{"id":5039,"date":"2019-12-10T15:34:06","date_gmt":"2019-12-10T14:34:06","guid":{"rendered":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/?post_type=product&#038;p=5039"},"modified":"2022-10-31T02:39:12","modified_gmt":"2022-10-31T01:39:12","slug":"fuite-de-labsolu-i-de-paul-gosselin","status":"publish","type":"product","link":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/produit\/fuite-de-labsolu-i-de-paul-gosselin\/","title":{"rendered":"Fuite de l&rsquo;Absolu I de Paul Gosselin"},"content":{"rendered":"<p>Si on recule d&rsquo;un si\u00e8cle ou deux, la religion jouissait en Occident d\u2019une grande influence sur plusieurs institutions sociales d&rsquo;une importance strat\u00e9gique : l&rsquo;\u00e9ducation, la justice, la science, la sant\u00e9, les arts et la culture, etc. Aujourd&rsquo;hui, les choses ont bien chang\u00e9. Au cours du XXe si\u00e8cle, la la\u00efcisation a marginalis\u00e9 le discours religieux traditionnel en Occident. Les grandes institutions sont toutes domin\u00e9es par une perspective la\u00efque. Exception faite des \u00c9tats-Unis, il est manifeste pour le plus grand nombre que l&rsquo;Occident est devenu s\u00e9culier, sans religion. Mais si on d\u00e9passe les apparences, on d\u00e9couvre que le besoin de sens n&rsquo;a jamais cess\u00e9 de hanter l&rsquo;homme occidental. M\u00eame si le contexte culturel a chang\u00e9, les questions ultimes restent tout aussi pertinentes au XXIe si\u00e8cle qu&rsquo;elles pouvaient l&rsquo;\u00eatre dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 ou au Moyen \u00c2ge. Est-ce pensable que le mat\u00e9rialisme dit scientifique (et sa nombreuse prog\u00e9niture id\u00e9ologique) n&rsquo;ait pas \u00e9limin\u00e9 la religion, mais, dans le contexte actuel, ait supplant\u00e9 ses fonctions et participe, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, \u00e0 fournir des r\u00e9ponses \u00e0 la question du sens ?<\/p>\n<p>Il faut constater que la vision du monde mat\u00e9rialiste a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;abord une id\u00e9e dans l&rsquo;esprit de quelques penseurs influents du Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, mais avec le temps elle a fini par former l&rsquo;attitude et le comportement des classes \u00e9duqu\u00e9es et, finalement, de soci\u00e9t\u00e9s enti\u00e8res. La p\u00e9n\u00e9tration de cette vision du monde est \u00e0 ce point profonde qu&rsquo;elle est devenue un pr\u00e9suppos\u00e9 invisible, allant de soi.<\/p>\n<p>\u00c0 la rencontre d\u2019un intellectuel, je m&rsquo;amuse parfois \u00e0 poser les questions suivantes : \u00ab Qu&rsquo;est-ce pour toi que le postmodernisme ? Qu&rsquo;est-ce que la distinction moderne\/postmoderne ? \u00bb Les r\u00e9ponses varient toujours en fonction des champs d\u2019int\u00e9r\u00eat de la personne et de son domaine de formation. Une d\u00e9finition pertinente, dans le champ des \u00e9tudes litt\u00e9raires ou en architecture, sera bien souvent sans int\u00e9r\u00eat en anthropologie ou en histoire. Il ne peut donc \u00eatre question ici que d&rsquo;offrir une perspective in\u00e9vitablement partielle et partiale de la question.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019une vision du monde, une id\u00e9ologie ou une religion [1] ? Il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019un syst\u00e8me de pens\u00e9e \u00e9labor\u00e9 pour donner sens \u00e0 l\u2019existence humaine tout aussi bien sur le plan intellectuel qu\u2019\u00e9motif. Dans un premier temps, une vision du monde comporte une cosmologie, c\u2019est-\u00e0-dire un ensemble de pr\u00e9suppos\u00e9s touchant l\u2019ordre du monde. La cosmologie fournit le cadre conceptuel dans lequel se joue le jeu de l\u2019existence humaine, ou en d\u2019autres mots la <b>sc\u00e8ne<\/b> o\u00f9 se joue le <b>th\u00e9\u00e2tre<\/b> de la vie. Elle prend souvent, mais pas toujours, la forme d\u2019un mythe d\u2019origine. Pour exprimer la chose de mani\u00e8re primaire, on pourra dire qu\u2019une