{"id":9291,"date":"2022-05-24T10:02:51","date_gmt":"2022-05-24T08:02:51","guid":{"rendered":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/2022\/05\/03\/autour-du-livrelentropie-genetique-et-le-mystere-du-genomede-john-c-sanford-une-recension-par-david-espesset\/"},"modified":"2022-06-18T07:21:09","modified_gmt":"2022-06-18T05:21:09","slug":"recension-entropie-genetique-de-john-sanford-par-david-espesset","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/2022\/05\/24\/recension-entropie-genetique-de-john-sanford-par-david-espesset\/","title":{"rendered":"Autour du livre \u00ab\u00a0L\u2019ENTROPIE GENETIQUE ET LE MYST\u00c8RE DU G\u00c9NOME\u00a0\u00bb de John C. Sanford : une recension par David Espesset"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><em>B&amp;SD :<\/em>&nbsp;Nous sommes heureux de pr\u00e9senter ci-dessous une revue critique approfondie du livre&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/produit\/lentropie-genetique-de-john-sanford\/\" target=\"_blank\"><em>L&rsquo;entropie<\/em> <em>g\u00e9n\u00e9tique<\/em><\/a><em> <\/em>de&nbsp;John Sanford par David L. ESPESSET, chercheur ind\u00e9pendant, qui n\u2019est pas chr\u00e9tien, mais se d\u00e9finit comme sans confession religieuse, ce qui rend sa recension d\u2019autant plus int\u00e9ressante et p\u00e9n\u00e9trante. C\u2019est avec la marque d\u2019une profonde reconnaissance que nous saluons et recommandons son nouveau travail d\u2019analyse qui vient apr\u00e8s sa <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/2021\/06\/16\/espesset-demongeot1\/\" target=\"_blank\">recension<\/a> du livre d&rsquo;Arthur Demongeot, <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/produit\/le-darwinisme-tient-il-debout-arthur-demongeot\/\" target=\"_blank\">Le darwinisme tient-il debout ?<\/a><\/em> et qui est remarquable en tous points de vue. Remarquable d\u2019abord par l\u2019esprit qui le sous-tend : la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 et le d\u00e9sir de dialogue et de d\u00e9bat qui ont amen\u00e9 l\u2019auteur \u00e0 se pencher, avec une rare ouverture d\u2019esprit, une grande honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle et avec objectivit\u00e9, sur des th\u00e8ses non darwiniennes et mises au rebut par l\u2019\u00e9tablissement scientifique sous l\u2019appellation de \u201ccr\u00e9ationnisme\u201d, mot agit\u00e9 comme un \u00e9pouvantail pour \u00e9tiqueter comme non scientifique toute explication de l\u2019origine et de la complexit\u00e9 du vivant faisant intervenir une cr\u00e9ation intelligente et intentionnelle au lieu du couple darwinien mutations al\u00e9atoires \/ s\u00e9lection naturelle. En France tout particuli\u00e8rement, extr\u00eamement rares sont les scientifiques qui font preuve d\u2019un tel esprit bienveillant, ouvert \u00e0 la discussion et non dogmatique, et savent prendre un recul critique vis-\u00e0-vis des dogmes \u00e9tablis, alors qu\u2019une telle disposition devrait caract\u00e9riser l\u2019entreprise scientifique tout enti\u00e8re et les scientifiques eux-m\u00eames. En cons\u00e9quence, l\u2019hypoth\u00e8se m\u00eame de la cr\u00e9ation a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 l\u2019index, et ses d\u00e9fenseurs pers\u00e9cut\u00e9s dans le monde scientifique, m\u00e9diatique et politique, br\u00fbl\u00e9s vifs sur le b\u00fbcher de l\u2019orthodoxie du jour. David ESPESSET, en acceptant d\u2019examiner l\u2019hypoth\u00e8se de la cr\u00e9ation divine et, par cons\u00e9quent, les failles du darwinisme et les limites de la science, montre qu\u2019il existe encore des hommes \u00e0 la fois courageux, vertueux et ayant une raison droite qui ne veulent pas se laisser brider ni intimider par les pressions id\u00e9ologiques et socioculturelles en place qui \u00e9crasent le sujet sous une omerta suffocante. Sa volont\u00e9 de dialogue ouvre la voie \u00e0 un \u00e9change fructueux entre scientifiques anim\u00e9s de convictions diff\u00e9rentes, et \u00e0 une discussion ouverte, publique, utile et hautement n\u00e9cessaire sur l\u2019\u00e9volution et la cr\u00e9ation. <\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ce travail de recension est remarquable ensuite parce qu\u2019il t\u00e9moigne d\u2019une prise de recul, elle aussi tr\u00e8s rare, face \u00e0 l\u2019approche trop monolithique et monopolistique de la science telle qu\u2019elle est pratiqu\u00e9e par la communaut\u00e9 scientifique et pr\u00e9sent\u00e9e au public non initi\u00e9. Ce recul permet \u00e0 l\u2019auteur d\u2019inclure dans sa r\u00e9flexion des r\u00e9f\u00e9rences inhabituelles comme Rupert Sheldrake, et de pr\u00e9senter une synth\u00e8se passionnante des diverses voies disponibles.  <\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Enfin, cette recension est remarquable et exceptionnelle par sa densit\u00e9, sa longueur, son extension, sa richesse et sa f\u00e9condit\u00e9 en termes d&rsquo;horizons, propositions et hypoth\u00e8ses scientifiques avanc\u00e9s. D&rsquo;aucuns pourront en juger : la recension s&rsquo;\u00e9tale sur 63 pages A4 et est \u00e9maill\u00e9e de plus de 400 notes et r\u00e9f\u00e9rences, ce qui pourrait s&rsquo;apparenter \u00e0 un v\u00e9ritable m\u00e9moire de Master et d\u00e9montre la passion de l&rsquo;auteur pour le sujet de l&rsquo;\u00e9volution. Rares sont les scientifiques qui, hors de tout cadre contractuel ou acad\u00e9mique, m\u00fb par le seul amour de la science, consacreraient un semestre entier \u00e0 analyser en profondeur les th\u00e8ses pr\u00e9sent\u00e9es dans un ouvrage aux vues non orthodoxes. La quasi majorit\u00e9 des scientifiques sa rabattent plut\u00f4t sur une attitude de conformisme intellectuel confortable, clamant qu&rsquo;ils n&rsquo;ont gu\u00e8re le temps (ni le d\u00e9sir) de m\u00eame prendre connaissance de th\u00e8ses qui vont \u00e0 l&rsquo;encontre du \u00ab\u00a0consensus\u00a0\u00bb scientifique du jour, th\u00e8ses \u00e0 classer d\u00e9finitivement dans la cat\u00e9gorie de la Terre plate. Telle n&rsquo;est pas l&rsquo;attitude de l&rsquo;auteur qui d\u00e9ploie des efforts diligents et ph\u00e9nom\u00e9naux pour tenter d&rsquo;\u00e9valuer la solidit\u00e9, la pertinence et la v\u00e9racit\u00e9 d&rsquo;id\u00e9es nouvelles qu&rsquo;il juge d\u00e9routantes, mais toujours stimulantes. Cette densit\u00e9 intellectuelle se retrouve dans la pr\u00e9sente recension. L&rsquo;auteur y pr\u00e9sente une synth\u00e8se des id\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9volution qui croisent divers courants et disciplines scientifiques, et discute de concepts polymorphes induits par sa r\u00e9flexion personnelle sur l&rsquo;entropie g\u00e9n\u00e9tique : complexit\u00e9, sentience du vivant, convergence \u00e9volutive, hom\u00e9ostasie, information, finalisme, t\u00e9l\u00e9ologie, etc., et les interroge en offrant au lecteur un bouquet de th\u00e8mes passionnants organis\u00e9s suivant une progression logique qui d\u00e9voile les diff\u00e9rents recoins de sa r\u00e9flexion.<\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Certes, nous ne partageons pas sa conviction selon laquelle il existe une \u00ab\u00a0logistique fonctionnelle\u00a0\u00bb autonome du vivant, d\u00e9tach\u00e9e de la pens\u00e9e d&rsquo;un Cr\u00e9ateur, logique sous-tendant un Univers conscient, ressemblant \u00e0 l&rsquo;Univers panth\u00e9iste de Spinoza, mais pour l\u2019heure nous voulons nous attacher davantage \u00e0 l\u2019apport consid\u00e9rable de l\u2019auteur&nbsp; dans sa mise en lumi\u00e8re du scientisme et des failles \u00e9normes du darwinisme, choses qui sont encore inconnues du public. Nous esp\u00e9rons qu&rsquo;un tel travail approfondi servira de mod\u00e8le aux scientifiques, en les poussant dans leurs retranchements, en les d\u00e9logeant de leur paresse intellectuelle et en les appelant \u00e0 sonder les faits avec une d\u00e9termination sans faille dans la recherche de la v\u00e9rit\u00e9. Qu&rsquo;il ouvre de nouvelles avenues de discussions argument\u00e9es, qu&rsquo;il inspire l&rsquo;esprit critique ! C&rsquo;est par un travail comme celui-ci que la science peut v\u00e9ritablement s&rsquo;\u00e9panouir.<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1JFKA1S_S_QOSj5DCncW6ToBBPLUgG-MU\/view?usp=sharing\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/PDF_file_icon.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9167\" width=\"20\" height=\"24\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Recension \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger en fichier PDF (63 pages, 571 Ko) <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">Une discussion critique, scientifique et philosophique, des controverses soulev\u00e9es par le concept d\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique, suivie de propositions de solutions pour expliquer la robustesse et la r\u00e9silience du vivant.<\/h3>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Par David L. Espesset<sup>1<\/sup><\/strong><\/h6>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>SOMMAIRE<\/p>\n\n\n\n<p>1. AVERTISSEMENT \u2013 THE FULL MIND IS ALONE THE CLEAR<\/p>\n\n\n\n<p>2. RESUME DE L\u2019OUVRAGE \u2013 ARGUMENTAIRE GENERAL<\/p>\n\n\n\n<p>2.1. Le rejet du darwinisme<\/p>\n\n\n\n<p>2.2. L\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique et le myst\u00e8re du g\u00e9nome<\/p>\n\n\n\n<p>3. INTRODUCTION \u2013 INSUFFISANCE ET CRITIQUE DE LA SCIENCE CONVENTIONNELLE<\/p>\n\n\n\n<p>3.1. Une critique de l\u2019orthodoxie<\/p>\n\n\n\n<p>3.2. Science conventionnelle, science h\u00e9t\u00e9rodoxe<\/p>\n\n\n\n<p>3.3. Critiquer la science en revient-il \u00e0 \u00ab\u00a0faire de l\u2019anti-science\u00a0\u00bb ? \u2013 \u00ab Qui aime bien, ch\u00e2tie bien \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>3.4. Le darwinisme<\/p>\n\n\n\n<p>3.5. N\u00e9cessit\u00e9, in\u00e9vitabilit\u00e9, irr\u00e9futabilit\u00e9 et anti-scientificit\u00e9 des mutations spontan\u00e9es b\u00e9n\u00e9fiques et h\u00e9ritables<\/p>\n\n\n\n<p>3.6. La pr\u00e9tendue puissance de la s\u00e9lection naturelle cumulative<\/p>\n\n\n\n<p>4. LA CONTROVERSE DE L\u2019ENTROPIE GENETIQUE : ARGUMENTS ET OBJECTIONS<\/p>\n\n\n\n<p>4.1. Un argumentaire riche, \u00e9tonnant et questionnant<\/p>\n\n\n\n<p>4.1.1. La complexit\u00e9 biologique et l\u2019ADN polycontraint<\/p>\n\n\n\n<p>4.1.2. Le niveau de \u00ab\u00a0visibilit\u00e9\u00a0\u00bb de la s\u00e9lection naturelle<\/p>\n\n\n\n<p>4.2. Les objections<\/p>\n\n\n\n<p>4.2.1. Objections anti-cr\u00e9ationnistes g\u00e9n\u00e9rales<\/p>\n\n\n\n<p>4.2.2. Analyse de quelques objections contre la notion d\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique<\/p>\n\n\n\n<p>4.2.2.1. L\u2019\u00ab Axiome Primaire \u00bb n\u2019en serait pas un.<\/p>\n\n\n\n<p>4.2.2.2. Les exp\u00e9riences d\u2019accumulation de mutations<br \/>\u2003<\/p>\n\n\n\n<p>5. QUESTIONS SCIENTIFIQUES ET PHILOSOPHIQUES SOULEV\u00c9ES PAR L\u2019ENTROPIE GENETIQUE <\/p>\n\n\n\n<p>5.1. Le r\u00f4le de l\u2019entropie dans l\u2019origine de la vie et l\u2019\u00e9volution biologique<\/p>\n\n\n\n<p>5.1.1. Thermodynamique, entropie et organismes vivants<\/p>\n\n\n\n<p>5.1.2. Origine thermodynamique de la vie<\/p>\n\n\n\n<p>5.1.3. Entropie et \u00e9volution<\/p>\n\n\n\n<p>5.1.4. Relations entre l\u2019entropie thermodynamique, l\u2019entropie biologique et l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique<\/p>\n\n\n\n<p>5.2. Qu\u2019est-ce que la r\u00e9alit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>5.2.1. Logique, connaissance et v\u00e9rit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>5.2.2. R\u00e9alit\u00e9, sciences humaines et physique quantique<\/p>\n\n\n\n<p>5.2.3. R\u00e9alit\u00e9 et falsifiabilit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>5.2.4. La r\u00e9alit\u00e9 scientifique est une construction abstraite<\/p>\n\n\n\n<p>5.3. Le probl\u00e8me des mod\u00e8les et des simulations<\/p>\n\n\n\n<p>5.4. La mise en \u00e9vidence d\u2019un paradoxe<\/p>\n\n\n\n<p>6. DES SOLUTIONS POUR EXPLIQUER L\u2019ORIGINE ET LE MAINTIEN DU G\u00c9NOME<\/p>\n\n\n\n<p>6.1. L\u2019intervention d\u2019une intelligence : un Cr\u00e9ateur<\/p>\n\n\n\n<p>6.2. Des alternatives au cr\u00e9ationnisme<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.1. Le structuralisme<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.2. La biologie au-del\u00e0 du g\u00e9nome et la redondance \u2013 L\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique naturelle et la r\u00e9\u00e9criture du g\u00e9nome \u2013 La sentience du vivant<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.3. Convergence et in\u00e9vitabilit\u00e9s \u00e9volutives \u2013 Pr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.4. L\u2019\u00e9cologie \u00e9volutive<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.5. L\u2019hom\u00e9ostasie comme m\u00e9canisme de l\u2019\u00e9volution<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.6. La complexit\u00e9 du vivant<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.6.1. Indivisibilit\u00e9, redondance et protection contre les erreurs<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.6.2. Complexit\u00e9 et entropie<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.7. Dialectique \u00e9volutive et \u00e9volution dialectique<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.8. La t\u00e9l\u00e9ologie<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.8.1. Finalisme vs. entropie<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.8.2. Auto-organisation, auto-d\u00e9termination, causalit\u00e9 circulaire, autonomie et cl\u00f4ture organisationnelle t\u00e9l\u00e9ologique du vivant<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.9. Lois et pr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution \u2013 Importance de l\u2019information<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.9.1. Pr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution g\u00e9n\u00e9tique<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.9.2. Lois de l\u2019\u00e9volution g\u00e9nomique<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.9.3. L\u2019Univers information : \u00ab It from bit \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.9.4. Moteurs math\u00e9matiques et m\u00e9canique quantique<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.9.5. Entropie, information initiale, information finale et histoire de l\u2019Univers<\/p>\n\n\n\n<p>6.2.9.6. \u00c9nergie, information, complexit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p> 7. CONCLUSION<\/p>\n\n\n\n<p>8. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1. AVERTISSEMENT \u2013 THE FULL MIND IS ALONE THE CLEAR.<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Cent hommes \u00e9taient enferm\u00e9s dans une immense pi\u00e8ce sombre et chacun d\u2019eux avec une lampe \u00e9teinte. [\u2026] [C]haque homme alluma sa lampe et la lumi\u00e8re des cent lampes \u00e9tait la v\u00e9rit\u00e9 [\u2026]. Mais chacun [\u2026] crut que le m\u00e9rite des belles choses qu\u2019il voyait, revenait [\u2026] \u00e0 sa propre lampe capable de faire surgir des t\u00e9n\u00e8bres du n\u00e9ant, ces belles choses. [\u2026] [I]l est n\u00e9cessaire que les cent lampes se r\u00e9unissent \u00e0 nouveau pour nous faire retrouver la lumi\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9. Les hommes aujourd&rsquo;hui errent, d\u00e9courag\u00e9s, \u00e0 la faible lumi\u00e8re de leur propre lampe [\u2026] ; ne pouvant \u00e9clairer l\u2019ensemble ils s\u2019accrochent au menu d\u00e9tail, tir\u00e9 de l\u2019ombre par leur p\u00e2le lumi\u00e8re. [\u2026] [I]l n\u2019existe qu\u2019une seule [\u2026] v\u00e9rit\u00e9 qui est l\u2019ensemble de mille et mille parties. Mais les hommes ne peuvent plus la voir. [\u2026] [I]l est n\u00e9cessaire que chacun fasse un pas en arri\u00e8re et se retrouve avec les autres au centre de l\u2019immense pi\u00e8ce. \u00bb <\/p><cite>Giovanni Guareschi, Don Camillo et ses ouailles<sup>2<\/sup><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En me basant sur mes connaissances et lectures scientifiques et philosophiques, j\u2019ai \u00e9labor\u00e9 un programme de recherche qui vise \u00e0 d\u00e9velopper <span style=\"text-decoration: underline;\">une vision nouvelle, originale et audacieuse<\/span> de l\u2019Univers en g\u00e9n\u00e9ral et, surtout, du monde vivant, qui va largement au-del\u00e0 de la vision mat\u00e9rialiste, physicaliste et m\u00e9caniciste de la science (qui apporte des connaissances certes n\u00e9cessaires, mais pas du tout suffisantes), loin de la conception traditionnelle, conventionnelle et conformiste de la th\u00e9orie darwinienne de l\u2019\u00e9volution (qui ne saurait expliquer qu\u2019une partie limit\u00e9e de la complexit\u00e9 du vivant et du processus \u00e9volutif). <\/p>\n\n\n\n<p>Par pure curiosit\u00e9, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir les th\u00e8ses cr\u00e9ationnistes, gr\u00e2ce au livre d\u2019Arthur Demongeot <em>Le darwinisme tient-il debout ?<\/em><sup>3<\/sup> Ces doctrines, trop souvent consid\u00e9r\u00e9es comme irrationnelles<sup>4<\/sup>, voire absurdes et n\u2019ayant aucun sens, m\u2019ont paru int\u00e9ressantes non en elles-m\u00eames (certains aspects me paraissant difficilement d\u00e9fendables), mais par <span style=\"text-decoration: underline;\">la vision alternative du monde<\/span> qu\u2019elles proposent, radicalement diff\u00e9rente, par de nombreux points, de la vision strictement \u00ab\u00a0scientifique\u00a0\u00bb du monde \u2013 laquelle, par certains aspects au moins, semble de plus en plus d\u00e9pass\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, au lieu de rejeter p\u00e9remptoirement les id\u00e9es cr\u00e9ationnistes, je pr\u00e9f\u00e8re les confronter aux r\u00e9sultats scientifiques \u00ab\u00a0acad\u00e9miques\u00a0\u00bb, afin de tenter d\u2019en tirer <span style=\"text-decoration: underline;\">une \u00ab\u00a0th\u00e9orie\u00a0\u00bb plus personnelle<\/span>. D\u2019aucuns critiqueront mon approche comme \u00e9tant inacceptable car non scientifique ; qu\u2019importe : <span style=\"text-decoration: underline;\">la recherche de la \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb<\/span> passe parfois, j\u2019en suis convaincu, par des chemins insoup\u00e7onn\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce que j\u2019ai souhait\u00e9 r\u00e9aliser dans cet essai. J\u2019ai donc pris le temps de lire <em>L\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique<\/em> dans son int\u00e9gralit\u00e9 : c\u2019est un ouvrage toujours passionnant, souvent d\u00e9concertant, parfois perturbant ; mais il faut certaines fois savoir <span style=\"text-decoration: underline;\">sortir de sa zone de confort<\/span><sup>5<\/sup>. Ainsi, au lieu de rejeter les arguments apport\u00e9s par John Sanford, comme l\u2019ont par ailleurs fait certains auteurs<sup>6<\/sup> (ce qui repr\u00e9sente une approche st\u00e9rile, puisqu\u2019ils se contentent de pr\u00e9senter leurs objections \u00ab\u00a0scientifiques\u00a0\u00bb que, pr\u00e9cis\u00e9ment, Sanford pr\u00e9tend d\u00e9monter), j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u2013 exercice des plus stimulants ! \u2013 essayer d\u2019en tirer <span style=\"text-decoration: underline;\">quelques hypoth\u00e8ses hardies<\/span>, qui para\u00eetront peut-\u00eatre quelque peu imp\u00e9tueuses, p\u00e9rilleuses, voire provocantes \u00e0 certains lecteurs.\u2003<\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">R\u00e9f\u00e9rences de l\u2019ouvrage :<\/span><br \/>\u00c9ditions La Lumi\u00e8re, Collection R\u00e9forme (2019) ; ISBN 978-2-9538885-4-6 ;<br \/>Traduction de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par \u00c9velyne Pankar, Eric Lema\u00eetre, Emmanuel Nowak et G\u00e9rald Pech.<\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00c9dition originale<\/span> (d\u2019o\u00f9 sont extraites toutes les citations en anglais) :<br \/>Titre : GENETIC ENTROPY ;<br \/>FMS Publications (premi\u00e8re \u00e9dition 2005 ; quatri\u00e8me \u00e9dition 2014) ;<br \/>ISBN 978-0-9816316-0-8.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2. RESUME DE L\u2019OUVRAGE \u2013 ARGUMENTAIRE GENERAL<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.1. Le rejet du darwinisme<\/h3>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019immense complexit\u00e9 de l\u2019organisation et du fonctionnement cellulaires, se trouve le monde de la complexit\u00e9 encore plus gigantesque des organismes pluricellulaires, constitu\u00e9s de billions de cellules qui montrent une coordination \u00e9tonnante<sup>7<\/sup>. Pour expliquer l\u2019origine et l\u2019\u00e9volution de cette complexit\u00e9, la science conventionnelle utilise la <em>Th\u00e9orie synth\u00e9tique de l\u2019\u00e9volution<\/em>, en particulier l\u2019 \u00ab <em>Axiome primaire<\/em> \u00bb (the <em>Primary Axiom<\/em>), qui consiste en l\u2019occurrence de mutations al\u00e9atoires filtr\u00e9es par la s\u00e9lection naturelle. Au-del\u00e0 du fait que les hypoth\u00e8ses fondamentales de cet Axiome ne font l\u2019objet d\u2019aucune critique s\u00e9rieuse ni dans les cours universitaires, ni dans les manuels d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures, ni m\u00eame dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e<sup>8<\/sup>, un certain nombre de ces hypoth\u00e8ses, par leur manque \u00e9vident de r\u00e9alisme<sup>9<\/sup>, se r\u00e9v\u00e8lent injustifiables par l\u2019observation<sup>10<\/sup> du monde vivant. De plus, si on applique des hypoth\u00e8ses r\u00e9alistes, l\u2019Axiome Primaire est caduque<sub><sup>11<\/sup><\/sub>.  Citons  en particulier quelques probl\u00e8mes soulev\u00e9s par Sanford :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Le transfert de \u00ab [\u2026] l\u2019unit\u00e9 de s\u00e9lection <em>de l\u2019organisme entier \u00e0 l\u2019unit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique (c\u2019est-\u00e0-dire au g\u00e8ne ou au nucl\u00e9otide)<\/em> \u00bb, en red\u00e9finissant \u00ab [\u2026] <em>une population comme n\u2019\u00e9tant rien de plus qu\u2019un \u00ab\u00a0r\u00e9servoir de g\u00e8nes\u00a0\u00bb<\/em><sup>12<\/sup> \u00bb , ce qui n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une \u00ab [\u2026] <em>red\u00e9finition tr\u00e8s artificielle de la vie <\/em>[\u2026]<sup>13<\/sup> \u00bb ;<\/li><li>L\u2019existence de \u00ab [\u2026] <em>blocs de liaison [\u2026] transmis comme une unit\u00e9 simple et [qui] ne se disloquent presque jamais <\/em>\u00bb, ce qui s\u2019oppose \u00e0 l\u2019affirmation \u00ab [\u2026] <em>selon laquelle chaque nucl\u00e9otide peut \u00eatre regard\u00e9 comme une unit\u00e9 s\u00e9lectionnable individuellement<\/em><sup>14<\/sup>\u00bb ;<\/li><li>Le \u00ab\u00a0bruit\u00a0\u00bb biologique<sup>15<\/sup>, plus pr\u00e9cis\u00e9ment le bruit g\u00e9n\u00e9tique<sup>16<\/sup>, dont l\u2019importance et le nombre de sources sont grandement sous-estim\u00e9s, \u00ab <em>tous les diff\u00e9rents types de bruits venant de tous les diff\u00e9rents aspects de l\u2019individu et de son environnement<\/em><sup>17<\/sup> \u00bb : il en r\u00e9sulte que \u00ab [\u2026] <em>l\u2019effet d\u2019un seul nucl\u00e9otide moyen sera toujours perdu dans un oc\u00e9an de bruit<\/em><sup>18<\/sup> \u00bb , car \u00ab <em>[l]e bruit est toujours pr\u00e9sent, et \u00e0 des niveaux beaucoup plus \u00e9lev\u00e9s<\/em> [\u2026] \u00bb que g\u00e9n\u00e9ralement reconnu<sup>19<\/sup> ; de plus ; \u00ab <em>[l]e bruit demeure toujours une contrainte s\u00e9v\u00e8re pour la s\u00e9lection naturelle<\/em><sup>20<\/sup> \u00bb ;<\/li><li>\u00ab <em>Le co\u00fbt de la s\u00e9lection<\/em><sup>21<\/sup> \u00bb , en termes de \u00ab\u00a0pertes\u00a0\u00bb d\u2019 \u00ab [\u2026] <em>une partie de la population reproductrice<\/em><sup>22<\/sup> \u00bb , ce qui ajoute encore des contraintes sur la s\u00e9lection naturelle.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.2. L\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique et le myst\u00e8re du g\u00e9nome<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans ce livre, le probl\u00e8me de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence g\u00e9nomique est \u00e9tudi\u00e9. Il est constat\u00e9 que les mutations d\u00e9l\u00e9t\u00e8res apparaissent \u00e0 un rythme tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, et que la s\u00e9lection naturelle darwinienne ne peut \u00e9liminer que les plus mauvaises d\u2019entre elles pendant que les autres continuent \u00e0 s\u2019accumuler<sup>23<\/sup>. Il s\u2019av\u00e8re \u00e9galement que les mutations b\u00e9n\u00e9fiques sont beaucoup trop rares et bien trop subtiles pour subsister alors m\u00eame que le g\u00e9nome subit une \u00e9rosion implacable et syst\u00e9matique de l\u2019information qu\u2019il contient<sup>24<\/sup>, car, s\u2019il est soumis aux forces naturelles, le g\u00e9nome ne peut qu\u2019irr\u00e9vocablement d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer au fil du temps<sup>25<\/sup>. De plus, s\u2019il est tr\u00e8s facile de d\u00e9truire de l\u2019information, il est en revanche tr\u00e8s difficile d\u2019en cr\u00e9er<sup>26<\/sup>. En outre, par la dimension polyfonctionnelle de nombreux nucl\u00e9otides et la nature non lin\u00e9aire de l\u2019information g\u00e9n\u00e9tique (par la pr\u00e9sence de multiples informations chevauchantes, d\u2019o\u00f9 une compression des donn\u00e9es)<sup>27<\/sup>, il s\u2019av\u00e8re que le g\u00e9nome encode beaucoup plus d\u2019information qu\u2019on le pensait<sup>28<\/sup>. D\u2019o\u00f9 est-ce que toute cette information est venue, et comment peut-il \u00eatre possible qu\u2019elle subsiste ? C\u2019est l\u00e0 le myst\u00e8re du g\u00e9nome<sup>29<\/sup>.<br \/>\u2003<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3. INTRODUCTION \u2013 INSUFFISANCE ET CRITIQUE DE LA SCIENCE CONVENTIONNELLE<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.1. Une critique de l\u2019orthodoxie<\/h3>\n\n\n\n<p>Tout mouvement de pens\u00e9e est bas\u00e9 sur une forme normale d\u2019orthodoxie, qui exprime la conformit\u00e9 des id\u00e9es vis-\u00e0-vis, en religion, des croyances et, en sciences, d\u2019un paradigme ou d\u2019une th\u00e9orie \u00ab\u00a0en vogue\u00a0\u00bb. Fondamentalement, adh\u00e9rer \u00e0 une d\u00e9marche orthodoxe ne pose pas de probl\u00e8me particulier, l\u2019orthodoxie n\u2019ayant <em>a priori<\/em> aucune raison d\u2019\u00eatre moins proche de la \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb que l\u2019h\u00e9t\u00e9rodoxie. Toutefois, toute orthodoxie m\u00e8ne in\u00e9vitablement \u00e0 un certain conformisme qui, s\u2019il est susceptible de procurer une sensation de confort et de s\u00e9curit\u00e9, risque d\u2019aboutir \u00e0 un enfermement qui peut confiner \u00e0 un aveuglement emp\u00eachant toute r\u00e9flexion critique. D\u2019autre part, le mod\u00e8le dominant \u00e9tant partag\u00e9 par le plus grand nombre, on tombe souvent dans les travers de l\u2019argument d\u2019autorit\u00e9, voire du dogmatisme. Ainsi, toute id\u00e9e un tant soit peu diff\u00e9rente est au mieux consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9trange, et au pire rejet\u00e9e comme inacceptable, excentrique, presque h\u00e9r\u00e9tique. C\u2019est exactement ce que certains auteurs reprochent en premier lieu aux tenants du darwinisme \u2013 th\u00e9orie qui jouit d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0immunit\u00e9 intellectuelle\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.2. Science conventionnelle, science h\u00e9t\u00e9rodoxe<\/h3>\n\n\n\n<p>Il existe un certain nombre de publications qui d\u00e9rangent, car elles sortent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment du cadre orthodoxe des paradigmes en vigueur. Il est remarquablement facile, et extr\u00eamement tentant, de rejeter p\u00e9remptoirement ces textes, sous le pr\u00e9texte, selon moi hautement fallacieux, qu\u2019ils ne respecteraient pas les r\u00e8gles de base du \u00ab\u00a0cahier des charges\u00a0\u00bb de l\u2019investigation scientifique (qui n\u2019existe d\u2019ailleurs pas, si ce n\u2019est de fa\u00e7on fortement virtuelle, et qu\u2019on invoque uniquement lorsqu\u2019un manuscrit semble poser quelque probl\u00e8me \u00e9pist\u00e9mologique). Un tel rejet ressemblant beaucoup trop \u00e0 une forme de sectarisme, je m\u2019empresserai de l\u2019\u00e9viter pour tenter de comprendre pourquoi tel ou tel auteur, souvent qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0cr\u00e9ationniste\u00a0\u00bb (parfois \u00e0 raison d\u2019ailleurs, mais le terme est bien plus employ\u00e9 comme une sorte d\u2019insulte r\u00e9dhibitoire que comme un simple adjectif<sup>30<\/sup>), prend le risque d\u2019exposer des th\u00e8ses nouvelles, diff\u00e9rentes, originales, voire excentriques ou m\u00eame franchement h\u00e9r\u00e9tiques (le mot n\u2019est pas exag\u00e9r\u00e9, surtout dans la mesure o\u00f9 certains chercheurs n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 s\u2019\u00e9riger en parangons de la \u00ab\u00a0d\u00e9fense\u00a0\u00bb d\u2019une sacro-sainte science bien-pensante, dans la mise en \u0153uvre d\u2019une v\u00e9ritable censure inquisitrice visant v\u00e9ritablement \u00e0 excommunier toute personne ne respectant pas, ou pas suffisamment, le \u00ab\u00a0cahier des charges\u00a0\u00bb sus-cit\u00e9)<sup>31<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p><br \/>L\u2019expression \u00ab\u00a0entropie g\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb peut sembler bizarre au premier abord \u2013 d\u00e9rangeante. La lecture du livre de John Sanford fut pour moi non seulement passionnante, mais surtout fascinante de bout en bout. <em>Toutefois, et je tiens \u00e0 insister, cela ne signifie nullement que je sois d\u2019accord avec tous les arguments de Sanford, ni, de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, que je d\u00e9fende d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre les th\u00e8ses cr\u00e9ationnistes.<\/em> Il n\u2019en demeure pas moins que <span style=\"text-decoration: underline;\">ce genre d\u2019ouvrage me para\u00eet salutaire, ne serait-ce que par la vision diff\u00e9rente, d\u00e9cal\u00e9e, mise en perspective par une analyse sp\u00e9ciale de r\u00e9sultats<\/span> pr\u00e9c\u00e9demment publi\u00e9s dans des \u00ab\u00a0revues internationales \u00e0 comit\u00e9 de lecture\u00a0\u00bb (\u00e9tape consid\u00e9r\u00e9e comme indispensable pour la validation du savoir par des sp\u00e9cialistes s\u00e9lectionn\u00e9s pour leurs domaines d\u2019expertise).<\/p>\n\n\n\n<p>Au lieu de rechercher les (pr\u00e9tendues ?) erreurs commises par Sanford (que d\u2019autres auront relev\u00e9es bien mieux que je ne saurais le faire<sup>32<\/sup>), je pr\u00e9f\u00e8re m\u2019int\u00e9resser \u00e0 ses arguments pour tenter de les replacer au sein d\u2019une explication plus g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9volution biologique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.3. Critiquer la science revient-il \u00e0 \u00ab\u00a0faire de l\u2019antiscience\u00a0\u00bb ? \u2013 \u00ab Qui aime bien, ch\u00e2tie bien. \u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>Il existe une objection fr\u00e9quente face aux critiques, m\u00eame constructives, faites \u00e0 la science : cette prise de position serait antiscientifique<sup>33<\/sup>. Les choses sont en fait bien plus subtiles. Au moins en ce qui me concerne, critiquer la science permet d\u2019en d\u00e9voiler les limites, les contradictions, les failles<sup>34<\/sup>, non pour \u00e9radiquer l\u2019investigation scientifique, mais, tout au contraire, pour lui permettre de s\u2019affranchir de ces probl\u00e9matiques et, en fin de compte, de s\u2019en trouver grandie<sup>35<\/sup>. Certes, d\u2019aucuns r\u00e9torqueront que la science n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre am\u00e9lior\u00e9e car elle fonctionne d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s bien \u2013 ce qui est une forme fondamentale de scientisme. Toutefois, en suivant une logique plus ouverte et constructive, selon laquelle tout syst\u00e8me est susceptible de pouvoir \u00eatre perfectionn\u00e9, je pense qu\u2019une critique saine et approfondie d\u2019un mode de pens\u00e9e ne peut qu\u2019\u00eatre, en fin de compte, b\u00e9n\u00e9fique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.4. Le darwinisme<\/h3>\n\n\n\n<p>On peut r\u00e9sumer le darwinisme (Synth\u00e8se moderne) comme suit : les populations pr\u00e9sentent une <em>variabilit\u00e9 <\/em>g\u00e9n\u00e9tique qui a pour origine des <em>mutations au hasard <\/em>ainsi que des \u00e9v\u00e9nements de recombinaison al\u00e9atoires ; ces populations \u00e9voluent par des <em>changements de la fr\u00e9quence des g\u00e8nes<\/em> qui surviennent par d\u00e9rive g\u00e9n\u00e9tique, flux g\u00e9nique et tout sp\u00e9cialement par <em>s\u00e9lection naturelle<\/em> ; la plupart des variants g\u00e9n\u00e9tiques adaptatifs m\u00e8nent \u00e0 des effets ph\u00e9notypiques faibles, ce qui produit des changements ph\u00e9notypiques <em>graduels <\/em>(bien que certains all\u00e8les dont les effets sont discrets puissent \u00eatre avantageux) ; la <em>diversification se fait par sp\u00e9ciation<\/em>, qui normalement entra\u00eene un isolement reproductif graduel entre populations ; et l&rsquo;ensemble de ces processus, envisag\u00e9s sur des p\u00e9riodes de temps suffisamment longues, m\u00e8nent \u00e0 des changements tels que <em>de nouveaux grands groupes taxonomiques peuvent \u00eatre d\u00e9finis<\/em> (genres, familles, etc.)<br \/><\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs de ces pr\u00e9ceptes sont remis en question comme \u00e9tant impr\u00e9cis ou incomplets. Notamment, le fait que le fonctionnalisme darwinien semble suffisant pour expliquer l\u2019histoire de la vie ne signifie absolument pas que le darwinisme fournisse effectivement une th\u00e9orie compl\u00e8te sur l\u2019origine et l\u2019\u00e9volution du vivant.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.5. N\u00e9cessit\u00e9, in\u00e9vitabilit\u00e9, irr\u00e9futabilit\u00e9 et antiscientificit\u00e9 des mutations spontan\u00e9es b\u00e9n\u00e9fiques et h\u00e9ritables<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019une des bases de l\u2019\u00e9volution darwinienne est la variabilit\u00e9 biologique : gr\u00e2ce \u00e0 des mutations consid\u00e9r\u00e9es comme al\u00e9atoires, les populations et les esp\u00e8ces pr\u00e9sentent un certain polymorphisme<sup>36<\/sup>. Pour que la s\u00e9lection naturelle puisse agir, l\u2019occurrence de mutations b\u00e9n\u00e9fiques, \u00e0 l\u2019origine d\u2019un tri \u00ab\u00a0positif\u00a0\u00bb, est une n\u00e9cessit\u00e9 th\u00e9orique de la logique darwinienne.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, Richard Milton affirme que la notion de \u00ab <em>mutation g\u00e9n\u00e9tique b\u00e9n\u00e9fique spontan\u00e9e n\u2019est rien de plus qu\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 hypoth\u00e9tique de la th\u00e9orie n\u00e9odarwinienne<\/em><sup>37<\/sup>\u00bb , car \u00ab <em>jamais personne n\u2019a observ\u00e9 qu\u2019une quelconque mutation g\u00e9n\u00e9tique spontan\u00e9e h\u00e9ritable puisse provoquer la modification d\u2019une caract\u00e9ristique physique \u2013 \u00e0 part, bien entendu, les cas, peu nombreux et bien connus, des d\u00e9fauts g\u00e9n\u00e9tiques qui sont la plupart du temps non viables<\/em><sup>38<\/sup>\u00bb. Pourtant,              \u00ab <em>comme il est \u00e9tabli que des mutations d\u00e9l\u00e9t\u00e8res peuvent effectivement se produire, les darwinistes ont recours \u00e0 la loi des grands nombres : si des mutations d\u00e9l\u00e9t\u00e8res peuvent arriver, alors, avec suffisamment de temps, des mutations b\u00e9n\u00e9fiques pourront aussi se manifester. Cette affirmation n\u2019est soutenue par aucune preuve ; mais elle est irr\u00e9futable<\/em><sup>39<\/sup> \u00bb. Infalsifiable au sens de Karl Popper<sup>40<\/sup>, comme toutes les inf\u00e9rences inductives, ou statistiques, de ce genre<sup>41<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9rard Nissim Amzallag va m\u00eame plus loin, en affirmant que \u00ab [\u2026] <em>les mutations \u00e9mergeant au hasard deviennent des \u00e9v\u00e9nements fonci\u00e8rement exclus de toute causalit\u00e9. Il en d\u00e9coule un nouveau paradoxe : en tant qu\u2019impr\u00e9visible accident, la mutation est l\u2019\u00e9v\u00e9nement antiscientifique par excellence<\/em> [\u2026]<sup>42<\/sup> \u00bb \u2013 ce qui rejoint l\u2019id\u00e9e que, selon Jean-Fran\u00e7ois Moreel, \u00ab [\u2026] <em>les th\u00e9ories darwiniennes ne sont pas des th\u00e9ories scientifiques ou recevables comme telles<\/em><sup>43<\/sup> \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00ab\u00a0in\u00e9vitabilit\u00e9\u00a0\u00bb des mutations b\u00e9n\u00e9fiques est en relation avec ce que j\u2019appelle la logique des Shadoks : plus on perd, plus on a de chances de gagner. A ce sujet, une petite digression est ici n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Shadoks sont les personnages d\u2019une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e fran\u00e7aise diffus\u00e9e entre la fin des ann\u00e9es soixante et le d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix. Voulant voyager dans l&rsquo;espace, ils entreprirent de construire une fus\u00e9e ; malheureusement, leur technologie \u00e9tant des plus rudimentaires, \u00e0 chaque essai de lancement, leur fus\u00e9e retombait et finissait en morceaux. Toutefois, ils avaient r\u00e9ussi \u00e0 calculer que leur engin avait une chance sur un million de fonctionner correctement et de pouvoir gagner l&rsquo;espace intersid\u00e9ral : alors, loin de se d\u00e9courager, ils encha\u00eenaient les essais de lancement, se d\u00e9p\u00eachant de rater les neuf cent quatre-vingt dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt dix-neuf premiers essais, \u00e9tant certains que le millioni\u00e8me ne pourrait que r\u00e9ussir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le raisonnement des Shadoks repose sur une logique simpliste : en essayant continuellement, on doit forc\u00e9ment finir par r\u00e9ussir. Donc, plus on rate, plus on a de chances de r\u00e9ussir. Cette fa\u00e7on de penser est malencontreusement partag\u00e9e par de nombreuses personnes : par exemple, les habitu\u00e9s des jeux de hasard croient qu&rsquo;ayant toujours perdu cela augmente leurs chances de gagner. Mais les choses ne fonctionnent pas du tout de cette fa\u00e7on, pour au moins deux raisons :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Si un \u00e9v\u00e9nement a une probabilit\u00e9 d&rsquo;une chance sur un million, en essayant un million de fois, on obtient une probabilit\u00e9 de r\u00e9ussite de seulement 63 % ; pour passer \u00e0 90 %, il faut tenter sa chance 2 300 000 fois ;<\/li><li>Comme le dit Daniel Dennett, \u00ab <em>le hasard n\u2019a pas de m\u00e9moire<\/em><sup>44<\/sup> \u00bb et \u00ab <em>ne pas comprendre ce fait est connu sous le nom de Sophisme du Joueur<\/em><sup>45<\/sup>, <em>qui est \u00e9tonnamment r\u00e9pandu<\/em><sup>46<\/sup> \u00bb . <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>La vision darwinienne de l&rsquo;\u00e9volution repose, elle aussi, sur un syst\u00e8me d&rsquo;essais et d&rsquo;erreurs : chaque mutation introduite correspond \u00e0 un essai, et, comme la plupart des mutations s&rsquo;av\u00e8rent inutiles, on peut dire que ces essais m\u00e8nent \u00e0 des erreurs \u2013 d\u2019autant plus que certaines mutations sont nettement d\u00e9l\u00e9t\u00e8res. Toutefois, comme il arrive, de temps en temps, qu&rsquo;un essai soit \u00ab\u00a0concluant\u00a0\u00bb (correspondant \u00e0 une mutation b\u00e9n\u00e9fique), il n&rsquo;y a pas que des erreurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Et, tout comme les Shadoks encha\u00eenent essai sur essai en \u00e9tant persuad\u00e9s qu&rsquo;ils finiront par r\u00e9ussir, le darwinisme semble dire la m\u00eame chose : malgr\u00e9 les nombreuses mutations inutiles, t\u00f4t ou tard, une \u00ab\u00a0bonne\u00a0\u00bb mutation finira bien par se manifester et le m\u00e9canisme de l&rsquo;\u00e9volution pourra se mettre en marche. Donc, tout comme pour les Shadoks, plus il y a de mutations d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, plus il y a de chances que l&rsquo;on observe une mutation b\u00e9n\u00e9fique, qui fera \u00e9voluer l&rsquo;esp\u00e8ce concern\u00e9e. Ainsi, on se retrouve bien dans la logique des Shadoks : plus \u00e7a rate, plus on a de chances que \u00e7a marche \u2013 ce qui, de plus, contredit l\u2019id\u00e9e que le hasard n\u2019a pas de m\u00e9moire. Dans cette perspective, les mutations b\u00e9n\u00e9fiques deviennent in\u00e9vitables. Il n\u2019en demeure pas moins que \u00ab <em>pour rendre compte de l\u2019\u00e9volution darwinienne par mutations al\u00e9atoires, il faut accorder \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eamement improbables, sur de tr\u00e8s longues p\u00e9riodes de temps, un pouvoir qui rel\u00e8ve de la foi religieuse<\/em><sup>47<\/sup> \u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, comme le pr\u00e9cise Richard Milton, \u00ab <em>le taux de mutation est artificiellement exag\u00e9r\u00e9 simplement en utilisant une d\u00e9finition tellement vague selon laquelle n\u2019importe quel changement h\u00e9r\u00e9ditaire peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une \u00ab\u00a0mutation\u00a0\u00bb<\/em><sup>48<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>On voit ainsi que baser la quasi-int\u00e9gralit\u00e9 d\u2019une th\u00e9orie scientifique sur de telles mutations al\u00e9atoires pose, d\u2019embl\u00e9e, un certain nombre de probl\u00e8mes \u2013 compl\u00e8tement ignor\u00e9s par la majorit\u00e9 des chercheurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.6. La pr\u00e9tendue puissance de la s\u00e9lection naturelle cumulative<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans <em>L\u2019Horloger aveugle<\/em>, Richard Dawkins met en place une longue d\u00e9monstration concernant la fa\u00e7on dont la s\u00e9lection naturelle cumulative expliquerait non seulement la complexit\u00e9 de la biosph\u00e8re, mais aussi son origine et son \u00e9volution. Faisant appel au \u00ab\u00a0monisme de processus\u00a0\u00bb<sup>49<\/sup> radical du darwinisme (le fait de vouloir tout expliquer dans le monde vivant par un seul et unique m\u00e9canisme, ce qui repr\u00e9sente une forme pouss\u00e9e de r\u00e9ductionnisme), Dawkins construit un raisonnement certes \u00e9l\u00e9gant, coh\u00e9rent et apparemment infaillible, mais qui pr\u00e9sente un d\u00e9faut r\u00e9dhibitoire : il ne semble absolument pas correspondre \u00e0 la moindre r\u00e9alit\u00e9 biologique, pour plusieurs raisons :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Il serait tr\u00e8s \u00e9tonnant qu\u2019un seul m\u00e9canisme soit \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la nature pour expliquer l\u2019extr\u00eame complexit\u00e9 du vivant (m\u00eame si elle est r\u00e9ductible<sup>50<\/sup>) ;<\/li><li>Les organismes vivants y sont r\u00e9duits, de fa\u00e7on extr\u00eame, tout d\u2019abord \u00e0 une \u00ab\u00a0collection\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0mosa\u00efque\u00a0\u00bb de caract\u00e8res, ou attributs, ind\u00e9pendants ; puis, de fa\u00e7on encore plus extr\u00e9miste, \u00e0 un ensemble de g\u00e8nes \u00ab\u00a0\u00e9go\u00efstes\u00a0\u00bb, eux aussi ind\u00e9pendants<sup>51<\/sup>;<\/li><li>La s\u00e9lection naturelle est suppos\u00e9e agir au niveau de ces g\u00e8nes individuels, alors que, par d\u00e9finition (et au-del\u00e0 des consid\u00e9rations tautologiques), il s\u2019agit d\u2019une survie et d\u2019une reproduction diff\u00e9rentielles, qui ne peuvent se manifester qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle des organismes : comme le pr\u00e9cise Momme von Sydow, \u00ab <em>la s\u00e9lection ne \u00ab\u00a0voit\u00a0\u00bb que le ph\u00e9notype, ind\u00e9pendamment du g\u00e9notype<\/em><sup>52<\/sup>\u00bb , donc \u00ab <em>seul le ph\u00e9notype peut \u00eatre directement vu par la s\u00e9lection naturelle<\/em><sup>53<\/sup>\u00bb (de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, la vision de l\u2019\u00e9volution impos\u00e9e par le darwinisme nie totalement la dimension organismique du vivant, chaque esp\u00e8ce vivante ne pouvant \u00e9voluer qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle de populations \u2013 mode de pens\u00e9e populationnel<sup>54<\/sup>) ;<\/li><li>De plus, comme le pr\u00e9cise Richard Milton, \u00ab <em>les darwinistes semblent croire, de fa\u00e7on extr\u00eamement optimiste, que, si une innovation majeure appara\u00eet lors d\u2019une \u00e9tape pr\u00e9coce du processus \u00e9volutif, cela augmenterait la probabilit\u00e9 de succ\u00e8s de l\u2019\u00e9volution par s\u00e9lection naturelle cumulative. Parmi l\u2019immense quantit\u00e9 de toutes les caract\u00e9ristiques qui peuvent \u00eatre encod\u00e9es par l\u2019ADN, une erreur de r\u00e9plication peut tr\u00e8s bien n\u2019avoir aucun rapport avec cette innovation de d\u00e9part, ou ne pas \u00eatre celle qui permet l\u2019introduction d\u2019une am\u00e9lioration de cette innovation<\/em><sup>55<\/sup>\u00bb . Ainsi, selon Milton, l\u2019\u00e9volution par s\u00e9lection naturelle cumulative semble extr\u00eamement improbable car \u00ab <em>plus le nombre d\u2019\u00e9tapes impliqu\u00e9es dans le parcours \u00e9volutif n\u00e9cessaire pour en arriver au r\u00e9sultat final augmente, plus la probabilit\u00e9 que ces \u00e9tapes surviennent dans le bon ordre diminue<\/em><sup>56<\/sup>\u00bb . En fin de compte, \u00ab <em>le fait qu\u2019une mutation g\u00e9n\u00e9tique aboutissant \u00e0 l\u2019apparition d\u2019une innovation b\u00e9n\u00e9fique au niveau de la forme ne pr\u00e9sente qu\u2019une infime probabilit\u00e9 de survenir devrait \u00eatre un point critique central du darwinisme<\/em><sup>57<\/sup>\u00bb .