-Unis.\u00a0 Il a obtenu, en 1977, un doctorat de philosophie de l\u2019Universit\u00e9 de\u00a0Birmingham, en Angleterre, avant d\u2019obtenir, en 1984, un doctorat de\u00a0th\u00e9ologie de l\u2019Universit\u00e9 Ludwig-Maximilians de Munich, en Allemagne, o\u00f9 il\u00a0a \u00e9t\u00e9 pendant deux ans r\u00e9cipiendaire d\u2019une bourse de recherche Alexander\u00a0 von Humboldt. De 1980 \u00e0 1986, il a enseign\u00e9 la philosophie des religions \u00e0 la Facult\u00e9 de\u00a0th\u00e9ologie \u00e9vang\u00e9lique Trinity Evangelical Divinity School. Avant son\u00a0affectation \u00e0 Talbot en 1994, il a effectu\u00e9 sept ann\u00e9es de recherche, entre 1987\u00a0et 1994, \u00e0 l\u2019Institut Sup\u00e9rieur de Philosophie de l\u2019Universit\u00e9 Catholique de\u00a0Louvain, en Belgique. Il est l\u2019auteur ou l\u2019\u00e9diteur de plus de trente livres, dont\u00a0<a href=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/produit\/foi-raisonnable-de-william-craig\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>Reasonable<\/em><\/a><a href=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/produit\/foi-raisonnable-de-william-craig\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> <\/a><a href=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/produit\/foi-raisonnable-de-william-craig\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>Faith<\/em><\/a>, <em>The Kalam Cosmological Argument<\/em>\u00a0;\u00a0<em>Assessing the New Testament Evidence\u00a0for the Historicity of the Resurrection of Jesus<\/em>\u00a0;\u00a0<em>Divine Foreknowledge and\u00a0Human Freedom<\/em>\u00a0;\u00a0<em>Theism, Atheism, and Big Bang Cosmology<\/em>\u00a0 et\u00a0<em>God, Time,\u00a0and Eternity<\/em>,\u00a0ainsi que de plus d\u2019une centaine d\u2019articles publi\u00e9s dans des\u00a0journaux sp\u00e9cialis\u00e9s de philosophie et de th\u00e9ologie, comme notamment\u00a0<em>The\u00a0 Journal of Philosophy<\/em>,\u00a0<em>New Testament Studies<\/em>,\u00a0<em>Journal for the Study of the\u00a0 New Testamen<\/em>t,\u00a0<em>American Philosophical Quarterly, Philosophical Studies<\/em>,\u00a0 Philosophy, et<em>\u00a0British Journal for Philosophy of Science.<\/em>\u00a0Conf\u00e9rencier et d\u00e9batteur exceptionnel William Lane Craig est consid\u00e9r\u00e9 comme le plus grand apolog\u00e8te\u00a0chr\u00e9tien de la seconde moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et du XXI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. C\u2019est\u00a0un conf\u00e9rencier et d\u00e9batteur international qui a parl\u00e9 \u00e0 de nombreuses universit\u00e9s renomm\u00e9es telles que Harvard, Princeton, Yale, Stanford, Oxford,\u00a0 Cambridge, Moscou et P\u00e9kin.\u00a0Ses domaines de sp\u00e9cialisation sont : les arguments en faveur de l\u2019existence de Dieu, le fondement des valeurs morales, la nature de Dieu, la nature du temps et de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, l\u2019interface entre science et religion, le d\u00e9fi pos\u00e9 par le pluralisme religieux, le dessein intelligent, l\u2019unicit\u00e9 du J\u00e9sus historique, le sens de la vie et la r\u00e9surrection de J\u00e9sus.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De r\u00e9centes discussions ont soulev\u00e9 la question des implications m\u00e9taphysiques de la cosmologie standard du Big Bang. L&rsquo;argument de Gr\u00fcnbaum selon lequel le principe de causalit\u00e9 ne peut \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;univers repose sur un pseudo-dilemme, puisque la cause ne pourrait agir ni avant ni apr\u00e8s t=0, mais \u00e0 t=0. Le plaidoyer de L\u00e9vy-Leblond en faveur d&rsquo;une modification de la m\u00e9trique du temps cosmique en vue de repousser la singularit\u00e9 \u00e0 -\ua74f implique diverses difficult\u00e9s conceptuelles et est de toute fa\u00e7on vain, puisque le commencement de l&rsquo;univers n&rsquo;est pas \u00e9limin\u00e9. L&rsquo;aversion de Maddox pour les implications m\u00e9taphysiques possibles du mod\u00e8le standard t\u00e9moigne d&rsquo;un scientisme \u00e9troit. La cosmog\u00e9n\u00e8se standard du Big Bang semble donc avoir ces implications m\u00e9taphysiques que certains ont trouv\u00e9es si d\u00e9rangeantes.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[137,16,204,17,19],"tags":[223,217,222,218,219,221,220],"class_list":["post-7291","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","category-genese","category-philosophie","category-philosophie-des-sciences","category-sciences-univers","tag-congruence-temporelle","tag-cosmologie","tag-creation-ex-nihilo","tag-jean-marc-levy-leblond","tag-singularite","tag-temps-additif","tag-temps-cosmique"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pbu0ZL-1TB","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7291","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7291"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7291\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10774,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7291\/revisions\/10774"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}