cosmologie fournit une<b> bo\u00eete<\/b> dans laquelle l\u2019existence humaine se joue et prend son sens. Une cosmologie mat\u00e9rialiste [2] propose une<b> bo\u00eete<\/b> assez \u00e9troite tandis que les diverses cosmologies th\u00e9istes proposent des <b>bo\u00eetes<\/b> comportant des dimensions additionnelles ainsi que des cat\u00e9gories d\u2019\u00eatres inconnus dans une cosmologie mat\u00e9rialiste. La cosmologie a donc comme fonction principale d\u2019\u00e9tablir les limites du pensable. Elle fournit un grand nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments susceptibles de servir de r\u00e9ponse aux grandes questions de l\u2019existence humaine, dont la source de l\u2019ali\u00e9nation humaine. D\u00e9j\u00e0, la cosmologie fonde et pr\u00e9figure les d\u00e9veloppements moraux, voire m\u00eame une eschatologie [3], qui suivront dans l\u2019\u00e9dification d\u2019une vision du monde.<\/p>\n<p>Une vision du monde ou syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux s\u2019appuie sur sa cosmologie et implique une explication de l\u2019ali\u00e9nation humaine ainsi que des strat\u00e9gies pour tenter d\u2019att\u00e9nuer ou de rem\u00e9dier \u00e0 cette situation. Parfois ces moyens sont con\u00e7us pour aboutir \u00e0 une r\u00e9solution finale. Cette r\u00e9solution finale peut prendre la forme du Progr\u00e8s, le retour du Messie, le Nirvana, la Nouvelle J\u00e9rusalem, l\u2019unification des nations islamiques sous un calife, les cinq cieux hindous [4], la soci\u00e9t\u00e9 sans classes ou le cyberespace. Les strat\u00e9gies des diverses visions du monde pour rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019ali\u00e9nation humaine ne peuvent \u00e9videmment se comprendre sans r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 leurs cosmologies propres. Nous postulons donc ici qu\u2019une religion est une tentative d\u2019imposer un ordre, de donner un sens au monde. Que son discours fasse r\u00e9f\u00e9rence ou non au surnaturel est sans importance. Une cosmologie mat\u00e9rialiste peut tout aussi bien fonder un syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux qu\u2019une cosmologie faisant r\u00e9f\u00e9rence au surnaturel. Dans son d\u00e9veloppement, une religion est int\u00e9grative, elle est une r\u00e9ponse totale aux questionnements de l\u2019existence. C\u2019est dire que cette tentative sera plus ou moins r\u00e9ussie selon les situations historiques et selon la perception que peut avoir l\u2019individu de sa coh\u00e9rence ou de ses contradictions. Nous postulons ici qu\u2019il est impossible de comprendre le syst\u00e8me \u00e9thique, la moralit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux sans comprendre sa cosmologie, car ce sont les pr\u00e9suppos\u00e9s de la cosmologie qui pr\u00e9figurent tabous, pr\u00e9ceptes \u00e9thiques, concepts d\u2019ali\u00e9nation, divers moyens d\u2019expression artistiques ainsi que l\u2019eschatologie d\u2019une religion.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux <b>moderne,<\/b> h\u00e9ritier du Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res et dominant au XXe si\u00e8cle, a d&rsquo;abord mis de c\u00f4t\u00e9 la religion [chr\u00e9tienne surtout] et a affirm\u00e9 que d\u00e9sormais la science serait la source v\u00e9ritable du savoir et du salut. Si autrefois la hi\u00e9rarchie eccl\u00e9siastique ou la Bible \u00e9tait garantes de la V\u00e9rit\u00e9, d\u00e9sormais la science joue ce r\u00f4le. L&#8217;empirique et la Raison devaient constituer la fondation de tout savoir digne de mention. Et pour assurer la coh\u00e9rence logique de ce syst\u00e8me de pens\u00e9e, il \u00e9tait n\u00e9cessaire, voire in\u00e9vitable, de faire appel \u00e0 un mythe [5] des origines aur\u00e9ol\u00e9 du prestige de la science. Bien qu&rsquo;une vision du monde mat\u00e9rialiste domine l\u2019Occident depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, on a maintenu [6] en parall\u00e8le plusieurs concepts tir\u00e9s du bagage culturel