<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>De l\u2019ensemble de ces r\u00e9flexions, on peut tirer au moins la conclusion suivante : l\u2019\u00e9volution par s\u00e9lection naturelle cumulative pose un certain nombre de probl\u00e8mes qui, malgr\u00e9 les contre-objections des darwinistes, semblent incommensurables (voir plus loin d\u2019autres probl\u00e8mes de la s\u00e9lection naturelle cumulative).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4. LA CONTROVERSE DE L\u2019ENTROPIE GENETIQUE : ARGUMENTS ET OBJECTIONS<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.1. Un argumentaire riche, \u00e9tonnant et questionnant<\/h3>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019argumentaire g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9sent\u00e9 plus haut, j\u2019insisterai sur les quelques points suivants, qui me paraissent fondamentalement importants et largement sous-estim\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">4.1.1. La complexit\u00e9 biologique et l\u2019ADN polycontraint<\/h4>\n\n\n\n<p>Sanford aborde, en p. 16, le probl\u00e8me, tr\u00e8s controvers\u00e9, de la complexit\u00e9 biologique (sujet que j\u2019ai moi-m\u00eame \u00e9tudi\u00e9 dans une revue synth\u00e9tique<sup>58<\/sup>). A partir du constat de l\u2019existence \u00ab <em>de multiples codes lin\u00e9aires qui se chevauchent<\/em><sup>59<\/sup> \u00bb et d\u2019une \u00ab <em>compression de[s] donn\u00e9es<\/em> \u00bb (data compression), il en arrive \u00e0 l\u2019id\u00e9e, fascinante, de \u00ab l\u2019ADN polycontraint \u00bb (<em>poly-constrained DNA<\/em>), selon laquelle \u00ab <em>la plupart des s\u00e9quences codantes humaines codent deux ARN diff\u00e9rents qui se lisent dans des directions oppos\u00e9es<\/em><sup>60<\/sup> \u00bb et que \u00ab <em>certaines s\u00e9quences remplissent des fonctions multiples simultan\u00e9ment<\/em><sup>61<\/sup>\u00bb , ce qui m\u00e8ne \u00e0 \u00ab <em>supposer qu\u2019il y a encore des niveaux plus \u00e9lev\u00e9s d\u2019organisation et d\u2019information crypt\u00e9s dans le g\u00e9nome<\/em><sup>62<\/sup>\u00bb et que \u00ab <em>probablement toutes les s\u00e9quences d\u2019ADN dans le g\u00e9nome cryptent des codes multiples (jusqu\u2019\u00e0 12<\/em>)<sup>63<\/sup>\u00bb . Il en conclut que \u00ab <em>la nature polycontrainte de l\u2019ADN est une preuve solide du fait que les g\u00e9nomes sup\u00e9rieurs<\/em><sup>64<\/sup><em> ne peuvent pas \u00e9voluer par le biais du m\u00e9canisme mutations\/s\u00e9lection, sinon \u00e0 un niveau insignifiant<\/em><sup>65<\/sup> \u00bb (une mutation ponctuelle interviendrait dans la signification de plusieurs messages \u00e0 la fois, situation qui semble effectivement ing\u00e9rable pour la s\u00e9lection naturelle ; en revanche, nous verrons que la conclusion de l\u2019intervention d\u2019une \u00ab <em>conception intelligente<\/em><sup>66<\/sup> \u00bb n\u2019est pas la seule possible).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">4.1.2. Le niveau de \u00ab\u00a0visibilit\u00e9\u00a0\u00bb de la s\u00e9lection naturelle<\/h4>\n\n\n\n<p>La d\u00e9finition de base de la s\u00e9lection naturelle repose sur l\u2019id\u00e9e d\u2019une survie et d\u2019une reproduction diff\u00e9rentielles. Cela semble absolument \u00e9vident : dans toute population, et en fonction d\u2019un certain nombre de facteurs \u00e9cologiques, certains individus vivent plus longtemps que d\u2019autres, donc certains d\u2019entre eux se reproduisent plus que les autres. Les organismes qui, favoris\u00e9s, vivent longtemps, peuvent se reproduire un certain nombre de fois ; ceux qui, moins favoris\u00e9s, vivent moins longtemps, se reproduisent moins ; quant \u00e0 ceux, d\u00e9favoris\u00e9s, qui sont st\u00e9riles ou qui meurent pr\u00e9matur\u00e9ment, ils ne se reproduisent pas du tout. Ainsi, selon Darwin lui-m\u00eame, \u00ab<em> j&rsquo;ai donn\u00e9 le nom de s\u00e9lection naturelle ou de persistance du plus apte \u00e0 cette conservation des diff\u00e9rences et des variations individuelles favorables et \u00e0 cette \u00e9limination des variations nuisibles<\/em><sup>67<\/sup>\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s cette d\u00e9finition, il semble clair que ce que la s\u00e9lection naturelle peut \u00ab\u00a0voir\u00a0\u00bb, ce sont des organismes dans leur int\u00e9gralit\u00e9 : comme le dit \u00e0 juste titre Sanford, \u00ab [\u2026] <em>la s\u00e9lection ne peut op\u00e9rer qu\u2019au niveau de l\u2019organisme entier<\/em><sup>68<\/sup>\u00bb. Or, de fa\u00e7on extr\u00eamement curieuse, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e l\u2019id\u00e9e que la s\u00e9lection naturelle pourrait intervenir directement au niveau des g\u00e8nes individuels \u2013 d\u2019o\u00f9, en portant cette notion \u00e0 l\u2019extr\u00eame, la fameuse th\u00e9orie dite du \u00ab <em>g\u00e8ne \u00e9go\u00efste<\/em> \u00bb popularis\u00e9e par Richard Dawkins<sup>69<\/sup>. Au-del\u00e0 du fait que cette vision n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec la d\u00e9finition donn\u00e9e plus haut, le d\u00e9bat se poursuit : \u00ab <em>La s\u00e9lection agit-elle principalement au niveau des g\u00e8nes ?<\/em><sup>70<\/sup> \u00bb est la question que posent Francisco Ayala et Robert Arp<sup>71<\/sup>, pour laisser ensuite s\u2019exprimer les deux points de vue contradictoires :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Pour Carmen Sapienza, \u00ab <em>la s\u00e9lection op\u00e8re prioritairement sur les g\u00e8nes<\/em><sup>72<\/sup>\u00bb ; \u00ab <em>d\u00e9fendant le g\u00e8ne comme unit\u00e9 de s\u00e9lection<\/em><sup>73<\/sup> \u00bb , elle pr\u00e9sente les arguments suivants (titres de certains paragraphes) :<ul><li>\u00ab <em>La s\u00e9lection naturelle op\u00e8re au niveau du g\u00e9nome sans qu&rsquo;il soit tenu compte de la dimension ph\u00e9notypique<\/em><sup>74<\/sup> \u00bb ;<\/li><li>\u00ab <em>La s\u00e9lection naturelle peut effectivement agir sur le produit de g\u00e8nes individuels<\/em><sup>75<\/sup> \u00bb ;<\/li><li>\u00ab <em>La s\u00e9lection naturelle peut agir directement sur les g\u00e8nes eux-m\u00eames<\/em><sup>76<\/sup>. \u00bb<\/li><\/ul><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Au contraire, pour Richard Burian, \u00ab <em>la s\u00e9lection n\u2019op\u00e8re pas prioritairement sur les g\u00e8nes<\/em><sup>77<\/sup>\u00bb . Il base son argumentation notamment sur le fait que \u00ab <em>la s\u00e9lection agit en m\u00eame temps \u00e0 de nombreux niveaux<\/em><sup>78<\/sup> \u00bb , et que \u00ab <em>les conditions environnementales, ainsi que les cycles naturels, doivent pr\u00e9senter une stabilit\u00e9 suffisante pour que la s\u00e9lection puisse \u00eatre efficace et cumulative, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle permette de conserver ou de transformer les attributs des organismes sur un grand nombre de g\u00e9n\u00e9rations<\/em><sup>79<\/sup>\u00bb (consid\u00e9ration qui \u00e9chappe compl\u00e8tement \u00e0 Richard Dawkins dans <em>L\u2019Horloger aveugle<\/em>) : il pr\u00e9cise que \u00ab <em>pour que la s\u00e9lection naturelle soit efficace, des conditions appropri\u00e9es doivent \u00eatre r\u00e9unies autorisant une s\u00e9lection cumulative. Par exemple, les cycles environnementaux doivent \u00eatre suffisamment courts pour \u00eatre \u00ab\u00a0visibles\u00a0\u00bb par la s\u00e9lection, sinon celle-ci ne pourra pas en tenir compte<\/em><sup>80<\/sup>\u00bb . Ainsi, \u00ab <em>il est donc indispensable d&rsquo;analyser les conditions requises pour la mise en place d&rsquo;une s\u00e9lection cumulative, en attachant une grande importance aux cycles longs qui peuvent avoir une incidence sur les tendances de l&rsquo;histoire de la vie<\/em><sup>81<\/sup>\u00bb . D\u2019autre part, Burian insiste sur le fait     \u00ab <em>qu\u2019il n&rsquo;existe pas de r\u00e9ponse simple \u00e0 la question de savoir exactement ce qui doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un g\u00e8ne<\/em><sup>82<\/sup> \u00bb . En outre, et de fa\u00e7on particuli\u00e8rement subtile, il affirme que, \u00ab <em>\u00e0 chaque g\u00e9n\u00e9ration, les organismes sont reconstruits par un processus d&rsquo;interaction avec l&rsquo;environnement, et non par un m\u00e9canisme de copie<\/em><sup>83<\/sup>\u00bb (ce qui semble en contradiction avec la vision darwinienne de l\u2019\u00e9volution<sup>84<\/sup>). De plus, il pr\u00e9cise non seulement que \u00ab <em>l\u2019\u00e9cologie exerce une influence sur l\u2019incidence plus ou moins importante des g\u00e8nes<\/em><sup>85<\/sup>\u00bb , mais que, de plus, \u00ab <em>ce sont des combinaisons d\u2019all\u00e8les qui d\u00e9terminent les caract\u00e9ristiques ph\u00e9notypiques ayant une influence significative sur les conditions de survie, non les all\u00e8les eux-m\u00eames ou leur fr\u00e9quence dans la population<\/em><sup>86<\/sup>\u00bb .<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>En conclusion, Burian en arrive \u00e0 l\u2019id\u00e9e que \u00ab <em>g\u00e9n\u00e9ralement, la s\u00e9lection \u00ab\u00a0agit\u00a0\u00bb non pas comme une force exclusive sur un g\u00e8ne ou un trait isol\u00e9, mais plut\u00f4t comme un facteur de pond\u00e9ration intervenant dans des situations affectant de nombreux traits, au cours de diff\u00e9rentes phases dispers\u00e9es sur de longues p\u00e9riodes de temps<\/em><sup>87<\/sup>\u00bb . De la sorte, \u00ab <em>la s\u00e9lection agit prioritairement au niveau des caract\u00e9ristiques des organismes impliqu\u00e9es dans les exigences li\u00e9es \u00e0 leur survie, en relation avec les nombreuses contraintes environnementales (biotiques et abiotiques) \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire, fondamentalement, sur le ph\u00e9notype<\/em><sup>88<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>On rejoint ici le point de vue de Sanford, ainsi que l\u2019id\u00e9e que, la s\u00e9lection naturelle ne pouvant \u00ab\u00a0voir\u00a0\u00bb les mutations ponctuelles individuelles, elle ne saurait \u00e9liminer efficacement la plupart des mutations d\u00e9l\u00e9t\u00e8res (seul un organisme charg\u00e9 d\u2019un \u00ab\u00a0fardeau g\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb \u2013 qui repr\u00e9sente une sorte de \u00ab\u00a0moyenne\u00a0\u00bb de toutes ses mutations \u2013 trop lourd verra son esp\u00e9rance de vie consid\u00e9rablement raccourcie). En ce qui concerne la \u00ab\u00a0visibilit\u00e9\u00a0\u00bb de la s\u00e9lection naturelle, un autre question se pose : qu\u2019est-ce que la s\u00e9lection naturelle peut distinguer et qui fera l\u2019objet d\u2019un tri (acceptation ou rejet) ? En d\u2019autres termes, entre deux individus d\u2019une m\u00eame esp\u00e8ce et vivant dans le m\u00eame environnement, jusqu\u2019o\u00f9 la s\u00e9lection naturelle est-elle capable de discerner des diff\u00e9rences permettant la survie de l\u2019un et la  disparition  de  l\u2019autre ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00e9tudier ce probl\u00e8me, j\u2019utiliserai le m\u00eame exemple que Richard Dawkins dans <em>L\u2019Horloger aveugle<\/em> : l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u0153il chez les Vert\u00e9br\u00e9s. Dawkins insiste, \u00e0 plusieurs reprises : il vaut mieux, pour un animal, \u00eatre dot\u00e9 d\u2019un \u0153il \u00ab\u00a0partiel\u00a0\u00bb, incomplet, rudimentaire, capable d\u2019assurer seulement 5 % des capacit\u00e9s visuelles d\u2019un \u0153il \u00ab\u00a0complet\u00a0\u00bb, comme un \u0153il sans cristallin, que ne poss\u00e9der aucun \u0153il<sup>89<\/sup>. Toutefois, \u00e0 partir de cette \u00e9vidence absolue, Dawkins construit un raisonnement purement th\u00e9orique, voire rh\u00e9torique, en r\u00e9duisant le passage d\u2019une version de X \u00e0 la suivante \u00e0 une diff\u00e9rence tellement tenue qu\u2019on peut l\u00e9gitimement se demander si ce passage est vraiment possible : c\u2019est-\u00e0-dire, la s\u00e9lection naturelle peut-elle vraiment voir une diff\u00e9rence aussi petite ? Pourtant, Dawkins insiste : \u00ab<em> Si, chez un animal quelconque, r\u00e9el et bien vivant, on observe un organe X, trop complexe pour \u00eatre apparu par hasard en une seule \u00e9tape, alors, selon la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution par s\u00e9lection naturelle, on peut affirmer qu\u2019une fraction de ce X vaut mieux que pas de X du tout ; que deux fractions de X valent mieux que seulement une fraction de ce X ; et que la totalit\u00e9 de X vaut mieux que les neuf dixi\u00e8mes de ce X<\/em><sup>90<\/sup>\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base d\u2019un raisonnement qui me semble analogue, Dan Nilsson et Suzanne Pelger ont d\u00e9montr\u00e9, \u00e0 l\u2019aide de calculs math\u00e9matiques, qu\u2019au maximum 363 992 g\u00e9n\u00e9rations \u00e9taient n\u00e9cessaires pour permettre l\u2019\u00e9volution d\u2019un \u0153il complexe de type \u00ab\u00a0appareil photographique\u00a0\u00bb (notamment dot\u00e9 d\u2019une lentille convergente, le cristallin, et d\u2019un r\u00e9cepteur photosensible, la r\u00e9tine) uniquement par s\u00e9lection naturelle cumulative, \u00e0 partir d\u2019une tache sensible \u00e0 la lumi\u00e8re<sup>91<\/sup>. En consid\u00e9rant une ann\u00e9e par g\u00e9n\u00e9ration, dur\u00e9e qui para\u00eet r\u00e9aliste pour de nombreux animaux aquatiques de taille moyenne, ils en arrivent \u00e0 l\u2019id\u00e9e que l\u2019\u0153il des Vert\u00e9br\u00e9s se serait compl\u00e8tement d\u00e9velopp\u00e9 en seulement     364 000 ans<sup>92<\/sup>. Analysons ce r\u00e9sultat en termes de s\u00e9lection naturelle cumulative.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour des raisons pratiques dont l\u2019utilit\u00e9 appara\u00eetra rapidement, j\u2019arrondirai la valeur pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 400 000 (arrondir \u00e0 300 000 ne changerait rien). Ainsi, l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u0153il type \u00ab\u00a0appareil photo\u00a0\u00bb tel qu\u2019il existe chez tous les Vert\u00e9br\u00e9s aurait n\u00e9cessit\u00e9 400 000 \u00e9tapes successives, ce qui justifie les deux remarques suivantes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Chacune des 400 000 \u00e9tapes a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e par au moins un organisme qui a v\u00e9cu suffisamment longtemps pour se reproduire au moins une fois et transmettre ses g\u00e8nes : que ce processus de filiation soit interrompu ne serait-ce qu\u2019une fois et il faut recommencer depuis le d\u00e9but ;<\/li><li>Chacune des 400 000 \u00e9tapes a forc\u00e9ment men\u00e9 \u00e0 un avantage adaptatif suffisant pour \u00eatre positivement s\u00e9lectionn\u00e9 par rapport \u00e0 d\u2019autres moins b\u00e9n\u00e9fiques.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ces remarques impliquent les corollaires suivants :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Comme l\u2019\u00e9volution par s\u00e9lection naturelle se fait sous l\u2019emprise des conditions environnementales, il est indispensable que ces derni\u00e8res aient \u00e9t\u00e9 stables au cours de la p\u00e9riode de 400 000 ans \u2013 ce qui para\u00eet bien peu probable, d\u2019autant plus que l\u2019un des piliers du darwinisme consiste \u00e0 affirmer la contingence et la variabilit\u00e9 de ces conditions ;<\/li><li>Plus important pour ce qui nous int\u00e9resse ici, \u00e0 chaque \u00e9tape, la s\u00e9lection naturelle a d\u00fb \u00eatre capable de d\u00e9tecter un changement aussi tenu qu\u2019une fraction d\u2019une valeur de  1\/400 000 (valeur moyenne en consid\u00e9rant les \u00e9tapes comme approximativement \u00e9quivalentes qualitativement) :<ul><li>Si on ram\u00e8ne ces 400 000 \u00e9tapes \u00e0 une \u00ab\u00a0note\u00a0\u00bb sur 1000, chaque \u00e9tape correspond \u00e0 l\u2019ajout de 0,0025 point : autrement dit, si on en est \u00e0 l\u2019\u00e9tape o\u00f9 l\u2019\u0153il a une note de 139,4575\/1000, la s\u00e9lection naturelle doit \u00eatre capable de d\u00e9tecter un \u0153il dont la note serait de 139,46 pour que l\u2019\u00e9volution se poursuive ;<\/li><li>Si on ram\u00e8ne ces 400 000 \u00e9tapes \u00e0 une \u00ab\u00a0note\u00a0\u00bb sur 20, chaque \u00e9tape correspond \u00e0 l\u2019ajout de 0,00005 point : autrement dit, si on en est \u00e0 l\u2019\u00e9tape o\u00f9 l\u2019\u0153il a une note de 8,12565\/20, la s\u00e9lection naturelle doit \u00eatre capable de d\u00e9tecter un \u0153il dont la note serait de 8,1257\/20 pour que l\u2019\u00e9volution se poursuive.<\/li><\/ul><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Cette repr\u00e9sentation simple de l\u2019\u00e9volution met en \u00e9vidence l\u2019impossibilit\u00e9 quasiment absolue d\u2019un tel m\u00e9canisme \u2013 \u00e0 moins d\u2019accepter l\u2019id\u00e9e que la s\u00e9lection naturelle soit dot\u00e9e de pouvoirs pour le moins extraordinaires. En effet, que la s\u00e9lection naturelle soit capable de \u00ab\u00a0voir\u00a0\u00bb des diff\u00e9rences invisibles \u00e0 nos yeux humains est une chose ; envisager qu\u2019un tel degr\u00e9 de d\u00e9tectabilit\u00e9 existe dans la nature semble relever de la \u00ab\u00a0pens\u00e9e magique\u00a0\u00bb \u2013 selon l\u2019expression d\u2019Arthur Demongeot<sup>93<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela n\u2019emp\u00eache nullement Nilsson et Pelger d\u2019affirmer que \u00ab <em>la s\u00e9lection naturelle devrait agir simultan\u00e9ment sur tous les facteurs qui ont un effet positif sur la performance de l\u2019ensemble<\/em><sup>94<\/sup>\u00bb . D\u2019autre part, ils insistent sur le fait que, selon eux, \u00ab <em>l\u2019ensemble de la s\u00e9quence ne comprend pas d\u2019\u00e9tapes sp\u00e9cialement peu performantes, pour lesquelles de nombreux changements doivent intervenir sans vraiment am\u00e9liorer la fonction<\/em><sup>95<\/sup>\u00bb \u2013 phrase qui m\u2019appara\u00eet critiquable par plusieurs aspects : elle est particuli\u00e8rement vague et confuse, en particulier parce qu\u2019elle n\u2019indique nullement comment savoir que toutes les \u00e9tapes sont suffisamment performantes et qu\u2019elle semble contradictoire avec l\u2019id\u00e9e que l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u0153il serait, finalement, plut\u00f4t rapide (voire en faveur d\u2019une \u00e9volution saltatoire).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.2. Les objections<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">4.2.1. Objections anticr\u00e9ationnistes g\u00e9n\u00e9rales<\/h4>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Comment faire pour discr\u00e9diter une id\u00e9e ?<br \/>Il suffit de la caricaturer, d\u2019en donner une image grossi\u00e8re et inconsistante, de l\u2019entourer de la plus extr\u00eame confusion, pour ensuite la d\u00e9molir \u00e0 l\u2019aide de toutes sortes d\u2019arguments qui en montrent le caract\u00e8re simpliste, incoh\u00e9rent et ridicule<sup>96<\/sup>. \u00bb <\/p><cite>Andr\u00e9as Sniadecki<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019attitude choisie par la plupart des scientifiques pour tenter de contrer le cr\u00e9ationnisme<sup>97<\/sup>. Un exemple frappant est pr\u00e9sent\u00e9 dans <em>Le Guide critique de l\u2019\u00c9volution<\/em>, dans lequel les id\u00e9es suivantes sont indiqu\u00e9es :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Les cr\u00e9ationnistes feraient \u00ab [\u2026] <em>preuve d\u2019un scientisme extr\u00eame puisqu\u2019ils font outrepasser ses droits \u00e0 la science en la faisant statuer sur un terrain exp\u00e9rimental inaccessible<\/em><sup>98<\/sup>\u00bb : une \u00e9trange vision du scientisme (notion par ailleurs extr\u00eamement floue et mall\u00e9able), surtout quand certains auteurs critiquent pr\u00e9cis\u00e9ment le darwinisme de scientisme ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Le cr\u00e9ationnisme ferait preuve d\u2019essentialisme, notamment en attribuant \u00ab [\u2026] <em>une essence humaine \u00e0 un embryon de quelques cellules<\/em><sup>99<\/sup>\u00bb : pourtant, la pr\u00e9sence de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du patrimoine g\u00e9n\u00e9tique dans les cellules de cet embryon, voire dans la cellule-\u0153uf dont il est issu, leur donne, assur\u00e9ment, une dimension humaine (tout comme un embryon de fourmi contient le g\u00e9nome de l\u2019esp\u00e8ce correspondante \u2013 rien de sp\u00e9cifiquement humain ici) ; d\u2019autre part, comme mentionn\u00e9 plus loin, il ne faut pas confondre essentialisme typologique et essentialisme explicatif<sup>100<\/sup>;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Le cr\u00e9ationnisme appellerait la science <em>\u00ab [\u2026] \u00e0 changer de l\u2019int\u00e9rieur [\u2026] \u00bb, dans un \u00ab [\u2026] changement complet de nature de l\u2019activit\u00e9 scientifique<\/em> [\u2026] \u00bb, lequel serait, notamment, oppos\u00e9 au \u00ab [\u2026] <em>principe de parcimonie qui exclut toute hypoth\u00e8se surnum\u00e9raire <\/em>ad hoc<em>, c\u2019est-\u00e0-dire non testable<\/em><sup>101<\/sup>\u00bb : au-del\u00e0 de la vision simpliste du principe de parcimonie<sup>102<\/sup> (utilis\u00e9 ici uniquement comme \u00ab\u00a0garde-fou\u00a0\u00bb anticr\u00e9ationniste), c\u2019est justement \u00e0 une telle red\u00e9finition du champ d\u2019investigation de la science que certains auteurs aspirent, tel Rupert Sheldrake, pour <em>R\u00e9enchanter la Science<\/em><sup>103<\/sup> ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Le cr\u00e9ationnisme constituerait \u00ab <em>une entorse au scepticisme initial [\u2026 car] la foi imprime une id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue du r\u00e9sultat qui devra sortir<\/em><sup>104<\/sup>\u00bb : si on peut se demander sur quelle base repose ce \u00ab\u00a0<em>scepticisme initial sur les faits<\/em><sup>105<\/sup>\u00a0\u00bb (p. 23), autre notion tr\u00e8s vague car toute personne qui engage des recherches peut \u00eatre qualifi\u00e9e de sceptique par d\u00e9finition, il semble en outre \u00e9vident que tout scientifique qui engage une exp\u00e9rimentation a, forc\u00e9ment, une id\u00e9e du r\u00e9sultat qu\u2019il devrait obtenir \u2013 sans quoi il ne s\u2019agit pas de recherches mais plut\u00f4t d\u2019investigations al\u00e9atoires ; en outre, c\u2019est oublier qu\u2019un certain nombre d\u2019aspects fondamentaux de la recherche scientifique rel\u00e8vent, eux aussi, de la foi (comme le monisme mat\u00e9rialiste, par exemple) ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab <em>Des entorses au mat\u00e9rialisme m\u00e9thodologique sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans tous les cr\u00e9ationnismes [\u2026 :] le r\u00e9sultat est suivi d\u2019\u00e9vocations incongrues d\u2019entit\u00e9s immat\u00e9rielles ou de mise en perspective des r\u00e9sultats dans le cadre du dogme [\u2026]<\/em><sup>106<\/sup> \u00bb : ce pr\u00e9tendu mat\u00e9rialisme m\u00e9thodologique n\u2019est qu\u2019un cache-mis\u00e8re des choix philosophiques des scientifiques ; quant \u00e0 des interpr\u00e9tations \u00ab\u00a0incongrues\u00a0\u00bb vis- \u00e0-vis d\u2019un \u00ab\u00a0dogme\u00a0\u00bb, c\u2019est exactement ce qui se lit trop souvent dans la partie Discussion d\u2019articles scientifiques (partie fr\u00e9quemment d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la transformation d\u2019hypoth\u00e8ses plausibles en certitudes absolues, reprises ensuite et p\u00e9rennis\u00e9es dans les m\u00e9dia qui ne font que perp\u00e9tuer la confusion) ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab <em>La croyance au sens de \u00ab\u00a0foi\u00a0\u00bb [\u2026] ne peut \u00eatre remise en cause [\u2026]. La foi n\u2019\u00e9prouve pas le besoin de se justifier. [\u2026] La \u00ab\u00a0croyance\u00a0\u00bb scientifique, elle, tire sa l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019ouverture laiss\u00e9e \u00e0 sa propre d\u00e9stabilisation. [\u2026] En raison de ces diff\u00e9rences fondamentales, il n\u2019est pas souhaitable de parler de \u00ab\u00a0croyance\u00a0\u00bb lorsque l\u2019on fait allusion au degr\u00e9 de confiance que les scientifiques accordent \u00e0 leurs r\u00e9sultats [\u2026]<\/em><sup>107<\/sup> \u00bb : ces \u00ab\u00a0diff\u00e9rences fondamentales\u00a0\u00bb sont, une fois encore, des cache-mis\u00e8re pour tenter de passer sous silence le fait qu\u2019un certain nombre de postulats scientifiques, voire des th\u00e9ories enti\u00e8res, jouissent d\u2019une authentique immunit\u00e9 intellectuelle contre toute critique, m\u00eame justifi\u00e9e, car ces points auraient \u00e9t\u00e9 largement d\u00e9montr\u00e9s ; c\u2019est, exemple c\u00e9l\u00e8bre, le cas de la th\u00e9orie darwinienne de l\u2019\u00e9volution (qualifi\u00e9e de dogme par certains auteurs<sup>108<\/sup> ) ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab <em>[\u2026] [L]a foi [\u2026] est corruptrice puisque cette \u00ab\u00a0certitude\u00a0\u00bb ne tol\u00e8re le test de l\u2019exp\u00e9rience scientifique que s\u2019il la conforte : il n\u2019y a plus de scepticisme initial<\/em><sup>109<\/sup> \u00bb : il est possible de formuler le m\u00eame type de critique \u00e0 l\u2019encontre du darwinisme : la certitude que tous les aspects des organismes vivants sont des adaptations fa\u00e7onn\u00e9es par la s\u00e9lection naturelle (vision \u00e2prement d\u00e9fendue par Dennett<sup>110<\/sup> et Dawkins<sup>111<\/sup>) ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab <em>[\u2026] un proc\u00e9d\u00e9 courant est le tri conscient ou inconscient dans la collecte des \u00ab\u00a0faits\u00a0\u00bb ou des donn\u00e9es<\/em><sup>112<\/sup> \u00bb : \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il est impossible de traiter exhaustivement toutes les donn\u00e9es (\u00e0 moins qu\u2019elles soient en nombre tr\u00e8s r\u00e9duit), une s\u00e9lection d\u2019informations jug\u00e9es pertinentes et suffisantes est incontournable : d\u00e8s lors, en en ignorant certaines (souvent la plupart), non seulement on introduit un biais dans le raisonnement, mais on est oblig\u00e9 de faire appel \u00e0 des inf\u00e9rences inductives qui ne sont que des g\u00e9n\u00e9ralisations bien souvent abusives (position d\u00e9fendue par Karl  Popper<sup>113<\/sup>) ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab <em>Il manque \u00e0 la spiritualit\u00e9 et \u00e0 la foi trois propri\u00e9t\u00e9s essentielles pour pr\u00e9tendre \u00eatre source ou outil de science : structuration, universalit\u00e9 de contenu, source de la l\u00e9gitimit\u00e9. L\u2019universalit\u00e9 de la science, elle, tient \u00e0 l\u2019universalit\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s mat\u00e9rielles de ce monde et \u00e0 l\u2019universalit\u00e9 des r\u00e8gles de la logique<\/em><sup>114<\/sup> \u00bb : le manque de structuration, d\u2019universalit\u00e9 et de l\u00e9gitimit\u00e9 de la foi, d\u2019une part, et l\u2019universalit\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s mat\u00e9rielles et de la logique, d\u2019autre part, restent, me semble-t-il, \u00e0 d\u00e9montrer : cette phrase, purement th\u00e9orique, ressemble plus \u00e0 une affirmation p\u00e9remptoire qu\u2019\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 indubitable ; <\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab <em>Le spiritualisme \u00ab\u00a0scientifique\u00a0\u00bb est par d\u00e9finition aux antipodes de la science car il nie la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un recours exclusif aux r\u00e9alit\u00e9s mat\u00e9rielles de ce monde pour \u00e9tablir des v\u00e9rit\u00e9s. Or le recours aux exp\u00e9riences et aux observations sur le monde mat\u00e9riel est la seule garantie de leur reproductibilit\u00e9, crit\u00e8re fondamental du statut de connaissance objective, et donc de scientificit\u00e9. Introduire la spiritualit\u00e9 comme \u00e9l\u00e9ment de construction d\u2019une quelconque affirmation sur le monde r\u00e9el rend donc cette affirmation non testable scientifiquement<\/em><sup>115<\/sup> \u00bb : au-del\u00e0 du fait selon lequel la science n\u2019\u00e9tablit pas de v\u00e9rit\u00e9s<sup>116<\/sup> ; que la reproductibilit\u00e9 des exp\u00e9rimentations est bien souvent relative, virtuelle et th\u00e9orique<sup>117<\/sup> ; de la confusion volontaire et id\u00e9ologique entre mat\u00e9riel et r\u00e9el (ce qui n\u2019est pas mat\u00e9riel ne serait pas r\u00e9el) ; que l\u2019objectivit\u00e9 de la connaissance est une illusion<sup>118<\/sup> bas\u00e9e sur un concept discutable<sup>119<\/sup> ; on peut s\u2019interroger sur la testabilit\u00e9 de toutes les hypoth\u00e8ses scientifiques (si, pour une raison technique ou logistique, une proposition n\u2019est pas testable, sera-t-elle rejet\u00e9e comme non scientifique?). <\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le voit, ces nombreuses objections sont elles-m\u00eames amplement critiquables : d\u2019une part, le vocabulaire employ\u00e9 est contestable (\u00ab\u00a0<em>\u00e9vocations incongrues<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>foi corruptrice<\/em>\u00ab\u00a0) parce qu\u2019arrogant et pr\u00f4nant la sup\u00e9riorit\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique de la science ; d\u2019autre part, parce que, m\u00eame d\u2019un strict point de vue \u00e9pist\u00e9mologique, les \u00ab <em>piliers du contrat entre science et connaissance<\/em><sup>120<\/sup> \u00bb ne sont pas aussi solides qu\u2019il pourrait sembler en premi\u00e8re analyse.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">4. 2. 2. Analyse de quelques objections contre la notion d\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique<\/h4>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 troubl\u00e9 en d\u00e9couvrant un certain nombre d\u2019exemples de d\u00e9formation de la r\u00e9alit\u00e9 dans l\u2019<em>Entropie g\u00e9n\u00e9tique<\/em>. Toutefois, je ne pense pas qu\u2019il s\u2019agisse l\u00e0 d\u2019une tentative d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de tromperie. Il est de notori\u00e9t\u00e9 publique que toute personne sous l\u2019emprise du cr\u00e9ationnisme terre jeune puisse se retrouver passablement d\u00e9connect\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9. De toute \u00e9vidence, John Sanford est quelqu\u2019un de sinc\u00e8re et de bonne volont\u00e9, un membre respect\u00e9 au sein de la recherche en g\u00e9n\u00e9tique qui ne recule pas devant le ridicule pour d\u00e9fendre ses propres opinions<sup>121<\/sup>. \u00bb <\/p><cite>Scott Buchanan, <em>Assessing Limits to Evolution and to Natural Selection: Reviews of Michael Behe\u2019s \u201cEdge of Evolution\u201d and<br \/>John Sanford\u2019s \u201cGenetic Entropy\u201d.<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 qui en dit long sur l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit ouvert et pr\u00e9tendument objectif, neutre et ind\u00e9pendant qui devrait \u00eatre \u00e0 l\u2019\u0153uvre au sein de la communaut\u00e9 scientifique. Parce qu\u2019il propose une interpr\u00e9tation radicalement diff\u00e9rente du monde vivant, hors des sentiers battus de la science conventionnelle, Sanford est stigmatis\u00e9 de fa\u00e7on pour le moins partiale, fondamentalement subjective et finalement abjecte. \u00catre en d\u00e9saccord avec quelqu\u2019un est une chose ; d\u00e9nigrer cette personne en est une autre, qui rel\u00e8ve d\u2019un manque de respect et d\u2019un amalgame intellectuel profond<sup>122<\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">4.2.2.1. L\u2019\u00ab Axiome Primaire \u00bb n\u2019en serait pas un. <\/h5>\n\n\n\n<p>L\u2019un des piliers de l\u2019argumentation de Sanford est de consid\u00e9rer le m\u00e9canisme de base du darwinisme comme un axiome, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00ab <em>\u00e9nonc\u00e9 r\u00e9pondant \u00e0 trois crit\u00e8res fondamentaux : \u00eatre \u00e9vident, non d\u00e9montrable, universel<\/em><sup>123<\/sup> \u00bb . Le principe de la s\u00e9lection naturelle est certes trop souvent consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9vident (car il n\u2019y en aurait pas d\u2019autres<sup>124<\/sup>) et universel (ce qui constitue un cas extr\u00eame d\u2019inf\u00e9rence inductive, qualifi\u00e9 parfois de v\u00e9ritable \u00ab\u00a0saut de la foi\u00a0\u00bb) : \u00ab\u00a0\u00e9vident\u00a0\u00bb face au cr\u00e9ationnisme (l\u2019une des origines id\u00e9ologiques du darwinisme vient, selon Bertrand Louart, de la volont\u00e9 de d\u00e9truire la notion de \u00ab\u00a0cr\u00e9ation sp\u00e9ciale<sup>125<\/sup>\u00a0\u00bb ), universel car on le retrouverait \u00e0 tous les niveaux d\u2019organisation du vivant, les mol\u00e9cules aux \u00e9cosyst\u00e8mes, mais \u00e9galement pour expliquer l\u2019\u00e9volution des syst\u00e8mes culturels humains et la cr\u00e9ation artistique<sup>126<\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, le principe de s\u00e9lection naturelle est-il, ou non, d\u00e9montrable ? Bien s\u00fbr, pour les darwinistes convaincus, le principe de la s\u00e9lection naturelle est non seulement d\u00e9montrable, mais amplement d\u00e9montr\u00e9 : des ouvrages comme <em>L\u2019Horloger<\/em> <em>aveugle<\/em> ou <em>Darwin est-il dangereux<\/em> ?, parmi tant d\u2019autres productions, d\u00e9cortiquent dans le d\u00e9tail les pr\u00e9tendues forces de la pens\u00e9e darwinienne. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais s\u2019agit-il de v\u00e9ritables d\u00e9monstrations ? La s\u00e9lection naturelle n\u2019est-elle pas plut\u00f4t consid\u00e9r\u00e9e comme tellement ind\u00e9niable et incontestable que de simples \u00ab\u00a0v\u00e9rifications\u00a0\u00bb, se r\u00e9sumant \u00e0 des raisonnements orient\u00e9s, soient n\u00e9cessaires ? En effet, le darwinisme a souvent \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 comme \u00e9tant un \u00e9difice fig\u00e9, dans lequel n\u2019importe quel ph\u00e9nom\u00e8ne biologique doit absolument entrer, co\u00fbte que co\u00fbte, pour \u00ab\u00a0ne pas sortir du cadre<sup>127<\/sup>\u00ab\u00a0. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, de simples changements populationnels (<em>population shifts<\/em>) sont consid\u00e9r\u00e9s, par d\u00e9finition, comme de l\u2019\u00e9volution. Par exemple, lorsque les proportions de \u00ab\u00a0pinsons de Darwin\u00a0\u00bb \u00e0 gros bec ou \u00e0 bec fin varient d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre (en fonction de la disponibilit\u00e9 en grosses graines ou en petites graines), on parle classiquement d\u2019\u00e9volution. Mais ces \u00e9v\u00e9nements micro-\u00e9volutifs (le terme <em>nano<\/em>-\u00e9volutifs me semblerait plus appropri\u00e9, tant ces variations mineures s\u2019av\u00e8rent tr\u00e8s souvent non seulement temporaires, mais aussi r\u00e9versibles) sont-ils vraiment repr\u00e9sentatifs d\u2019une \u00e9volution significative ? Je pense qu\u2019on peut objectivement se poser la question. <\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">4.2.2.2. Les exp\u00e9riences d\u2019accumulation de mutations<\/h5>\n\n\n\n<p>Les exp\u00e9riences d\u2019accumulation de mutations (EAM) sont la plupart du temps pr\u00e9sent\u00e9es dans la litt\u00e9rature scientifique comme repr\u00e9sentant des preuves tangibles de l\u2019existence de l\u2019\u00e9volution darwinienne. En effet, de simples changements populationnels (<em>population<\/em> <em>shifts<\/em>) \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9s comme de l\u2019\u00e9volution par d\u00e9finition, l\u2019apparition de quelques mutations isol\u00e9es, r\u00e9parties sur des dizaines de milliers de g\u00e9n\u00e9rations, semble bien \u00eatre \u00e0 la base de l\u2019\u00e9volution des populations de bact\u00e9ries. Est-ce vraiment le cas ? On peut interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats de ces exp\u00e9riences d\u2019une toute autre fa\u00e7on. <\/p>\n\n\n\n<p>Comme le pr\u00e9cise tout d\u2019abord Sanford, alors que ces exp\u00e9riences sont consid\u00e9r\u00e9es comme repr\u00e9sentatives d\u2019une \u00e9volution sur de longues p\u00e9riodes de temps, elles ne d\u00e9passent pas quelques d\u00e9cennies<sup>128<\/sup> : ce qui est tr\u00e8s long d\u2019un point de vue exp\u00e9rimental est en fait tr\u00e8s court par rapport aux temps g\u00e9ologiques (il y a confusion ici entre le temps absolu et le nombre de g\u00e9n\u00e9rations, ce qui n\u2019est pas du tout \u00e9quivalent). <\/p>\n\n\n\n<p>Mais, surtout, peut-on vraiment parler d\u2019\u00e9volution ? Il me semble qu\u2019on puisse consid\u00e9rer ces r\u00e9sultats selon deux angles. Selon le point de vue darwiniste, il s\u2019agit bien d\u2019une \u00e9volution, puisque ce changement est bas\u00e9 sur le couple variation-s\u00e9lection : la variation se manifeste ici, justement, par l\u2019apparition de ces quelques mutations (quant \u00e0 savoir si la s\u00e9lection naturelle est intervenue, c\u2019est un autre probl\u00e8me), qui seraient \u00e0 la base de ce m\u00e9canisme \u00e9volutif (et, dans un certain sens, cette conclusion \u00e9tait donc connue \u00e0 l\u2019avance). Toutefois, comme le dit Sanford, on peut tr\u00e8s bien consid\u00e9rer qu\u2019il ne s\u2019agit l\u00e0 que d\u2019un \u00ab <em>r\u00e9glage fin <\/em>\u00bb (<em>fine-tuning<\/em>)<sup>129<\/sup>, sans qu\u2019il s\u2019agisse v\u00e9ritablement d\u2019une \u00e9volution (pas m\u00eame d\u2019une micro-\u00e9volution). Quel arguments pourraient aller dans le sens de cette interpr\u00e9tation ? <\/p>\n\n\n\n<p>Le premier, c\u2019est que certains auteurs consid\u00e8rent que le darwinisme est bas\u00e9 sur une immense extrapolation<sup>130<\/sup> : \u00e0 partir de l\u2019hypoth\u00e8se, raisonnable et r\u00e9aliste, de l\u2019intervention de la s\u00e9lection naturelle dans le processus \u00e9volutif<sup>131<\/sup>, les darwinistes ont fait de la s\u00e9lection naturelle l\u2019unique m\u00e9canisme \u00e9volutif, non seulement capable de tout expliquer, du plus petit changement populationnel local jusqu\u2019aux transitions macro-\u00e9volutives majeures, mais, en outre, auquel tous les autres m\u00e9canismes possibles peuvent \u00eatre ramen\u00e9s. C\u2019est ce que Momme von Sydow appelle le \u00ab <em>monisme de processus<\/em><sup>132<\/sup> \u00bb dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, en lien avec une forme d\u2019exag\u00e9ration extr\u00eame du s\u00e9lectionnisme (<em>pan-s\u00e9lectionnisme<\/em><sup>133<\/sup>) et de l\u2019adaptationnisme (<em>pan-adaptationnisme<\/em><sup>134<\/sup>) : le \u00ab darwinisme radical<sup>135<\/sup> \u00bb . Ainsi, d\u2019un point de vue tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral, que le m\u00e9canisme \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les EAM repr\u00e9sente v\u00e9ritablement une \u00e9volution, darwinienne qui plus est, reste, de fait, une question ouverte. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, il n\u2019est pas du tout \u00e9vident que l\u2019introduction de toute mutation soit \u00e0 l\u2019origine d\u2019un processus \u00e9volutif. Comme le pr\u00e9cise justement Sanford, il semble ind\u00e9niable que de nombreuses mutations restent invisibles pour la s\u00e9lection naturelle, et ce pour de nombreuses raisons (mutations neutres ou quasi-neutres, importance du bruit g\u00e9n\u00e9tique, notamment). Ainsi, le fait de d\u00e9tecter certaines mutations au sein de populations bact\u00e9riennes, m\u00eame sur des p\u00e9riodes de temps longues, peut tr\u00e8s bien \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme insignifiant : il en faudra sans doute beaucoup plus pour qu\u2019une v\u00e9ritable variabilit\u00e9 apparaisse, susceptible, \u00e9ventuellement, de produire un authentique m\u00e9canisme \u00e9volutif, possiblement darwinien<sup>136<\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il est int\u00e9ressant de consid\u00e9rer que l\u2019adaptation potentielle qui peut r\u00e9sulter de l\u2019occurrence de ces mutations ne soit que le r\u00e9sultat d\u2019une perte : \u00ab <em>perte de fonction<\/em> \u00bb, \u00ab <em>perte de r\u00e9gulation <\/em>\u00bb, \u00ab <em>perte d\u2019information<\/em><sup>137<\/sup> \u00bb \u2013 ce qui en revient \u00e0 se demander, finalement, ce que l\u2019organisme en question a v\u00e9ritablement \u00ab\u00a0gagn\u00e9\u00a0\u00bb, donc s\u2019il a v\u00e9ritablement \u00e9volu\u00e9. Quant \u00e0 savoir si cette perte peut-\u00eatre mise en perspective vis-\u00e0-vis d\u2019une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence g\u00e9n\u00e9rale li\u00e9e \u00e0 l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique, cela me semble une conclusion possible, mais pas obligatoire. <\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, je pense que les EAM ne sont pas significatives pour expliquer le m\u00e9canisme \u00e9volutif, quel qu\u2019il soit (darwinien ou non) \u2013 \u00e0 moins, comme c\u2019est la plupart du temps le cas, de mettre en place un raisonnement dans lequel la conclusion, \u00e9vidente et in\u00e9vitable, est connue \u00e0 l\u2019avance (ce qui est tr\u00e8s souvent le cas pour \u00ab\u00a0d\u00e9montrer\u00a0\u00bb la r\u00e9alit\u00e9 du darwinisme.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5. QUESTIONS SCIENTIFIQUES ET PHILOSOPHIQUES SOULEV\u00c9ES PAR L\u2019ENTROPIE GENETIQUE<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.1. Le r\u00f4le de l\u2019entropie dans l\u2019origine de la vie et l\u2019\u00e9volution biologique<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab [\u2026] [L]\u2019entropie [\u2026,] c\u2019est la mesure du d\u00e9sordre pr\u00e9sent dans un syst\u00e8me [\u2026].<br \/>C\u2019est l\u2019antinomie de la vie et de toute notion de \u00ab\u00a0conception\u00a0\u00bb<sup>138<\/sup>. \u00bb <\/p><cite>Leonard Mlodinow, <em>Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers ?<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il semble impossible d\u2019\u00e9tudier la notion d\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique sans, au pr\u00e9alable, s\u2019int\u00e9resser \u00e0 celle, plus g\u00e9n\u00e9rale, d\u2019entropie thermodynamique, et de ses relations avec la vie. Malgr\u00e9 la citation tr\u00e8s n\u00e9gative ci-dessus, plusieurs auteurs se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la dimension thermodynamique du vivant et de l\u2019\u00e9volution biologique, aspects par ailleurs totalement ignor\u00e9s par le darwinisme \u00e0 cause de son incapacit\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier le vivant au niveau individuel, organismique. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">5. 1. 1. Thermodynamique, entropie et organismes vivants<\/h4>\n\n\n\n<p>La thermodynamique est la science physique qui \u00e9tudie tous les processus dans lesquels interviennent les notions d\u2019\u00e9nergie (comme la temp\u00e9rature et l\u2019entropie) et de travail, notamment les transformations impliquant des transferts d\u2019\u00e9nergie (comme les \u00e9changes thermiques) entre un syst\u00e8me et l\u2019ext\u00e9rieur : par exemple, la thermodynamique traite des changements d\u2019\u00e9tat de la mati\u00e8re, des transformations entre les diff\u00e9rentes formes de l\u2019\u00e9nergie, ainsi que de l\u2019influence de la temp\u00e9rature sur les propri\u00e9t\u00e9s physiques des corps. <\/p>\n\n\n\n<p>En thermodynamique, un syst\u00e8me d\u00e9signe un ensemble, parfois ramen\u00e9 \u00e0 une r\u00e9gion de l\u2019espace, constitu\u00e9 de mati\u00e8re, d\u00e9limit\u00e9 par une fronti\u00e8re, et capable d\u2019\u00e9changer de la chaleur et du travail avec son environnement ext\u00e9rieur. Tout syst\u00e8me thermodynamique peut \u00eatre d\u00e9fini sur la base de cinq grandeurs physiques : temp\u00e9rature, volume, pression, \u00e9nergie interne et entropie. L\u2019entropie d\u2019un syst\u00e8me est la grandeur thermodynamique qui caract\u00e9rise la capacit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me thermodynamique \u00e0 fournir un travail ; comme l\u2019entropie d\u00e9signe \u00e9galement le degr\u00e9 de d\u00e9sordre, de d\u00e9sorganisation (ou d\u2019impr\u00e9dictibilit\u00e9) du contenu en information d\u2019un tel syst\u00e8me, c\u2019est plut\u00f4t son incapacit\u00e9 \u00e0 fournir un travail qui est prise en consid\u00e9ration : en effet, plus l\u2019entropie est \u00e9lev\u00e9e, plus l\u2019\u00e9nergie est d\u00e9grad\u00e9e, dispers\u00e9e, donc inutilisable par le syst\u00e8me pour produire un effet quelconque. C\u2019est l\u2019entropie qui est \u00e0 l\u2019origine de la d\u00e9gradation des objets et de la mort des \u00eatres vivants<sup>139<\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>Les organismes vivants, en tant qu\u2019entit\u00e9s capables de produire et de consommer de l\u2019\u00e9nergie et de fournir un travail, sont des syst\u00e8mes thermodynamiques : ils sont donc directement concern\u00e9s par la thermodynamique et, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, par l\u2019entropie. En effet, les \u00eatres vivants se caract\u00e9riseraient par la capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er de l\u2019ordre \u00e0 partir du d\u00e9sordre, ce qui semble contredire le second principe de la thermodynamique, selon lequel l\u2019entropie d\u2019un syst\u00e8me ne peut qu\u2019augmenter. A cet \u00e9gard, la vie ferait figure d\u2019exception, d\u2019o\u00f9 la vision des organismes comme \u00ab\u00a0points d\u2019entropie n\u00e9gative\u00a0\u00bb (ou \u00ab\u00a0n\u00e9guentropie\u00a0\u00bb) ou \u00ab\u00a0syst\u00e8mes dissipatifs d\u2019entropie\u00a0\u00bb : ainsi, les \u00eatres vivants seraient capables, \u00e0 partir d\u2019\u00e9nergie puis\u00e9e dans leur environnement (l\u2019\u00e9nergie solaire ou l\u2019\u00e9nergie chimique potentielle<sup>140<\/sup> des nutriments), d\u2019organiser et d\u2019ordonner leur propre mati\u00e8re. En fait, le second principe est respect\u00e9, car les \u00eatres vivants ne peuvent maintenir leur ordre interne qu\u2019au prix d\u2019\u00e9changes permanents d\u2019\u00e9nergie avec leur milieu ext\u00e9rieur : par cons\u00e9quent, et en fin de compte, l\u2019entropie totale du syst\u00e8me global \u00ab\u00a0organisme + reste de l\u2019Univers\u00a0\u00bb augmente bien. D\u2019un point de vue thermodynamique, la vie peut donc \u00eatre envisag\u00e9e comme une r\u00e9sistance, une victoire, certes localis\u00e9e et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, face aux lois qui gouvernent l\u2019Univers : les organismes repr\u00e9senteraient donc des zones d\u2019entropie n\u00e9gative, extr\u00eamement localis\u00e9es dans le temps et dans l\u2019espace. Et, \u00e0 la mort de chaque organisme, c\u2019est le d\u00e9sordre qui finit par reprendre le dessus<sup>141<\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">5.1.2. Origine thermodynamique de la vie<sup>142<\/sup><\/h4>\n\n\n\n<p>Karo Michaelian indique que le fait de \u00ab <em>comprendre comment le vivant fonctionne sur le plan thermodynamique pourrait donner des indications sur l\u2019origine de la vie<\/em><sup>143<\/sup> \u00bb , car \u00ab <em>la production d\u2019entropie constitue une mesure de la propension de la nature \u00e0 exploiter les diff\u00e9rents micro-\u00e9tats accessibles<\/em><sup>144<\/sup> \u00bb . Ces observations le m\u00e8nent \u00e0 \u00ab<em> formuler l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle c\u2019est en vertu de son r\u00f4le de catalyseur de l&rsquo;absorption et de la dissipation de l\u2019\u00e9nergie des rayons solaires, \u00e0 la surface des mers lors de la p\u00e9riode arch\u00e9enne, que la vie serait apparue et aurait perdur\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 aujourd&rsquo;hui<\/em><sup>145<\/sup> \u00bb . Ainsi, \u00ab <em>dans cette perspective, l\u2019origine et l\u2019\u00e9volution de la vie peuvent \u00eatre envisag\u00e9es comme proc\u00e9dant d\u2019un imp\u00e9ratif thermodynamique naturel : l\u2019augmentation de l\u2019entropie de la Terre en interaction avec son environnement solaire<\/em><sup>146<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019appui de cette hypoth\u00e8se, Michaelian sugg\u00e8re que, \u00ab <em>de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la complexit\u00e9 des organismes vivants, des premi\u00e8res cellules jusqu\u2019\u00e0 la biosph\u00e8re tout enti\u00e8re, a augment\u00e9 au cours du temps ; par cons\u00e9quent, leur production totale d\u2019entropie, ainsi que la production nette d\u2019entropie par unit\u00e9 de biomasse ont, elles aussi, augment\u00e9<\/em><sup>147<\/sup> \u00bb . Il insiste sur le fait que \u00ab <em>l\u2019origine de la dimension tautologique de la th\u00e9orie darwinienne de l\u2019\u00e9volution par s\u00e9lection naturelle<\/em><sup>148<\/sup> <em>vient, en fait, de l\u2019absence de prise en compte de la production d\u2019entropie comme fonction des organismes vivants. C\u2019est une id\u00e9e que Boltzmann avait propos\u00e9e il y a 150 ans : la dynamique fondamentale du vivant r\u00e9sulte de la production d\u2019entropie<\/em><sup>149<\/sup> \u00bb . Au contraire, \u00ab <em>selon la th\u00e9orie propos\u00e9e, l\u2019origine de la vie et du m\u00e9canisme \u00e9volutif pr\u00e9senterait la caract\u00e9ristique d\u2019un cycle autocatalytique faisant intervenir un important couplage entre processus biotiques et abiotiques ; ce cycle serait mis en place sous l\u2019influence d\u2019un m\u00e9canisme d\u2019augmentation de la production d\u2019entropie terrestre, dans le cadre de l\u2019interaction de la plan\u00e8te avec son environnement solaire \u2013 m\u00e9canisme tout \u00e0 la fois universel et orient\u00e9 vers un but<\/em><sup>150<\/sup>. <em>Ce vaste cycle autocatalytique, faisant non seulement intervenir le vivant, mais aussi des processus abiotiques de production d\u2019entropie, est toujours d\u2019actualit\u00e9 et semble m\u00eame avoir \u00e9volu\u00e9 vers encore plus d\u2019efficacit\u00e9 \u00e0 produire de l\u2019entropie<\/em><sup>151<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, l\u2019augmentation d\u2019entropie aurait donc jou\u00e9 un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans l\u2019apparition de la vie et la mise en \u0153uvre du processus \u00e9volutif. Cette proposition semble donc en faveur d\u2019un r\u00f4le positif de l\u2019entropie au sein du fonctionnement du vivant. Toutefois, l\u2019entropie peut prendre plusieurs formes diff\u00e9rentes, susceptibles d\u2019exercer des actions diff\u00e9rentes sur les organismes. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">5.1.3. Entropie et \u00e9volution<\/h4>\n\n\n\n<p>Selon John Collier, dans le cadre d\u2019une \u00ab <em>th\u00e9orie syst\u00e9mique en cours d\u2019\u00e9laboration, l\u2019environnement et les organismes vivants, ainsi que leurs nombreuses interactions, sont consid\u00e9r\u00e9s comme reposant sur des principes communs<\/em><sup>152<\/sup> \u00bb . En relation avec les informations pr\u00e9c\u00e9dentes concernant l\u2019origine thermodynamique de la vie, on peut consid\u00e9rer que     \u00ab <em>[l]\u2019\u00e9volution est sous l\u2019emprise de processus hors \u00e9quilibre qui sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019une augmentation de l\u2019entropie et du contenu en information de l\u2019ensemble des esp\u00e8ces vivantes<\/em><sup>153<\/sup> \u00bb . Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00ab <em>des augmentations de l\u2019entropie et de l\u2019information des organismes, consid\u00e9r\u00e9s comme des syst\u00e8mes se reproduisant de fa\u00e7on imparfaite, seraient \u00e0 l\u2019origine de la dynamique de l\u2019\u00e9volution. La s\u00e9lection naturelle ne ferait que jouer le r\u00f4le d\u2019un facteur externe limitant, influen\u00e7ant le rythme de l\u2019\u00e9volution<\/em><sup>154<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>De plus, il s\u2019av\u00e8re que les syst\u00e8mes biologiques pr\u00e9sentent deux types d\u2019entropie :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>\u00ab <em>L\u2019entropie de l\u2019information est une mesure de la capacit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me \u00e0 r\u00e9sister aux fluctuations al\u00e9atoires, c\u2019est-\u00e0-dire une mesure de sa stabilit\u00e9<\/em><sup>155<\/sup> \u00bb ;<\/li><li>\u00ab L\u2019entropie de coh\u00e9sion d\u2019une esp\u00e8ce vivante est une mesure de son d\u00e9sordre d\u00fb aux difficult\u00e9s qu\u2019ont les individus qui la composent, consid\u00e9r\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment, \u00e0 \u00e9changer leur mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique<em>156<\/em> \u00bb .<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ainsi, en d\u00e9finitive, \u00ab <em>l\u2019\u00e9volution r\u00e9sulterait de l\u2019effet cumul\u00e9 de l\u2019augmentation de l\u2019entropie de l\u2019information et de l\u2019entropie de coh\u00e9sion<\/em><sup>157<\/sup> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.4. Relations entre l\u2019entropie thermodynamique, l\u2019entropie biologique et l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique<\/h3>\n\n\n\n<p>De l\u2019ensemble des donn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, on peut tirer les r\u00e9flexions suivantes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Bien que l\u2019entropie thermodynamique ne puisse qu\u2019augmenter, l\u2019entropie biologique, elle, diminue localement et temporairement chez les organismes individuels ;<\/li><li>L\u2019entropie biologique globale de la biosph\u00e8re comprise dans son int\u00e9gralit\u00e9 spatio-temporelle (zone superficielle de la Terre \u2013 entre environ 11.000 m\u00e8tres de profondeur et 9000 m\u00e8tres d\u2019altitude \u2013 depuis au moins 3,5 milliards d\u2019ann\u00e9es<sup>158<\/sup>) a augment\u00e9, en relation avec l\u2019augmentation g\u00e9n\u00e9rale de la disparit\u00e9, de la diversit\u00e9<sup>159<\/sup> et de la complexit\u00e9<sup>160<\/sup>, donc du contenu en information, des organismes ;<\/li><li>De fa\u00e7on ultime et g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019entropie serait intimement li\u00e9e \u00e0 la nature du vivant, \u00e0 son origine et \u00e0 son \u00e9volution. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ces informations semblent donc incompatibles avec l\u2019id\u00e9e que l\u2019entropie puisse \u00eatre vue comme un facteur n\u00e9gatif au sein du fonctionnement du vivant et de son \u00e9volution \u2013 apparemment, ce serait plut\u00f4t le contraire.<\/p>\n\n\n\n<p>(Voir \u00e9galement plus loin les relations entre entropie et complexit\u00e9 biologique.)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.2. Qu\u2019est-ce que la r\u00e9alit\u00e9 ?<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab [\u2026] [I]l n\u2019est pas facile de faire un probl\u00e8me de quelque chose que nous croyons bien conna\u00eetre, qui semble aller de soi, comme la r\u00e9alit\u00e9<sup>161<\/sup>. \u00bb<\/p><cite>Herv\u00e9 Boillot, <em>25 mots cl\u00e9s de la philosophie<\/em>.<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab La r\u00e9alit\u00e9, de toute fa\u00e7on, n\u2019est jamais venue d\u2019elle-m\u00eame : elle se cr\u00e9e, [\u2026] une fiction \u00e0 laquelle on finit toujours par croire, [\u2026] une r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019on a invent\u00e9e<sup>162<\/sup>. \u00bb<\/p><cite>Jean-Paul Belmondo, <em>Mille vies valent mieux qu\u2019une.<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab C\u2019est faire preuve d\u2019\u00e9troitesse d\u2019esprit que de croire que l\u2019image du monde que nous nous faisons est la seule<sup>163<\/sup>. \u00bb <\/p><cite>Leonard Mlodinow, <em>Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers ?<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La question philosophique fondamentale concernant la r\u00e9alit\u00e9 semble faire d\u00e9bat depuis des temps imm\u00e9moriaux. J\u2019essaierai d\u2019y apporter quelques possibles \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse. <\/p>\n\n\n\n<p>Herv\u00e9 Boillot pr\u00e9sente l\u2019id\u00e9e que<em> \u00ab [l]a r\u00e9alit\u00e9 est ce qui semble aller de soi, ce que nous croyons toujours bien conna\u00eetre. Elle alimente les certitudes les plus tenaces de la conscience<\/em><sup>164<\/sup> \u00bb. Le CNRTL indique qu\u2019en philosophie la r\u00e9alit\u00e9 correspond \u00e0 \u00ab <em>[c]e qui existe ind\u00e9pendamment du sujet, ce qui n&rsquo;est pas le produit de la pens\u00e9e <\/em>\u00bb ; le r\u00e9el, notion synonyme, est d\u00e9fini comme ce \u00ab <em>[q]ui existe d&rsquo;une mani\u00e8re autonome, qui n&rsquo;est pas un produit de la pens\u00e9e<\/em> \u00bb. Ces d\u00e9finitions sont \u00e0 relier \u00e0 la notion de r\u00e9alisme : le <em>Guide critique de l\u2019\u00c9volution<\/em> pr\u00e9cise que \u00ab <em>[l]e r\u00e9alisme postule que le monde naturel existe ind\u00e9pendamment de la perception et de l\u2019id\u00e9e qu\u2019en a celui qui l\u2019observe<\/em><sup>165<\/sup> \u00bb , ce qui signifie que    \u00ab <em>[\u2026] le monde des id\u00e9es n\u2019a pas la priorit\u00e9 sur le monde physique<\/em><sup>166<\/sup> \u00bb . Nous verrons que ces id\u00e9es sont discutables. <\/p>\n\n\n\n<p>En effet, Boillot fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Nietzsche, selon qui \u00ab <em>[\u2026] le philosophe a pour fonction de sonder, de mesurer l\u2019\u00e9paisseur et la solidit\u00e9 des choses [\u2026] <\/em>\u00bb (fonction qui de nos jours ne semble plus revenir qu\u2019aux scientifiques). Ainsi, il n\u2019existe \u00ab<em> [p]as un philosophe qui, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, ne s\u2019attaque \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, [\u2026] pour l\u2019interroger, [\u2026] chose que ne fait jamais la croyance na\u00efve en la r\u00e9alit\u00e9<\/em><sup>167<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Certes, on pourra r\u00e9torquer que les scientifiques ne tombent pas non plus dans cette \u00ab\u00a0croyance na\u00efve\u00a0\u00bb. Pourtant, les philosophes, tels Platon ou Descartes, posent la question : \u00ab <em>Existe-t-il seulement quelque chose de r\u00e9el ind\u00e9pendamment de l\u2019esprit qui le conna\u00eet ? \u00bb, et conteste ainsi \u00ab [\u2026] l\u2019id\u00e9e m\u00eame qu\u2019il existe une r\u00e9alit\u00e9 en soi, ind\u00e9pendamment de la conscience [&#8230;]<\/em><sup>168<\/sup> \u00bb . On en arrive, chez Bachelard, \u00e0 la notion que la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas \u00ab <em>[\u2026] quelque chose de donn\u00e9 mais de construit [\u2026]<\/em><sup>169<\/sup> \u00bb . En effet, \u00ab <em>[p]r\u00e9cis\u00e9ment, au moment o\u00f9 nous concevons la r\u00e9alit\u00e9 comme donn\u00e9e des sens, sommes-nous s\u00fbrs que nous n\u2019avons pas affaire \u00e0 de simples repr\u00e9sentations ?<\/em><sup>170<\/sup> \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>En fait, il s\u2019av\u00e8re que \u00ab <em>[\u2026] toute croyance \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 est [\u2026] illusoire<\/em><sup>171<\/sup> \u00bb \u2013 toutefois \u00ab <em>[\u2026] le philosophe [Descartes, en l\u2019occurrence] doute moins de la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame que de la croyance en la r\u00e9alit\u00e9<\/em><sup>172<\/sup> \u00bb . En fin de compte, \u00ab <em>[\u2026] il appara\u00eet que la r\u00e9alit\u00e9 ainsi con\u00e7ue devient inconsistante et relative [\u2026]<\/em><sup>173<\/sup> \u00bb , d\u2019o\u00f9 \u00ab <em>[\u2026] la n\u00e9cessit\u00e9 de poser une r\u00e9alit\u00e9 comme r\u00e9f\u00e9rence stable pour l\u2019esprit humain<\/em><sup>174<\/sup> \u00bb , selon Platon \u2013 mais cette r\u00e9alit\u00e9 ne pr\u00e9senterait-elle alors pas une forte composante subjective et arbitraire ?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">5.2.1. Logique, connaissance et v\u00e9rit\u00e9<sup>175<\/sup><\/h4>\n\n\n\n<p>Kant est \u00e0 la recherche de \u00ab<em> [\u2026] l\u2019universel et s\u00fbr crit\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9 de toute connaissance<\/em><sup>176<\/sup> \u00bb . Il pr\u00e9cise que la \u00ab\u00a0d\u00e9finition nominale\u00a0\u00bb de la v\u00e9rit\u00e9 \u00ab <em>[\u2026] fait l\u2019accord de la connaissance avec son objet [\u2026]<\/em><sup>177<\/sup> \u00bb , pour en d\u00e9duire qu\u2019 \u00ab <em>[\u2026] une marque suffisante et en m\u00eame temps universelle de la v\u00e9rit\u00e9 ne peut \u00eatre donn\u00e9e<\/em><sup>178<\/sup> \u00bb . Par contre, il insiste sur le fait \u00ab <em>[\u2026] qu\u2019une logique, en tant qu\u2019elle traite des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales et n\u00e9cessaires de l\u2019entendement, doit exposer, dans ces r\u00e8gles m\u00eames, les crit\u00e8res de la v\u00e9rit\u00e9. [\u2026] Mais ces crit\u00e8res ne concernent que la forme de la v\u00e9rit\u00e9 [\u2026] et, s\u2019ils sont [\u2026] tr\u00e8s justes, ils sont pourtant insuffisants. Car une connaissance peut fort bien \u00eatre compl\u00e8tement conforme \u00e0 la forme logique, c\u2019est-\u00e0-dire ne pas se contredire elle-m\u00eame, et cependant \u00eatre en contradiction avec son objet<\/em><sup>179<\/sup> \u00bb . Il en arrive \u00e0 parler d\u2019une \u00ab\u00a0<em>logique de l\u2019apparence<\/em><sup>180<\/sup>\u00a0\u00bb , \u00ab <em>[\u2026] art sophistique de donner \u00e0 son ignorance, et m\u00eame aussi \u00e0 ses illusions [\u2026], l\u2019apparence de la v\u00e9rit\u00e9, en imitant la m\u00e9thode de profondeur que prescrit la logique en g\u00e9n\u00e9ral en se servant de la topique de cette science pour colorer les plus vaines all\u00e9gations. Or, on peut remarquer [\u2026] que la logique g\u00e9n\u00e9rale [\u2026] est toujours une logique de l\u2019apparence, [\u2026] \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle ne nous apprend rien sur le contenu de la connaissance [\u2026]<\/em> \u00bb. Charles Serrus indique \u00ab <em>[\u2026] que la v\u00e9rit\u00e9 ne pouvait \u00eatre s\u00e9par\u00e9e des conditions de sa d\u00e9couverte<\/em><sup>181<\/sup> \u00bb , concluant qu\u2019     \u00ab <em>[\u2026] on peut se demander si la notion de v\u00e9rit\u00e9 garde alors un sens<\/em><sup>182<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Ces consid\u00e9rations font immanquablement penser \u00e0 la d\u00e9licate et sans doute impossible distinction entre science et pseudo-science ; car, en effet, ce sont les scientifiques eux-m\u00eames qui d\u00e9finissent, p\u00e9remptoirement, les disciplines et m\u00e9thodes prises pour scientifiques, et celles qui ne le seront pas<sup>183<\/sup>. D\u2019autre part, en ce qui concerne un corpus de connaissances coh\u00e9rentes entre elles, mais ne correspondant pas \u00e0 leur objet d\u2019\u00e9tude, c\u2019est exactement ce que certains auteurs reprochent au darwinisme (la dimension biologique des organismes vivants \u00e9tant ignor\u00e9e, si ce n\u2019est ni\u00e9e, car ces derniers y sont r\u00e9duits \u00e0 des \u00ab\u00a0mosa\u00efques de caract\u00e8res\u00a0\u00bb ou \u00e0 des \u00ab\u00a0conduits passifs pour transmettre leurs g\u00e8nes \u00e9go\u00efstes\u00a0\u00bb) : d\u00e8s lors, on peut l\u00e9gitimement se demander si la th\u00e9orie darwinienne est \u00ab\u00a0vraie<sup>184<\/sup>\u00a0\u00bb , c\u2019est-\u00e0-dire si elle explique vraiment la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution du vivant \u2013 ou plut\u00f4t une repr\u00e9sentation abstraite n\u2019ayant que peu de liens avec la r\u00e9alit\u00e9 du monde naturel. De ces r\u00e9flexions \u00e9merge la conclusion in\u00e9vitable suivante : la notion de v\u00e9rit\u00e9 \u2013 donc de r\u00e9alit\u00e9 \u2013 reste subjective, arbitraire et relative.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">5. 2. 2. R\u00e9alit\u00e9, sciences humaines et physique quantique<\/h4>\n\n\n\n<p>Mathilde Fontez et Herv\u00e9 Poirier<sup>185<\/sup> citent Amos Tversky et Daniel Kahneman, qui ont \u00ab <em>[\u2026] montr\u00e9 qu\u2019il existe une multitude de cas o\u00f9, au lieu de calculer les probabilit\u00e9s de mani\u00e8re rationnelle pour faire un choix ou \u00e9mettre un jugement, l\u2019esprit humain viole les lois de la logiqu<\/em>e<sup>186<\/sup> \u00bb . Par exemple, \u00ab<em> [\u2026] nous jugeons les \u00e9v\u00e9nements proches plus d\u00e9sirables que les \u00e9v\u00e9nements lointains. Ou [\u2026] nous sous-estimons ce que nous ignorons\u2026 Autant de traits psychologiques universels qui fonctionnent comme des biais de raisonnement, d\u00e9viant les trajectoires de nos d\u00e9cisions de la route trac\u00e9e par la logique probabiliste<\/em><sup>187<\/sup> \u00bb . Fontez et Poirier citent alors Jerome Busemeyer, selon qui l\u2019\u00eatre humain aurait \u00ab <em>[\u2026] la possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 un nombre illimit\u00e9 de questions\u2026 mais avec une rationalit\u00e9 limit\u00e9e [\u2026]<\/em><sup>188<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Michel Bitbol<sup>189<\/sup> rappelle que les sciences classiques de la nature \u00ab [\u2026] expliquent le comportement d\u2019objets compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9s de ceux qui les \u00e9tudient [\u2026]<sup>190<\/sup> \u00bb . \u00ab <em>Dans les sciences humaines, au contraire, l\u2019objet d\u2019\u00e9tude est indissociable de celui qui l\u2019\u00e9tudie : l\u2019homme s\u2019\u00e9tudie lui-m\u00eame. Mais cet \u00e9cart majeur entre les sciences de la nature et les sciences de l\u2019homme dispara\u00eet presque enti\u00e8rement avec la physique quantique, o\u00f9 on ne peut plus \u00e9tablir de s\u00e9paration nette entre les propri\u00e9t\u00e9s des objets et l\u2019effet que produit l\u2019instrument servant \u00e0 la mesurer<\/em><sup>191<\/sup> \u00bb . Ainsi, \u00ab <em>[\u2026] on ne peut pas d\u00e9sentrelacer les ph\u00e9nom\u00e8nes microscopiques de leurs contextes exp\u00e9rimentaux<\/em><sup>192<\/sup> \u00bb . Bitbol pr\u00e9cise que \u00ab <em>[\u2026] la th\u00e9orie quantique [\u2026] renonce \u00e0 la pr\u00e9tention d\u2019expliquer la \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb des choses, et se concentre plut\u00f4t sur les ph\u00e9nom\u00e8nes qui r\u00e9sultent de leurs relations avec nos instruments<\/em><sup>193<\/sup> \u00bb , et en arrive \u00e0 la conclusion troublante selon laquelle il faudrait \u00ab <em>[\u2026] repenser un grand pr\u00e9suppos\u00e9 de notre connaissance : la diff\u00e9rence entre la r\u00e9alit\u00e9 et les apparences<\/em><sup>194<\/sup> \u00bb .<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">5.2.3. R\u00e9alit\u00e9 et falsifiabilit\u00e9<\/h4>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab A partir du moment o\u00f9 un \u00e9nonc\u00e9 scientifique parle de r\u00e9alit\u00e9, il doit \u00eatre falsifiable ; si cet \u00e9nonc\u00e9 n\u2019est pas falsifiable, cela signifie qu\u2019il ne parle pas de la r\u00e9alit\u00e9<sup>195<\/sup>. \u00bb <\/p><cite>Karl Popper, <em>The logic of scientific discovery.<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Karl Popper est c\u00e9l\u00e8bre pour avoir propos\u00e9 le crit\u00e8re de falsifiabilit\u00e9, \u00ab<em> selon lequel les \u00e9nonc\u00e9s, ou syst\u00e8mes d\u2019\u00e9nonc\u00e9s, sont porteurs d\u2019information sur le monde empirique uniquement si on peut les confronter avec l\u2019exp\u00e9rience, plus pr\u00e9cis\u00e9ment si on peut syst\u00e9matiquement les tester, de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir les soumettre \u00e0 des tests qui pourraient avoir pour r\u00e9sultat leur r\u00e9futation<\/em><sup>196<\/sup> \u00bb . Popper pr\u00e9cise que \u00ab <em>ce crit\u00e8re de falsifiabilit\u00e9 permet de faire la distinction, avec suffisamment de pr\u00e9cision, entre les syst\u00e8mes th\u00e9oriques issus des sciences empiriques et les syst\u00e8mes m\u00e9taphysiques<\/em><sup>197<\/sup>\u00bb . Ainsi, on peut consid\u00e9rer que falsifiabilit\u00e9 et r\u00e9alit\u00e9 seraient, en quelque sorte, \u00e9quivalentes (toutefois, Popper indique que, \u00ab d\u2019un point de vue historique, la m\u00e9taphysique peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e0 l\u2019origine des th\u00e9ories des sciences empiriques<sup>198<\/sup> \u00bb ). <\/p>\n\n\n\n<p>Sans vouloir remettre en cause ce crit\u00e8re de falsifiabilit\u00e9, il me semble cependant qu\u2019on peut poser un certain nombre de questions :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Si, pour une raison quelconque (pratique, logistique, etc.), un \u00e9nonc\u00e9 ne peut \u00eatre test\u00e9, sera-t-il consid\u00e9r\u00e9 comme ne d\u00e9crivant pas la r\u00e9alit\u00e9 ?<\/li><li>Le crit\u00e8re de falsifiabilit\u00e9 ne confond-il pas \u00ab\u00a0monde empirique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb ? (J\u2019avais identifi\u00e9 le m\u00eame probl\u00e8me en \u00e9tudiant les objections anti-cr\u00e9ationnistes) ;<\/li><li>Ce crit\u00e8re ne sous-tend-il pas \u00e9galement une pr\u00e9tendue sup\u00e9riorit\u00e9 des \u00ab\u00a0syst\u00e8mes empiriques\u00a0\u00bb (consid\u00e9r\u00e9s comme scientifiques) par rapport aux \u00ab\u00a0syst\u00e8mes m\u00e9taphysiques\u00a0\u00bb (consid\u00e9r\u00e9s comme non scientifiques) ?<\/li><li>Enfin, cette \u00ab\u00a0d\u00e9marcation\u00a0\u00bb entre les deux types de syst\u00e8mes me semble faire totalement abstraction de la composante m\u00e9taphysique indispensable des th\u00e9ories scientifiques<sup>199<\/sup>.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">5.2.4. La r\u00e9alit\u00e9 scientifique est une construction abstraite.<\/h4>\n\n\n\n<p>Les scientifiques, sous couvert de la pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0pleine ind\u00e9pendance<sup>200<\/sup>\u00a0\u00bb de la science, se consid\u00e8rent trop souvent comme ind\u00e9pendants de toute philosophie, notamment parce que \u00ab <em>[\u2026] la science a le pouvoir d\u2019exercer une fonction critique sur les productions de la philosophie [\u2026] \u00bb, rendant ainsi la science \u00ab [\u2026] contraignante pour la philosophie<\/em><sup>201<\/sup> \u00bb \u2013 ce qui sous entend l\u2019id\u00e9e que la philosophie ne pourrait pas, quant \u00e0 elle, exercer la moindre critique sur le fonctionnement de l\u2019investigation scientifique. Ainsi, selon Boillot, \u00ab<em> [\u2026] la science positiviste croit simplement tenir la science \u00e0 l\u2019\u00e9cart de toute consid\u00e9ration philosophique, au moment m\u00eame o\u00f9 elle postule, fut-ce pour la r\u00e9cuser, une r\u00e9alit\u00e9 existant en soi [\u2026]<\/em><sup>202<\/sup> \u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, Boillot qualifie le r\u00e9alisme de na\u00eff, insistant sur le fait que \u00ab <em>[\u2026] la philosophie nous convainc bien vite que la croyance na\u00efve en la r\u00e9alit\u00e9 est une illusion [\u2026]<\/em><sup>203<\/sup> \u00bb . J\u2019ajoute que c\u2019est le r\u00e9alisme scientifique qui me para\u00eet tout particuli\u00e8rement na\u00eff.<br \/><\/p>\n\n\n\n<p>Boillot pr\u00e9cise \u00e9galement, sui<em>vant ainsi Kant, que \u00ab [l]a seule r\u00e9alit\u00e9 qui soit accessible est la r\u00e9alit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nale, et non la r\u00e9alit\u00e9 en soi [\u2026]<\/em><sup>204<\/sup> \u00bb . Il cite Bachelard, pour qui \u00ab <em>[\u2026] la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas quelque chose de donn\u00e9, mais une construction [\u2026]<\/em><sup>205<\/sup> \u00bb . \u00ab <em>Bref, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pense, le r\u00e9el n\u2019est pas le concret imm\u00e9diat [\u2026]. Le concret r\u00e9el est celui que construisent les sciences [\u2026], en ayant recours \u00e0 l\u2019abstraction [\u2026]<\/em><sup>206<\/sup> \u00bb . Pour finir, on peut conclure, en suivant \u00e0 nouveau Kant, qu\u2019 \u00ab <em>[i]l faut entendre par r\u00e9alit\u00e9 objective non pas la r\u00e9alit\u00e9 brute et chaotique des \u00e9v\u00e9nements et des choses, mais la r\u00e9alit\u00e9 constitu\u00e9e et construite en objet connu par la pens\u00e9e humaine<\/em><sup>207<\/sup> \u00bb . Comme le dit \u00e9galement Mlodinow, qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e9galement \u00e0 Kant, \u00ab <em>[\u2026] la r\u00e9alit\u00e9 que nous vivons a \u00e9t\u00e9 construite puis fa\u00e7onn\u00e9e par nos esprits et [\u2026] elle est limit\u00e9e par nos croyances, nos ressentis, notre v\u00e9cu et nos d\u00e9sirs<\/em><sup>208<\/sup> \u00bb . Aussi, pour conclure,       \u00ab <em>[l]a question est : sommes-nous en train de lire le grand livre de l\u2019Univers ou sommes-nous en train d\u2019en \u00e9crire un ?<\/em><sup>209<\/sup> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, que peut bien signifier \u00ab\u00a0\u00eatre d\u00e9connect\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb ? S\u2019il s\u2019agit de la r\u00e9alit\u00e9 abstraite construite par les scientifiques, rien ne peut obliger personne \u00e0 croire que cette \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb soit la seule valable. S\u2019il est clair que certaines connaissances scientifiques se retrouvent parfois dans de spectaculaires applications technologiques ou m\u00e9dicales qui, par rapport \u00e0 la notion de r\u00e9alit\u00e9, peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme autant de preuves tangibles (par exemple le num\u00e9rique), en revanche, la majorit\u00e9 du savoir scientifique n\u2019ayant que peu ou pas de telles applications, il est extr\u00eamement difficile, voire impossible, d\u2019\u00eatre certain d\u2019avoir r\u00e9ellement acc\u00e8s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 ultime. Certes, il est toujours possible d\u2019affirmer p\u00e9remptoirement qu\u2019une d\u00e9couverte donn\u00e9e d\u00e9montre clairement l\u2019exactitude de telle ou telle th\u00e9orie (ce que les darwinistes passent leur temps \u00e0 faire, car la th\u00e9orie darwinienne joue le r\u00f4le d\u2019authentique \u00ab\u00a0<em>acide universel<\/em><sup>210<\/sup>\u00ab\u00a0) ; toutefois, la m\u00eame d\u00e9couverte, ou d\u2019autres, restent disponibles pour diff\u00e9rents cadres interpr\u00e9tatifs \u00ab\u00a0alternatifs\u00a0\u00bb, scientifiques ou autres<sup>211<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.3. Le probl\u00e8me des mod\u00e8les et des simulations<\/h3>\n\n\n\n<p>Les mod\u00e8les et simulations, qu\u2019elles soient analogiques ou num\u00e9riques, repr\u00e9sentent immanquablement des simplifications, parfois outranci\u00e8res, de la r\u00e9alit\u00e9. Prenons un exemple tir\u00e9 de l\u2019enseignement de la g\u00e9ologie au coll\u00e8ge : la mod\u00e9lisation d\u2019une \u00e9ruption volcanique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volcan est repr\u00e9sent\u00e9 par un tube \u00ab\u00a0en U\u00a0\u00bb, la lave par du shampooing ou du ketchup (volcan effusif) ou de la pur\u00e9e \u00e9paisse (volcan explosif). Le \u00ab\u00a0moteur\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9ruption (gaz dissous dans le magma) est simul\u00e9 par la mise en dissolution d\u2019un cachet effervescent.<br \/>Les limites de cette mod\u00e9lisation sont aussi \u00e9videntes qu\u2019accablantes (\u00e0 tel point que cette exp\u00e9rimentation simpliste devrait \u00eatre abandonn\u00e9e, car pouvant mener \u00e0 de graves confusions<sup>212<\/sup>) :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Les diff\u00e9rences d\u2019\u00e9chelle (d\u2019un facteur d\u2019au moins cinq ordres de magnitude) sont beaucoup trop importantes ;<\/li><li>Dans un volcan \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb, la chemin\u00e9e volcanique est plus ou moins rectiligne et verticale, et non courb\u00e9e ;<\/li><li>Le magma et la lave qui en d\u00e9coule sont constitu\u00e9es de roche en fusion (et non de substances \u2013 alimentaires, cosm\u00e9tiques ou autres \u2013 produites par des activit\u00e9s humaines) ;<\/li><li>Les gaz dissous dans le magma y sont pr\u00e9sents d\u00e8s sa formation dans le manteau terrestre : ils ne sont pas ajout\u00e9s de fa\u00e7on <em>ad hoc<\/em> pour mettre en \u00e9vidence un m\u00e9canisme (opposition entre un m\u00e9canisme totalement sous la d\u00e9pendance des lois physico- chimiques et une entreprise humaine reposant sur un projet).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Les probl\u00e8mes me semblent encore plus \u00e9crasants avec les simulations informatiques<sup>213<\/sup>, tant le monde r\u00e9el et l\u2019univers des ordinateurs semblent incompatibles et irr\u00e9conciliables<sup>214<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Sanford, avec une certaine lucidit\u00e9, critique les programmes informatiques d\u00e9velopp\u00e9s par Richard Dawkins pour mod\u00e9liser l\u2019\u00e9volution darwinienne<sup>215<\/sup> (p. 22). Au-del\u00e0 des points que soul\u00e8ve l\u2019auteur, j\u2019insisterai sur d\u2019autres probl\u00e8mes, au moins aussi pr\u00e9gnants :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Les simulations informatiques ne sont que des \u00ab\u00a0exercices de style\u00a0\u00bb ne d\u00e9montrant rien du tout, car elles sont justement con\u00e7ues, non pour d\u00e9montrer une proposition (d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9montr\u00e9e), mais pour tenter de la confirmer : si l\u2019on y parvient, alors on conclut que l\u2019hypoth\u00e8se est corrobor\u00e9e par l\u2019informatique ; si l\u2019on y parvient pas, on se contente d\u2019oublier cet \u00e9chec consid\u00e9r\u00e9 comme non significatif. Dans ce genre de \u00ab\u00a0d\u00e9monstration\u00a0\u00bb, c\u2019est l\u2019ensemble du raisonnement qui est biais\u00e9 par cette \u00ab\u00a0condition\u00a0\u00bb de d\u00e9part : valider \u00e0 tout prix l\u2019hypoth\u00e8se \u00e0 tester en particulier pour respecter le cadre \u00e9tabli, le paradigme dominant ;<\/li><li>Dawkins parle du processus de tamisage (<em>sieving process<\/em>) par lequel le produit d\u2019une \u00e9tape de la s\u00e9lection cumulative devient lui-m\u00eame l\u2019objet d\u2019un tamisage par une nouvelle \u00e9tape de s\u00e9lection. Le premier probl\u00e8me, dans ce m\u00e9canisme, est que la s\u00e9lection naturelle est envisag\u00e9e comme agissant toujours dans la m\u00eame direction d\u2019une \u00e9tape \u00e0 la suivante ; c\u2019est bien peu probable, d\u2019autant que \u2013 et Dawkins semble compl\u00e8tement l\u2019oublier \u2013 cette s\u00e9lection se fait sur la base de conditions environnementales consid\u00e9r\u00e9es comme al\u00e9atoires et impr\u00e9visibles, ce qui se manifeste par le fait que ce qui est adapt\u00e9 aujourd\u2019hui peut ne plus l\u2019\u00eatre demain. Bref, dans la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te, la \u00ab\u00a0direction\u00a0\u00bb prise par la s\u00e9lection naturelle ne cesse de changer. Le deuxi\u00e8me probl\u00e8me, soulign\u00e9 par Dawkins lui-m\u00eame (mais qui ne lui apporte aucune v\u00e9ritable solution) et critiqu\u00e9 par Sanford, c\u2019est que, dans son programme visant \u00e0 obtenir la phrase \u00ab <em>Methinks it is like a weasel<\/em> \u00bb, l\u2019ordinateur s\u00e9lectionne la phrase qui, m\u00eame de tr\u00e8s peu, ressemble le plus \u00e0 la phrase-cible: le but \u00e0 obtenir est donc clairement identifi\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part (ce qui n\u2019est pas du tout le cas dans la nature, selon la vision standard de la th\u00e9orie darwinienne de l\u2019\u00e9volution). Plus loin, Dawkins revient sur ce probl\u00e8me, insistant sur le peu de g\u00e9n\u00e9rations n\u00e9cessaires \u00ab <em>si l\u2019on ne change jamais de direction<\/em><sup>216<\/sup> \u00bb , c\u2019est-\u00e0-dire, \u00ab <em>si l\u2019on conna\u00eet pr\u00e9cis\u00e9ment vers quelle formule g\u00e9n\u00e9tique se diriger, et comment l\u2019atteindre<\/em><sup>217<\/sup>\u00bb . Il pr\u00e9cise alors qu\u2019un tel processus n\u2019existe pas dans le cas r\u00e9el de l\u2019\u00e9volution, sans pour autant voir un quelconque probl\u00e8me \u00e0 l\u2019introduction d\u2019un tel biais dans son programme. Dawkins se contente de s\u2019\u00e9merveiller du peu de temps qu\u2019il aura fallu \u00e0 la machine pour arriver \u00e0 la phrase recherch\u00e9e \u2013 \u00e9videmment, puisque tout a \u00e9t\u00e9 mis en place, dans le programme, pour en arriver \u00e0 ce r\u00e9sultat !<\/li><li>Et c\u2019est bien l\u00e0 un probl\u00e8me fondamental : dans son programme, Dawkins ne cesse d\u2019introduire, en toute connaissance de cause, tout un ensemble de contraintes, de simplifications, de conventions arbitraires, afin, pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019obtenir ce qu\u2019il cherche ; ensuite, il s\u2019\u00e9tonne d\u2019y \u00eatre parvenu ! En fait, quoi de plus normal ? Quoi de plus pr\u00e9visible ? Il pr\u00e9f\u00e8re jouer les \u00e9tonn\u00e9s en remarquant que les formes qu\u2019il obtient ressemblent \u00e0 s\u2019y m\u00e9prendre \u00e0 des insectes, attitude subjective \u00e0 l\u2019extr\u00eame (r\u00e9p\u00e9t\u00e9e \u00e0 l\u2019envi avec la Figure 5, p. 61, o\u00f9 il \u00ab\u00a0reconna\u00eet\u00a0\u00bb certaines formes, pourtant tr\u00e8s bizarres, avec un aplomb in\u00e9branlable). Malgr\u00e9 cela, il reconna\u00eet que c\u2019est son propre \u0153il, son propre cerveau, qui ont op\u00e9r\u00e9 le tri, la s\u00e9lection<sup>218<\/sup> : dans ce cas, le r\u00e9sultat, m\u00eame totalement \u00ab\u00a0impr\u00e9visible\u00a0\u00bb (mais l\u2019\u00e9tait-il vraiment?), n\u2019a absolument rien d\u2019\u00e9tonnant. C\u2019est l\u2019ensemble de la proc\u00e9dure qui est compl\u00e8tement englu\u00e9e dans une circularit\u00e9 vide de sens. Cela ressemble \u00e0 l\u2019\u00e9tonnement que pourrait manifester un ma\u00e7on entreprenant de construire une maison\u2026 d\u2019avoir r\u00e9ussi \u00e0 construire une maison ! <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Sanford a lui-m\u00eame utilis\u00e9 des simulations informatiques pour tester un certain nombre de points en lien avec l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique, notamment une meilleure prise en compte du bruit biologique (<em>biological noise<\/em> ; p. 104). M\u00eame s\u2019il semble s\u00fbr de lui quant au bien fond\u00e9 des r\u00e9sultats qu\u2019il a obtenus, je reste personnellement tr\u00e8s sceptique de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale en ce qui concerne l\u2019emploi de tels mod\u00e8les. Je le r\u00e9p\u00e8te : <em>comment \u00eatre certain de repr\u00e9senter le monde naturel de fa\u00e7on r\u00e9aliste en utilisant une machine num\u00e9rique, dont le langage se r\u00e9duit \u00e0 de gigantesques s\u00e9ries de 0 et de 1<\/em> <sup>219<\/sup> ?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.4. La mise en \u00e9vidence d\u2019un paradoxe<\/h3>\n\n\n\n<p>Les arguments de Sanford en faveur de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique sont impressionnants et ne peuvent, selon moi, \u00eatre simplement ignor\u00e9s. De la m\u00eame fa\u00e7on que l\u2019entropie de l\u2019Univers ne cesse d\u2019augmenter (le menant sans doute vers sa \u00ab\u00a0mort thermodynamique\u00a0\u00bb), l\u2019entropie du g\u00e9nome cro\u00eet r\u00e9guli\u00e8rement. D\u2019apr\u00e8s Sanford, ce serait cette augmentation de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique qui expliquerait, en particulier, la disparition des esp\u00e8ces vivantes, par d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence (p. 53).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette repr\u00e9sentation des choses pose pourtant un certain nombre de probl\u00e8mes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Lors des \u00e9v\u00e9nements de sp\u00e9ciation, de nouvelles esp\u00e8ces apparaissent, d\u00e9rivant directement d\u2019esp\u00e8ces ant\u00e9rieures : si le g\u00e9nome de ces derni\u00e8res \u00e9tait d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 au point de les rendre non viables, comment expliquer la survie et la propagation des nouvelles esp\u00e8ces ?<\/li><li>Certaines esp\u00e8ces, appel\u00e9es maladroitement \u00ab\u00a0fossiles vivants\u00a0\u00bb (expression oxymorique, puisqu\u2019une esp\u00e8ce n\u2019est qualifi\u00e9e de fossile que si elle a disparu), semblent exister depuis des dizaines, parfois des centaines de millions d\u2019ann\u00e9es (certaines blattes et requins, le c\u0153lacanthe, par exemple) : comment l\u2019expliquer dans le cadre de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique, qui semble agir sur des p\u00e9riodes beaucoup plus courtes ? <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><em>Face au grand nombre d\u2019esp\u00e8ces qui constituent les biosph\u00e8res actuelle et pass\u00e9es, un paradoxe semble appara\u00eetre pour prendre en compte l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique : on devrait observer bien moins d\u2019\u00eatres vivants sur la Terre, que ce soient des esp\u00e8ces vivantes ou fossiles. Une seule explication est alors possible : il doit n\u00e9cessairement exister au moins un processus permettant de compenser les ravages de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique. De nombreuses possibilit\u00e9s se pr\u00e9sentent, comme nous allons maintenant le voir<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">6. DES SOLUTIONS POUR EXPLIQUER L\u2019ORIGINE ET LE MAINTIEN DU G\u00c9NOME<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.1. L\u2019intervention d\u2019une intelligence : un Cr\u00e9ateur<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Le fait que les esp\u00e8ces aient r\u00e9ussi \u00e0 survivre aussi longtemps est la preuve du g\u00e9nie du Cr\u00e9ateur, qui a con\u00e7u les \u00eatres vivants en leur conf\u00e9rant une robustesse et une r\u00e9sistance aux dommages qui sont stup\u00e9fiantes<sup>220<\/sup>. \u00bb <\/p><cite>Price, Carter &amp; Sanford.<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Selon Sanford et les Cr\u00e9ationnistes, les \u00eatres vivants auraient \u00e9t\u00e9 l\u2019objet d\u2019une Cr\u00e9ation, processus intelligent menant \u00e0 l\u2019apparition d\u2019organismes parfaits (car cr\u00e9\u00e9s \u00e0 l\u2019image du Cr\u00e9ateur, consid\u00e9r\u00e9 comme parfait). Cette perfection se manifeste alors, notamment, par l\u2019absence de consanguinit\u00e9 lors de croisements entre individus apparent\u00e9s. Puis, au cours du temps, et sous l\u2019action de l\u2019entropie, les organismes commencent \u00e0 d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer, jusqu\u2019\u00e0 ne plus \u00eatre viables et \u00e0 dispara\u00eetre. Seule une nouvelle intervention du Cr\u00e9ateur permettrait l\u2019apparition de nouvelles esp\u00e8ces parfaites, et ce processus \u00ab\u00a0cyclique\u00a0\u00bb pourrait se r\u00e9p\u00e9ter ind\u00e9finiment. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette explication ne me d\u00e9pla\u00eet pas fonci\u00e8rement, mais elle me semble \u00e9tay\u00e9e par bien peu de preuves tangibles. En dehors de la croyance en un tel Cr\u00e9ateur, il est difficile d\u2019envisager une explication de ce genre. En revanche, la dimension \u00ab\u00a0intelligente\u00a0\u00bb de la conception du vivant est extr\u00eamement stimulante \u2013 les organismes pouvant \u00eatre vus dans l\u2019optique d\u2019une intelligence intrins\u00e8que, capacit\u00e9 \u00e0 trouver des solutions \u00e0 toute une s\u00e9rie de probl\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.2. Des alternatives au cr\u00e9ationnisme<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Il n\u2019existe pas de repr\u00e9sentation neutre de l\u2019\u00e9volution, l\u2019image utilis\u00e9e permet toujours d\u2019insister davantage sur un aspect plut\u00f4t que sur un autre [\u2026], ce qui v\u00e9hicule n\u00e9cessairement une certain vision du monde [\u2026] et donc une id\u00e9ologie scientifique, ou encore [\u2026] une prise de position dans le d\u00e9bat \u00e9pist\u00e9mologique<sup>221<\/sup>. \u00bb <\/p><cite>Guillaume Suing et Damien Aubert. <em>Evolution : vers une approche dialectique.<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La plupart des publications sur la pens\u00e9e \u00e9volutionniste ne font r\u00e9f\u00e9rence, de fa\u00e7on r\u00e9sum\u00e9e, qu\u2019\u00e0 la th\u00e9orie darwinienne et, parfois, \u00e0 la th\u00e9orie lamarckienne (r\u00e9sum\u00e9e de fa\u00e7on extr\u00eame dans l\u2019expression \u00ab\u00a0h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 des caract\u00e8res acquis\u00a0\u00bb). Il en existe bien d\u2019autres, consid\u00e9r\u00e9es au mieux comme marginales, au pire comme obsol\u00e8tes, pseudo-scientifiques, voire anti-scientifiques. Je les passerai en revue, puis montrerai comment ces mod\u00e8les explicatifs pourraient constituer autant de solutions possibles au probl\u00e8me de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6. 2. 1. Le structuralisme<\/h4>\n\n\n\n<p>Le structuralisme est une th\u00e9orie scientifique fond\u00e9e par Richard Owen (1804-1892) et d\u00e9fendue aujourd&rsquo;hui notamment par Michael Denton<sup>222<\/sup>. Elle explique l\u2019essentiel de la constitution, du fonctionnement et de l\u2019\u00e9volution des organismes par des consid\u00e9rations inh\u00e9rentes \u00e0 la structure de la mati\u00e8re vivante. A l\u2019oppos\u00e9 du fonctionnalisme, du s\u00e9lectionnisme et de l\u2019adaptationnisme darwiniens, le structuralisme envisage le vivant comme l\u2019expression d\u2019un ordre inh\u00e9rent \u00e0 la mati\u00e8re qui, s\u2019organisant graduellement dans des constructions de plus en plus complexes, en arrive \u00e0 former des cellules vivantes et des organismes pluricellulaires. Dans ce cadre, non seulement la vie, mais l\u2019\u00e9volution du vivant sont vues comme n\u00e9cessaires, voire in\u00e9vitables, car sous l\u2019emprise de lois physico-chimiques fortement d\u00e9terministes. Cette conception du vivant est aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9e comme obsol\u00e8te car d\u00e9tr\u00f4n\u00e9e au profit du darwinisme. <\/p>\n\n\n\n<p>Le structuralisme repose sur les notions suivantes : <\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Un certain nombre d\u2019aspects pr\u00e9sents chez les \u00eatres vivants ne pr\u00e9sentent aucune dimension adaptative ; <\/li><li>De nombreuses innovations \u00e9volutives, qui permettent de d\u00e9finir les grands groupes phylog\u00e9n\u00e9tiques (<em>taxa<\/em>), font penser \u00e0 des \u00ab\u00a0sch\u00e9mas primordiaux\u00a0\u00bb (primal patterns) sans aucune dimension adaptative ; <\/li><li>La forme et la structure des organismes vivants sont la cons\u00e9quence de propri\u00e9t\u00e9s physico-chimiques fondamentales de la mati\u00e8re vivante, n\u2019ayant aucun rapport premier avec le mod\u00e8le d\u2019\u00e9volution darwinienne (seules les adaptations ult\u00e9rieures de ces formes et structures seraient dues \u00e0 la s\u00e9lection naturelle, menant \u00e0 des \u00ab\u00a0<em>masques adaptatifs<\/em><sup>223<\/sup>\u00a0\u00bb trompeurs quant \u00e0 l\u2019origine ultime des formes et structures originelles) ; <\/li><li>Ainsi, la vie peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un syst\u00e8me pr\u00e9sentant un \u00e9tat particulier d\u2019organisation physico-chimique ; &#8211; Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue, le structuralisme n\u2019est pas une forme de cr\u00e9ationnisme, ni m\u00eame une th\u00e9orie anti-\u00e9volutionniste ; cette th\u00e9orie postule que le fonctionnalisme darwinien, par lui-m\u00eame, n\u2019est pas suffisant pour expliquer int\u00e9gralement l\u2019origine et l\u2019\u00e9volution du vivant ; <\/li><li>Dans cette perspective, les formes fondamentales pr\u00e9sentes chez les organismes vivants, appel\u00e9s \u00ab\u00a0Types\u00a0\u00bb , sont consid\u00e9r\u00e9s comme immanents et d\u00e9termin\u00e9s par un ensemble de lois biologiques naturelles sp\u00e9cifiques, dites \u00ab\u00a0lois de forme\u00a0\u00bb (<em>laws of form<\/em>). <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Michael Denton pr\u00e9cise que \u00ab <em>selon le paradigme structuraliste, une partie importante de l\u2019organisation g\u00e9n\u00e9rale du vivant, et de chaque organisme en particulier, est le r\u00e9sultat de contraintes internes fondamentales dues \u00e0 des causes qui d\u00e9rivent de propri\u00e9t\u00e9s physiques premi\u00e8res des syst\u00e8mes biologiques et de la mati\u00e8re vivante. Ces contraintes internes, appel\u00e9es \u201clois de la forme biologique\u201d, limiteraient les possibilit\u00e9s d\u2019organisation des \u00eatres vivants. Cette fa\u00e7on de voir a pour cons\u00e9quence qu\u2019un grand nombre de formes biologiques de base apparaissent de la m\u00eame fa\u00e7on que d\u2019autres formes naturelles \u2013 de fa\u00e7on ultime, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019auto-organisation de la mati\u00e8re \u2013 et doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme d\u2019authentiques universaux<\/em><sup>225<\/sup> \u00bb . Denton affirme que \u00ab <em>l\u2019\u00e9tat fortement ordonn\u00e9 des organismes vivants r\u00e9sulte de complexes m\u00e9canismes d\u2019auto-organisation qui \u00e9chappent \u00e0 toute sp\u00e9cification g\u00e9n\u00e9tique<\/em><sup>226<\/sup> \u00bb . Ces processus                 \u00ab <em>d\u00e9pendent de lois naturelles de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale qui d\u00e9terminent les propri\u00e9t\u00e9s fondamentales de la mati\u00e8re<\/em><sup>227<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objection selon laquelle il n\u2019existerait aucune preuve de la validit\u00e9 du structuralisme repose d\u2019une part sur une forme d\u2019aveuglement intellectuel (seul le darwinisme serait capable d\u2019expliquer l\u2019\u00e9volution du vivant) et, d\u2019autre part, sur le fait que le structuralisme n\u2019ayant jamais rencontr\u00e9 la faveur des scientifiques, tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9tudes y ont \u00e9t\u00e9 rattach\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans la perspective structuraliste, <em>la mati\u00e8re contient forc\u00e9ment, en elle-m\u00eame, les propri\u00e9t\u00e9s permettant la survie et le maintien des esp\u00e8ces vivantes.<\/em> Les organismes \u00e9tant parfois consid\u00e9r\u00e9s comme s\u2019opposant \u00e0 l\u2019action de l\u2019entropie (ils repr\u00e9sentent au contraire des formes particuli\u00e8rement ordonn\u00e9es de la mati\u00e8re), on peut envisager qu\u2019ils auraient, d\u00e8s <\/strong>le<strong>ur origine, <em>l\u2019aptitude \u00e0 s\u2019opposer \u00e0 l\u2019action de l\u2019entropie<\/em> \u2013 en particulier l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique. Ainsi, luttant constamment contre le d\u00e9sordre (lutte dont le co\u00fbt \u00e9nerg\u00e9tique est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9), ils seraient capables de <em>maintenir un ordre suffisant, notamment dans leur g\u00e9nome<\/em>, pour pouvoir survivre et fournir de nouvelles esp\u00e8ces par sp\u00e9ciation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6. 2. 2. La biologie au-del\u00e0 du g\u00e9nome et la redondance \u2013 L\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique naturelle et la r\u00e9\u00e9criture du g\u00e9nome \u2013 La sentience du vivant<\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e ma\u00eetresse de Denis Noble, c\u2019est que \u00ab <em>[\u2026] les fonctions des syst\u00e8mes biologiques reposent [\u2026] sur d\u2019importantes propri\u00e9t\u00e9s de la mati\u00e8re qui ne sont pas d\u00e9termin\u00e9es par les g\u00e8nes<\/em><sup>228<\/sup> \u00bb . En effet, en se basant sur l\u2019id\u00e9e qu\u2019il n\u2019existe pas de \u00ab\u00a0programme g\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb \u2013 notamment parce \u00ab <em>[\u2026] qu\u2019il n\u2019y a aucun niveau de causalit\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9 dans les syst\u00e8mes biologiques<\/em><sup>229<\/sup> \u00bb \u2013, Noble pense qu\u2019il faut \u00ab <em>[\u2026] red\u00e9finir le g\u00e9nome comme une base de donn\u00e9es pour la transmission des organismes ayant \u00ab\u00a0r\u00e9ussi\u00a0\u00bb au sens de l\u2019\u00e9volution [\u2026]<\/em><sup>230<\/sup>\u00bb . De fa\u00e7on audacieuse, pour ne pas dire r\u00e9volutionnaire, Noble affirme que \u00ab <em>[\u2026] l\u2019ADN ne fait rien d\u2019autre qu\u2019\u00eatre l\u00e0 : la cellule s\u2019en sert \u00e0 l\u2019occasion pour lire la s\u00e9quence dont elle a besoin, afin d\u2019obtenir la production d\u2019une prot\u00e9ine<\/em> \u00bb. Comme \u00ab <em>[\u2026] des prot\u00e9ines sont n\u00e9cessaires au dispositif de lecture du code fabriquant les prot\u00e9ines<\/em> \u00bb, il s\u2019av\u00e8re que, de fa\u00e7on paradoxale, \u00ab <em>[l]\u2019ADN ne peut rien faire hors de la pr\u00e9sence de ces syst\u00e8mes prot\u00e9iques cellulaires [\u2026] <\/em>\u00bb : ainsi, \u00ab <em>[\u2026] le c\u0153ur du probl\u00e8me, c\u2019est autant le processus de lecture que l\u2019objet lu<\/em><sup>231<\/sup>\u00bb \u2013 ce qui d\u00e9passe largement la vision conventionnelle des m\u00e9canismes de transcription et de traduction. <\/p>\n\n\n\n<p>Noble en arrive \u00e0 l\u2019id\u00e9e \u00ab <em>[\u2026] qu\u2019il y a diverses mani\u00e8res de lire un g\u00e9nome \u00bb car \u00ab [l]a lecture du g\u00e9nome [\u2026] est non seulement variable, mais aussi combinatoire<\/em> \u00bb, gr\u00e2ce \u00e0 une forte fragmentation du g\u00e9nome (notion qui me para\u00eet pouvoir \u00eatre reli\u00e9e avec celle de l\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique naturelle d\u00e9fendue par Shapiro). Selon Noble, \u00ab <em>[i]l faut inclure dans cette variabilit\u00e9 les nombreux processus de \u00ab\u00a0retour en arri\u00e8re\u00a0\u00bb. Ces processus permettent la correction des erreurs ou des dysfonctionnements au niveau du g\u00e9nome<\/em> \u00bb, de fa\u00e7on \u00e0 ce que \u00ab <em>[\u2026] l\u2019organisme soit tout de m\u00eame en mesure de passer outre<\/em><sup>232<\/sup> \u00bb . Dans cette perspective novatrice, \u00ab <em>[l]a logique qui rend compte du succ\u00e8s d\u2019un g\u00e8ne ne se situe donc pas au niveau de son ADN, elle r\u00e9side dans l\u2019interpr\u00e9tation de ce code et dans l\u2019ad\u00e9quation du r\u00e9sultat de cette interpr\u00e9tation avec la logique du vivant<\/em><sup>233<\/sup>\u00bb . En fin de compte, \u00ab <em>[l]e g\u00e9nome doit \u00eatre lu \u00e0 partir du ph\u00e9notype, et non l\u2019inverse<\/em><sup>234<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique naturelle est une solution qui pourrait compl\u00e9ter la vision structuraliste de l\u2019\u00e9volution, d\u2019une part, et la position d\u00e9fendue par Denis Noble, d\u2019autre part. James Shapiro propose en effet une vision du vivant et de l\u2019\u00e9volution qui semble pr\u00e9senter des points communs avec l\u2019approche de Noble, car le terme \u00ab\u00a0ing\u00e9nierie\u00a0\u00bb d\u00e9crit \u00ab <em>des processus int\u00e9gr\u00e9s d\u2019auto-modification<\/em><sup>235<\/sup> \u00bb : \u00e0 ce sujet, Shapiro mentionne qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 que les cellules vivantes \u00e9taient dot\u00e9es de la capacit\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre des processus actifs de r\u00e9\u00e9criture partielle ou totale de leur g\u00e9nome. Dans cette optique, le g\u00e9nome serait \u00ab <em>un syst\u00e8me de m\u00e9moire de type lecture-\u00e9criture soumis \u00e0 des changements non al\u00e9atoires sous le contr\u00f4le de fonctions cellulaires sp\u00e9cifiques<\/em><sup>236<\/sup>\u00bb permettant \u00ab <em>un grand nombre de moyens pour les cellules d\u2019introduire de l\u2019information dans leur g\u00e9nome<\/em><sup>237<\/sup>\u00bb : ainsi, \u00ab <em>ces diff\u00e9rents types d\u2019insertions constituent une forme d\u2019\u00e9criture ayant la capacit\u00e9 de modifier la m\u00e9moire g\u00e9nomique des cellules<\/em><sup>238<\/sup>\u00bb . En fin de compte, \u00ab <em>l\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique naturelle repr\u00e9sente la capacit\u00e9 des cellules vivantes \u00e0 manipuler et \u00e0 restructurer les mol\u00e9cules d\u2019ADN qui constituent leur g\u00e9nome<\/em><sup>239<\/sup>\u00bb . Ces \u00ab <em>processus de r\u00e9organisation peuvent concerner le g\u00e9nome dans son int\u00e9gralit\u00e9<\/em><sup>240<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Cette vision du vivant et de son \u00e9volution est centr\u00e9e sur la notion d\u2019information. Il s\u2019agit de comprendre comment les organismes \u00ab <em>acqui\u00e8rent, traitent et transmettent de l\u2019information de fa\u00e7on \u00e0 permettre la mise en place et le fonctionnement de syst\u00e8mes vitaux complexes<\/em><sup>241<\/sup> \u00bb . Dans cette perspective, \u00ab <em>le processus \u00e9volutif est manifestement bas\u00e9 sur l\u2019obtention d\u2019innovations par une logique combinatoire<\/em><sup>242<\/sup> \u00bb dont \u00ab <em>les chances de succ\u00e8s sont bien plus importantes qu\u2019un m\u00e9canisme de modification g\u00e9nomique un nucl\u00e9otide \u00e0 la fois<\/em><sup>243<\/sup> \u00bb . \u00ab <em>L\u2019\u00e9volution se fait [alors] par amplification et r\u00e9organisation de segments g\u00e9nomiques<\/em><sup>244<\/sup> \u00bb , ce qui pr\u00e9sente l\u2019avantage de \u00ab <em>g\u00e9n\u00e9rer de la redondance, aspect fondamental du processus \u00e9volutif<\/em><sup>245<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>De la sorte, \u00ab <em>en consid\u00e9rant le g\u00e9nome dans une perspective informationnelle, ce type d\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique syst\u00e9mique est une meilleure m\u00e9taphore \u00e9volutive que celle, plus conventionnelle, d\u2019une marche au hasard orient\u00e9e par la s\u00e9lection naturelle<\/em><sup>246<\/sup>\u00bb : au lieu de voir les changements g\u00e9nomiques comme r\u00e9sultant d\u2019\u00e9v\u00e9nements al\u00e9atoires et accidentels, l\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique naturelle con\u00e7oit ces \u00ab <em>changements comme prenant leur origine dans une myriade de fonctions cellulaires r\u00e9gul\u00e9es<\/em><sup>247<\/sup>\u00bb , d\u2019o\u00f9 \u00ab <em>l\u2019apparition d\u2019innovations \u00e9volutives, \u00e0 partir de la production de nouvelles structures cellulaires et pluricellulaires, par la mise en jeu de fonctions cellulaires d\u2019auto-modification<\/em><sup>248<\/sup> \u00bb , au cours \u00ab <em>d\u2019\u00e9pisodes de changements rapides<\/em><sup>249<\/sup> \u00bb \u2013 en accord avec les \u00ab\u00a0\u00e9quilibres ponctu\u00e9s\u00a0\u00bb d\u2019Eldredge et Gould<sup>250<\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>Shapiro en arrive \u00e0 la notion d\u2019une \u00ab <em>cognition <\/em>\u00bb des cellules. Tr\u00e8s loin du d\u00e9terminisme g\u00e9n\u00e9tique, notion fondamentale du \u00ab\u00a0Dogme Central de la Biologie Mol\u00e9culaire\u00a0\u00bb, cette cognition permet aux cellules de \u00ab <em>collecter et de transf\u00e9rer de l\u2019information, dans le cadre de processus de prise de d\u00e9cision<\/em><sup>251<\/sup>\u00bb consid\u00e9r\u00e9s comme actifs<sup>252<\/sup>. En conclusion, il appara\u00eet que les cellules, loin de se comporter en aveugle<sup>253<\/sup>, sont capables de \u00ab <em>fonctionner t\u00e9l\u00e9ologiquement, leurs buts \u00e9tant leur survie, leur croissance et leur reproduction<\/em><sup>254<\/sup> \u00bb \u2013 \u00ab <em>conception enti\u00e8rement nouvelle mais rigoureusement scientifique d\u2019envisager la cognition, la prise de d\u00e9cision et les fonctions orient\u00e9es vers un but<\/em><sup>255<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Dans une perspective apparent\u00e9e, Dennis Bray, dans son livre <em>A Computer in Every Living Cell<\/em><sup>256<\/sup>, d\u00e9veloppe les notions de cognition et de sentience chez les organismes vivants. Dans le premier chapitre, intitul\u00e9 <em>Clever cells<\/em><sup>257<\/sup>, il insiste sur le fait que \u00ab <em>m\u00eame de simples cellules individuelles sont conscientes du monde qui les entoure. Elles sont en effet capables de d\u00e9tecter des saveurs et ar\u00f4mes de nature chimique, des vibrations d\u2019origine m\u00e9canique, des stimuli visuels, des champs \u00e9lectriques, et m\u00eame la gravit\u00e9. Elles y r\u00e9pondent de fa\u00e7on s\u00e9lective et judicieuse par des d\u00e9placements ou des changements de forme ou des modifications de leur milieu int\u00e9rieur<\/em><sup>258<\/sup>\u00bb , concluant que \u00ab<em> la plupart des micro-organismes font montre de ce que l\u2019on appelle vigilance chez les animaux sup\u00e9rieurs<\/em><sup>259<\/sup>\u00bb . Bray en arrive \u00e0 l\u2019id\u00e9e que \u00ab <em>la connaissance du monde repr\u00e9sente une caract\u00e9ristique tellement primordiale de la vie<\/em><sup>260<\/sup> \u00bb qu\u2019\u00ab <em>une conscience primitive de l\u2019environnement a d\u00fb constituer l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments indispensables pour que la vie apparaisse : cette conscience s\u2019est maintenue et s\u2019est r\u00e9pandue, en prenant des formes de plus en plus complexes et productives, au sein de la foule d\u2019organismes vivants qui sont apparus au cours de l\u2019histoire de l\u2019\u00e9volution. Cette aptitude inh\u00e9rente au vivant s\u2019est renforc\u00e9e et s\u2019est diversifi\u00e9e selon une multitude de modalit\u00e9s diff\u00e9rentes<\/em><sup>261<\/sup> \u00bb . Dans une vision des choses que je qualifierais de r\u00e9volutionnaire, Bray conclut que \u00ab <em>le monde n\u2019est pas fait d\u2019objets mais plut\u00f4t d\u2019\u00e9v\u00e9nements et de relations ; les organismes vivants ne sont pas faits d\u2019atomes ni de mol\u00e9cules mais plut\u00f4t de cycles de relations de causalit\u00e9. La vie na\u00eet de la mise en place d\u2019une cl\u00f4ture catalytique au sein d\u2019un ensemble de mol\u00e9cules diverses : une fois que cette cl\u00f4ture est r\u00e9alis\u00e9e, on peut consid\u00e9rer que le syst\u00e8me de toutes les mol\u00e9cules consid\u00e9r\u00e9es collectivement est vivant<\/em><sup>262<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Mais Gray va encore plus loin, sugg\u00e9rant que \u00ab <em>les cellules pr\u00e9sentent deux caract\u00e9ristiques potentiellement d\u00e9terminantes : la premi\u00e8re est la perception du temps, de la causalit\u00e9 \u2013 une connaissance de la fa\u00e7on dont les choses du monde r\u00e9el s\u2019encha\u00eenent dans un certain ordre ; la seconde est la facult\u00e9 d\u2019int\u00e9grit\u00e9, qui rend les cellules capables de faire la diff\u00e9rence entre ce qui leur appartient en propre et ce qui fait partie du milieu ext\u00e9rieur<\/em><sup>263<\/sup> \u00bb . Dans cette perspective,   \u00ab <em>au fur et \u00e0 mesure que les cellules se nourrissent, grandissent, r\u00e9agissent et entrent en action, leur composition chimique, au d\u00e9part statique, s\u2019en trouve am\u00e9lior\u00e9e et modifi\u00e9e. Comme ces modifications sont r\u00e9versibles, les cellules acqui\u00e8rent une certaine r\u00e9ceptivit\u00e9 et une capacit\u00e9 de r\u00e9activit\u00e9. Ces remaniements sont le reflet de ce que les cellules ont v\u00e9cu dans leur pass\u00e9 imm\u00e9diat<\/em><sup>264<\/sup> \u00bb . De la sorte, \u00ab <em>les cellules seraient capables d\u2019exploiter leur exp\u00e9rience pass\u00e9e pour pr\u00e9voir le futur \u2013 ne serait-ce qu\u2019\u00e0 partir du plus infime aper\u00e7u de ce qui va suivre \u2013 tout juste de quoi leur permettre d\u2019anticiper ce qui va arriver<\/em><sup>265<\/sup>\u00bb \u2013 vision des choses qui, selon moi, est compatible avec la dimension t\u00e9l\u00e9ologique du vivant. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ces visions particuli\u00e8res et originales du processus \u00e9volutif permettent d\u2019envisager une solution possible au probl\u00e8me de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique. En effet, le m\u00e9canisme combinatoire propos\u00e9 par Noble permet de \u00ab\u00a0contourner\u00a0\u00bb l\u2019effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re d\u2019une mutation : \u00ab <em>[s]i le plan A ne marche pas, le plan B est activ\u00e9, la cellule est capable de synth\u00e9tiser des prot\u00e9ines qui fonctionnent en lieu et place de celles pour lesquelles le g\u00e8ne d\u00e9fectueux codait originellement<\/em><sup>266<\/sup>\u00bb . Comme le g\u00e9nome doit \u00eatre lu \u00e0 partir du ph\u00e9notype, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 partir de l\u2019\u00e9tat dans lequel l\u2019organisme vivant se trouve \u00e0 chaque instant, une mani\u00e8re de r\u00e9interpr\u00e9tation de l\u2019information g\u00e9n\u00e9tique semble \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e en fonction du contexte, permettant <em>une forme de \u00ab\u00a0relecture\u00a0\u00bb capable d\u2019amoindrir, voire d\u2019effacer<\/em>, au moins temporairement (et peut-\u00eatre de fa\u00e7on beaucoup plus durable), <em>l\u2019effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re de certaines mutations. <\/em>Chaque organisme serait ainsi dot\u00e9 d\u2019un certain nombre de <em>m\u00e9canismes de secours<\/em> qui entreraient en jeu d\u00e8s que les conditions \u00ab\u00a0normales\u00a0\u00bb seraient perturb\u00e9es. La forte <em>redondance <\/em>impliqu\u00e9e par de tels m\u00e9canismes permettrait d\u2019expliquer une grande partie de<em> la robustesse et de la r\u00e9silience des \u00eatres vivants face, notamment, \u00e0 la d\u00e9gradation du g\u00e9nome<\/em>. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>De plus, et de fa\u00e7on compl\u00e9mentaire et peut-\u00eatre encore bien plus efficace, la <em>cognition <\/em>des cellules envisag\u00e9e par Shapiro pourrait leur permettre de conna\u00eetre l\u2019\u00e9tat de leur mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique et de mettre en \u0153uvre des <em>m\u00e9canismes efficaces permettant de contrer les effets de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique<\/em>, par exemple en reconnaissant certaines r\u00e9gions du mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique ayant accumul\u00e9 un grand nombre de mutations d\u00e9l\u00e9t\u00e8res ind\u00e9tectables, pour une raison ou une autre, par la s\u00e9lection naturelle. Ainsi, par la mise en jeu d\u2019un m\u00e9canisme de <em>r\u00e9\u00e9criture <\/em>active, les cellules vivantes pourraient <em>\u00e9liminer une quantit\u00e9 significative de ces mutations<\/em> et, au final, all\u00e9ger de fa\u00e7on importante leur fardeau g\u00e9n\u00e9tique \u2013 moyen a priori efficace de <em>lutter contre l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique.<\/em> <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En outre, la capacit\u00e9 des cellules vivantes, dot\u00e9es d\u2019une conscience, m\u00eame rudimentaire, du monde ext\u00e9rieur, de <em>modifier et d\u2019am\u00e9liorer leur structure et leur fonctionnement interne par la mise en \u0153uvre d\u2019une cl\u00f4ture catalytique, leur conf\u00e9rant une forme d\u2019aptitude \u00e0 entrevoir l\u2019avenir \u00e0 tr\u00e8s court terme<\/em>, pourrait repr\u00e9senter, associ\u00e9e \u00e0 la redondance et \u00e0 la facult\u00e9 de r\u00e9\u00e9criture active de leur g\u00e9nome, une solution extr\u00eamement efficace au probl\u00e8me de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique. En effet, on peut envisager que les cellules auraient acquis le moyen de <em>d\u00e9tecter la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de leur propre g\u00e9nome<\/em> (possibilit\u00e9 d\u2019ailleurs peut-\u00eatre non adaptative et constitutive d\u00e8s les premi\u00e8res protocellules, comme condition <em>sine qua non<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de la vie) et d\u2019y rem\u00e9dier par la mise en jeu de toute une panoplie de m\u00e9canismes se compl\u00e9tant les uns les autres. Bien \u00e9videmment, par leur nature physique, et puisque les mol\u00e9cules \u00e0 la base de ces m\u00e9canismes sont elles-m\u00eames encod\u00e9es dans le g\u00e9nome, ces derniers ne sont pas infaillibles et sont susceptibles de voir leur efficacit\u00e9 diminuer dans certaines lign\u00e9es \u00e9volutives, ou dans certaines esp\u00e8ces pr\u00e9cises \u2013 raison possible de leur d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence menant \u00e0 leur extinction collective ou individuelle. Cependant, l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019universalit\u00e9 de ces processus \u00ab\u00a0anti-entropie\u00a0\u00bb reste \u00e0 mon sens extr\u00eamement vraisemblable.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6. 2. 3. Convergence et in\u00e9vitabilit\u00e9s \u00e9volutives \u2013 Contraintes \u00e9volutives \u2013 Pr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution<\/h4>\n\n\n\n<p>Terry Ord et Thomas Summer<sup>267<\/sup> d\u00e9finissent la convergence comme \u00e9tant l\u2019apparition ind\u00e9pendante, au cours de l\u2019\u00e9volution, de ph\u00e9notypes semblables, au sens strict \u00e0 partir d\u2019informations g\u00e9n\u00e9tiques diff\u00e9rentes (ce qui diff\u00e9rencie la convergence de l\u2019\u00e9volution parall\u00e8le, bas\u00e9e sur des informations g\u00e9n\u00e9tiques similaires \u2013 si toutefois l\u2019origine g\u00e9n\u00e9tique de ces processus a pu \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e). Il faut \u00e9galement distinguer la convergence de la redondance fonctionnelle, ce qui peut s\u2019av\u00e9rer d\u00e9licat<sup>268<\/sup>. Convergence, \u00e9volution parall\u00e8le et redondance fonctionnelle sont toutes trois regroup\u00e9es sous l\u2019appellation d\u2019\u00a0\u00bb\u00e9volution r\u00e9p\u00e9titive\u00a0\u00bb (<em>repeated evolution<\/em><sup>269<\/sup>). <\/p>\n\n\n\n<p>La convergence \u00e9volutive se manifeste par la r\u00e9apparition, chez des esp\u00e8ces vivantes parfois tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es d\u2019un point de vue phylog\u00e9n\u00e9tique, d\u2019innovations \u00e9volutives semblables, presque identiques. La convergence peut concerner des attributs physiques mais aussi des comportements. L\u2019interpr\u00e9tation classique ce telles occurrences est purement darwinienne : soumis aux m\u00eames contraintes environnementales, des organismes diff\u00e9rents pourront d\u00e9velopper des solutions analogues (qui se ressemblent sans toutefois pr\u00e9senter d\u2019origine \u00e9volutive commune). <\/p>\n\n\n\n<p>Il existe toutefois une autre interpr\u00e9tation de la convergence, d\u00e9fendue, notamment, par Simon Conway Morris, selon qui \u00ab <em>o\u00f9 que l\u2019on porte son regard [dans le monde biologique], l\u2019\u00e9volution est brid\u00e9e par la convergence<\/em><sup>270<\/sup>\u00bb : ainsi, la r\u00e9it\u00e9ration d\u2019occurrences \u00e9volutives semble plus \u00eatre la r\u00e8gle que l\u2019exception. Conway Morris insiste : \u00ab <em>Qu\u2019on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la fonctionnalit\u00e9 des solutions mises en place par les organismes ou aux voies \u00e9volutives emprunt\u00e9es par ces derniers, les choix possibles s\u2019av\u00e8rent limit\u00e9s, si ce n\u2019est in\u00e9vitables<\/em><sup>271<\/sup>\u00bb . Il remarque que \u00ab <em>quel que soit le niveau biologique consid\u00e9r\u00e9, on trouvera des foyers pr\u00e9sentant une stabilit\u00e9 biologique prolong\u00e9e et qui agiront comme des attracteurs irr\u00e9pressibles<\/em><sup>272<\/sup> \u00bb . Il fait appel \u00e0 la notion d\u2019\u00ab <em>\u00e9comorphe <\/em>\u00bb, d\u00e9fini comme \u00ab <em>une configuration anatomique r\u00e9currente en ad\u00e9quation avec des imp\u00e9ratifs \u00e9cologiques particuliers<\/em><sup>273<\/sup>\u00bb . Dans le cadre d\u2019une vision d\u00e9terministe du processus \u00e9volutif, qui explore les diff\u00e9rentes r\u00e9gions accessibles de \u00ab <em>l\u2019hyper-espace biologique<\/em> \u00bb (<em>biological hyperspace<\/em>), chaque solution, correspondant \u00e0 un \u00e9comorphe particulier, pr\u00e9sente alors une forte probabilit\u00e9 d\u2019appara\u00eetre un certain nombre de fois au cours des temps g\u00e9ologiques<sup>274<\/sup>. Ainsi semble se dessiner \u00ab <em>un sch\u00e9ma pr\u00e9visible<\/em> \u00bb (<em>a predictive framework<\/em><sup>275<\/sup>) de l\u2019histoire \u00e9volutive. En fin de compte, \u00ab <em>les voies suivies par l\u2019\u00e9volution s\u2019av\u00e8rent \u00e9troites et in\u00e9vitables<\/em><sup>276<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les nombreux facteurs qui, activement ou passivement, ont la potentialit\u00e9 d\u2019orienter le processus \u00e9volutif, on trouve les nombreuses contraintes auxquelles les organismes sont soumis, de tous ordres : contraintes absolues ou universelles, contraintes fonctionnelles, contraintes g\u00e9n\u00e9tiques, contraintes d\u00e9veloppementales, contraintes phylog\u00e9n\u00e9tiques<sup>277<\/sup>. A leur sujet, on peut parler de \u00ab <em>[\u2026] barri\u00e8res agissant comme des guides de l\u2019\u00e9volution [\u2026,] qui d\u00e9terminent la direction de l\u2019\u00e9volution<\/em><sup>278<\/sup> \u00bb , en insistant sur l\u2019id\u00e9e que \u00ab <em>la notion de contraintes traduit le fait que toutes les issues \u00e9volutives ne sont pas \u00e9quiprobables et que la part de l\u2019espace th\u00e9orique des ph\u00e9notypes r\u00e9ellement occup\u00e9 par une lign\u00e9e peut \u00eatre limit\u00e9e<\/em><sup>279<\/sup> \u00bb . Toutefois, certaines contraintes, comme la canalisation (agissant sur le d\u00e9veloppement embryonnaire en limitant l\u2019expression de la variation g\u00e9n\u00e9tique, d\u2019o\u00f9 la conservation du ph\u00e9notype malgr\u00e9 les changements environnementaux), joueraient \u00ab <em>[\u2026] un r\u00f4le significatif sur l\u2019augmentation du potentiel adaptatif des organismes<\/em><sup>280<\/sup> \u00bb . Douglas Erwin<sup>281<\/sup> fait aussi appel \u00e0 la notion de contraintes, mentionnant \u00ab <em>une quantit\u00e9 limit\u00e9e de solutions face \u00e0 un probl\u00e8me particulier<\/em><sup>282<\/sup>\u00bb , d\u2019o\u00f9 \u00ab <em>des restrictions impos\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire \u00e9volutive des diff\u00e9rents taxons<\/em><sup>283<\/sup> \u00bb , r\u00e9sultant dans la convergence. Il pr\u00e9cise que \u00ab <em>les contraintes pr\u00e9sentent de nombreuses formes, allant de celles qui limitent la gamme de variation sur laquelle la s\u00e9lection naturelle peut agir, jusqu\u2019aux forces physiques induites par la dynamique des fluides et la gravit\u00e9, entre autres<\/em><sup>284<\/sup>\u00bb . Il cite Kurt Schwenk, qui pr\u00e9senta deux classes de contraintes, la premi\u00e8re limitant la production de nouveaux variants<sup>285<\/sup>, la seconde menant au contraire \u00e0 une grande variabilit\u00e9 sur laquelle la s\u00e9lection naturelle peut agir de fa\u00e7on drastique<sup>286<\/sup>. Aussi peut-on envisager que ces contraintes pourraient intervenir dans le processus \u00e9volutif en rendant certains ph\u00e9notypes obligatoires, in\u00e9vitables. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans un article consacr\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution<sup>287<\/sup>, Simon Conway Morris insiste sur le fait que \u00ab <em>l&rsquo;\u00e9volution est bien plus pr\u00e9visible qu&rsquo;on le pense g\u00e9n\u00e9ralement<\/em><sup>288<\/sup>\u00bb et sur la possibilit\u00e9 <em>\u00ab d&rsquo;identifier une certaine pr\u00e9visibilit\u00e9 dans le processus \u00e9volutif ainsi que dans ses r\u00e9sultats<\/em><sup>289<\/sup>\u00bb . Il rajoute que \u00ab <em>les destinations \u00e9volutives sont tr\u00e8s loin d&rsquo;\u00eatre accidentelles<\/em><sup>290<\/sup>\u00bb et \u00ab <em>qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, plut\u00f4t qu&rsquo;un processus totalement ouvert, l&rsquo;\u00e9volution est extr\u00eamement contrainte<\/em><sup>291<\/sup>\u00bb . Faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab <em>l&rsquo;\u00e9trange capacit\u00e9 des organismes \u00e0 se diriger vers des solutions particuli\u00e8res<\/em><sup>292<\/sup> \u00bb , Conway Morris en arrive \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il \u00ab <em>est peut-\u00eatre temps d&rsquo;aborder le probl\u00e8me des propri\u00e9t\u00e9s biologiques en elles-m\u00eames si l&rsquo;on veut apporter quelque ordre \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution plut\u00f4t que r\u00e9p\u00e9ter pour la \u00e9ni\u00e8me fois la formulation darwinienne de fa\u00e7on st\u00e9rile<\/em><sup>293<\/sup><em>.<\/em>\u00bb Aussi conclut-il que \u00ab <em>la biologie va aller bien au-del\u00e0 de [cette] formulation<\/em><sup>294<\/sup>\u00bb , notamment avec l&rsquo;id\u00e9e que \u00ab <em>l&rsquo;\u00e9volution pr\u00e9sente une forme in\u00e9vitable<\/em><sup>295<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Dans un article qui s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la convergence \u00e9volutive en relation avec le \u00ab\u00a0film de la vie\u00a0\u00bb (<em>the tape of life<\/em><sup>296<\/sup>), Russell Powell et Carlos Mariscal<sup>297<\/sup> affirment que \u00ab<em> l&rsquo;\u00e9volution convergente peut faire l&rsquo;objet d&rsquo;exp\u00e9riences grandeur nature valables pour soutenir des inf\u00e9rences au sujet de la stabilit\u00e9 profond\u00e9ment contradictoire des innovations macro-\u00e9volutives<\/em><sup>298<\/sup>\u00bb . Ils parlent d&rsquo;\u00ab<em> innovations \u00e9volutives r\u00e9p\u00e9t\u00e9es qui sont probablement r\u00e9pandues au sein d&rsquo;histoires \u00e9volutives diff\u00e9rentes et pourraient faire l&rsquo;objet de g\u00e9n\u00e9ralisations semblables \u00e0 des lois<\/em><sup>299<\/sup>\u00bb . Ils affirment que \u00ab <em>certains probl\u00e8mes de conception sont omnipr\u00e9sents au cours de l&rsquo;histoire de la vie<\/em> \u00bb et que \u00ab <em>l&rsquo;ensemble des solutions \u00e9volutives \u00e0 ces probl\u00e8mes est extr\u00eamement limit\u00e9<\/em><sup>300<\/sup>\u00bb . Ils vont m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 se demander : \u00ab <em>Pourquoi les contraintes biom\u00e9caniques universelles qui agissent sur l&rsquo;\u00e9volution de la forme ne devraient-elles pas \u00eatre aussi int\u00e9ressantes pour les biologistes que les r\u00e9sultats finaux de l&rsquo;\u00e9volution, bizarres et circonstanci\u00e9s ?<\/em><sup>301<\/sup>\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Erwin<sup>302<\/sup> pr\u00e9cise que les preuves apport\u00e9es par la convergence devraient mener \u00e0 une nouvelle th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution<sup>303<\/sup>, sous la forme d\u2019\u00ab <em>une extension qui prendra davantage en consid\u00e9ration la g\u00e9n\u00e9tique du d\u00e9veloppement telle qu\u2019envisag\u00e9e par l\u2019\u00e9vo-d\u00e9vo, une meilleure compr\u00e9hension de la fa\u00e7on dont la production de la variation est biais\u00e9e et aussi une vision plus hi\u00e9rarchis\u00e9e de l\u2019\u00e9volution<\/em><sup>304<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans cette vision d\u2019une \u00e9volution in\u00e9vitable, centr\u00e9e sur de nombreuses contraintes et sur la convergence, l\u2019\u00e9ventuel r\u00f4le n\u00e9faste de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique semble, une fois encore, cantonn\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan. En effet, les \u00eatres vivants, semblant en quelque sorte \u00ab\u00a0guid\u00e9s\u00a0\u00bb vers la mise en place puis la r\u00e9utilisation des solutions les plus efficaces (que ce soit en termes d\u2019adaptation locale micro-\u00e9volutive ou de robustesse temporelle macro-\u00e9volutive), n\u2019ont pu que d\u00e9velopper les <em>moyens de g\u00e9rer les probl\u00e8mes li\u00e9s aux processus de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence<\/em>, en particulier g\u00e9n\u00e9tique. La r\u00e9silience du vivant d\u2019une part, sa diversit\u00e9 d\u2019autre part, ainsi que la r\u00e9it\u00e9ration g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des innovations \u00e9volutives, t\u00e9moignent en faveur de l\u2019existence d\u2019<em>une propri\u00e9t\u00e9 fondamentale des organismes : la capacit\u00e9 \u00e0 trouver des solutions p\u00e9rennes pour assurer leur survie individuelle et collective, forme de \u00ab\u00a0volont\u00e9\u00a0\u00bb farouche et d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 durer encore et toujours face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9<\/em>. Cette perspective, qu\u2019on pourra rapprocher de la dimension t\u00e9l\u00e9ologique du vivant d\u00e9velopp\u00e9e plus loin, permet d\u2019envisager <em>la vie comme centralement et n\u00e9cessairement \u00ab\u00a0\u00e9quip\u00e9e\u00a0\u00bb pour r\u00e9sister, subsister et se perp\u00e9tuer ind\u00e9finiment<\/em>, gr\u00e2ce \u00e0 cette facult\u00e9 particuli\u00e8re et sp\u00e9cifique inh\u00e9rente d\u00e8s les premi\u00e8res protocellules et transmise, au cours des temps g\u00e9ologiques, \u00e0 des milliards d\u2019esp\u00e8ces. Ainsi, vivre, ce n\u2019est pas seulement se nourrir et se reproduire ; c\u2019est, d\u2019abord et avant tout, exercer ce pouvoir de <em>maintenir le d\u00e9sordre en-de\u00e7\u00e0 d\u2019un certain seuil<\/em>, dans un \u00e9quilibre certes pr\u00e9caire mais toujours maintenu au niveau global de la biosph\u00e8re.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6. 2. 4. L\u2019\u00e9cologie \u00e9volutive<\/h4>\n\n\n\n<p>Conventionnellement, c\u2019est la g\u00e9n\u00e9tique qui est consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019aspect fondamental de l\u2019\u00e9volution (darwinienne), l\u2019\u00e9cologie \u00e9tant vue comme secondaire. Thierry Lod\u00e9 propose, au contraire, de se focaliser sur la dimension \u00e9cologique du processus \u00e9volutif, en insistant sur l\u2019importance de la dynamique structurante des interactions. <\/p>\n\n\n\n<p>Lod\u00e9 commence par remarquer que \u00ab<em> [\u2026] des dizaines d\u2019\u00e9v\u00e9nements non-darwiniens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts, les endosymbioses, la d\u00e9rive g\u00e9n\u00e9tique, les transferts horizontaux de g\u00e8nes, l\u2019\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique, les catastrophes, et m\u00eame la sp\u00e9ciation sympatrique, le d\u00e9placement de caract\u00e8res et la construction des niches. Mais il n\u2019existe pas de consensus sur ces \u00e9pisodes et beaucoup ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la th\u00e9orie moderne apr\u00e8s des r\u00e9interpr\u00e9tations en minorant les effets<\/em><sup>305<\/sup> \u00bb . Il note aussi que \u00ab <em>le g\u00e8ne n\u2019a rien d\u2019un organisateur, il est juste un livre de cuisine. Le g\u00e8ne ne peut rien faire sans que la cellule ne l\u2019exprime. De m\u00eame, on peut consid\u00e9rer que le vivant s\u2019est form\u00e9, non pas le long d\u2019une s\u00e9rie continue, mais par morceaux [\u2026]<\/em><sup>306<\/sup>\u00bb , selon le principe des poup\u00e9es russes : ainsi, les tissus se sont form\u00e9s par interactions entre cellules, puis les organes se sont form\u00e9s par interactions entre tissus. Et de conclure : \u00ab <em>La simple force structurante des interactions a engendr\u00e9 des corps vivants au cours d\u2019une longue histoire \u00e9volutive. \u00c0 chaque \u00e9tape de ces poup\u00e9es russes, les communaut\u00e9s vivantes se sont li\u00e9es [\u2026]<\/em><sup>307<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective originale, \u00ab<em> [l]\u2019\u00e9volution est une \u00e9cologie libertaire, o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e9ment, chaque \u00eatre vivant cherche et trouve sa place dans la communaut\u00e9 \u00e9cologique des esp\u00e8ces o\u00f9 chacun d\u00e9pend des autres et les autres de chacun<\/em> \u00bb. Ainsi, \u00ab<em> l\u2019esp\u00e8ce serait un groupe d\u2019individus qui poss\u00e8dent en commun un syst\u00e8me de reconnaissance sp\u00e9cifique<\/em>\u00bb : \u00ab <em>[l]\u2019individu appartient \u00e0 une esp\u00e8ce parce qu\u2019il reconna\u00eet un individu sans le conna\u00eetre<\/em> \u00bb. \u00ab <em>Cette esp\u00e8ce forme l\u2019un des embo\u00eetements irr\u00e9vocables de la s\u00e9rie des embo\u00eetements du vivant dans les autres \u00e9l\u00e9ments, des poup\u00e9es russes depuis l\u2019organisation cellulaire jusqu\u2019\u00e0 l\u2019individu et l\u2019inscription dans les \u00e9cosyst\u00e8mes<\/em> \u00bb. \u00ab <em>Le succ\u00e8s [\u00e9volutif<\/em><sup>308<\/sup><em>] des esp\u00e8ces est donc contraint par l\u2019ensemble des interactions \u00e9cologiques qui dessinent l\u2019espace-temps de l\u2019esp\u00e8ce. \u00c0 partir de ces milliers de liaisons et de coop\u00e9rations, se sont form\u00e9es les communaut\u00e9s \u00e9cologiques de notre histoire \u00e9volutive<\/em> \u00bb.       \u00ab <em>On peut par cons\u00e9quent regarder l\u2019\u00e9volution comme l\u2019effet des interactions d\u2019un ensemble de communaut\u00e9s dynamiques, th\u00e9orie libertaire que je nomme l\u2019\u00e9cologie \u00e9volutive. Ces communaut\u00e9s libres dirig\u00e9es par elles-m\u00eames forment ensemble sur notre plan\u00e8te une \u00e9cologie qui \u00e9volue. [\u2026] [L]\u2019\u00e9cologie \u00e9volutive est le r\u00e9sultat des milliards d\u2019interactions qui, depuis la nuit des temps, associent les mol\u00e9cules entre elles, les cellules, les organes et les corps<\/em><sup>309<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e9volution \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e comme mue par des interactions incessantes \u00e0 tous les niveaux d\u2019organisation et de structuration du vivant (mol\u00e9cules, organites, cellules, tissus, organes, appareils et syst\u00e8mes, individus, groupes, populations, esp\u00e8ces, \u00e9cosyst\u00e8mes et, pourquoi pas, la biosph\u00e8re dans son ensemble), le r\u00f4le de la dimension g\u00e9n\u00e9tique du processus \u00e9volutif pourrait \u00eatre rel\u00e9gu\u00e9 au second plan \u2013 \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, donc, de l\u2019\u00e9volution darwinienne \u2013 : ce ne sont plus les g\u00e8nes qui \u00ab\u00a0d\u00e9cident\u00a0\u00bb mais ces interactions particuli\u00e8res qui se mettent en place le long de l\u2019histoire \u00e9volutive, au cours d\u2019\u00e9tapes \u00e0 l\u2019origine de la structuration d\u2019innovations qui pourraient appara\u00eetre brusquement, orientant l\u2019\u00e9volution de fa\u00e7on cruciale mais relativement ind\u00e9pendamment des g\u00e8nes. De la sorte, on peut envisager que <em>l\u2019effet de certaines mutations s\u2019en retrouverait amoindri, estomp\u00e9, flout\u00e9 <\/em>\u2013 y compris celui de mutations b\u00e9n\u00e9fiques, d\u2019ailleurs. Ainsi, en consid\u00e9rant les interactions \u00e9cologiques comme primordiales dans le processus \u00e9volutif, <em>l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique se retrouve confin\u00e9e en une dimension si retreinte qu\u2019elle en devient secondaire<\/em>. Une fois encore, c\u2019est la Vie qui gagne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6. 2. 5. L\u2019hom\u00e9ostasie comme m\u00e9canisme de l\u2019\u00e9volution<sup>310<\/sup><\/h4>\n\n\n\n<p>En page 64, Sanford fait appel au processus d\u2019hom\u00e9ostasie, \u00ab <em>[\u2026] ph\u00e9nom\u00e8ne naturel o\u00f9 toutes les choses vivantes s\u2019autor\u00e9gulent quand les circonstances changent<\/em><sup>311<\/sup> \u00bb . Il affirme que \u00ab <em>[c]e genre d\u2019hom\u00e9ostasie neutralise l\u2019effet de la plupart des mutations, rendant ainsi encore plus de mutations invisibles \u00e0 la s\u00e9lection<\/em><sup>312<\/sup>\u00bb , car \u00ab <em>l\u2019hom\u00e9ostasie fonctionne \u00e0 chaque niveau de l\u2019organisation biologique<\/em><sup>313<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Il me semble qu\u2019il faut bien faire la diff\u00e9rence ici entre l\u2019hom\u00e9ostasie \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb et l\u2019hom\u00e9ostasie \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb, cette derni\u00e8re pouvant \u00eatre vue de deux fa\u00e7ons : \u00ab\u00a0positive\u00a0\u00bb, \u00ab <em>la capacit\u00e9 d&rsquo;une population \u00e0 maintenir l&rsquo;\u00e9quilibre de sa structure g\u00e9n\u00e9tique et \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 des variations rapides<\/em><sup>314<\/sup> \u00bb , ou \u00ab\u00a0n\u00e9gative\u00a0\u00bb, \u00ab <em>la limite de la variabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique d\u2019une esp\u00e8ce<\/em><sup>315<\/sup> \u00bb due au fait que \u00ab <em>toute am\u00e9lioration importante d\u00fb \u00e0 la s\u00e9lection naturelle doit de fa\u00e7on \u00e9vidente mener \u00e0 une forte diminution de la variabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique<\/em><sup>316<\/sup>\u00bb . Cette d\u00e9marcation a pour but de distinguer la neutralisation de l\u2019effet d\u2019une mutation (bien pr\u00e9sente) du fait de l\u2019emp\u00eacher de se manifester d\u00e8s le d\u00e9part (et donc absente). Notons que si Sanford voit l\u2019hom\u00e9ostasie \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb comme jouant en faveur de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique, \u00ab <em>en r\u00e9duisant efficacement au silence la plupart des effets des nucl\u00e9otides<\/em><sup>317<\/sup>\u00bb , il me semble, au contraire, qu\u2019elle s\u2019y oppose, tout comme l\u2019hom\u00e9ostasie g\u00e9n\u00e9tique, qui, elle, para\u00eet s\u2019opposer au processus \u00e9volutif \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb (voir ci-apr\u00e8s ; les deux peuvent donc \u00eatre vues comme des m\u00e9canismes anti-darwiniens). <\/p>\n\n\n\n<p>John Torday s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 aux relations entre hom\u00e9ostasie et \u00e9volution. Il pr\u00e9cise qu\u2019 \u00ab <em>on d\u00e9finit l\u2019hom\u00e9ostasie comme la propri\u00e9t\u00e9 que pr\u00e9sente un syst\u00e8me dont certaines variables sont r\u00e9gul\u00e9es de fa\u00e7on \u00e0 ce que les conditions internes restent stables et relativement constantes. Il s\u2019agit d\u2019un processus qui permet de conserver la stabilit\u00e9 de l\u2019environnement interne d\u2019un organisme face aux fluctuations des conditions externes. Pour ce faire, l\u2019hom\u00e9ostasie fait intervenir un capteur capable de d\u00e9tecter les changements de la grandeur \u00e0 r\u00e9guler, un m\u00e9canisme effecteur qui peut faire varier cette grandeur, et une boucle de r\u00e9troaction n\u00e9gative entre les deux. De tels processus hom\u00e9ostatiques existent aux niveaux des cellules, des tissus et des organes, ainsi qu\u2019\u00e0 celui des organismes en tant que touts (et qu\u2019on appelle l\u2019allostasie)<\/em><sup>318<\/sup>\u00bb . Les syst\u00e8mes de correction de l\u2019ADN<sup>319<\/sup>, intervenant suite \u00e0 la r\u00e9plication, peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 la fois comme le capteur (la matrice d\u2019ADN originale), l\u2019effecteur (qui corrige les erreurs sur le nouveau brin d\u2019ADN) et la boucle de r\u00e9troaction permettant de v\u00e9rifier que l\u2019erreur a \u00e9t\u00e9 corrig\u00e9e et \u00e9viter les \u00ab\u00a0exc\u00e8s de z\u00e8le\u00a0\u00bb du syst\u00e8me. <\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019en est-il du r\u00f4le possible de l\u2019hom\u00e9ostasie dans le processus \u00e9volutif ? Torday insiste sur le fait que \u00ab <em>l\u2019hom\u00e9ostasie est un m\u00e9canisme robuste, dynamique, transg\u00e9n\u00e9rationnel et diachronique (permanent), qui permet le maintien, la p\u00e9rennisation et la modification des structures et des fonctions des syst\u00e8mes physiologiques<\/em><sup>320<\/sup> \u00bb , que \u00ab <em>l&rsquo;hom\u00e9ostasie repr\u00e9sente le principe m\u00e9caniste fondamental de la biologie<\/em><sup>321<\/sup>\u00bb , et en arrive \u00e0 \u00ab <em>l&rsquo;universalit\u00e9 illimit\u00e9e du concept d&rsquo;hom\u00e9ostasie<\/em><sup>322<\/sup>\u00bb . En fin de compte, \u00ab <em>l&rsquo;hom\u00e9ostasie pourrait faire office \u00e0 la fois d&rsquo;agent de stabilisation et de facteur de d\u00e9termination du changement \u00e9volutif<\/em><sup>323<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>En effet, \u00ab <em>il semblerait qu\u2019une entropie r\u00e9duite soit \u00e0 la base de la dynamique \u00e9volutive, et qu\u2019un contr\u00f4le au niveau de l\u2019hom\u00e9ostasie soit impliqu\u00e9 pour que cette propri\u00e9t\u00e9 du vivant puisse \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e et p\u00e9rennis\u00e9e. Le fait de ramener l\u2019\u00e9volution au niveau de l\u2019hom\u00e9ostasie donne acc\u00e8s aux bases m\u00e9canistes premi\u00e8res permettant d\u2019expliquer l\u2019origine et la causalit\u00e9 de ce processus. Il n\u2019est plus question de mutations al\u00e9atoires ni de s\u00e9lection naturelle, mais d\u2019adaptation de l\u2019environnement interne des organismes \u00e0 l\u2019environnement externe repr\u00e9sent\u00e9 par le monde physique, au service de l\u2019hom\u00e9ostasie<\/em><sup>324<\/sup> \u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans cette perspective, l\u2019hom\u00e9ostasie, par sa dimension stabilisatrice, pourrait \u00eatre envisag\u00e9e comme s\u2019opposant \u00e0 (et non favorisant) l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>L\u2019hom\u00e9ostasie g\u00e9n\u00e9tique, en permettant d\u2019\u00e9viter l\u2019apparition de certaines mutations, limite l\u2019augmentation du fardeau g\u00e9n\u00e9tique, donc le nombre de mutations susceptibles d\u2019\u00eatre ind\u00e9tectables par la s\u00e9lection naturelle ;<\/em><\/strong><\/li><li><strong>Lorsqu\u2019une mutation se retrouve fix\u00e9e, <em>l\u2019hom\u00e9ostasie \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb<\/em>, en contrebalan\u00e7ant son \u00e9ventuel effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re, <em>interviendrait comme un m\u00e9canisme compensateur <\/em>: certes la mutation devient de la sorte \u00ab\u00a0invisible\u00a0\u00bb pour la s\u00e9lection naturelle (et donc pourrait participer \u00e0 l\u2019augmentation du fardeau g\u00e9n\u00e9tique), mais elle ne peut non plus jouer aucun r\u00f4le dans le mod\u00e8le d\u2019\u00e9volution darwinienne : l\u2019individu porteur n\u2019en sera pas d\u00e9favoris\u00e9, ni sa descendance, puisque l\u2019action de l\u2019hom\u00e9ostasie est, nous l\u2019avons vu, \u00ab\u00a0transg\u00e9n\u00e9rationnelle et diachronique\u00a0\u00bb \u2013 en d\u00e9finitive, tout se passe comme si cette mutation, bien que pr\u00e9sente au niveau nucl\u00e9otidique, n\u2019existait pas, que ce soit au niveau du ph\u00e9notype de l\u2019individu concern\u00e9 ou au niveau de l\u2019esp\u00e8ce \u00e0 laquelle cet individu appartient<sup>325<\/sup>. R\u00e9sultat : <em>aucune modification effective de l\u2019information, pas d\u2019augmentation du bruit ni de l\u2019entropie<\/em><sup>326<\/sup><em>.<\/em><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6.2.6. La complexit\u00e9 du vivant<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.6.1. Indivisibilit\u00e9, redondance et protection contre les erreurs<\/h5>\n\n\n\n<p>Michael Denton s\u2019int\u00e9resse \u00e0 diverses caract\u00e9ristiques li\u00e9es \u00e0 la complexit\u00e9 du vivant et d\u2019habitude trop peu prises en consid\u00e9ration. Il constate, par exemple, que \u00ab <em>[\u2026] le d\u00e9veloppement de tout organe ou de toute partie du corps [est] \u00e9troitement reli\u00e9 au d\u00e9veloppement de pratiquement tous les autres organes ou toutes les autres parties de l\u2019organisme<\/em> \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il existe, chez les M\u00e9tazoaires, \u00ab <em>[\u2026] un degr\u00e9 extraordinairement \u00e9lev\u00e9 d\u2019interd\u00e9pendance entre les composantes de leur organisme et que leur programme de d\u00e9veloppement ne [fait] appel \u00e0 aucun principe de modularit\u00e9<\/em>\u00bb. Il en conclut que ces id\u00e9es \u00ab <em>[\u2026] illustre[nt] \u00e0 merveille la notion d\u2019indivisibilit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me complexe<\/em><sup>327<\/sup> \u00bb : la modification de la structure d\u2019une composante s\u2019accompagne n\u00e9cessairement de celle de la quasi-totalit\u00e9 de l\u2019organisme. Finalement, le \u00ab <em>[\u2026] d\u00e9veloppement des organismes sup\u00e9rieurs<sup>328<\/sup> impose certainement des contraintes suppl\u00e9mentaires qui interdisent toute possibilit\u00e9 de changement \u00e9volutif non dirig\u00e9 proc\u00e9dant \u00e9l\u00e9ment par \u00e9l\u00e9ment : l\u2019existence d\u2019une redondance partielle ou totale entre les composantes de l\u2019organisme, ph\u00e9nom\u00e8ne qui minimise beaucoup l\u2019impact des mutations al\u00e9atoires<\/em><sup>329<\/sup>\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>La redondance est une autre caract\u00e9ristique en relation avec la complexit\u00e9 du vivant. Denton l\u2019explique comme suit :    \u00ab <em>Pour garantir l\u2019atteinte d\u2019un objectif donn\u00e9, un stratag\u00e8me classique consiste \u00e0 mettre en \u0153uvre diff\u00e9rents moyens tous capables individuellement d\u2019y r\u00e9ussir : m\u00eame si l\u2019un des m\u00e9canismes tombe en panne, la mission sera remplie<\/em><sup>330<\/sup>\u00bb . Selon lui, \u00ab <em>[i]l semble qu\u2019il y ait l\u00e0 un principe universel : pour atteindre un but d\u00e9termin\u00e9 en toute s\u00e9curit\u00e9, il faut mettre en \u0153uvre un certain degr\u00e9 de redondance, dans toutes les circonstances o\u00f9 la r\u00e9alisation de l\u2019objectif en question d\u00e9pend de l\u2019interaction d\u2019un grand nombre de composantes devant toutes fonctionner \u00e0 la perfection [\u2026]. L\u2019emploi de la redondance est \u00e9galement n\u00e9cessaire lorsque la r\u00e9alisation de l\u2019objectif d\u00e9pend d\u2019un assez grand nombre de d\u00e9cisions cruciales prises successivement [\u2026]. On voit mal comment les organismes pourraient \u00e9chapper \u00e0 la m\u00eame n\u00e9cessit\u00e9 [\u2026]<\/em><sup>331<\/sup><em>. <\/em>\u00bb  \u00ab <em>Et il appara\u00eet de plus en plus que [\u2026] la redondance est omnipr\u00e9sente dans le d\u00e9veloppement des organismes sup\u00e9rieurs, du niveau des g\u00e8nes jusqu\u2019aux processus de d\u00e9veloppement les plus complexes<\/em><sup>332<\/sup>\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus int\u00e9ressant, vis-\u00e0-vis de la probl\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique, est que ce \u00ab <em>[\u2026] type de redondance [soit] utilis\u00e9 comme syst\u00e8me de protection contre les erreurs au plus haut niveau<\/em><sup>333<\/sup>\u00bb . \u00ab <em>Il est de plus en plus vraisemblable que beaucoup d\u2019aspects cruciaux du d\u00e9veloppement des organismes sup\u00e9rieurs se r\u00e9v\u00e9leront mettre en \u0153uvre le principe de redondance, et toujours pour disposer d\u2019un syst\u00e8me de protection contre les erreurs qui garantisse<\/em><sup>334<\/sup><em> la r\u00e9alisation d\u2019objectifs donn\u00e9s avec un risque d\u2019\u00e9chec pratiquement nul. Ce tr\u00e8s haut degr\u00e9 de redondance n\u2019est certainement pas d\u00fb au hasard : il d\u00e9coule au contraire d\u2019une absolue n\u00e9cessit\u00e9<\/em><sup>335<\/sup> \u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Or, observe Denton, \u00ab <em>[\u2026] plus le degr\u00e9 de redondance est \u00e9lev\u00e9, plus il est n\u00e9cessaire que se r\u00e9alisent des mutations simultan\u00e9es si l\u2019on veut que s\u2019accomplisse le changement \u00e9volutif <\/em>\u00bb. Il insiste alors sur le fait que \u00ab <em>[l]a redondance est profond\u00e9ment paradoxale au regard de la th\u00e9orie darwinienne. Car la raison d\u2019\u00eatre de la redondance consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 \u00e9liminer ou \u00e0 minimiser l\u2019effet des mutations al\u00e9atoires sur le fonctionnement de l\u2019organisme [\u2026]<\/em><sup>336<\/sup>. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ainsi, on voit comment les notions d\u2019indivisibilit\u00e9 et de redondance peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme s\u2019opposant \u00e0 l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique, par leur action contrecarrant celle des mutations. On voit ainsi que, dans sa structure aussi bien que dans son fonctionnement, le vivant appara\u00eet, plus que jamais, dans toute la mesure de <em>son immuabilit\u00e9 qui confine \u00e0 l\u2019immortalit\u00e9<\/em> : ce ne sont plus les g\u00e8nes \u00ab\u00a0\u00e9go\u00efstes\u00a0\u00bb de Dawkins qui sont immortels, mais la Vie dans la dimension globale de la biosph\u00e8re. Dans l\u2019histoire du vivant, l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique semble ne jouer qu\u2019un r\u00f4le tr\u00e8s secondaire \u2013 ou, au contraire, \u00eatre vue comme une <em>opportunit\u00e9<\/em>, comme nous allons le voir maintenant.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.6.2. Complexit\u00e9 et entropie<\/h5>\n\n\n\n<p>Koonin d\u00e9veloppe une th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution g\u00e9nomique non-adaptative, dans laquelle l&rsquo;\u00e9volution du g\u00e9nome n&rsquo;est pas une adaptation, mais s&rsquo;expliquerait gr\u00e2ce \u00e0 une augmentation de l&rsquo;entropie suite \u00e0 une s\u00e9lection purifiante faible (<em>weak purifying selection<\/em><sup>337<\/sup>) et \u00e0 une d\u00e9rive g\u00e9n\u00e9tique forte, en relation avec \u00ab <em>des goulots d&rsquo;\u00e9tranglement de population<\/em> \u00bb (<em>population bottlenecks<\/em><sup>338<\/sup>). Cette augmentation de l&rsquo;entropie serait une \u00ab <em>maladaptation <\/em>\u00bb initialement impossible \u00e0 surmonter<sup>339<\/sup> \u2013 si ce n&rsquo;est par l&rsquo;adaptation fonctionnelle ult\u00e9rieure de s\u00e9quences \u00e0 l&rsquo;origine neutres, permettant aux organismes vivants de survivre \u00e0 l&rsquo;expansion de leur propre g\u00e9nome<sup>340<\/sup>, d&rsquo;o\u00f9 une diminution de l&rsquo;entropie, variable selon les lign\u00e9es<sup>341<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Koonin propose ensuite une quantification de la complexit\u00e9 faisant \u00e9galement intervenir l&rsquo;entropie. Il affirme que         \u00ab <em>l&rsquo;entropie \u00e9volutive est parfaitement logique en termes biologiques : les sites \u00e0 faible entropie sont les plus conserv\u00e9s et, par inf\u00e9rence, les plus importants fonctionnellement<\/em><sup>342<\/sup>\u00bb ; au contraire, les sites \u00e0 forte entropie sont faiblement conserv\u00e9s, donc relativement peu importants. Il appara\u00eet ainsi que \u00ab <em>les organismes qui sont habituellement consid\u00e9r\u00e9s comme les plus complexes (par exemple, les humains) se r\u00e9v\u00e8lent poss\u00e9der des g\u00e9nomes \u00ab\u00a0entropiques\u00a0\u00bb, pr\u00e9sentant une densit\u00e9 d&rsquo;information faible, voire extr\u00eamement faible, tandis que les organismes que nous pensons traditionnellement comme primitifs, telles les bact\u00e9ries, poss\u00e8dent des g\u00e9nomes \u00ab\u00a0informationnels\u00a0\u00bb, dans lesquels l&rsquo;information est plus compacte et la densit\u00e9 d&rsquo;information \u00e9lev\u00e9e<\/em><sup>343<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans cette perspective, une hypoth\u00e8se originale, voire audacieuse, serait que les organismes vivants pourraient s\u2019av\u00e9rer capables de <em>tirer profit de l\u2019entropie<\/em>, non de fa\u00e7on adaptative (donc en dehors de toute intervention de la s\u00e9lection naturelle), mais en quelque sorte \u00ab\u00a0par d\u00e9faut\u00a0\u00bb, \u00e9tant d\u2019une certaine fa\u00e7on \u00ab\u00a0oblig\u00e9s\u00a0\u00bb de composer avec cette dimension particuli\u00e8re de l\u2019Univers : l\u2019augmentation du d\u00e9sordre. Ainsi, les \u00eatres vivants se caract\u00e9riseraient, notamment, non \u00e0 rester passifs face \u00e0 l\u2019entropie, mais, par cette aptitude \u00e0 en tirer parti, \u00e0 <em>l\u2019exploiter, par exemple dans l\u2019organisation de leur g\u00e9nome<\/em>. D\u00e8s lors, l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique ne constituerait pas forc\u00e9ment, pas uniquement, un handicap r\u00e9dhibitoire, mais, au contraire, une sorte d\u2019opportunit\u00e9 tr\u00e8s particuli\u00e8re, car, \u00ab\u00a0d\u00e9tourn\u00e9e\u00a0\u00bb de certains de ses effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, elle pourrait \u00eatre \u00ab\u00a0r\u00e9utilis\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e0 des fins sensiblement plus fructueuses, \u00e0 savoir comme <em>une \u00ab\u00a0force\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019origine d\u2019une partie de l\u2019organisation g\u00e9nomique du vivant.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6.2.7. Dialectique \u00e9volutive et \u00e9volution dialectique<\/h4>\n\n\n\n<p>Partant de l\u2019observation selon laquelle \u00ab <em>[\u2026] les m\u00e9canismes et la dynamique de l\u2019\u00e9volution sont encore largement d\u00e9battus<\/em>\u00bb , Guillaume Suing et Damien Aubert d\u00e9veloppent l\u2019id\u00e9e que \u00ab <em>[\u2026] les syst\u00e8mes vivants [\u2026] peuvent \u00eatre compris de mani\u00e8re naturelle par une approche dialectique<\/em><sup>344<\/sup> \u00bb (dans laquelle \u00ab<em> [\u2026] le m\u00e9canisme darwinien [\u2026] appara\u00eet comme l\u2019exception [\u2026]<\/em> \u00bb et qui \u00ab <em>[\u2026] permet de lever un des principaux hiatus philosophiques de l\u2019\u00e9volutionnisme : la transformation de la quantit\u00e9 en qualit\u00e9 (et r\u00e9ciproquement) <\/em>\u00bb). En effet, \u00ab <em>[s]uivant le principe dialectique de l\u2019accumulation quantitative induisant un bond qualitatif, on \u00e9vite l\u2019id\u00e9e d\u2019un processus graduel et abstrait [\u2026]<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les auteurs pr\u00e9cisent que \u00ab <em>[\u2026] la dialectique est une philosophie du devenir qui s\u2019oppose fondamentalement \u00e0 une philosophie de l\u2019\u00eatre <\/em>\u00bb et repose sur trois th\u00e8ses :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>\u00ab&nbsp;<em>la th\u00e8se des <\/em>contradictions dialectiques<em>, comme lutte et unit\u00e9 des contraires, [qui] donne \u00e0 la mati\u00e8re une d\u00e9finition incluant et impliquant par nature son propre mouvement sous l\u2019effet de forces endog\u00e8nes antagoniques<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;; en d\u2019autres termes, il s\u2019agit d\u2019une \u00ab&nbsp;contradiction dialectique<em> entre m\u00e9canismes mol\u00e9culaires conservateurs et tendance \u00e0 la d\u00e9sorganisation interne et environnementale<\/em> [\u2026]<sup>345<\/sup>\u00bb&nbsp;;<\/li><li>\u00ab&nbsp;<em>la th\u00e8se de la <\/em>transformation de la quantit\u00e9 en qualit\u00e9[\u2026]<sup>346<\/sup>\u00bb , \u00ab&nbsp;<em>par un saut qualitatif circonscrivant objectivement [\u2026] les esp\u00e8ces<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;;<\/li><li>\u00ab&nbsp;<em>La th\u00e8se de la <\/em>n\u00e9gation de la n\u00e9gation<em> fait [\u2026] d\u2019une complexit\u00e9 d\u00e9rivant du simple [\u2026] une donn\u00e9e fondamentale pour comprendre les ph\u00e9nom\u00e8nes, puisque la question du mouvement et celle de la mati\u00e8re ne font plus qu\u2019une par d\u00e9finition<\/em> [\u2026]<sup>347<\/sup>\u00bb , dans un \u00ab&nbsp;[\u2026] <em>processus qui \u00ab\u00a0\u00e9mancipe\u00a0\u00bb jusqu\u2019\u00e0 un certain point les esp\u00e8ces de leurs contraintes environnementales<\/em> [\u2026]\u00bb .<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi, dans la perspective de dialectiques impliquant variation et s\u00e9lection ou g\u00e9notype et ph\u00e9notype, et d\u2019une \u00e9volution \u00ab&nbsp;<em>[\u2026] intimement li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9finition de la vie elle-m\u00eame&nbsp;<\/em>\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>[\u2026] le mouvement autoconservateur de la vie a pour cons\u00e9quence, de par sa lutte contre les fluctuations du milieu<\/em><sup>348<\/sup><em>, d\u2019aboutir \u00e0 une transformation du vivant, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 sa non-conservation tel qu\u2019il \u00e9tait. [\u2026] La contradiction dynamique fondamentale du vivant d\u00e9terminerait donc celle du moteur de son \u00e9volution<\/em> [\u2026]\u00bb . Suing et Aubert pr\u00e9cisent que \u00ab&nbsp;<em>[c]ette \u00e9volution s\u2019est elle-m\u00eame complexifi\u00e9e \/ perfectionn\u00e9e suivant une tendance \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation progressive des contraintes environnementales<\/em>&nbsp;\u00bb (gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement de formes pluricellulaires coloniales, de la reproduction sexu\u00e9e et des soci\u00e9t\u00e9s organis\u00e9es, par exemple). \u00ab&nbsp;<em>On a donc affaire \u00e0 des syst\u00e8mes ayant des propri\u00e9t\u00e9s autoconservatrices de plus en plus efficaces, mais qui paradoxalement, du fait de cette efficacit\u00e9, semblent mettre en p\u00e9ril la conservation du syst\u00e8me sur le long terme<\/em>&nbsp;\u00bb. En particulier, \u00ab&nbsp;<em>[u]n syst\u00e8me autoconservateur lutte ici objectivement contre les mutations ponctuelles que le n\u00e9odarwinisme tenait pour centrales dans le processus \u00e9volutif, mais il a lui-m\u00eame \u00e9volu\u00e9 dans le sens de variations \u00e0 la fois plus larges et plus opportunes que le seul hasard ne laissait imaginer<\/em>&nbsp;\u00bb &#8211; les auteurs vont jusqu\u2019\u00e0 faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab&nbsp;[\u2026] <em>des m\u00e9canismes g\u00e9n\u00e9tiques tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9s [qui] tentent de \u00ab\u00a0dompter\u00a0\u00bb de fa\u00e7on dialectique le couple darwinien hasard &#8211; s\u00e9lection<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans cette perspective, \u00ab&nbsp;[\u2026] <em>nous apprenons que des m\u00e9canismes hautement \u00e9labor\u00e9s se sont superpos\u00e9s au cours de l\u2019histoire du vivant, en suivant une tendance autoconservatrice fondamentale, dont la seule finalit\u00e9 est de faire conserver\/compliquer<\/em><sup>349<\/sup><em> la propri\u00e9t\u00e9 autor\u00e9plicative\/autoconservatrice de ses origines mol\u00e9culaires. En somme, non seulement le vivant ne se conserve relativement que parce qu\u2019il \u00e9volue, mais il \u00e9volue parce que des tendances conservatrices ont mis en \u0153uvre des strat\u00e9gies de plus en plus efficaces et opportunes, \u00ab\u00a0domptant\u00a0\u00bb ou d\u00e9tournant les tendances \u00e0 la d\u00e9sorganisation naturelle (mutations, vieillissement, hybridation, extinction de clones, etc.)<\/em>&nbsp;\u00bb. Toutefois, Suing et Aubert constatent que \u00ab&nbsp;<em>[m]alheureusement, cette dynamique [\u2026] est souvent compl\u00e8tement absente de nos diagrammes phylog\u00e9n\u00e9tiques, mais aussi de nos classifications<\/em>&nbsp;\u00bb. En conclusion, il appara\u00eet que \u00ab&nbsp;<em>[l]es fameux principes de la dialectique sont [\u2026] de plus en plus \u00e9vidents en biologie pour peu qu\u2019on identifie la \u00ab\u00a0conservation\u00a0\u00bb du vivant [\u2026] comme un contre-mouvement perp\u00e9tuel aux fluctuations incessantes du milieu<\/em> [\u2026]&nbsp;\u00bb.<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cette perception dialectique du vivant et de son \u00e9volution peuvent appara\u00eetre comme une solution suppl\u00e9mentaire au probl\u00e8me de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique. En effet, cette contradiction dynamique inh\u00e9rente au vivant, \u00e0 l\u2019origine de son mouvement auto-conservateur, peut \u00eatre envisag\u00e9e comme permettant d\u2019int\u00e9grer, une fois de plus, entropie et origine du vivant d\u2019une part, entropie et \u00e9volution biologique d\u2019autre part. <em>Cette capacit\u00e9 dialectique des organismes \u00e0 g\u00e9rer des tendances contradictoires leur conf\u00e9rerait, de la sorte, la possibilit\u00e9 non seulement d\u2019incorporer les \u00ab\u00a0dangers\u00a0\u00bb li\u00e9s \u00e0 l\u2019entropie, mais aussi, en fin de compte, d\u2019en tirer profit pour leur fonctionnement et leur \u00e9volution.<\/em> Cette facult\u00e9 serait non seulement originelle, mais pourrait avoir constitu\u00e9 une condition ins\u00e9parable de l\u2019apparition des toutes premi\u00e8res protocellules.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6.2.8. La t\u00e9l\u00e9ologie<\/h4>\n\n\n\n<p>Wikip\u00e9dia donne de la t\u00e9l\u00e9ologie les \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9finition suivants : \u00ab <em>\u00e9tude ou doctrine des causes finales, de la finalit\u00e9<\/em><sup>350<\/sup>\u00bb . Elle sous-tend l\u2019id\u00e9e que, dans l\u2019Univers, toute entit\u00e9 a une fin, un objectif, un but. La t\u00e9l\u00e9ologie naturelle soutient que les organismes vivants pr\u00e9sentent, eux aussi, des objectifs intrins\u00e8ques. Le CNRTL voit dans la t\u00e9l\u00e9ologie une vision du \u00ab <em>monde comme un syst\u00e8me de relations, de rapports entre des moyens et des fins<\/em> \u00bb. Dans cette optique, on peut consid\u00e9rer que le but d&rsquo;une chose est en m\u00eame temps la cause et l&rsquo;effet de la chose dont il est le but.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Rupert Sheldrake, \u00ab <em>l\u2019id\u00e9e de finalit\u00e9 est li\u00e9e aux fins, aux intentions et aux objectifs, conscients ou inconscients. Elle relie les organismes \u00e0 leurs futurs potentiels. [\u2026] Les buts existent dans un monde virtuel, pas dans la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te. Ils relient les organismes \u00e0 des accomplissements qui ne sont pas encore atteints, ce sont [\u2026] des \u00ab\u00a0attracteurs\u00a0\u00bb. [\u2026] Les buts ou les motivations sont des causes, mais ce sont des causes qui \u00ab\u00a0tirent\u00a0\u00bb vers un futur possible au lieu de \u00ab\u00a0pousser\u00a0\u00bb depuis le pass\u00e9<\/em><sup>351<\/sup>\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Toute explication t\u00e9l\u00e9ologique s\u2019oppose en premi\u00e8re analyse aux explications m\u00e9canistes conventionnelles des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. En effet, Alister McGrath pr\u00e9cise que toute explication t\u00e9l\u00e9ologique implique que \u00ab <em>le syst\u00e8me consid\u00e9r\u00e9 est organis\u00e9 dans une direction<\/em> \u00bb donn\u00e9e<sup>352<\/sup>. \u00ab <em>Plus essentiel encore, les explications t\u00e9l\u00e9ologiques impliquent que le r\u00e9sultat final est la raison explicative de l\u2019existence de l\u2019objet ou du processus qui y conduit<\/em><sup>353<\/sup>.\u00bb Toutefois, Anda Danciu rappelle que \u00ab <em>[\u2026] Kant avait postul\u00e9 [\u2026] la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un programme t\u00e9l\u00e9om\u00e9caniste des recherches en biologie qui implique une compr\u00e9hension m\u00e9caniste et un principe t\u00e9l\u00e9ologique<\/em><sup>354<\/sup>\u00bb . En fin de compte, il n\u2019existe donc pas d\u2019incompatibilit\u00e9 entre les explications m\u00e9canistes et t\u00e9l\u00e9ologiques, les organismes \u00e9tant, toujours selon Kant, compris comme des \u00ab\u00a0finalit\u00e9s naturelles<sup>355<\/sup>\u00a0\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.8.1. Finalisme vs. Entropie<\/h5>\n\n\n\n<p>Leonard Mlodinow explique que \u00ab<em> [\u2026] l&rsquo;entropie [\u2026] est la mesure du d\u00e9sordre pr\u00e9sent dans un syst\u00e8me : plus il est d\u00e9sordonn\u00e9, plus l&rsquo;entropie augmente. C&rsquo;est l&rsquo;antinomie de la vie et de toute notion de \u00ab\u00a0conception\u00a0\u00bb<\/em><sup>356<\/sup>\u00bb . Il poursuit en remarquant \u00ab <em>[\u2026] qu&rsquo;avec le temps les choses ont tendance \u00e0 se d\u00e9sorganiser \u2013 c&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;entropie augmente. Dans un sens, on peut interpr\u00e9ter ce fait comme le manque de but ou de guide dans les lois physiques<\/em><sup>357<\/sup>\u00bb . Ces affirmations am\u00e8nent plusieurs remarques.<\/p>\n\n\n\n<p>Affirmer que l&rsquo;entropie est \u00ab <em>l&rsquo;antinomie de la vie<\/em> \u00bb est un non-sens, car si l&rsquo;entropie de l&rsquo;Univers ne cesse d&rsquo;augmenter, c&rsquo;est ce m\u00eame Univers qui a pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9t\u00e9 le berceau de la vie. Si entropie et vie \u00e9taient incompatibles, la vie n&rsquo;aurait pu appara\u00eetre. En outre, Erwin Schr\u00f6dinger a d\u00e9montr\u00e9 que les organismes vivants avaient sp\u00e9cifiquement cette capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire localement l&rsquo;entropie en maintenant une structure interne ordonn\u00e9e (en m\u00eame temps que l&rsquo;entropie globale de l&rsquo;Univers augmentait).<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, interpr\u00e9ter l&rsquo;augmentation globale de l&rsquo;entropie comme \u00ab <em>le manque de but ou de guide dans les lois physiques<\/em>\u00bb rel\u00e8ve d&rsquo;un choix arbitraire : on peut, au contraire, voir cette augmentation comme une tendance g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Univers qui, dans cette perspective, se dirige, lentement mais s\u00fbrement, vers une \u00ab\u00a0mort thermique\u00a0\u00bb in\u00e9luctable. Associer \u00ab\u00a0augmentation du d\u00e9sordre\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0manque de but ou de guide\u00a0\u00bb rel\u00e8ve d&rsquo;un amalgame intellectuel. Pour conclure sur une note volontairement provocatrice, un guide peut tr\u00e8s bien \u00eatre d\u00e9sordonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces quelques consid\u00e9rations d\u00e9montrent clairement, si besoin \u00e9tait, \u00e0 quel point les relations entre entropie et organismes vivants peuvent \u00eatre vus sous deux angles oppos\u00e9s : l\u2019entropie oppos\u00e9e \u00e0 la vie, ou l\u2019entropie semblant favoriser la vie. Cette controverse m\u2019appara\u00eet au c\u0153ur de la pol\u00e9mique concernant l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique. De plus, tout ceci met \u00e9galement en \u00e9vidence un certain nombre de difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la vision finaliste des organismes vivants, donc de leur dimension t\u00e9l\u00e9ologique.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.8.2. Auto-organisation, auto-d\u00e9termination, causalit\u00e9 circulaire, autonomie et cl\u00f4ture organisationnelle t\u00e9l\u00e9ologique du vivant<\/h5>\n\n\n\n<p>Matteo Mossio et Leonardo Bich consid\u00e8rent que l\u2019organisation biologique peut-\u00eatre con\u00e7ue comme un r\u00e9gime de causalit\u00e9 t\u00e9l\u00e9ologique<sup>358<\/sup>. Ils insistent sur une caract\u00e9risation de la t\u00e9l\u00e9ologie qui s\u2019applique sp\u00e9cifiquement au domaine biologique, mettant ainsi en \u00e9vidence un aspect tr\u00e8s distinctif de l\u2019organisation du vivant<sup>359<\/sup>. Leur argumentation est bas\u00e9e sur le concept d\u2019auto-d\u00e9termination, qui permet d\u2019\u00e9tablir un lien entre organisation et t\u00e9l\u00e9ologie, dans le sens o\u00f9 l\u2019organisation biologique se d\u00e9termine elle-m\u00eame, car ce sont les effets de sa propre activit\u00e9 qui d\u00e9terminent les conditions m\u00eames de son existence<sup>360<\/sup>. En effet, ces conditions d\u2019existence, sur lesquelles l\u2019organisation exerce une influence causale, peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme le but de cette organisation biologique<sup>361<\/sup>. Ainsi, chez les syst\u00e8mes vivants, leurs buts et leurs conditions d\u2019existence ne sont qu\u2019une seule et m\u00eame chose<sup>362<\/sup>, d\u2019o\u00f9 une vision, au moins en partie, interne de la t\u00e9l\u00e9ologie. Cette auto-d\u00e9termination fait intervenir un r\u00e9seau de contraintes constitutives mutuellement d\u00e9pendantes dans le cadre d\u2019une causalit\u00e9 circulaire formant une cl\u00f4ture organisationnelle<sup>363<\/sup>. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette circularit\u00e9 de la cl\u00f4ture organisationnelle qui permet de r\u00e9habiliter la notion de cause finale et \u00e9tablit la base de la t\u00e9l\u00e9ologie<sup>364<\/sup>. \u00ab <em>C\u2019est parce qu\u2019ils sont capables d\u2019auto-d\u00e9termination [\u2026] que les organismes biologiques [\u2026] r\u00e9alisent une organisation t\u00e9l\u00e9ologique [\u2026]<\/em><sup>365<\/sup>\u00bb . Les \u00eatres vivants sont ainsi vus comme des entit\u00e9s t\u00e9l\u00e9ologiquement organis\u00e9es dont les parties se produisent et se maintiennent les unes les autres, permettant de la sorte la production et le maintien de l\u2019organisme en tant que tout<sup>366<\/sup>. On peut dire que l\u2019organisation globale d\u2019une certaine mani\u00e8re s\u2019\u00a0\u00bbauto-contraint\u00a0\u00bb, et donc s\u2019autod\u00e9termine<sup>367<\/sup>, cette cl\u00f4ture des contraintes constituant le r\u00e9gime de causalit\u00e9 sp\u00e9cifique des syst\u00e8mes biologiques<sup>368<\/sup>. Dans cette perspective, les symbioses, associations du vivant, et les \u00e9cosyst\u00e8mes, \u00e9tant \u00e9galement capables de r\u00e9aliser une telle cl\u00f4ture, sont \u00e9galement de nature t\u00e9l\u00e9ologique<sup>369<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fonctions biologiques peuvent \u00eatre d\u00e9finies sur la base de cette causalit\u00e9 circulaire des contraintes<sup>370<\/sup>, et donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme t\u00e9l\u00e9ologiques. \u00c9tienne Roux insiste sur le fait que les fonctions physiologiques semblent bien         \u00ab dirig\u00e9es vers un but \u00bb (<em>goal-directed<\/em>), aspect qui peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 aux syst\u00e8mes organiques<sup>371<\/sup>. Cet auteur mentionne les limites de l\u2019explication adaptationniste et la faiblesse fondamentale des th\u00e9ories s\u00e9lectionnistes, qui d\u00e9finissent les fonctions pr\u00e9sentes sur la base d\u2019une s\u00e9lection op\u00e9r\u00e9e dans le pass\u00e9<sup>372<\/sup>, faisant exclusivement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une causalit\u00e9 externe (le processus de s\u00e9lection lui-m\u00eame), sans aucun \u00e9gard par rapport \u00e0 une causalit\u00e9 interne (faisant intervenir des propri\u00e9t\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l\u2019organisation du vivant)<sup>373<\/sup>. Concluant quant \u00e0 la pauvret\u00e9 du fonctionnalisme en tant que doctrine explicative<sup>374<\/sup>, il en arrive \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il n\u2019existe pas de conflit entre la dimension t\u00e9l\u00e9ologique d\u2019un syst\u00e8me et une explication m\u00e9caniste de son fonctionnement<sup>375<\/sup>, notion scientifiquement acceptable et f\u00e9conde<sup>376<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Mossio et Bich, une telle approche fond\u00e9e sur l\u2019organisation, \u00e0 l\u2019inverse de l\u2019approche \u00e9volutive, met bien plus l\u2019accent sur la dimension interne, physiologique, des syst\u00e8mes vivants, plut\u00f4t que sur les influences externes environnementales<sup>377<\/sup>. En effet, en se focalisant sur les aspects temporels et populationnels, le darwinisme passe compl\u00e8tement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la vraie nature des organismes individuels<sup>378<\/sup>. Bernd Rosslenbroich, quant \u00e0 lui, relie la notion de cl\u00f4ture op\u00e9rationnelle \u00e0 celle, plus g\u00e9n\u00e9rale, d\u2019autonomie du vivant, dans le cadre d\u2019une th\u00e9orie permettant d\u2019expliquer l\u2019augmentation de cette autonomie au cours de l\u2019\u00e9volution en lien avec l\u2019apparition des innovations macro-\u00e9volutives<sup>379<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En quoi la dimension t\u00e9l\u00e9ologique du vivant pourrait-elle repr\u00e9senter une solution face au probl\u00e8me de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique ? La notion de cl\u00f4ture organisationnelle me semble \u00eatre li\u00e9e \u00e0 une forme de <em>protection indirecte des organismes contre l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique<\/em>. En effet, on retrouve ici, une fois encore, l\u2019id\u00e9e que les \u00eatres vivants poss\u00e8dent une sorte de sentience qui leur donne la facult\u00e9 de conna\u00eetre subjectivement non seulement leur environnement ext\u00e9rieur, mais aussi l\u2019\u00e9tat de leur milieu int\u00e9rieur. De la sorte, toute atteinte port\u00e9e \u00e0 leur int\u00e9grit\u00e9 structurale, donc fonctionnelle, leur est plus ou moins imm\u00e9diatement connue : ils peuvent ainsi, par des m\u00e9canismes r\u00e9gulateurs, intervenir directement pour corriger le probl\u00e8me et maintenir, autant que faire se peut, leur int\u00e9grit\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 leur autonomie et \u00e0 leur auto-d\u00e9termination, dans lesquelles causes et effets se recoupent, s\u2019interchangent et se compl\u00e9mentent, les organismes semblent s\u2019\u00eatre dot\u00e9s, d\u00e8s le d\u00e9part, de cette incroyable <em>capacit\u00e9 de robustesse et de r\u00e9silience<\/em> qui ne cesse de se manifester. Ainsi, vivre ne concerne pas que la facult\u00e9 de survivre au pr\u00e9sent ; c\u2019est aussi, et surtout, cette <em>facult\u00e9 d\u2019anticipation<\/em> dirig\u00e9e vers un futur plus ou moins lointain mais sans doute moins ind\u00e9termin\u00e9 qu\u2019il y para\u00eet. Dans cette perspective, le cycle de la Vie semble pouvoir se r\u00e9p\u00e9ter ind\u00e9finiment.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">6.2.9. Lois et pr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution \u2013 Importance de l\u2019information<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.9.1. Pr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution g\u00e9n\u00e9tique<\/h5>\n\n\n\n<p>David Stern et Virginie Orgogozo observent \u00ab <em>une r\u00e9partition non al\u00e9atoire des mutations significatives pour l&rsquo;\u00e9volution<\/em><sup>380<\/sup>\u00bb , car \u00ab <em>les mutations importantes se concentrent g\u00e9n\u00e9ralement au sein de g\u00e8nes particuliers, et dans des sites d\u00e9termin\u00e9s de ces g\u00e8nes<\/em><sup>381<\/sup> \u00bb , et \u00ab <em>la contribution d\u2019une mutation particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9volution du ph\u00e9notype d\u2019un organisme d\u00e9pend donc tout \u00e0 la fois de la fonction, de la structure et du r\u00f4le des g\u00e8nes et de leurs produits au sein des r\u00e9seaux g\u00e9n\u00e9tiques<\/em><sup>382<\/sup> \u00bb , ce qui signifie que \u00ab <em>tous les g\u00e8nes ne sont pas \u00e9gaux dans le cadre du processus \u00e9volutif<\/em><sup>383<\/sup> \u00bb . Ils en concluent que \u00ab <em>l&rsquo;\u00e9volution g\u00e9n\u00e9tique est soumise \u00e0 des contraintes li\u00e9es \u00e0 la fonction des g\u00e8nes, \u00e0 la configuration des syst\u00e8mes g\u00e9n\u00e9tiques et \u00e0 la biologie des populations<\/em><sup>384<\/sup>\u00bb , et que \u00ab <em>les fondements g\u00e9n\u00e9tiques de l&rsquo;\u00e9volution ph\u00e9notypique semblent donc \u00eatre en partie pr\u00e9visibles<\/em><sup>385<\/sup>\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.9.2. Lois de l\u2019\u00e9volution g\u00e9nomique<\/h5>\n\n\n\n<p>Eugene Koonin fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab <em>la d\u00e9couverte de plusieurs normes universelles reliant entre elles des caract\u00e9ristiques du g\u00e9notype et du ph\u00e9notype au niveau mol\u00e9culaire<\/em><sup>386<\/sup> \u00bb . De fa\u00e7on tout-\u00e0-fait caract\u00e9ristique, \u00ab <em>ces normes universelles ne semblent pas avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9es par la s\u00e9lection naturelle, mais constitueraient plut\u00f4t des propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mergentes de combinaisons de g\u00e8nes<\/em><sup>387<\/sup> \u00bb . En effet, \u00ab <em>l\u2019origine non adaptative des caract\u00e9ristiques structurales g\u00e9n\u00e9rales des r\u00e9seaux a \u00e9t\u00e9 solidement prouv\u00e9e<\/em><sup>388<\/sup>\u00bb . D\u2019autre part, \u00ab <em>malgr\u00e9 des diff\u00e9rences hautement significatives entre les organismes, la constance de ces normes continue de se v\u00e9rifier, souvent avec une forte pr\u00e9cision<\/em><sup>389<\/sup>\u00bb . Ainsi, \u00ab<em> ces principes universaux pourraient \u00eatre con\u00e7us comme des \u00ab\u00a0lois de l\u2019\u00e9volution g\u00e9nomique\u00a0\u00bb<\/em><sup>390<\/sup> \u00bb . En fin de compte, \u00ab <em>on pourrait en arriver \u00e0 la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0lois de l\u2019\u00e9volution biologique\u00a0\u00bb, dont l\u2019importance serait comparable \u00e0 celle des lois de la physique<\/em><sup>391<\/sup>\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9gularit\u00e9 et pr\u00e9visibilit\u00e9 semblent donc r\u00e9gner sur l\u2019\u00e9volution g\u00e9nomique, des notions li\u00e9es \u00e0 l\u2019ordre, et non au d\u00e9sordre de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique. Il semble donc que la nature ait, depuis longtemps, mis en place <em>des m\u00e9canismes fondamentaux capables de compenser les probl\u00e8mes, en particulier ceux li\u00e9s \u00e0 l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique.<\/em> La g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de cette possibilit\u00e9 pourrait m\u00eame \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une loi biologique, tant elle s\u2019observe chez tous les organismes, quels qu\u2019ils soient.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.9.3. L\u2019Univers information : \u00ab It from bit<sup>392<\/sup> \u00bb. <\/h5>\n\n\n\n<p>Selon Igor et Grichka Bogdanov, il pourrait exister \u00ab<em> [\u2026] une information primordiale \u00e0 l\u2019origine de l\u2019Univers<\/em><sup>393<\/sup> \u00bb , \u00ab <em>[u]ne information de nature math\u00e9matique qui \u00ab\u00a0oriente\u00a0\u00bb peut-\u00eatre l\u2019\u00e9volution de l\u2019Univers<\/em><sup>394<\/sup> \u00bb . Ainsi, \u00ab<em> [\u2026] le cosmos tout entier ne serait qu\u2019un immense nuage d\u2019informations dont l\u2019\u00e9volution semble r\u00e9gl\u00e9e par une sorte de \u00ab\u00a0programme\u00a0\u00bb [\u2026]<\/em><sup>395<\/sup>\u00bb . Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00ab<em> [\u2026] chaque \u00e9l\u00e9ment du monde physique, au niveau le plus profond, a une source et une explication immat\u00e9rielles<\/em> \u00bb, ce qui rejoint l\u2019id\u00e9e \u00ab <em>[\u2026] qu\u2019une \u00ab\u00a0information platonicienne\u00a0\u00bb existe quelque part, enfouie dans les profondeurs de l\u2019espace-temps [\u2026]<\/em><sup>396<\/sup>\u00bb . Finalement, \u00ab <em>[\u2026] l\u2019Univers \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 (d\u00e8s l\u2019origine) un fantastique syst\u00e8me d\u2019informations entrelac\u00e9es, tress\u00e9es les unes aux autres au sein de notre r\u00e9alit\u00e9<\/em><sup>397<\/sup>\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.9.4. Moteurs math\u00e9matiques et m\u00e9canique quantique<\/h5>\n\n\n\n<p>Igor et Grichka Bogdanov citent le c\u00e9l\u00e8bre Erwin Schr\u00f6dinger, qui a sugg\u00e9r\u00e9 \u00ab<em> [\u2026] que les lois de la m\u00e9canique quantique pourraient d\u00e9terminer jusqu\u2019\u00e0 la stabilit\u00e9 de l\u2019information g\u00e9n\u00e9tique<\/em><sup>398<\/sup>\u00bb . Ils citent \u00e9galement George Gamow, qui \u00ab <em>[\u2026] a apport\u00e9 \u00e0 la biologie l\u2019une des clefs qui a permis de d\u00e9chiffrer le code g\u00e9n\u00e9tique <\/em>\u00bb, car il fut \u00ab <em>[\u2026] le premier \u00e0 proposer que les quatre bases de l\u2019ADN soient regroup\u00e9es trois par trois pour former les vingt acides amin\u00e9s intervenant dans la synth\u00e8se de toutes les prot\u00e9ines d\u2019un organisme<\/em> \u00bb, \u00ab<em> [\u2026] pour des raisons purement math\u00e9matiques : parce que 3 est le plus petit nombre entier n tel que 4<sup>n<\/sup> soit sup\u00e9rieur \u00e0 20 [\u2026] <\/em>\u00bb. Et, point sur lequel les Bogdanov insistent, \u00ab<em> [\u2026] ce qui est ici frappant, c\u2019est la d\u00e9couverte d\u2019un \u00ab\u00a0moteur math\u00e9matique\u00a0\u00bb, un ordre \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les processus que l\u2019on croyait jusque-l\u00e0 domin\u00e9s par le hasard [\u2026]<\/em><sup>399<\/sup> \u00bb .<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.9.5. Entropie, information initiale, information finale et histoire de l\u2019Univers<\/h5>\n\n\n\n<p>Les fr\u00e8res Bogdanov rappellent alors que \u00ab <em>[\u2026] le second principe de la thermodynamique s\u2019applique \u00e0 l\u2019Univers entier <\/em>\u00bb, ce qui \u00ab <em>[\u2026] veut dire que l\u2019entropie \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire le d\u00e9sordre \u2013 de l\u2019Univers augmente \u00e0 mesure que le temps passe. Et, puisque l\u2019information est l\u2019inverse de l\u2019entropie, la fl\u00e8che du temps implique que l\u2019information globale de l\u2019Univers diminue \u00e0 mesure que le temps s\u2019\u00e9coule. [\u2026] Mais alors, comment concilier cette \u00ab\u00a0diminution de l\u2019information\u00a0\u00bb avec l\u2019augmentation locale de l\u2019ordre \u2013 par exemple, la formation des plan\u00e8tes, l\u2019apparition de l\u2019\u00e9volution de la vie, etc. \u2013 \u00e0 mesure que le temps progresse ? [\u2026] Tout simplement en introduisant la distinction entre deux types d\u2019information situ\u00e9s, d\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00ab\u00a0aux deux bouts de l\u2019Univers\u00a0\u00bb : l\u2019une est \u00e0 l\u2019origine, l\u2019autre \u00e0 la fin. La premi\u00e8re, c\u2019est l\u2019information initiale. Virtuellement infinie \u00e0 l\u2019instant z\u00e9ro, cette information initiale [\u2026] \u00ab\u00a0code\u00a0\u00bb l\u2019Univers avant le Big Bang. Pour prendre une image commode, on pourrait la comparer \u00e0 l\u2019information g\u00e9n\u00e9tique qui \u00ab\u00a0code\u00a0\u00bb un organisme vivant avant sa naissance. Or, \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019autre bout\u00a0\u00bb [\u2026], il y a [\u2026] l\u2019information finale. Elle correspond \u00e0 [\u2026] la complexit\u00e9. Elle est naturellement tr\u00e8s faible au moment du Big Bang [\u2026] et ne cesse d\u2019augmenter avec le temps [\u2026]. D\u00e8s lors, toute l\u2019histoire de l\u2019Univers peut se comprendre ainsi : une transformation de l\u2019information initiale en information finale. [\u2026] [T]out se passe comme si l\u2019Univers entier \u00e9tait en train d\u2019acqu\u00e9rir, au fil des milliards d\u2019ann\u00e9es, de plus en plus d\u2019information : lanc\u00e9 dans l\u2019aventure de sa complexit\u00e9 croissante, le cosmos semble contraint de recomposer, au cours d\u2019une histoire immens\u00e9ment longue, l\u2019information initiale d\u2019avant le Big Bang<\/em><sup>400<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Les Bogdanov posent alors les questions : \u00ab <em>Est-il raisonnable [\u2026] de consid\u00e9rer que l\u2019Univers est n\u00e9 d\u2019un prodigieux flot d\u2019information qui aurait trouv\u00e9 sa source dans le z\u00e9ro ?<\/em><sup>401<\/sup>\u00bb ; \u00ab <em>[\u2026] [Q]uelle est, au niveau le plus profond des ph\u00e9nom\u00e8nes, l\u2019essence m\u00eame de la r\u00e9alit\u00e9 ?<\/em> \u00bb ; \u00ab <em>[\u2026] [E]xiste-t-il des r\u00e8gles, un code sous-jacent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 ?<\/em> \u00bb Il citent John Wheeler, selon qui \u00ab <em>[\u2026] l\u2019Univers pourrait \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 un syst\u00e8me de traitement d\u2019information [\u2026]<\/em><sup>402<\/sup> \u00bb .<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">6.2.9.6. \u00c9nergie, information, complexit\u00e9<\/h5>\n\n\n\n<p>Ainsi, au moment du Big Bang, \u00ab <em>[\u2026] \u00e0 cet instant fantastique [l\u2019Univers] n\u2019\u00e9tait encore que de l\u2019\u00e9nergie [\u2026], une \u00e9nergie colossale, inimaginable, qui n\u2019a atteint un tel sommet qu\u2019une seule fois dans toute l\u2019histoire du cosmos. [\u2026] [Ensuite,] en m\u00eame temps que l\u2019Univers commen\u00e7ait son expansion, cette \u00e9nergie allait commencer \u00e0 se transformer, donnant naissance, au fil du temps, \u00e0 des structures organis\u00e9es, \u00e0 un ordre global, rep\u00e9rable de l\u2019atome \u00e0 l\u2019\u00e9toile. Et, aujourd\u2019hui, 13,7 milliards d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s le d\u00e9but, il est possible d\u2019observer [\u2026] qu\u2019une partie de l\u2019\u00e9nergie primordiale a engendr\u00e9 un complexit\u00e9 incroyable, un \u00e9tat d\u2019ordre bien plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019origine : l\u2019\u00e9nergie du d\u00e9but des temps a \u00e9t\u00e9 progressivement convertie en information [\u2026:] le cosmos semble reconstituer une information qui n\u2019attendra sa forme d\u00e9finitive qu\u2019au tout dernier instant : \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 il aura r\u00e9alis\u00e9 l\u2019information finale<\/em><sup>403<\/sup>\u00bb . D\u00e8s lors, il faut consid\u00e9rer \u00ab <em>[\u2026] que l\u2019information puise repr\u00e9senter, au plus profond du r\u00e9el, un \u00e9tat fondamental de l\u2019Univers<\/em> \u00bb : \u00ab <em>[\u2026] il semble qu\u2019il existe [\u2026] un lien myst\u00e9rieux entre l\u2019\u00e9nergie d\u2019un syst\u00e8me et l\u2019information qui le caract\u00e9rise<\/em> \u00bb. Toutefois, \u00ab <em>[\u2026] les \u00e9changes entre \u00e9nergie et information pourraient avoir lieu dans un monde totalement inaccessible, un univers qui se situe bien au-del\u00e0 de la r\u00e9alit\u00e9 qui nous entoure et que nous ne verrons jamais<\/em><sup>404<\/sup>\u00bb . Ainsi, comprendre la r\u00e9alit\u00e9 en revient \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information qu\u2019elle contient.<\/p>\n\n\n\n<p>En fin de compte, \u00ab <em>[\u00e0] l\u2019origine de l\u2019origine, avant m\u00eame le commencement du monde, il y avait donc, peut-\u00eatre, une information [\u2026] dont la nature profonde demeurera, sans doute \u00e0 jamais, bien au-del\u00e0 de notre entendement [\u2026,] plong\u00e9e [\u2026] au c\u0153ur d\u2019une \u00e9ternit\u00e9 sans dur\u00e9e [\u2026]<\/em><sup>405<\/sup>\u00bb . \u00ab <em>Tel semble \u00eatre le cycle \u2013 et le destin \u2013 de l\u2019Univers : une information primordiale [\u2026 qui] se transforme[] en \u00e9nergie avant de se reconvertir [\u2026] en information finale<\/em><sup>406<\/sup>\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment int\u00e9grer cette vision de l\u2019Univers avec la notion d\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique ? En insistant sur la notion d\u2019<em>ordre<\/em> et sur la <em>complexit\u00e9<\/em>. Le g\u00e9nome contient de l\u2019information, ce qui en revient \u00e0 une forme d\u2019ordre. Selon les fr\u00e8res Bogdanov, l\u2019information initiale se transformerait en information finale, ce qui se traduirait par l\u2019augmentation de la complexit\u00e9 globale de l\u2019Univers, qui se manifeste, notamment, chez les organismes vivants, par leur organisation, leur structure, leur fonctionnement \u2013 et leur g\u00e9nome. Dans cette perspective, <em>le maintien du g\u00e9nome de la majorit\u00e9 des \u00eatres vivants pourrait \u00eatre assur\u00e9 par un \u00ab\u00a0m\u00e9canisme de conversion\u00a0\u00bb permettant d\u2019aboutir \u00e0 une sorte d\u2019\u00e9quilibre dynamique<\/em> entre les processus de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence (accumulation de mutations quasi-neutres non s\u00e9lectionnables) et ceux d\u2019une mani\u00e8re de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration : sans aucun rapport avec la s\u00e9lection naturelle darwinienne (mais sans compl\u00e8tement l\u2019exclure, certaines mutations pouvant \u00eatre s\u00e9lectionnables), ce m\u00e9canisme, bas\u00e9 sur des consid\u00e9rations de nature informationnelle, permettrait, chez une majorit\u00e9 d\u2019organismes, <em>de maintenir, ou de r\u00e9tablir, la globalit\u00e9 de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du g\u00e9nome gr\u00e2ce \u00e0 la tendance g\u00e9n\u00e9rale de la complexit\u00e9 du vivant \u00e0 augmenter, en relation avec l\u2019introduction d\u2019information pertinente<\/em><sup>407<\/sup>. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans cette perspective informationnelle, o\u00f9 tout, de fa\u00e7on ultime, est ramen\u00e9 \u00e0 de l\u2019information, on peut envisager <em>un Univers qui a du sens, un Univers \u00ab\u00a0gros de la vie\u00a0\u00bb, un Univers conscient<\/em><sup>408<\/sup>, un Univers dont l\u2019\u00e9volution, contrainte et guid\u00e9e, aboutirait forc\u00e9ment \u00e0 des organismes suffisamment viables pour permettre \u00e0 la biosph\u00e8re de perdurer pendant des milliards d\u2019ann\u00e9es. Ainsi, la partie de l\u2019information perdue pour cause d\u2019entropie serait minime car largement compens\u00e9e par <em>des processus universels permettant non seulement le maintien, mais encore l\u2019augmentation de l\u2019information<\/em>, le surench\u00e9rissement de la diversit\u00e9 et de la complexit\u00e9 du vivant.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">7. CONCLUSION<\/h2>\n\n\n\n<p>Si l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique pose effectivement au d\u00e9part un probl\u00e8me majeur, clairement mis en \u00e9vidence par Sanford \u2013 et qui ne saurait \u00eatre ignor\u00e9 \u2013, il semble, en revanche, qu\u2019on puisse affirmer que les organismes vivants ont trouv\u00e9 plusieurs moyens de le g\u00e9rer de fa\u00e7on extr\u00eamement efficace. S\u2019il est clair que la pertinence de ces \u00ab\u00a0m\u00e9canismes de compensation\u00a0\u00bb reste \u00e0 d\u00e9montrer (il ne s\u2019agit, \u00e0 ce stade, que d\u2019hypoth\u00e8ses que je consid\u00e8re comme r\u00e9alistes), <strong>les biodiversit\u00e9s actuelle et pass\u00e9es repr\u00e9sentent des arguments majeurs en faveur d\u2019une logistique fonctionnelle (et sans doute aussi structurale) du vivant ax\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment sur cette gestion g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019entropie (et, en particulier, de l\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique).<\/strong> A partir des nombreux arguments apport\u00e9s avec force par Sanford, la conclusion qui me semble s\u2019imposer, au-del\u00e0 de l\u2019intervention d\u2019un Cr\u00e9ateur, donc d\u2019un point de vue strictement scientifique (au sens conventionnel du terme), est que, <strong>depuis son apparition, le vivant \u00ab\u00a0joue\u00a0\u00bb avec l\u2019entropie, qu\u2019il aurait en quelque sorte r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9tourner \u00e0 son avantage. Il pourrait m\u00eame s\u2019av\u00e9rer, de fa\u00e7on ultime, que cette dualit\u00e9 entre organismes et entropie soit d\u2019une part \u00e0 l\u2019origine m\u00eame du vivant, expliquant, de la sorte, son in\u00e9vitabilit\u00e9 et, d\u2019autre part qu\u2019elle soit devenue une composante fondamentale de la logique du vivant, expliquant son autonomie, sa robustesse et sa r\u00e9silience.<\/strong><br \/>\u2003<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">8. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES.<\/h2>\n\n\n\n<p>Alibert, P., Claude, J., Debat, V., Garnier, S. &amp; Neige, P. (2010). <em>Les<\/em> <em>contraintes<\/em>. Dans <em>Biologie \u00e9volutive<\/em> (sous la direction de Thomas, F., Lef\u00e8vre, T. &amp; Raymond, M.). De Boeck Universit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ayala, F. J. &amp; Arp, R. (2010). <em>Contemporary debates in Philosophy<\/em> <em>of Biology<\/em>. Wiley-Blackwell. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/course.sdu.edu.cn\/G2S\/eWebEditor\/uploadfile\/20131128101945971.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">course.sdu.edu.cn\/G2S\/eWebEditor\/uploadfile\/20131128101945971.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 14\/08\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Belmondo, J.-P. (2016). <em>Mille vies valent mieux qu\u2019une<\/em>. Librairie Arth\u00e8me Fayard (\u00e9dition Le Livre de Poche, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Boillot, H. (2004). 25 mots cl\u00e9s de la philosophie. Maxi-Livres.<br \/>Bogdanov, I. &amp; Bogdanov, G. (2009). Au Commencement du Temps. Flammarion.<\/p>\n\n\n\n<p>Bray, D. (2009). <em>Wetware\u2013A Computer in Every Living Cell<\/em>. Yale University Press (New Haven &amp; Londres). Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/krusch.com\/books\/evolution\/Wetware.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">krusch.com\/books\/evolution\/Wetware.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 19\/09\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Buchanan, S. (2010). <em>Assessing Limits to Evolution and to Natural Selection: Reviews of Michael Behe\u2019s \u201cEdge of Evolution\u201d and John Sanford\u2019s \u201cGenetic Entropy\u201d<\/em>. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/letterstocreationists.wordpress.com\/stan-4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">letterstocreationists.wordpress.com\/stan-4\/<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 06\/10\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Burian, R. M. (2010). Selection Does Not Operate Primarily on Genes. Dans Francisco J. Ayala et Robert Arp (\u00e9diteurs). <em>Contemporary Debates in Philosophy of Biology<\/em>. Wiley- Blackwell. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/course.sdu.edu.cn\/G2S\/eWebEditor\/uploadfile\/20131128101945971.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/course.sdu.edu.cn\/G2S\/eWebEditor\/uploadfile\/20131128101945971.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 15\/11\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales). Site internet (cnrtl.fr).<\/p>\n\n\n\n<p>Changeux, J.-P. (2008). <em>Du Vrai, du Beau, du Bien \u2013 Une nouvelle<\/em> <em>approche neuronale<\/em>. Odile Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p>Chopra, D. &amp; Mlodinow, L. (2012). <em>Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers ?<\/em> (traduction fran\u00e7aise de Christian Faivre Delord). J\u2019ai Lu.<\/p>\n\n\n\n<p>Chopra, D. &amp; Mlodinow, L. (2011). <em>War of the worldviews \u2013<\/em> <em>Science vs. Spirituality<\/em>. Harmony books, New York.<\/p>\n\n\n\n<p>Conway Morris, S. (2009). The predictability of evolution : glimpses into a post-darwinian world. Naturwissenschaften 96:1313-1337. DOI: 10.1007\/s00114-009-0607-9.<\/p>\n\n\n\n<p>Conway Morris, S. (2015). <em>The runes of evolution<\/em>. Templeton Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Danciu, A. E. (2019). <em>Explications m\u00e9canistes et t\u00e9l\u00e9ologiques de<\/em> <em>l\u2019\u00e9volution de la forme<\/em>. Disponible \u00e0 l&rsquo;adresse <a href=\"http:\/\/papyrus.bib.umontreal.ca\/xmlui\/bitstream\/handle\/1866\/22705\/Danciu_Anda_2019_memoire.pdf?sequence=2\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">papyrus.bib.umontreal.ca\/xmlui\/bitstream\/handle\/1866\/22705\/Danciu_Anda_2019_memoire.pdf?sequence=2<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 18\/01\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Darnell, J, Lodish, H. &amp; Baltimore, D. (1986). <em>Molecular Cell<\/em> <em>Biology<\/em>. Scientific American Books, New York.<\/p>\n\n\n\n<p>Dawkins, R. (1987). <em>The Blind Watchmaker \u2013 Why the evidence of evolution reveals a universe without design<\/em>. W. W. Norton &amp; Company, New York, Londres.<\/p>\n\n\n\n<p>Debroise, A. (2008). Qu\u2019est-ce que la vie ? <em>Science &amp; Vie<\/em> <em>Hors s\u00e9rie<\/em> n\u00b0245 : Les origines de la vie \u2013 Comment tout a commenc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Demongeot, A. (2019). <em>Le darwinisme tient-il debout ? Synth\u00e8se scientifique et philosophique sur la controverse \u00e9volutionnisme \/ Cr\u00e9ation.<\/em> \u00c9ditions des Cimes, Collection \u00ab Sophia \u00bb, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Dennett, D. C. (1995). <em>Darwin\u2019s dangerous idea<\/em>. Penguin Books Ltd. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/inf.fu- berlin.de\/lehre\/pmo\/eng\/Dennett-Darwin'sDangerousIdea.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">inf.fu- berlin.de\/lehre\/pmo\/eng\/Dennett-Darwin&rsquo;sDangerousIdea.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 14\/08\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Denton, M. J. (1997). L\u2019\u00e9volution a-t-elle un sens ? (traduction fran\u00e7aise de Daniel Perroux). Librairie Arth\u00e8me Fayard.<\/p>\n\n\n\n<p>Denton, M. J. (2013). <em>The Types: A Persistent Structuralist Challenge to Darwinian Pan- Selectionism<\/em>. BIO-Complexity 2013 (3):1\u221218. doi:10.5048\/BIO-C.2013.3.<\/p>\n\n\n\n<p>Denton, M. J. (2016). <em>Evolution: Still a Theory in Crisis<\/em>. Discovery Institute Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Devictor, V. (2011). <em>L\u2019objectivit\u00e9 dans la recherche scientifique.<\/em> M\u00e9moire de premi\u00e8re ann\u00e9e de Master de Philosophie (Universit\u00e9 Paul Val\u00e9ry). Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/vincent.devictor.free.fr\/Articles\/Devictor_M1.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/vincent.devictor.free.fr\/Articles\/Devictor_M1.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 10\/04\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Devictor, V. (2012). <em>L\u2019objectivit\u00e9 de la recherche scientifique.<\/em> M\u00e9moire de deuxi\u00e8me ann\u00e9e de Master de Philosophie (Universit\u00e9 Paul Val\u00e9ry). Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/vincent.devictor.free.fr\/Articles\/Devictor_M2.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/vincent.devictor.free.fr\/Articles\/Devictor_M2.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 10\/04\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Eldredge, N. &amp; Gould, S. J. (1972). Punctuated equilibria: an alternative to phyletic gradualism. In Schopf, T. J. M., \u00e9d.: <em>Models<\/em> <em>in Paleobiology<\/em>, pp. 82-115. Freeman, Cooper and Co., San Francisco.<\/p>\n\n\n\n<p>Erwin, D. H. (2006). Evolutionary contingency. <em>Curr. Biol.<\/em> 16(19):R825-6. doi: 10.1016\/j.cub.2006.08.076.<\/p>\n\n\n\n<p>Espesset, D. (2019). De l&rsquo;utilisation parcimonieuse du principe de\u2026 parcimonie. O\u00f9 Hercule Poirot, le c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9tective belge, d\u00e9montre involontairement qu&rsquo;un raisonnement rigoureux n&rsquo;est pas forc\u00e9ment parcimonieux. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/337154325_\nDe_l'utilisation_parcimonieuse_du_principe_de_parcimonie_Ou_Hercule_Poirot_\nle_celebre_detective_belge_demontre_involontairement_qu'un_raisonnement_rigoureux_\nn'est_pas_forcement_parcimonieux\" target=\"_blank\">https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/337154325_<br \/>De_l&rsquo;utilisation_parcimonieuse_du_principe_de_parcimonie_Ou_Hercule_Poirot_<br \/>le_celebre_detective_belge_demontre_involontairement_qu&rsquo;un_raisonnement_rigoureux_<br \/>n&rsquo;est_pas_forcement_parcimonieux<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 22\/10\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Espesset, D. (2021). La notion de complexit\u00e9 en Biologie \u00e9volutive : une revue synth\u00e9tique. Biologie G\u00e9ologie \u2013 Bulletin p\u00e9dagogique trimestriel de l\u2019APBG (Association des Professeurs de Biologie et G\u00e9ologie), n\u00b02-2021 (Fasc. 400), pp. 101-120. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/356537227_LA_NOTION_DE_COMPLEXITE_EN_BIOLOGIE_EVOLUTIVE_UNE_REVUE_SYNTHETIQUE\" target=\"_blank\">https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/356537227_LA_NOTION_DE_COMPLEXITE_EN_BIOLOGIE_EVOLUTIVE_UNE_REVUE_SYNTHETIQUE<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 25\/11\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Espesset, D. (2021). Le darwinisme tient-il debout ? Une revue critique. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/2021\/06\/16\/espesset-demongeot1\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/2021\/06\/16\/espesset-demongeot1\/<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 06\/10\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Fontez, M. &amp; Poirier, H. (2015). On pense tous quantique. <em>Science<\/em> <em>&amp; Vie<\/em> n\u00b01177, octobre 2015, pp. 54-65.<\/p>\n\n\n\n<p>Fontez, M. (2015). \u00ab La quantique est la science de la surface des choses \u00bb : entretien avec Michel Bitbol, philosophe. <em>Science &amp; Vie<\/em> n\u00b01177, octobre 2015, pp. 66-68.<\/p>\n\n\n\n<p>Fortin, C., Guillot, G., Lecointre, G. &amp; Le Louarn-Bonnet, M.-L. (2009). <em>Guide Critique de l\u2019\u00c9volution.<\/em> Belin, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Gould, S. J. &amp; Eldredge, N. (1977). Punctuated equilibria: the tempo and mode of evolution reconsidered. <em>Paleobiology<\/em> vol. 3, pp. 115-151.<\/p>\n\n\n\n<p>Gould, S. J. (1989). <em>Wonderful life \u2013 The Burgess Shale and the<\/em> <em>Nature of History<\/em>. W. W. Norton &amp; Company, New York et Londres.<\/p>\n\n\n\n<p>Gould, S. J. (1991). <em>La Vie est Belle \u2013 Les Surprises de l\u2019\u00c9volution<\/em> (traduction fran\u00e7aise de Marcel Blanc). Points Sciences.<\/p>\n\n\n\n<p>Grant, P. R. &amp; Grant, B. R. (2002). 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Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/sniadecki.wordpress.com\/2011\/05\/03\/freres-ennemis\/amp\/\" target=\"_blank\">sniadecki.wordpress.com\/2011\/05\/03\/freres-ennemis\/amp\/<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 04\/11\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Louart, B. (2010). <em>Aux origines id\u00e9ologiques du darwinisme.<\/em> Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/sniadecki.files.wordpress.com\/2012\/05\/louart_oid.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">sniadecki.files.wordpress.com\/2012\/05\/louart_oid.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 04\/11\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Louart, B. (2013). <em>Le vivant, la machine et l\u2019homme<\/em>. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/sniadecki.wordpress.com\/2013\/06\/07\/louart-vmh\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">sniadecki.wordpress.com\/2013\/06\/07\/louart-vmh\/<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 22\/10\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p><br \/>McGrath, A. <em>Les \u00e9nigmes de la biologie de l\u2019\u00e9volution<\/em>. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/scienceetfoi.com\/ressources\/enigmes-evolution-but-finalite\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">scienceetfoi.com\/ressources\/enigmes-evolution-but-finalite\/<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><br \/>Michaelian, K. (2011). Thermodynamic origin of life. <em>Earth Syst<\/em>. <em>Dynam<\/em>., 2: 37\u201351. <a href=\"http:\/\/earth-syst-dynam.net\/2\/37\/2011\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">earth-syst-dynam.net\/2\/37\/2011\/<\/a>. doi:10.5194\/esd-2-37-2011.<\/p>\n\n\n\n<p>Milton, R. (1997). <em>Shattering the Myths of Darwinism<\/em>. 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DOI 10.1007\/s10539-009-9167-9. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/academia.edu\/3860436\/The_theory_of_increasing_autonomy_in_evolution_ a_proposal_for_understanding_macroevolutionary_innovations\">academia.edu\/3860436\/The_theory_of_increasing_autonomy_in_evolution_<\/a><br \/><a href=\"http:\/\/academia.edu\/3860436\/The_theory_of_increasing_autonomy_in_evolution_ a_proposal_for_understanding_macroevolutionary_innovations\">a_proposal_for_understanding_macroevolutionary_innovations<\/a><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/academia.edu\/3860436\/The_theory_of_increasing_autonomy_in_evolution_ a_proposal_for_understanding_macroevolutionary_innovations\" target=\"_blank\">academia.edu\/3860436\/The_theory_of_increasing_autonomy_in_evolution_<\/a><br \/><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/academia.edu\/3860436\/The_theory_of_increasing_autonomy_in_evolution_ a_proposal_for_understanding_macroevolutionary_innovations\" target=\"_blank\">a_proposal_for_understanding_macroevolutionary_innovations<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 14\/09\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Roux, E. (2014). The concept of function in modern physiology. <em>J. Physiol<\/em>. 592:11 (2245-2249).<\/p>\n\n\n\n<p>Sapienza, C. (2010). Selection Does Operate Primarily on Genes \u2013 In Defense of the Gene as the Unit of S\u00e9lection. Dans Francisco J. Ayala et Robert Arp (\u00e9diteurs), <em>Contemporary Debates in Philosophy of Biology<\/em>. Wiley-Blackwell. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/course.sdu.edu.cn\/G2S\/eWebEditor\/uploadfile\/20131128101945971.pdf\">http:\/\/course.sdu.edu.cn\/G2S\/eWebEditor\/uploadfile\/20131128101945971.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 15\/11\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Shapiro, J. (2011).<em> Evolution: A View from the 21st Century.<\/em> FT Press Science.<\/p>\n\n\n\n<p>Sheldrake, R. (2012). <em>The science delusion \u2013 Freeing the spirit of enquiry.<\/em> Hodder &amp; Stoughton Ltd, Londres. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/argos.vu\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/the- science-delusion-rupert-sheldrake.pdf\">http:\/\/argos.vu\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/the- science-delusion-rupert-sheldrake.pdf<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 12\/12\/2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Sheldrake, R. (2013). <em>R\u00e9enchanter la science<\/em> (traduction de Sylvain Michelet). Albin Michel.<\/p>\n\n\n\n<p>Sniadecki, A. (2015). <em>Stephen Jay Gould, l\u2019\u00e9volution sans histoire.<\/em> Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/sniadecki.wordpress.com\/2015\/12\/05\/sniadecki-gould\/\" target=\"_blank\">sniadecki.wordpress.com\/2015\/12\/05\/sniadecki-gould\/<\/a> (acc\u00e9d\u00e9 le 06\/10\/2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Sniadecki, A. (2018). <em>Jean-Jacques Kupiec, l\u2019ignorance au c\u0153ur de la cellule.<\/em> Version de septembre 2018 ; premi\u00e8re version du texte (f\u00e9vrier 2018) disponible sur le blog <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/sniadecki.wordpress.com\" target=\"_blank\">sniadecki.wordpress.com<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Stern, D. L. &amp; Orgogozo, V. (2009). Is Genetic Evolution Predictable? <em>Science<\/em> 323(5915): 746- 751. doi: 10.1126\/science.1158997.<\/p>\n\n\n\n<p><br \/>Suing, G. &amp; Aubert, D. (2017). Evolution : vers une approche dialectique. <em>Biologie G\u00e9ologie<\/em> n\u00b04-2017. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01691524\" target=\"_blank\">hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01691524<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Torday, J. S. (2015). Homeostasis as the Mechanism of Evolution. <em>Biology<\/em> 4, 573-590. doi : 10.3390\/biology4030573.<\/p>\n\n\n\n<p>Von Sydow, M. (2012). <em>From Darwinian Metaphysics towards Understanding the Evolution of Evolutionary Mechanisms.<\/em> Universit\u00e4tsverlag G\u00f6ttingen. Disponible \u00e0 l\u2019adresse <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/univerlag.uni-goettingen.de\/handle\/3\/isbn-978-3-86395-006-4\" target=\"_blank\">https:\/\/univerlag.uni-goettingen.de\/handle\/3\/isbn-978-3-86395-006-4<\/a><em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Wikip\u00e9dia, l\u2019Encyclop\u00e9die libre (<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Wikip\u00e9dia:Accueil_principal\" target=\"_blank\">fr.wikipedia.org\/wiki\/Wikip\u00e9dia:Accueil_principal<\/a> ; acc\u00e9d\u00e9 le 27\/08\/2021).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Adresse personnelle : 72, chemin des Baumillons, 13015 Marseille ; adresse courriel : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"mailto:david_espesset@yahoo.fr\" target=\"_blank\">david_espesset@yahoo.fr<\/a>.<\/li><li>Giovanni Guareschi, <em>Don Camillo et ses ouailles<\/em> (pp. 6-7).<\/li><li>Voir ma revue critique, disponible sur le site <em>Bible &amp; Science Diffusion<\/em>.<\/li><li>Les notions de rationalit\u00e9 et d\u2019irrationalit\u00e9 sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019un certain nombre d\u2019amalgames et de confusions. Par exemple, on oppose les deux concepts de fa\u00e7on dichotomique, alors qu\u2019on peut d\u00e9velopper l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab\u00a0non rationalit\u00e9\u00a0\u00bb pas forc\u00e9ment irrationnelle\u00a0; en outre, la rationalit\u00e9 est tr\u00e8s souvent associ\u00e9e exclusivement au mode de pens\u00e9e scientifique\u00a0: ce qui n\u2019est pas scientifique n\u2019est donc pas rationnel, donc irrationnel.<\/li><li>J\u2019ai remarqu\u00e9 que ce sont bien souvent les personnes qui pr\u00f4nent cette attitude intellectuelle salutaire qui se r\u00e9v\u00e8lent en fait les plus prisonni\u00e8res d\u2019un mode de pens\u00e9e conventionnel et les plus dogmatiques.<\/li><li>Comme Scott Buchanan.<\/li><li>P. 7 (\u00ab\u00a0<em>Above and beyond this cellular complexity is the equally complex realm of the organism, with trillions of cells \u00a0working in astonishing coordination<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; p. i).<\/li><li>P. 8 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the Axiom\u2019s foundational assumptions are not critiqued in any serious way, either in graduate classes, or ingraduate level textbooks, or even in the professional literature<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. ii).<\/li><li>P. 8 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the obvious lack of realism of many of the most crucial assumptions<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; p. iii).<\/li><li>P. 8 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>observationally unjustifiable, assumptions\u00a0<\/em>\u00bb\u00a0; p. iii).<\/li><li>P. 9 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>when realistic assumptions are applied, population genetics actually repudiates the Axiom<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. iii).<\/li><li>P. 65 (en italique dans la traduction fran\u00e7aise\u00a0; \u00ab\u00a0[\u2026] <em>they very cleverly transferred the <\/em>unit of selection<em> from the whole organism to the genetic unit (i. e., the gene or nucleotide). To do this they had to redefine a population as being nothing \u00a0more than a \u00ab\u00a0pool of genes<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 58\u00a0; en italique dans le texte original).<\/li><li>P. 66 (\u00ab\u00a0<em>the very unnatural redefinition of life as \u00ab\u00a0pools of genes\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0\u00bb). Cette vision artificielle du vivant constitue l\u2019une des principales critiques qu\u2019on peut formuler \u00e0 l\u2019encontre du darwinisme\u00a0: le manque de connexion avec la r\u00e9alit\u00e9 du monde vivant (notamment la conception des organismes comme des machines vivantes).<\/li><li>P. 67 (\u00ab\u00a0<em>These linkage blocks are inherited as a single unit and almost never break apart. This falsifies one of the most fundamental assumptions of the theorists, that each nucleotide can be viewed as an individually selectable unit<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 61).<\/li><li>P. 67 (<em>biological \u00ab\u00a0noise\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0; p. 62)<\/li><li>P. 103 (<em>genetic noise<\/em>\u00a0; p. 103).<\/li><li>P. 96 (en italique dans la traduction fran\u00e7aise\u00a0; \u00ab\u00a0[\u2026] <em>all the different types of <\/em>noise<em> from all the different aspects of the individual and the environment<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 95\u00a0; en italique dans le texte original).<\/li><li>P. 99 (en italique dans la traduction fran\u00e7aise\u00a0; \u00ab\u00a0[\u2026] <em>the effect of an average single nucleotide will consistently be lost in an <\/em>ocean of noise [\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; p. 98\u00a0; en italique dans le texte original).<\/li><li>P. 102 (en italique dans la traduction fran\u00e7aise\u00a0; \u00ab\u00a0<em>Noise is <\/em>always<em> present, and at much higher levels than is normally acknowledged by population geneticists<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; en italique dans le texte original).<\/li><li>P. 102 (en italique dans la traduction fran\u00e7aise\u00a0; \u00ab\u00a0<em>Noise <\/em>always<em> remains a severe constraint to natural selection<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; enitalique dans le texte original).<\/li><li>P. 68 (<em>selection cost<\/em>\u00a0; p. 63).<\/li><li>P. 68 (\u00ab\u00a0<em>All selection involves a biological <\/em>cost<em> \u2013 meaning that selection must remove (\u00ab\u00a0spend\u00a0\u00bb) part of the breeding \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 population<\/em>\u00a0\u00bb)\u00a0; p. 63\u00a0; en italique dans le texte original).<\/li><li>P. 129 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>deleterious mutations occur at a very high rate. Natural selection can only eliminate the worst of these, while all the rest accumulate<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; p. 131).<\/li><li>P. 129 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>beneficial mutations are much too rare, and are much too subtle to keep up with such relentless and \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 systematic erosion of information<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 131).<\/li><li>P. 13 (\u00ab\u00a0<em>When subjected only to natural forces, the human genome must degenerate over time<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. viii).<\/li><li>P. 129 (\u00ab\u00a0<em>It is very easy to systematically destroy information, but [\u2026] it is very hard [\u2026] to create information<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 131).<\/li><li>P. 16 (\u00ab\u00a0<em>[The genome] actually embodies multiple linear codes that overlap and constitute an exceedingly sophisticated information system embodying what is called <\/em>data compression\u00a0\u00bb\u00a0; p. 3\u00a0; en italique dans le texte original).<\/li><li>P. 13 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the nonlinear nature of the genome, the poly-functional nature of many of the nucleotides that make up the \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 higher genomes, the fact that the genome encodes much more information than was even recently thought possible<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; p. viii).<\/li><li>P. 18 (\u00ab\u00a0<em>Where did all this information come from, and how can it possibly be maintained\u00a0? This is the mystery of the genome<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 4).<\/li><li>Voir <em>L\u2019\u00e9volution vue par un botaniste<\/em>, de Jean-Marie Pelt (p. 22).<\/li><li>Il est int\u00e9ressant de remarquer que, malgr\u00e9 ces oppositions, Bertrand Louart consid\u00e8re, de fa\u00e7on subtile, que darwinistes et cr\u00e9ationnistes sont des \u00ab\u00a0<em>fr\u00e8res ennemis<\/em>\u00a0\u00bb (voir <em>Bertrand Louart, Fr\u00e8res ennemis, 2007<\/em>). De<\/li><li>Par exemple, <em>Assessing Limits to Evolution and to Natural Selection:\u00a0\u00a0Reviews of Michael Behe\u2019s \u201cEdge of Evolution\u201d and John Sanford\u2019s \u201cGenetic Entropy\u201d, par Scott Buchanan.<\/em><\/li><li>Voir par exemple l\u2019article <em>Les multiples chemins de l\u2019anti-science<\/em>, sur le site <em>Les pieds dans le plat \u2013 Les deux pieds dans le plat des croyances, superstitions et d\u00e9rives m\u00e9diatiques <\/em>(lespiedsdansleplat.me\/les-multiples-chemins-de-lantiscience\/).<\/li><li>Bien \u00e9videmment, on pourrait faire la m\u00eame chose avec le cr\u00e9ationnisme\u00a0!<\/li><li>Voir, par exemple, l\u2019\u00e9difiant <em>R\u00e9enchanter la Science<\/em>, de Rupert Sheldrake.<\/li><li>Notons ici la circularit\u00e9 du raisonnement darwinien\u00a0: pour expliquer la biodiversit\u00e9 due \u00e0 l\u2019action de la s\u00e9lection naturelle, il faut que les populations pr\u00e9sentent au d\u00e9part une certaine\u2026 biodiversit\u00e9.<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the beneficial spontaneous genetic mutation remains no more than a hypothetical necessity to the neo-Darwinian theory<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Shattering the Myths of Darwinism<\/em>, p. 157\u00a0; toutes les traductions et adaptations de textes en anglais sont personnelles, sauf dans les cas o\u00f9 j\u2019ai eu acc\u00e8s \u00e0 la traduction \u00ab\u00a0officielle\u00a0\u00bb, ce qui est mentionn\u00e9).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>No one has ever observed a spontaneous inheritable genetic mutation that resulted in a changed physical characteristic,  aside, that is, from a small group of well-known and usually fatal genetic defects<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Because deleterious mutations are known to occur, Darwinists appeal to the statistics of large numbers. If deleterious mutations can occur, then given enough time beneficial mutations can occur. There is no evidence for this claim. But it isirrefutable<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li><em>The Logic of Scientific Discovery <\/em>(en particulier le Chapitre 4).<\/li><li>Ce genre de \u00ab\u00a0pr\u00e9vision\u00a0\u00bb est inattaquable\u00a0: si elle est v\u00e9rifi\u00e9e, on se vantera de l\u2019avoir pr\u00e9vue\u00a0; si elle n\u2019est pas v\u00e9rifi\u00e9e, onfera appel \u00e0 son incertitude inh\u00e9rente. Difficile, dans ces conditions, de qualifier de scientifiques de telles affirmations.<\/li><li>Cit\u00e9 par Andr\u00e9as Sniadecki dans <em>Jean-Jacques Kupiec, l\u2019ignorance au c\u0153ur de la cellule<\/em> (p. 37).<\/li><li><em>Le darwinisme, envers d\u2019une th\u00e9orie<\/em> (p. 9).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Chance has no memory<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Darwin\u2019s Dangerous Idea<\/em>, p. 54).<\/li><li>On parle aussi de l\u2019\u00a0\u00bberreur du parieur\u00a0\u00bb.<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Failing to appreciate the fact that chance has no memory is known as the Gambler&rsquo;s Fallacy; it is surprisingly popular<\/em> \u00a0[\u2026]\u00a0\u00bb (<em>Darwin\u2019s Dangerous <\/em>Idea, <em>op. cit.<\/em>, p. 54).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>in order to account for synthetic evolution by random mutation, one has to have an almost religious faith in the \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 power of extremely unlikely events and very long time scales<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Shattering the myths of Darwinism<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 159).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the rate of mutation has been inflated by the simple device of making the definition of the term \u00ab\u00a0mutation\u00a0\u00bb so elastic that it can include any and every inheritable change<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 158).<\/li><li>Notion d\u00e9velopp\u00e9e par Momme von Sydow dans <em>From Darwinian Metaphysics towards Understanding the Evolution of Evolutionary Mechanisms\u00a0<\/em>; par exemple, von Sydow \u00e9crit que \u00ab\u00a0<em>le darwinisme g\u00e9n\u00e9tique se caract\u00e9rise par une forme \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 radicale de r\u00e9ductionnisme de processus, appel\u00e9 monisme de processus darwinien, selon lequel le processus de \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 mutation\/s\u00e9lection repr\u00e9sente l\u2019unique v\u00e9ritable m\u00e9canisme de l\u2019\u00e9volution<\/em>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>gene-Darwinism is characterised by a radical form of process reductionism, i. e. Darwinian process-monism, according to which the process of mutation and elimination is the only real evolutionary mechanism<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 244)\u00a0; il pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0<em>les darwinistes centr\u00e9s sur le g\u00e8ne, comme Dawkins, ont adopt\u00e9 le monisme de processus n\u00e9o-darwinien comme \u00e9tant le v\u00e9ritable pivot conceptuel du paradigme \u00e9volutif<\/em>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>gene-Darwinians such as Dawkins have adopted [\u2026] [the] neo-Darwinian [\u2026] process-monism as the true paradigmatic core<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; p. 11).<\/li><li>Les darwinistes voient la complexit\u00e9 biologique comme r\u00e9ductible\u00a0; les cr\u00e9ationnistes, eux, la voient comme irr\u00e9ductible.<\/li><li>Momme von Sydow parle de \u00ab\u00a0<em>g\u00e8nes con\u00e7us comme ind\u00e9pendants et s\u00e9par\u00e9s, r\u00e9unis \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un ensemble commun et non structur\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0<em>the perspective of separate independent genes in a common unstructured gene pool<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 140).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Selection only \u2018sees\u2019 the phenotype irrespectively of the genotype<\/em>\u00a0\u00bb (p. 318)<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>only the phenotype could be directly seen by natural selection<\/em>\u00a0\u00bb (p. 319).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Dans le raisonnement \u00e9volutionniste, l\u2019individu s\u2019efface devant la population<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Guide critique de l\u2019\u00c9volution<\/em>, p. 15). \u00a0Outre la confusion entre \u00e9volution et darwinisme, cette position est \u00e9videmment critiquable.<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Modern Darwinists seem to have a profoundly optimistic belief that the occurrence at an early stage in evolution of [\u2026] \u00a0\u00a0\u00a0 a fundamental innovation [\u2026] makes cumulative selection [\u2026] somewhat less improbable. [\u2026] Of the vast range of \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 characteristics spelled out by DNA, the next copying error is more likely to be about something else entirely [\u2026] or it may be the wrong step<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>Shattering the myths of Darwinism<\/em>, op. cit., p. 162). La contre-objection classique des darwinistes est que la s\u00e9lection naturelle jouerait le r\u00f4le d\u2019un filtre justement capable de ne retenir que les mutations appropri\u00e9es.<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the greater the number of steps into which we break up to the overall leap, the more improbable it becomes that they will take place in the right order<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the improbability of spontaneous genetic mutation leading to beneficial novelties in form ought to be a major source of concern<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 164).<\/li><li><em>La notion de complexit\u00e9 en biologie \u00e9volutive\u00a0: une revue synth\u00e9tique.<\/em><\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>multiple linear codes that overlap<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (p. 3).<\/li><li>P. 137 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>most human coding sequences encode for two different RNAs that read in opposite directions<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; p. 141).<\/li><li>P. 137 (\u00ab\u00a0<em>Some sequences serve multiple functions simultaneously <\/em>[\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; p. 141).<\/li><li>P. 137 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>there are even higher levels of organization and information encrypted within the genome<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 141).<\/li><li>P. 137 (\u00ab\u00a0[\u2026] <em>probably all DNA sequences in the genome encrypt multiple codes (up to 12)<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 142).<\/li><li>Le mot \u00ab\u00a0complexe\u00a0\u00bb conviendrait mieux ici, pour \u00e9viter tout jugement de valeur (il n\u2019existe pas d\u2019organismes \u00ab\u00a0inf\u00e9rieurs\u00a0\u00bb\u00a0; ils sont simplement moins complexes).<\/li><li>P. 138 (\u00ab\u00a0<em>The poly-constrained nature of DNA serves as strong evidence that higher genomes cannot evolve via \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 mutation\/selection except on a trivial level<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; p. 142).<\/li><li>Le terme <em>design<\/em> est employ\u00e9 ici par Sanford (p. 142). Il faut savoir, d\u2019une fa\u00e7on qui me para\u00eet curieuse car pouvant \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de confusions graves, que certains darwinistes anglophones (comme Richard Dawkins et Daniel Dennett) utilisent \u00e9galement ce mot pour d\u00e9crire la fa\u00e7on dont les \u00eatres vivants seraient \u00ab\u00a0model\u00e9s\u00a0\u00bb par la s\u00e9lection naturelle (et je me demande jusqu\u2019\u00e0 quel point il ne s\u2019agit pas l\u00e0 d\u2019une provocation anti-cr\u00e9ationniste). Ainsi, le mot <em>design<\/em> appara\u00eet, au total, 153 fois dans <em>The Blind Watchmaker<\/em>, dont 16 dans l\u2019expression <em>Good design<\/em> (titre du chapitre 2)\u00a0; 678 fois dans <em>Darwin\u2019s dangerous idea<\/em>, dont une fois dans l\u2019expression <em>good Design<\/em> emprunt\u00e9e \u00e0 Paley, et 98 fois dans l\u2019expression <em>Design Space<\/em> (objet notamment du Chapitre 6, <em>Threads of actuality in design space<\/em>).<em>De l\u2019origine des esp\u00e8ces<\/em> (1859, ch. IV).<\/li><li>De l\u2019origine des esp\u00e8ces (1859, ch. IV).<\/li><li>P. 19 (\u00ab [\u2026] selection can only be carried out on the level of the whole organism \u00bb ; p. 7).<\/li><li>The selfish gene (1976).<\/li><li>\u00ab Does selection operate primarily on genes? \u00bb<\/li><li>Contemporary Debates in Philosophy of Biology (Part IV).<\/li><li>\u00ab S\u00e9lection does operate primarily on genes \u00bb (ibid., p. 127).<\/li><li>\u00ab In defense of the gene as the unit of selection \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Natural selection operates within genomes without regard for phenotypic effect \u00bb (ibid., p. 128 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>\u00ab Natural selection can, and does, act on the products of individual genes \u00bb (ibid., p. 130).<\/li><li>\u00ab Natural selection can act directly on genes themselves \u00bb (ibid., p. 130).<\/li><li>\u00ab S\u00e9lection does not operate primarily on genes \u00bb (ibid., p. 140).<\/li><li>\u00ab [\u2026] selection acts on many levels at once [\u2026] \u00bb (ibid., p. 141).<\/li><li>\u00ab [\u2026] with sufficient regularity of (environmental) conditions to allow cumulative selection to maintain or alter the traits of the organisms [\u2026] over a long series of generations \u00bb (ibid., p. 142 ; parenth\u00e8ses dans le texte original).<\/li><li>\u00ab [\u2026] there must be suitable conditions permitting cumulative selection for natural selection to be effective. For example, the timing of environmental cycles must be short enough to be &lsquo;visible&rsquo; to selection, or selection cannot act to take them into account \u00bb (ibid., p. 150).<\/li><li>\u00ab [\u2026] it is necessary to analyze the conditions for cumulative selection with great attention to long cycles affecting life history patterns \u00bb (ibid., p. 151).<\/li><li>\u00ab [\u2026] there is no single answer as to what, exactly, should count as a gene [\u2026] \u00bb (ibid., p. 144).<\/li><li>\u00ab [\u2026] organisms are built anew in each generation by an interactive process with the environment, not by a copying mechanism \u00bb (ibid., p. 146).<\/li><li>Voir, par exemple, Darwin\u2019s Dangerous Idea, de Daniel C. Dennett.<\/li><li>\u00ab [\u2026] which genes have disproportionate influence changes with the ecology \u00bb (Contemporary Debates in Philosophy of Biology, op. cit., pp. 158-159).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the conditions causally relevant to the phenotypic states that influence survival are combinations of alleles, not the alleles themselves or their frequencies in the population \u00bb (ibid., p. 149).<\/li><li>\u00ab [\u2026] selection normally \u00ab\u00a0acts\u00a0\u00bb not as a single force on an isolated gene or trait, but as a balancing device in response to situations affecting multiple traits in scattered episodes over extended periods of time \u00bb (ibid., p. 151).<\/li><li>\u00ab [\u2026] selection acts primarily on properties relevant to the demands of organismal survival imposed by the ecology and by competitors [\u2026 :] it acts, in the first instance, on heritable phenotypes \u00bb (ibid., p. 153).<\/li><li>Par exemple : \u00ab [\u2026] part of an eye is better than no eye at all \u00bb (p. 85) ; \u00ab [\u2026] a lensless eye is better than no eye at all \u00bb (p. 86) ; \u00ab Five per cent vision is better than no vision at all \u00bb (p. 90).<\/li><li>\u00ab Wherever we have an X in a real live animal, where X is some organ too complex to have arisen by chance in a single step, then according to the theory of evolution by natural selection it must be the case that a fraction of an X is better than no X at all; and two fractions of an X must be better than one; and a whole X must be better than nine-tenths of an X \u00bb (The Blind Watchmaker, ibid., p. 91).<\/li><li>\u00ab [\u2026] n = 363 992 generations would be sufficient for a lens eye to evolve by natural selection \u00bb (A pessimistic estimate of the time required for an eye to evolve).<\/li><li>\u00ab [\u2026] it would take less than 364000 years for a camera eye to evolve from a light-sensitive patch \u00bb (ibid.). Les auteurs insistent sur le fait que leurs r\u00e9sultats \u00ab surestiment largement le nombre n\u00e9cessaire de g\u00e9n\u00e9rations \u00bb (\u00ab [\u2026] the complete calculation substantially overestimates the number of generations required \u00bb ; ibid.). Dans cet article, un certain nombre de \u00ab\u00a0conditions de d\u00e9part\u00a0\u00bb sont mises en place pour en arriver au r\u00e9sultat escompt\u00e9 : que \u00ab l\u2019apparition de l\u2019\u0153il n\u2019a jamais pr\u00e9sent\u00e9 de probl\u00e8me pour la th\u00e9orie darwinienne de l\u2019\u00e9volution \u00bb (\u00ab [\u2026] the eye was never a real threat to Darwin&rsquo;s theory of evolution \u00bb ; ibid.). Notamment, l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u0153il, \u00e0 partir d\u2019une tache photosensible, y est pr\u00e9sent\u00e9e sur la base d\u2019un certain nombre d\u2019hypoth\u00e8ses certes r\u00e9alistes d\u2019un point de vue anatomique mais totalement inv\u00e9rifiables (ce que les auteurs, d\u2019une certaine fa\u00e7on, reconnaissent ; voir le paragraphe \u00ab 2. A MODEL OF EYE EVOLUTION \u00bb). De plus, l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9tude pr\u00e9sent\u00e9e repose sur une forme de circularit\u00e9, puisque, d\u00e8s le d\u00e9part, les auteurs d\u00e9finissent une s\u00e9quence \u00e9volutive en permanence compatible avec la s\u00e9lection naturelle (\u00ab The first and most crucial task is to work out an evolutionary sequence which would be continuously driven by selection \u00bb ; ibid.). Enfin, notons une contradiction inh\u00e9rente \u00e0 cette d\u00e9monstration : d\u2019une part, l\u2019\u00e9volution darwinienne est consid\u00e9r\u00e9e comme lente et graduelle, n\u00e9cessitant des milliards d\u2019ann\u00e9es ; et, d\u2019autre part, un organe complexe peut appara\u00eetre en quelques centaines de milliers d\u2019ann\u00e9es (soit une dur\u00e9e dix mille fois plus courte).<\/li><li>Le darwinisme tient-il debout ? (p. 228).<\/li><li>\u00ab Natural selection would act simultaneously on all characters that positively affect the performance \u00bb (A pessimistic estimate of the time required for an eye to evolve ; op. cit.).<\/li><li>\u00ab There are thus no particularly inefficient parts of the sequence, where much change has to be made for little improvement of function \u00bb (ibid.).<\/li><li>Andr\u00e9as Sniadecki (<em>Stephen Jay Gould, l\u2019\u00e9volution sans histoire\u00a0<\/em>; p. 3).<\/li><li>Il me semble que, si les scientifiques avaient vraiment l\u2019esprit tranquille et \u00e9taient absolument certains de leur position, il ne prendraient m\u00eame pas le temps ni de formuler de objections anti-cr\u00e9ationnistes, ni m\u00eame de r\u00e9pondre aux attaques cr\u00e9ationnistes.<\/li><li><em>Guide critique de l\u2019\u00e9volution<\/em> (<em>op. cit.<\/em>, p. 137).<\/li><li><em>Ibid.<\/em> (p. 148).<\/li><li>Voir <em>Explications m\u00e9canistes et t\u00e9l\u00e9ologiques de l\u2019\u00e9volution de la forme<\/em>, par Anda Danciu (p. 88).<\/li><li><em>Guide critique de l\u2019\u00e9volution<\/em> (<em>op. cit.<\/em>, p. 152\u00a0; en italique dans le texte original).<\/li><li>Voir mon article <em>De l&rsquo;utilisation parcimonieuse du principe de&#8230; parcimonie<\/em>.<\/li><li>Titre de l\u2019ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence.<\/li><li><em>Guide critique de l\u2019\u00e9volution<\/em> (<em>op. cit.<\/em>, p. 155).<\/li><li><em>Ibid.<\/em> (p. 23). Il est \u00e9trange que ce scepticisme initial disparaisse totalement quand il s\u2019agit de d\u00e9gager des conclusions\u00a0: ne serait-il pas au contraire plus juste de douter de la validit\u00e9 du raisonnement mis en \u0153uvre, plut\u00f4t que trop souvent pr\u00e9senter ces conclusions comme des certitudes d\u00e9finitives\u00a0?<\/li><li>Guide critique de l\u2019\u00e9volution (op. cit., p. 156).<\/li><li>Ibid., p. 156.<\/li><li>Comme Jean-Fran\u00e7ois Moreel dans Le darwinisme, envers d\u2019une th\u00e9orie (pp. 241, 254, 269).<\/li><li>Guide critique de l\u2019\u00e9volution (op. cit., p. 157).<\/li><li>Darwin\u2019s dangerous idea.<\/li><li>The blind watchmaker.<\/li><li>Guide critique de l\u2019\u00e9volution (op. cit., p. 157).<\/li><li>The logic of scientific discovery (The problem of induction, pp. 3-7).<\/li><li>Guide critique de l\u2019\u00e9volution (op. cit., p. 157).<\/li><li>Ibid., p. 159.<\/li><li>\u00ab Nous ne devons pas consid\u00e9rer la science comme un \u00ab\u00a0corpus de connaissances\u00a0\u00bb, mais plut\u00f4t comme un faisceau d\u2019hypoth\u00e8ses, c\u2019est-\u00e0-dire un ensemble de conjectures et de pr\u00e9dictions, lesquelles en principe ne peuvent \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9es, mais qui nous servent de base de travail tant qu\u2019elles r\u00e9sistent aux tests, et au sujet desquelles il n\u2019est jamais l\u00e9gitime d\u2019affirmer que nous savons qu\u2019elles sont \u00ab\u00a0vraies\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0plus ou moins s\u00fbres\u00a0\u00bb ou m\u00eame \u00ab\u00a0probables\u00a0\u00bb \u00bb (\u00ab [\u2026] we must not look at science as a \u2018body of knowledge\u2019, but rather as a system of hypotheses; that is to say, as a system of guesses or anticipations which in principle cannot be justified, but with which we work as long as they stand up to tests, and of which we are never justified in saying that we know that they are \u2018true\u2019 or \u2018more or less certain\u2019 or even \u2018probable\u2019 \u00bb ; Karl Popper, The logic of scientific discovery, op. cit., p. 318).<\/li><li>\u00ab The loss of control is indeed disturbing, and might even call into question the criterion of reproducibility as a condition for acceptance of a phenomenon as being worthy of scientific enquiry [\u2026] \u00bb (Joel Bernstein, cit\u00e9 par Rupert Sheldrake, The Science Delusion, op. cit., p. 64 ; \u00ab La perte de contr\u00f4le est assur\u00e9ment troublante, elle remet m\u00eame en question le crit\u00e8re de reproductibilit\u00e9 comme condition pour qu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne soit consid\u00e9r\u00e9 comme susceptible de faire l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate scientifique \u00bb, R\u00e9enchanter la Science, op. cit., p. 124).<\/li><li>Illusions of Objectivity (The Science Delusion, ibid., ch. 11 ; L\u2019illusion de l\u2019objectivit\u00e9, R\u00e9enchanter la Science, ibid., ch. 11).<\/li><li>Voir par exemple L\u2019objectivit\u00e9 dans la recherche scientifique, et L\u2019objectivit\u00e9 de la recherche scientifique, par Vincent Devictor.<\/li><li>Guide Critique de l\u2019\u00c9volution (op. cit., p. 23).<\/li><li>\u00ab It has been troubling to discover various instances of misrepresentation in Genetic Entropy. However, I do not believe this to be any deliberate attempt to deceive. It has been widely observed that someone who is in the grip of young earth creationism can get somewhat disconnected with reality. By all accounts, John Sanford is a sincere and godly man, a respected figure in genetics research who has accepted the price of ridicule to promote what he believes \u00bb (Scott Buchanan, op. cit.).<\/li><li>Daniel C. Dennett se caract\u00e9rise tout particuli\u00e8rement par cette tendance \u00e0 tourner en ridicule les auteurs dont il ne partage pas les id\u00e9es (voir Darwin\u2019s Dangerous Idea, op. cit.).<\/li><li>Premi\u00e8re d\u00e9finition donn\u00e9e par le CNRTL.<\/li><li>Voir le Chapitre 11 de L\u2019Horloger Aveugle, intitul\u00e9 en anglais Doomed rivals (traduction possible : Des concurrents vou\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chec).<\/li><li>Voir Aux origines id\u00e9ologiques du darwinisme (p. 23).<\/li><li>Voir, par exemple Cr\u00e9ation artistique et darwinisme mental (dans Du vrai, du Beau, du Bien, pp. 142-147).<\/li><li>Cette critique est \u00e9galement employ\u00e9e par les scientifiques conventionnels pour stigmatiser l\u2019aspect dogmatique du cr\u00e9ationnisme.<\/li><li>Plusieurs d\u00e9cennies repr\u00e9sentent un temps tr\u00e8s court, m\u00eame s\u2019il s\u2019y produit plus de cinquante mille cycles de division cellulaires \u00bb (p. 172 ; \u00ab Several decades is a very short time \u2013 even though more than 50 thousand cell division cycles have occured \u00bb ; p. 180).<\/li><li>P. 172 et p. 180, respectivement.<\/li><li>Voir par exemple Momme von Sydow (From Darwinian Metaphysics towards Understanding the Evolution of Evolutionary Mechanisms, p. 209).<\/li><li>L\u2019existence de la s\u00e9lection naturelle est une \u00e9vidence absolue : comme les populations d\u2019organismes pr\u00e9sentent toutes une certaine forme de variabilit\u00e9 (polymorphisme, biodiversit\u00e9, etc.), ces organismes seront forc\u00e9ment l\u2019objet d\u2019un tri en fonction de leur aptitude \u00e0 la survie et \u00e0 la reproduction, notamment en relation avec les conditions environnementales auxquelles ils sont soumis.<\/li><li>Process monism (ibid., notamment le Ch. 9). Von Sydow parle \u00e9galement de \u00ab\u00a0m\u00e9taphysique darwinienne \u00e0 m\u00e9canisme unique\u00a0\u00bb (Darwinian mono-mechanistic metaphysic ; ibid., p. 336).<\/li><li>Pan-selectionism (ibid., Ch. 9).<\/li><li>Pan-adaptationism (ibid., Ch. 4 &amp; Ch. 9).<\/li><li>Radical Darwinism (ibid., notamment le Ch. 9).<\/li><li>De la m\u00eame fa\u00e7on, quand Peter &amp; Rosemary Grant ont d\u00e9montr\u00e9 le lien entre les conditions environnementales, la survie des \u00ab\u00a0Pinsons de Darwin\u00a0\u00bb et les changements de certains caract\u00e8res (taille du corps, taille du bec, forme du bec) par s\u00e9lection naturelle et hybridation, on peut se demander s\u2019ils ont vraiment observ\u00e9 ces oiseaux en train d\u2019\u00e9voluer, m\u00eame si leurs \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 prolong\u00e9es sur trois d\u00e9cennies. En effet, premi\u00e8rement, le lien entre s\u00e9lection naturelle et hybridation, d\u2019une part, et \u00e9volution, d\u2019autre part, semble pris pour \u00e9vident d\u00e8s le d\u00e9part (d\u2019o\u00f9 une forme de circularit\u00e9, puisque ces m\u00e9canismes sont consid\u00e9r\u00e9s d\u2019embl\u00e9e comme \u00e9volutifs) ; deuxi\u00e8mement, les changements observ\u00e9s, vus sous l\u2019angle d\u2019adaptations \u00e0 des conditions environnementales locales variables, peuvent tr\u00e8s bien, ici aussi, \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s comme du \u00ab\u00a0r\u00e9glage fin\u00a0\u00bb.<\/li><li>P. 173 (\u00ab [\u2026] loss-of-function or loss-of-regulation mutations (and hence loss of information) \u00bb ; p. 181).<\/li><li>Leonard Mlodinow, Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers ?, p. 137 (\u00ab Loosely speaking, entropy is a measure of the disorder in a system. The more disordered, usually, the higher the entropy. Entropy is the enemy of life, and of any concept of \u201cdesign.\u201d \u00bb ; War of the Worldviews, p. 121).<\/li><li>Ces essais de d\u00e9finitions sont, notamment, bas\u00e9s sur des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sent\u00e9s sur Wikip\u00e9dia et le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales).<\/li><li>Leonard Mlodinow, Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers ?, p. 137 (\u00ab Loosely speaking, entropy is a measure of the disorder in a system. The more disordered, usually, the higher the entropy. Entropy is the enemy of life, and of any concept of \u201cdesign.\u201d \u00bb ; War of the Worldviews, p. 121).<\/li><li>Ces essais de d\u00e9finitions sont, notamment, bas\u00e9s sur des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sent\u00e9s sur Wikip\u00e9dia et le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales).<\/li><li>Potentielle car n\u00e9cessitant des m\u00e9canismes particuliers pour en assurer la lib\u00e9ration contr\u00f4l\u00e9e et progressive.<\/li><li>Adapt\u00e9 d\u2019un article par Anne Debroise paru dans le magazine Science &amp; Vie.<\/li><li>Thermodynamic origin of life (titre de l\u2019article de r\u00e9f\u00e9rence par Karo Michaelian).<\/li><li>\u00ab Understanding the thermodynamic function of life may shed light on its origin \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Entropy production is a measure of the rate of the tendency of Nature to explore available microstates \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Here we hypothesize that life began, and persists today, as a catalyst for the absorption and dissipation of sunlight on the surface of Archean seas \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab From this perspective, the origin and evolution of life [\u2026] can be understood as resulting from the natural thermodynamic imperative of increasing the entropy production of the Earth in its interaction with its solar environment \u00bb (ibid.).<\/li><li>Phrase originale compl\u00e8te : \u00ab Empirical evidence from the fossil record of the evolutionary history of Earth indeed suggests that living systems, from cells to the biosphere, have generally increased in complexity over time, and correspondingly, there has been an increase in their total entropy production, as well as in the net entropy production per unit biomass \u00bb (ibid.).<\/li><li>Momme von Sydow r\u00e9sume particuli\u00e8rement bien cet aspect tautologique du darwinisme : \u00ab Les organismes qui survivent sont en g\u00e9n\u00e9ral ceux qui sont mieux adapt\u00e9s, puisqu\u2019ils survivent. On d\u00e9finit le plus souvent la capacit\u00e9 d\u2019adaptation par la survie. Il en r\u00e9sulte que l\u2019affirmation darwinienne de la persistance des plus aptes \u00e9quivaut \u00e0 l\u2019affirmation tautologique de la survie des survivants \u00bb (\u00ab Those entities which survive are generally more adapted, since they survive. Fitness becomes defined \u2013 as has actually often been done \u2013 by survival. Thereby the Darwinian claim of the survival of the fittest results in the tautological claim of the survival of the survivor \u00bb ; From Darwinian Metaphysics towards Understanding the Evolution of Evolutionary Mechanisms, p. 341).<\/li><li>\u00ab Ignoring the entropy producing function of life is, in fact, the basis of the tautology in Darwin\u2019s theory of evolution through natural selection. As Boltzmann hinted 150 years ago, the vital force of life and evolution is derived from photon dissipation, i.e. through entropy production \u00bb (Thermodynamic origin of life, op. cit.).<\/li><li>Voir plus loin le paragraphe sur la t\u00e9l\u00e9ologie..<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>The origin of life and beginnings of evolution, as depicted by this theory has the general feature of an auto-catalytic cycle involving a strong coupling between biotic and abiotic processes, driven by the goal oriented and universal process of increasing the entropy production of Earth in its interaction with its solar environment. This great auto-catalytic cycle \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 involving life and abiotic entropy producing processes remains to this day, and appears to be evolving towards still greater ef\ufb01ciency at producing entropy<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Thermodynamic origin of life<\/em>, <em>op. cit.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>a yet to be completed systems theory which treats environment, biological entities, and their interactions using \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 common principles<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>Entropy in Evolution<\/em>, par John Collier, 1986).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Evolution is driven by non-equilibrium processes which increase the entropy and information content of species \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 together<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the dynamics of evolution derive from [\u2026] increases in the information and entropy of a system of imperfectly reproducing organisms. Natural selection is merely rate-determining, and is best viewed as an extrinsic factor affecting evolutionary dynamics<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the entropy of information is a measure of the indifference of the system to random fluctuation, or of its ability to withstand random fluctuations, i.e., its stability<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>The entropy of cohesion is a measure of the disorder of the biological entity resulting from the segregation of its parts. In the case of species, this is due to difficulties in sharing genetic material between diverse members<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Evolution, then, results from the joint effect of increases in the entropy of information and the entropy of cohesion<\/em>\u00a0\u00bb \u00a0(<em>ibid.<\/em>)<\/li><li>Selon les chiffres officiels\u00a0; toutefois, certains auteurs, extr\u00eamement controvers\u00e9s, remettent en cause ces valeurs, qui seraient bas\u00e9es sur un consensus subjectif et arbitraire (voir, par exemple, <em>Shattering the Myths of Darwinism<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, Chapitre 5).<\/li><li>Stephen Jay Gould introduit, dans <em>La Vie est Belle<\/em> (Chapitre 3), la distinction subtile entre <em>diversit\u00e9<\/em> et <em>disparit\u00e9\u00a0<\/em>: la diversit\u00e9 fait r\u00e9f\u00e9rence au <em>nombre d&rsquo;esp\u00e8ces diff\u00e9rentes<\/em>, tandis que la disparit\u00e9 se base sur <em>l&rsquo;ensemble des plans \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 d&rsquo;organisation<\/em>\u00a0: au Cambrien, la disparit\u00e9 fut maximale, malgr\u00e9 une diversit\u00e9 apparemment limit\u00e9e\u00a0; au cours de l\u2019histoire ult\u00e9rieure du vivant, la tendance s&rsquo;est compl\u00e8tement invers\u00e9e.<\/li><li>Au sujet des probl\u00e8mes controvers\u00e9s li\u00e9s \u00e0 la notion de complexit\u00e9 biologique, voir mon article.<\/li><li>Herv\u00e9 Boillot, <em>25 mots cl\u00e9s de la philosophie <\/em>(p. 33).<\/li><li>Jean-Paul Belmondo, <em>Mille vies valent mieux qu\u2019une<\/em> (p. 54).<\/li><li>Leonard Mlodinow, <em>Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers\u00a0?<\/em>, p. 312 (\u00ab\u00a0<em>It would be narrow-minded for us to believe that our \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 picture of the world is the definitive one<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0; War of the worldviews, p. 280).<\/li><li><em>25 mots cl\u00e9s de la philosophie (op. cit.<\/em>,p. 22).<\/li><li>Guide Critique de l\u2019\u00c9volution (p. 24).<\/li><li>Ibid. (p. 25).<\/li><li>25 mots cl\u00e9s de la philosophie (op. cit., p. 22).<\/li><li>Ibid. (pp. 22-23).<\/li><li>Ibid. (p. 22 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>Ibid. (p. 25 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>Ibid. (p. 24).<\/li><li>Ibid. (p. 24 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>Ibid. (p. 25).<\/li><li>Ibid. (p. 26).<\/li><li>Je ne m\u2019\u00e9tendrai pas ici sur la distinction entre v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9alit\u00e9.<\/li><li>Critique de la raison pure (p. 80).<\/li><li>Ibid. (p. 80).<\/li><li>Ibid. (p. 81).<\/li><li>Ibid. (p. 81).<\/li><li>Ibid. (p.82 ; en italique dans la traduction fran\u00e7aise).<\/li><li>Ibid. (Pr\u00e9face, p. XXX).<\/li><li>Ibid. (Pr\u00e9face, p. XXX).<\/li><li>De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, ce sont les chercheurs eux-m\u00eames qui \u00e9dictent les r\u00e8gles fondamentales de l\u2019investigation scientifique (pour utiliser une comparaison quelque peu triviale, ce sont les joueurs qui \u00e9tablissent les r\u00e8gles du jeu).<\/li><li>Selon Karl Popper, aucune th\u00e9orie scientifique ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme vraie, car une telle th\u00e9orie n\u2019est pas v\u00e9rifiable mais peut seulement \u00eatre corrobor\u00e9e par des faits (\u00ab Theories are not verifiable, but they can be \u2018corroborated\u2019 \u00bb ; The logic of scientific discovery, p. 248).<\/li><li>Dossier th\u00e9matique On pense tous quantique (Science &amp; Vie n\u00b0 1177).<\/li><li>Ibid. (p. 58).<\/li><li>Ibid. (pp. 58-60).<\/li><li>Ibid. (p. 64).<\/li><li>La quantique est la science de la surface des choses, par Mathilde Fontez (Science &amp; Vie n\u00b0 1177).<\/li><li>Ibid. (p. 67).<\/li><li>Ibid. (p. 67).<\/li><li>Ibid. (p. 67).<\/li><li>Ibid. (p. 68).<\/li><li>Ibid. (p. 68).<\/li><li>\u00ab In so far as a scientific statement speaks about reality, it must be falsifiable: and in so far as it is not falsifiable, it does not speak about reality \u00bb (Karl Popper, The logic of scientific discovery, p. 316).<\/li><li>\u00ab According to this criterion, statements, or systems of statements, convey information about the empirical world only if they are capable of clashing with experience, or more precisely, only if they can be systematically tested, that is to say if they can be subjected [\u2026] to tests which might result in their refutation \u00bb (en italique dans le texte original ; ibid., p. 315).<\/li><li>\u00ab [\u2026] our criterion of falsifiability distinguishes with sufficient precision the theoretical systems of the empirical sciences from those of metaphysics [\u2026] \u00bb (ibid., p. 315).<\/li><li>\u00ab [\u2026] metaphysics [\u2026] from a historical point of view can be seen to be the source from which the theories of the empirical sciences spring \u00bb (ibid., pp. 315-316).<\/li><li>N\u2019oublions pas l\u2019aphorisme de Lamarck : \u00ab [\u2026] [T]oute science doit avoir sa philosophie, et ce n\u2019est que par cette voie qu\u2019elle fait des progr\u00e8s r\u00e9els \u00bb (Philosophie zoologique, 1809 ; cit\u00e9 par Bertrand Louart dans Le vivant, la machine et l\u2019homme, p. 20).<\/li><li>Guide Critique de l\u2019\u00c9volution (op. cit., p. 31). Cette vision na\u00efve de l\u2019investigation scientifique ne tient absolument pas compte de toutes les influences et contraintes qui biaisent la recherche (consid\u00e9rations \u00e9conomiques, politiques, sociales, mais aussi militaires).<\/li><li>Ibid., pp. 31-32.<\/li><li>25 mots cl\u00e9s de la philosophie (op. cit., p. 31).<\/li><li>Ibid. (p. 31).<\/li><li>Ibid. (p. 30).<\/li><li>Ibid. (p. 32).<\/li><li>Ibid. (p. 33 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>Ibid. (p. 39).<\/li><li>Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers ?, op. cit., pp. 312-313 (\u00ab [\u2026] German philosopher Immanuel Kant postulated that the reality we experience is one that has been constructed and shaped by our minds, minds limited by our beliefs, feelings, experiences, and desires \u00bb ; War of the worldviews, p. 280).<\/li><li>Ibid., p. 313 (\u00ab But are we reading the grand book of the universe, or are we writing one? \u00bb ; War of the worldviews, p. 281).<\/li><li>Selon l\u2019expression de Daniel C. Dennett (Darwin\u2019s Dangerous Idea, Chapitre 3).<\/li><li>A ce sujet, le relativisme philosophique affirme que toute connaissance est relative, notamment parce que la connaissance d\u00e9pend du sujet qui l\u2019\u00e9tudie : il en d\u00e9coule qu\u2019il n\u2019existe pas de v\u00e9rit\u00e9 absolue ou objective. Cette position pr\u00f4ne l\u2019id\u00e9e que tous les discours se valent. On peut la critiquer comme \u00e9tant une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9vitement, menant imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de toute r\u00e9flexion approfondie sur quelque sujet que ce soit, et l\u2019inutilit\u00e9 de toute argumentation, de tout d\u00e9bat. Dans ce cadre, \u00ab [l]es assertions scientifiques auraient le m\u00eame statut que les assertions mythologiques, religieuses ou artistiques \u00bb, mais ce serait oublier que \u00ab les modalit\u00e9s de production des affirmations sur le monde sont extr\u00eamement diverses : elles ne r\u00e9pondent pas aux m\u00eames objectifs ; elles ne reposent ni sur les m\u00eames codes, ni les m\u00eames m\u00e9thodes \u00bb (Guide critique de l\u2019\u00c9volution, p. 156 ; reste \u00e0 savoir si ces diff\u00e9rences sont v\u00e9ritablement significatives). Pourtant, rappelons la fameuse citation : \u00ab The full mind is alone the clear \u00bb.<\/li><li>Sans compter tous les probl\u00e8mes de comportement des \u00e9l\u00e8ves soulev\u00e9s par la mise en \u0153uvre de telles manipulations.<\/li><li>Ces probl\u00e8mes sont encore renforc\u00e9s par l\u2019emploi abusif de l\u2019expression \u00ab\u00a0intelligence artificielle\u00a0\u00bb (exemple typique d\u2019oxymore impos\u00e9 de fa\u00e7on dogmatique).<\/li><li>Il faut toutefois reconna\u00eetre que certaines simulations se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es particuli\u00e8rement puissantes, comme le fait de pouvoir tester un pont virtuel avant m\u00eame d\u2019en envisager la construction.<\/li><li>The Blind Watchmaker (Chapitre 3).<\/li><li>\u00ab [\u2026] if you never take a wrong turning [\u2026] \u00bb (The Blind Watchmaker, p. 71 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>\u00ab [\u2026] if [\u2026] you know exactly what genetic formula you are heading towards, and how to steer towards it \u00bb (ibid.)<\/li><li>\u00ab This is a task that is better done by the human eye, together with [\u2026] the 10-giganeurone computer inside the skull \u00bb (ibid., p. 61).<\/li><li>Voir toutefois la notion d\u2019\u00ab Univers information \u00bb, pr\u00e9sent\u00e9e par Igor et Grichka Bogdanov.<\/li><li>\u00ab The fact that species have managed to survive this long is a testimony to the genius of the Creator, who designed living things with an amazing robustness and resistance to injury \u00bb (Price, Carter &amp; Sanford, 2020).<\/li><li>Guillaume Suing et Damien Aubert (<em>Evolution : vers une approche dialectique<\/em>).<\/li><li>Voir <em>Evolution: still a theory in crisis<\/em>.<\/li><li>Adaptive masks (Evolution: still a theory in crisis, ibid., pp. 17 &amp; 264).<\/li><li>Voir The Types: A Persistent Structuralist Challenge to Darwinian Pan-Selectionism, par Michael Denton.<\/li><li>\u00ab According to the structuralist paradigm, a significant fraction of the order of life and of every organism is the result of basic internal constraints of causal factors that arise out of the fundamental physical properties of biological systems and biomatter. [\u2026] These internal constraints, or \u00ab\u00a0laws of biological form\u00a0\u00bb, [\u2026] [are] believed [\u2026] to limit the way organisms are built [\u2026]. This view implies that many of life\u2019s basic forms arise in the same way as do other natural forms\u2013ultimately from the self-organization of matter\u2013and are genuine universals \u00bb (Evolution: still a theory in crisis, op. cit., p. 14).<\/li><li>\u00ab [\u2026] a considerable amount of higher order in biological systems is [\u2026] arising as a result of complex self-organizing mechanisms. Such emergent order is invisible from below and by definition beyond genetic specification \u00bb (ibid., p. 255).<\/li><li>\u00ab [\u2026] [The self-organizing processes] are dependent on higher-level natural laws that determine the properties of matter in the first place \u00bb (ibid., p. 256).<\/li><li>La musique de la vie (p. 32).<\/li><li>Ibid. (p. 14).<\/li><li>Ibid. (pp. 14-15).<\/li><li>Ibid. (p. 26).<\/li><li>Ibid. (p. 29).<\/li><li>Ibid. (p. 40).<\/li><li>Ibid. (p. 41).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the built-in processes of self-modification [\u2026] \u00bb (Evolution: A View from the 21st Century, p. 132).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the genome as a read-write (RW) memory system subject to non-random change by dedicated cell functions \u00bb (ibid., p. 28).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the many ways cells inscribe information into their genomes [\u2026] \u00bb (ibid., p. xv).\u00ab [\u2026] these diverse inscriptions constitute of form of writing that modifies the cell\u2019s genomic memory \u00bb (ibid., p. xv).<\/li><li>\u00ab [\u2026] natural genetic engineering represents the ability of living cells to manipulate and restructure the DNA molecules that make up their genomes \u00bb (ibid., p. 2).<\/li><li>. \u00ab [\u2026] reorganization events have comprised whole genomes \u00bb (ibid., p. 5).<\/li><li>. Partie de la phrase originale : \u00ab [\u2026] the life sciences have converged with other disciplines to focus on questions of acquiring, processing, and transmitting information to ensure the correct operation of complex vital systems \u00bb (ibid., p. 4).<\/li><li>. \u00ab [\u2026] the evolutionary process has clearly been one of combinatorial innovation to produce functional systems [\u2026] \u00bb (ibid., p. 5).<\/li><li>. \u00ab [\u2026] this combinatorial process has a far greater probability of success than trying to modify each element in the genome one nucleotide at a time \u00bb (ibid., p. 130).<\/li><li>. \u00ab [\u2026] evolution by amplification and reorganization of genome segments \u00bb (ibid., p. 131).<\/li><li>. \u00ab [\u2026] generating redundancy [\u2026 is] a key aspect of the evolutionary process \u00bb (ibid., p. 131).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>generating redundancy [\u2026 is] a key aspect of the evolutionary process<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 131).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Thinking about genomes from an informatic perspective, it is apparent that systems engineering is a better metaphor for \u00a0\u00a0 the evolutionary process than the conventional view of evolution as selection-biaised random walk<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 6).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>genome change resulting from a constellation of regulated cell functions (natural genetic engineering)<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 p. 123).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Evolutionary novelty arises from the production of new cell and multicellular structures as a result of cellular self-\u00a0\u00a0\u00a0 modification functions<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 143).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>episodic and abrupt changes<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 144).<\/li><li>Voir <em>Punctuated Equilibria: an Alternative to Phyletic Gradualism<\/em> et <em>Punctuated equilibria: the tempo and mode of \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 evolution reconsidered<\/em>.<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>cell sensing, information transfer, and decision-making processes<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Evolution: A View from the 21st Century<\/em>, <em>op. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 cit.<\/em>, p. 24).<\/li><li>Phrase originale compl\u00e8te\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Our view of genome change has become one that describes active cell processes rather than \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 a series of random accidents<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 129).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>living cells do not act blindly<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 137).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>cells are now reasonably seen to operate teleologically: their goals are survival, growth, and reproduction<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 p. 137).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>entirely new and rigorously scientific ways to think about cognition, decision-making, and goal-oriented function<\/em>\u00a0\u00bb \u00a0 (<em>ibid.<\/em>, p. 139).<\/li><li>Litt\u00e9ralement, <em>Un ordinateur dans chaque cellule vivante<\/em>.<\/li><li>Litt\u00e9ralement, <em>Des cellules intelligentes<\/em>.<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>single cells are aware of their surroundings. They detect chemical flavors, mechanical vibrations, visual stimuli, \u00a0 electric fields, and gravity. They respond by moving or by changing their shape or internal state, selectively, in a discerning manner<\/em>\u00a0\u00bb (p. 18).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Most microorganisms display what in higher animals is termed attention<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 18).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>knowledge of the world is such a fundamental part of life<\/em> [\u2026]\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 142).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>A primitive awareness of the environment was an essential ingredient in the origins of life\u00a0: it was preserved and expanded in increasingly elaborate and prolific forms in the subsequent explosion of living organisms during evolution. This intrinsic capacity has been amplified and ramified in a thousand different ways<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, pp. 142-143).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the world is made of events and relationships rather than things. [\u2026] Living organisms [\u2026] are made not of atoms and molecules but rather of cycles of cause and effect. [\u2026] Life [\u2026] lies in the property of catalytic closure among a \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 collection of molecular species. [\u2026] [O]nce catalytic closure among them is achieved, the collective system of molecules isalive<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 198).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>[T]wo features of cells might be relevant. One is a sense of time, or causation\u2013knowledge of the way that things in \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 the real world follow in a certain sequence. The other is integrity, which enables the cell to distingish between what \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 belongs to itself and what belongs to the outside world<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 233).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>[A]s the cell feeds, grows, responds, and moves, this static chemistry becomes refined and modified. [\u2026] The \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 reversible nature of these modifications [\u2026] ensures that they are dynamic and responsive. They represent the cell\u2019s most recent experiences<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 233).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>the cell can use the past to read the future\u2013to gain even the slightest inkling of what will happen next\u2013 [\u2026] simply to help it predict the future<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 233).<\/li><li><em>The Music of Life<\/em> (<em>op. cit.<\/em>, p. 29).<\/li><li><em>Repeated evolution and the impact of evolutionary history on adaptation.<\/em><\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Convergent evolution. The independent evolution of a similar phenotype. [\u2026] Ideally convergent evolution (adaptive or otherwise) is distinct from parallel evolution in that phenotypes have been generated from different genetic processes. However, this distinction cannot be made for most cases of reported convergence because the genetics that underlie characteristics have yet to be investigated. Convergent adaptations should also be distinct from those that are functional redundant, but in some cases it can be difficult to determine whether phenotypic characteristics are in fact similar or \u00a0 different among taxa<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0<em>Repeated evolution. The independent evolution of a similar functional outcome in different taxa, either through the \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 evolution of similar phenotypes (parallel and convergent evolution) or different phenotypes that achieve the same functional outcome (functional redundancy)<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>everywhere you look evolution is hedged in by convergence<\/em>\u00a0\u00bb (<em>The Runes of Evolution<\/em>, p. 10).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>when one looks at either the functionality of biological solutions or the roads taken, then the choices are restricted, \u00a0 if not inevitable<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 31).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>at whatever level of biology one considers there will be loci of persistent biological stability that will act as \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 irresistible attractors<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 33).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>recurrent anatomical configurations that answer the call of particular ecological needs<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. 33).<\/li><li>\u00ab\u00a0[\u2026] <em>if evolution is a deterministic process, then each solution has a high probability of evolving several times<\/em>\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p. \u00a0 34).<\/li><li>Ibid., p. 43.<\/li><li>\u00ab [\u2026] the roads of evolution are indeed narrow and inevitable [\u2026] \u00bb (ibid., p. 10).<\/li><li>Les contraintes, par Alibert et. coll.<\/li><li>Ibid., p. 246.<\/li><li>Ibid., p. 263.<\/li><li>Ibid., p. 264.<\/li><li>Evolutionary contingency.<\/li><li>\u00ab [\u2026] a limited range of solutions to a particular problem [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the limited range of viable solutions constrained the evolutionary history of different groups [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Constraints come in many forms, from those that limit the range of variation available for natural selection to act upon [\u2026] to the physical forces of fluid dynamics, gravity and the like \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab For one class, the constraint operates because organisms simply are unable to produce new variants [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab The second class of constraint is one where there is abundant variation, but various forces act through natural selection to limit the range of solutions \u00bb (ibid.).<\/li><li>The predictability of evolution: glimpses into a post-Darwinian world.<\/li><li>\u00ab [\u2026] evolution is much more predictable than generally assumed [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] it is possible to identify a predictability to the process and outcomes of evolution \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the evolutionary destinations [\u2026] are very far from being fortuitous [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] in reality rather than being an open-ended process evolution is deeply constrained \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the uncanny capacity of organisms to navigate to particular solutions \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] perhaps it is time we addressed biological properties per se if we want to bring some order to evolution rather than reiterate for the umpteenth time the dry bones of the Darwinian formulation \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] a biology that will move far beyond the Darwinian formulation [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] evolution has an inevitable geometry [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"297\"><li>Expression introduite par Stephen Jay Gould dans Wonderful Life (p. 14).<\/li><li>Convergent evolution as natural experiment: the tape of life reconsidered.<\/li><li>\u00ab [\u2026] convergent evolution can constitute valid natural experiments that support inferences regarding the deep counterfactual stability of macroevolutionary outcomes \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] iterated evolutionary outcomes that are probably common among alternative evolutionary histories and subject to law-like generalizations \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] certain design problems are pervasive in the history of life \u00bb ; \u00ab [\u2026] the set of evolutionary solutions to pervasive design problems is highly circumscribed [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Why should universal biochemical constraints on the evolution of form not be as interesting to biologists as the quirky, more detailed outcomes of evolution ? \u00bb (ibid.).<\/li><li>Evolutionary contingency (op. cit.).<\/li><li>\u00ab Is a new theory of evolution in the offing? \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] an expansion that will include a more prominent role for the developmental genetics of evo-devo [\u2026]. It will also include a greater appreciation for interesting biases in the generation of variation and possibly a role for a more hierarchical view of evolution [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>Notons ici l\u2019une des pr\u00e9tendues grandes forces du darwinisme : la capacit\u00e9 \u00e0 tout ramener \u00e0 la s\u00e9lection naturelle.<\/li><li>Ni Dieu, Ni Darwin, l\u2019\u00e9cologie \u00e9volutive (2020 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>Ibid. (en italique dans le texte original).<\/li><li>Lod\u00e9 parle de succ\u00e8s \u00ab\u00a0reproductif\u00a0\u00bb, ce qui me semble limitatif par rapport \u00e0 un succ\u00e8s \u00e9volutif, plus g\u00e9n\u00e9ral.<\/li><li>Ce paragraphe est enti\u00e8rement construit \u00e0 partir de citations de l\u2019article de T. Lod\u00e9 cit\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence (en italique dans le texte original).<\/li><li>\u00ab Homeostasis as the Mechanism of Evolution \u00bb, titre de l\u2019article de r\u00e9f\u00e9rence par John S. Torday.<\/li><li>\u00ab Homeostasis is the natural phenomenon wherein all living things self-regulate themselves as circumstances change \u00bb (p. 57 ; en italique dans le texte original et dans la traduction fran\u00e7aise).<\/li><li>\u00ab Such homeostasis further neutralizes the effect of most mutations, making even more mutations invisible to selection \u00bb (p. 57).<\/li><li>\u00ab [\u2026] homeostasis operates at every level of biological organization [\u2026] \u00bb (p. 58).<\/li><li>\u00ab The tendency of a population to equilibrate its genetic composition and to resist sudden changes \u00bb (Oxford Reference).<\/li><li>\u00ab The limit to the amount of genetic variability available in a species, Mayr termed \u00ab\u00a0genetic homeostasis.\u00a0\u00bb \u00bb (Richard Milton, Shattering the myths of Darwinism, op. cit., p. 135).<\/li><li>\u00ab \u00ab\u00a0Obviously,\u00a0\u00bb says Mayr, \u00ab\u00a0any drastic improvement under selection must seriously deplete the store of genetic variability.\u00a0\u00bb \u00bb (ibid.).<\/li><li>P. 77 (\u00ab [\u2026] life\u2019s self-correcting mechanism (called homeostasis) operates on every biological level, effectively silencing most nucleotide effects [\u2026] ; p. 73).<\/li><li>\u00ab Homeostasis is defined as the property of a system in which variables are regulated so that internal conditions remain stable and relatively constant. [\u2026] It is a process that maintains the stability of the organism\u2019s internal environment in response to fluctuations in external environmental conditions. [\u2026] Homeostasis requires a sensor to detect changes in the condition to be regulated, an effector mechanism that can vary that condition, and a negative feedback connection between the two. [\u2026] Homeostatic processes act at the level of the cell, the tissue, and the organ, as well as at the level of the organism as a whole, referred to as allostasis \u00bb (Torday, 2015).<\/li><li>Molecular Cell Biology (pp. 551-555).<\/li><li>\u00ab Homeostasis is a robust, dynamic, intergenerational, diachronic (across-time) mechanism for the maintenance, perpetuation and modification of physiologic structure and function \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] homeostasis is the mechanistic fundament of biology [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the scale-free universality of the homeostatic principle [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] homeostasis can act simultaneously as both a stabilizing agent and as the determining mechanism for evolutionary change \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab It has been suggested that reduced entropy is the driving force behind evolution, a property of life that requires homeostatic control to be sustained and perpetrated. Reducing evolution to homeostasis offers a fundamental mechanistic insight to the origin and causal nature of this process. It is no longer random mutation and Natural S\u00e9lection, but adaptation of the internal environment of the organism to the external environment of the physical world in service to homeostasis \u00bb (ibid.).<\/li><li>Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019hom\u00e9ostasie, ce n\u2019est pas la mutation qui est invisible, c\u2019est la s\u00e9lection naturelle qui est myope (ou aveugle).<\/li><li>Cette vision des choses me semble coh\u00e9rente car si l\u2019entropie est synonyme de d\u00e9sordre, au contraire, l\u2019hom\u00e9ostasie, \u00e9tant stabilisatrice, peut \u00eatre vue comme synonyme de \u00ab\u00a0maintien de l\u2019ordre\u00a0\u00bb.<\/li><li>L\u2019\u00e9volution a-t-elle un sens ? (p. 460).<\/li><li>Voir note n\u00b064.<\/li><li>L\u2019\u00e9volution a-t-elle un sens ? (op. cit., p. 461).<\/li><li>Ibid..<\/li><li>Ibid. (p. 462).<\/li><li>Ibid. (p. 464).<\/li><li>Ibid. (pp. 464-465).<\/li><li>Le texte fran\u00e7ais pr\u00e9sente ici une faute de grammaire (\u00ab\u00a0garantissent\u00a0\u00bb) qui m\u00e8ne \u00e0 une contradiction, voire \u00e0 un contre-sens (c\u2019est le \u00ab syst\u00e8me de protection \u00bb \u2013 au singulier \u2013 qui garantit le risque presque nul d\u2019\u00e9chec, et non les \u00ab erreurs \u00bb \u2013 au pluriel). J\u2019ai donc pris la libert\u00e9 de corriger cette faute.<\/li><li>Ibid. (pp. 465-466).<\/li><li>Ibid. (p. 466).<\/li><li>The Logic of Chance (Chapitre 8, pp. 232-251).<\/li><li>Ibid. (p. 232).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the original entropic push is a maladaptation that the population initially is not equipped to overcome \u00bb (ibid., p. 251).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the subsequent functional adaptation of the originally neutral sequences offsets the burden of the increased genomic entropy\u2014in other words, it allows organisms to survive the expansion of their own genomes \u00bb (ibid., pp. 251-252).<\/li><li>\u00ab [\u2026] numerous evolving lineages followed the path of genome streamlining, in which the genome entropy and overall biological complexity of the genome drop, often substantially [\u2026] \u00bb (ibid., p. 252 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>\u00ab Evolutionary entropy makes perfect biological sense: Low-entropy sites are most conserved and, by inference, most functionally important \u00bb (ibid., p. 228).<\/li><li>\u00ab [\u2026] organisms that are habitually perceived as the most complex (for example, humans) turn out to possess \u00ab\u00a0entropic\u00a0\u00bb genomes with low or even extremely low information density, whereas organisms that we traditionally think of as primitive, such as bacteria, have \u00ab\u00a0informational\u00a0\u00bb genomes in which information is tightly packed and information density is high \u00bb (ibid., p. 229 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>En italique dans le texte original.<\/li><li>En italique dans le texte original.<\/li><li>En italique dans le texte original.<\/li><li>En italique dans le texte original.<\/li><li>\u00ab [\u2026] l\u2019environnement qui est lui-m\u00eame une source de d\u00e9sordres que l\u2019on conna\u00eet sous le nom d\u2019entropie [\u2026] \u00bb.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"350\"><li>Le terme \u00ab\u00a0complexifier\u00a0\u00bb me semble plus ad\u00e9quat.<\/li><li>https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/T\u00e9l\u00e9ologie.<\/li><li>R\u00e9enchanter la Science (op. cit., p. 153 ; \u00ab Purposes relate to ends or goals or intentions, conscious or unconscious. They link organisms to their potential futures. [\u2026] Purposes exist in a virtual realm, rather than a physical reality. They connect organisms to ends or goals that have not yet happened; they are attractors [\u2026]. Purposes or motives are causes, but they work by pulling towards a virtual future rather than pushing from an actual past \u00bb ; The Science Delusion, op. cit., p. 79 ; en italique dans le texte original).<\/li><li>Alister McGrath, Les \u00e9nigmes de la biologie de l\u2019\u00e9volution.<\/li><li>Ibid.<\/li><li>Explications m\u00e9canistes et t\u00e9l\u00e9ologiques de l\u2019\u00e9volution de la forme (op. cit., p. 31).<\/li><li>Ibid. (p. 94).<\/li><li>Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers ? (op. cit., p. 137 ; \u00ab Loosely speaking, entropy is a measure of the disorder in a system. The more disordered, usually, the higher the entropy. Entropy is the enemy of life, and of any concept of \u201cdesign\u201d \u00bb ; War of the worldviews, op. cit., p. 121).<\/li><li>Ibid. (p. 137 ; \u00ab [\u2026] with time, things tend to become more disordered\u2014that is, the entropy increases. In a way this is a reflection of the lack of purpose or guidance in physical law \u00bb ; ibid., p. 121).<\/li><li>\u00ab [\u2026] biological organisation can be [\u2026] conceived of as an intrisically teleological causal regime \u00bb (What makes biological organisation teleological?, 2017).<\/li><li>\u00ab [\u2026] a characterisation of teleology that specifically applies to the biological domain, and therefore captures some distinctive feature of the living organisation \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab The core argument consists in establishing a connection between organisation and teleology through the concept of self- determination: biological organisation determines itself in the sense that the effets of its activity contribute to determine its own conditions of existence \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the conditions of existence on which the organisation exerts a causal influence can be interpreted as the goal [\u2026] of biological organisation [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] in the case of biological systems their goal and their own existence are one and the same thing [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] self-determination [\u2026] should be specifically understood as self-constraint [\u2026] [which] takes the form of closure, i.e. a network of mutually dependent constitutive constraints \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the circularity of organisational closure rehabilitates the notion of final cause, and grounds teleology [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>La circularit\u00e9 biologique : concepts et mod\u00e8les (Mossio &amp; Bich, 2014).<\/li><li>\u00ab [\u2026] living systems are teleologically organised entities whose components produce and maintain each others as well as the whole \u00bb (What makes biological organisation teleological?, op. cit.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the whole organisation can be said to [\u2026] self-constrain, and therefore to self-determine [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] closure of constraints constitutes the causal regime that is distinctively at work in biological systems \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] supra-organismal biological systems (as symbioses or ecosystems) could realise closure, and hence be teleological \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] constraints subject to closure correspond to biological functions \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the \u2018goal-directed\u2019 character of organic systems \u00bb (The concept of function in modern physiology, 2014).<\/li><li>\u00ab This is a major limitation to the aetiological selectionist theories of function, which defines current function from past selection \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the selectionist theories define what a function is in exclusive reference to external causation (selective process) with no attention paid to internal causation in relation with organizational properties \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the poverty of functionalism as an explicative doctrine [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] there is no conflict between the teleological dimension of the system studied and the mechanistic explanation of its functioning \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] postulating a teleological dimension of biological systems [\u2026] is scientifically acceptable and fruitful \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Unlike the evolutionary approach, the organisational one puts more emphasis on the internal dimension of living systems rather than on external influences, by focusing mainly on physiology \u00bb (What makes biological organisation teleological?, op. cit.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the temporal scale of the evolutionary approach [\u2026] has no explanatory significance in analysing individual organisms \u00bb (ibid.).<\/li><li>The theory of increasing autonomy in evolution: a proposal for understanding macroevolutionary innovations (2009).<\/li><li>\u00ab Nonrandom Distribution of Evolutionarily Relevant Mutations \u00bb (Is Genetic Evolution Predictable?, 2009).<\/li><li>\u00ab Evolutionarily relevant mutations tend to accumulate in hotspot genes and at specific positions within genes \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Gene function, gene structure, and the roles of genes and gene products in genetic networks all influence whether particular mutations will contribute to phenotypic evolution \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] all genes are not equal in the eyes of evolution \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Genetic evolution is contrained by gene function, the structure of genetic networks and population biology \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab The genetic basis of phenotypic evolution thus appears to be somewhat predictable \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the discovery of several universal regularities connecting genomic and molecular phenomic variables \u00bb (Are There Laws of Genomic Evolution?, 2011).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the observed universal regularities do not appear to be shaped by selection but rather are emergent properties of gene ensembles \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab Compelling evidence of the non-adaptive origin of global architectural features of networks was obtained [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] despite major biological differences between organisms, these quantitative regularities hold, often to a high precision \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] the universals of genome evolution might qualify as \u00ab\u00a0laws of evolutionary genomics\u00a0\u00bb [\u2026] \u00bb (ibid.).<\/li><li>\u00ab [\u2026] \u00ab\u00a0laws of evolutionary biology\u00a0\u00bb comparable in status to laws of physics might be attainable \u00bb (ibid.).<\/li><li>Igor et Grichka Bogdanov, Au Commencement du Temps (2009, p. 296).<\/li><li>Ibid. (p. 13).<\/li><li>Ibid. (p. 25).<\/li><li>Ibid. (p. 37) ; voir aussi, par les m\u00eames auteurs, Le Code Secret de l\u2019Univers (2015), en particulier les chapitres 25 \u00e0 28.<\/li><li>Ibid. (p. 39). Comme le pr\u00e9cise Jean-Pierre Changeux, rappelons que \u00ab [l]\u2019id\u00e9e platonicienne de \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9s invariantes\u00a0\u00bb, d\u2019\u00a0\u00bbessences\u00a0\u00bb issues des math\u00e9matiques, qui composent un ordre universel, [\u2026] repr\u00e9sente pour l\u2019\u00e9volutionniste Ernst Mayr un \u00ab\u00a0v\u00e9ritable d\u00e9sastre\u00a0\u00bb de la pens\u00e9e occidentale \u00bb (Du Vrai, du Beau, du Bien, op. cit., p. 331). De fa\u00e7on plus mod\u00e9r\u00e9e, Guillaume Lecointre et ses collaborateurs consid\u00e8rent que \u00ab [l]a pens\u00e9e essentialiste est [\u2026] incompatible avec tout transformisme et toute \u00e9volution \u00bb (Guide Critique de l\u2019\u00c9volution, op. cit., p. 27). Toutefois, au lieu de chercher \u00e0 \u00ab d\u00e9passer la pens\u00e9e essentialiste \u00bb, il est bien plus int\u00e9ressant de remarquer qu\u2019il existe en fait deux types d\u2019essentialisme, souvent confondus : l\u2019un typologique (en relation avec le concept d\u2019esp\u00e8ce) et l\u2019autre explicatif (en relation avec le concept de forme). L\u2019essentialisme explicatif implique des essences en tant que structures causales qui expliquent les faits qui se r\u00e9p\u00e8tent (notamment des caract\u00e8res ou attributs) chez les esp\u00e8ces vivantes. Ainsi, en donnant la priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019explication fonctionnelle d\u2019un trait (et non \u00e0 son appartenance \u00e0 tel ou tel groupe taxonomique), ce type d\u2019essentialisme est tout-\u00e0-fait compatible avec les notions de mode de vie, d\u2019adaptation et d\u2019\u00e9volution (voir Explications m\u00e9canistes et t\u00e9l\u00e9ologiques de l\u2019\u00e9volution de la forme, par Anda Anciu, 2019, pp. 88-90).<\/li><li>Au Commencement du Temps (op. cit., p. 43).<\/li><li>Ibid. (p. 49).<\/li><li>Ibid. (p. 50).<\/li><li>Ibid. (pp. 47-48).<\/li><li>Ibid. (p. 284).<\/li><li>Ibid. (p. 291).<\/li><li>Ibid. (p. 312-313).<\/li><li>Ibid. (p. 313).<\/li><li>Ibid. (p. 315).<\/li><li>Ibid. (p. 316).<\/li><li>Un tel m\u00e9canisme ne pourrait toujours compenser l\u2019importance du bruit g\u00e9n\u00e9tique : dans ce cas, c\u2019est la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence qui l\u2019emporterait \u2013 menant \u00e0 l\u2019extinction.<\/li><li>Deepak Chopra cite Aham Brahmasmi : \u00ab [\u2026] la conscience existe partout dans la nature. Si l\u2019on rejette cette notion, le monde devient absurde parce que la conscience est alors transform\u00e9e en hasard [\u2026] \u00bb (Qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019Univers ?, op. cit., p. 60).<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">A propos de l&rsquo;auteur<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">B&amp;SD : David ESPESSET est titulaire d\u2019un doctorat en biologie mol\u00e9culaire de l\u2019universit\u00e9 Aix-Marseille (1992-1995), a r\u00e9alis\u00e9 deux post-doctorats, le premier \u00e0 l\u2019Institut suisse de recherches exp\u00e9rimentales sur le cancer (1996-1997) et le second \u00e0 l\u2019INSERM (1998), et a \u00e9t\u00e9 enseignant de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) en coll\u00e8ge et lyc\u00e9e. Nous laissons l\u2019auteur se pr\u00e9senter lui-m\u00eame de mani\u00e8re plus d\u00e9taill\u00e9e ci-dessous.<\/h4>\n\n\n\n<p>Par David ESPESSET<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"379\" height=\"565\" src=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Portrait-David-Espesset.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9305\" srcset=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Portrait-David-Espesset.jpg 379w, https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Portrait-David-Espesset-201x300.jpg 201w\" sizes=\"auto, (max-width: 379px) 100vw, 379px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019Univers au sens large, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment la Nature, sont des sujets d\u2019investigation fascinants. D\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge, j\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9 un go\u00fbt prononc\u00e9 pour l\u2019\u00e9tude des \u00eatres vivants. Au cours de mes ann\u00e9es de formation scientifique, avide de connaissances toujours plus pouss\u00e9es, j\u2019ai toutefois rapidement d\u00e9velopp\u00e9 un regard critique concernant certaines affirmations de mes professeurs. Puis, une r\u00e9flexion plus extensive, assortie de lectures diverses et vari\u00e9es, m\u2019ont men\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de points de vue plus personnels, bas\u00e9s sur des th\u00e9ories \u201cdiff\u00e9rentes\u201d, et \u00e0 une volont\u00e9 de lutter contre l\u2019orthodoxie, le conformisme et les conventions, voire l\u2019enfermement de nos institutions, en particulier une forme d\u2019aveuglement intellectuel qui se manifeste assez souvent au sein de la communaut\u00e9 scientifique. Me consid\u00e9rant comme un authentique libre penseur, j\u2019ai mis en place un projet de recherche th\u00e9orique et bibliographique concernant la philosophie des sciences, notamment l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie, ainsi que l\u2019\u00e9volution non darwinienne. En effet, un nombre sans cesse grandissant d\u2019auteurs sont \u00e0 l\u2019origine de productions sur ces sujets passionnants, remettant en cause un certain nombre de \u201cdogmes\u201d qui plombent l\u2019investigation scientifique classique, incitant les chercheurs \u00e0 reconsid\u00e9rer certaines interpr\u00e9tations intellectuellement orient\u00e9es dans le cadre de th\u00e9ories devenues rigides et quasiment intouchables.<\/p>\n\n\n\n<p>La Science et la Philosophie (mais aussi la Spiritualit\u00e9) proposent chacune leur fa\u00e7on d\u2019approcher les myst\u00e8res du Cosmos et du Vivant. Souvent consid\u00e9r\u00e9es comme incompatibles et irr\u00e9conciliables, ces disciplines ne pourraient-elles \u00eatre, au contraire, compl\u00e9mentaires, indispensables pour une appr\u00e9hension globale de l\u2019Univers ? Des r\u00e9flexions et des concepts qui ne sont pas tous forc\u00e9ment nouveaux, mais se veulent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment sortir des sentiers battus et permettre une vision plus large, plus compl\u00e8te, plus lucide du monde qui nous entoure. Ainsi, la repr\u00e9sentation scientifique du monde est-elle la seule qui soit valable ? Si on peut la consid\u00e9rer comme n\u00e9cessaire, est-elle pour autant suffisante ? Que penser du r\u00f4le du hasard dans l\u2019\u00e9volution cosmique et biologique ? Quels influences jouent nos conceptions mentales, nos h\u00e9ritages familiaux et culturels dans nos repr\u00e9sentations du monde ? Autant de domaines captivants parmi d\u2019autres que je d\u00e9veloppe dans mon programme de recherche personnel.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>The Full Mind is alone the Clear.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ai donc pris le temps de lire \u00ab\u00a0L\u2019entropie g\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb dans son int\u00e9gralit\u00e9 : c\u2019est un ouvrage toujours passionnant, souvent d\u00e9concertant, parfois perturbant ; mais il faut certaines fois savoir sortir de sa zone de confort. Ainsi, au lieu de rejeter les arguments apport\u00e9s par John Sanford, comme l\u2019ont par ailleurs fait certains auteurs (ce qui repr\u00e9sente une approche st\u00e9rile, puisqu\u2019ils se contentent de pr\u00e9senter leurs objections \u00ab\u00a0scientifiques\u00a0\u00bb que, pr\u00e9cis\u00e9ment, Sanford pr\u00e9tend d\u00e9monter), j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u2013 exercice des plus stimulants ! \u2013 essayer d\u2019en tirer quelques hypoth\u00e8ses hardies, qui para\u00eetront peut-\u00eatre quelque peu imp\u00e9tueuses, p\u00e9rilleuses, voire provocantes \u00e0 certains lecteurs.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":9364,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[137,168,21],"tags":[499,478,211,498,157],"class_list":["post-9291","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","category-evolution","category-sciences-de-la-vie","tag-complexite-du-vivant","tag-david-espesset","tag-entropie-genetique","tag-information","tag-john-sanford"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/entropie_genetique-8625.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pbu0ZL-2pR","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9291","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9291"}],"version-history":[{"count":52,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9291\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9383,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9291\/revisions\/9383"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9364"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}