jud\u00e9o-chr\u00e9tien. Par exemple, on a maintenu le concept chr\u00e9tien d\u2019un sens de l\u2019Histoire [7] et, dans le contexte moderne, on a appel\u00e9 ce sens progr\u00e8s. D\u2019abord un concept th\u00e9ologique, cette notion s\u2019est vue d\u00e9plac\u00e9e, formul\u00e9e en termes mat\u00e9rialistes. Dans les phases les plus optimistes, on pr\u00e9voyait que les scientifiques et technologistes nous conduiraient dans une \u00e8re de prosp\u00e9rit\u00e9 et de paix sur terre, o\u00f9 la technologie ferait des miracles pour dissiper la maladie ainsi que les limites conventionnelles de l\u2019existence humaine. Aujourd\u2019hui, depuis Auschwitz, la bombe H, la r\u00e9surgence de maladies vaincues telle la tuberculose, les OGM et les divers probl\u00e8mes de l\u2019environnement li\u00e9s aux progr\u00e8s techniques, on est plus prudent. Sur le plan pratique, le politique se trouve d\u00e9sormais \u00ab au c\u0153ur des choses \u00bb, parce que le salut moderne est politique. Il vise souvent des projets collectifs.<\/p>\n<p>Dans la p\u00e9riode <b>postmoderne<\/b>, on a poursuivi ce travail de d\u00e9lestage et d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;h\u00e9ritage jud\u00e9o-chr\u00e9tien sont, au moyen d\u2019un long processus souterrain, mis de c\u00f4t\u00e9, notamment sur le plan de la moralit\u00e9, du concept d&rsquo;histoire universelle [8], du droit, de la place de l&rsquo;homme dans la nature. De plus, en r\u00e9action au moderne, la vision du monde postmoderne renie tout projet politique collectif, universel. Le relativisme culturel \u00e9limine tout universalisme moral ou politique, sauf celui de la science. Mais ce n&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;une question de temps. Le concept de progr\u00e8s est aussi d\u00e9construit. On nie l\u2019universalit\u00e9 de ce concept que l\u2019on aborde en tant que m\u00e9tar\u00e9cit de l\u2019Occident. Le postmodernisme est en partie une r\u00e9action contre la monotonie rationnelle du modernisme, de sa foi dans la technologie, dans le progr\u00e8s et le postulat d\u2019un savoir universel, colonialiste en quelque sorte. Le f\u00e9minisme contribue aussi \u00e0 ce courant postmoderne par son rejet de la Raison m\u00e2le, \u00e9rig\u00e9e sur l\u2019autel du Si\u00e8cle des lumi\u00e8res. Chez ces derni\u00e8res, la science est sujette \u00e0 critique. Le postmoderne propose plut\u00f4t une id\u00e9ologie h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, fragment\u00e9e. Le postmoderne se m\u00e9fie de l\u2019universel. Si le postmoderne abandonne la R\u00e9volution et les grands projets politiques, il lui reste un salut dans diverses formes de lib\u00e9ration\/djihad sexuelle. Tandis que la raison et la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9taient au c\u0153ur du modernisme, il y a lieu de penser que le d\u00e9sir constitue la quintessence du postmoderne. \u00c0 ce titre, on peut voir dans l\u2019existentialisme un pr\u00e9curseur du postmodernisme : m\u00eame relativisation des id\u00e9ologies collectives modernes et m\u00eame place centrale accord\u00e9e \u00e0 l\u2019individu et \u00e0 sa subjectivit\u00e9. Le carcan de la cosmologie moderne (mat\u00e9rialiste) est bien maintenu.<\/p>\n<p>Il faut noter que le postmoderne ne rejette plus de mani\u00e8re absolue la religion (comme ce fut le cas de l&rsquo;id\u00e9ologie moderne), mais son admission sur la place publique est conditionnelle et contraint tout discours religieux \u00e0 se plier aux exigences du syncr\u00e9tisme postmoderne, c\u2019est-\u00e0-dire que la religion se doit de renoncer aux pr\u00e9tentions d&rsquo;un Absolu, d&rsquo;une V\u00e9rit\u00e9 universelle. Le mat\u00e9rialisme pur et dur n\u2019est donc plus obligatoire, l\u2019occulte m\u00eame n\u2019est pas exclu. Le chamanisme peut cohabiter sans honte avec la pr\u00eatrise et le Feng Shui. Les id\u00e9ologies ou religions collectives [9] sont choses du pass\u00e9. L&rsquo;id\u00e9ologie postmoderne est taill\u00e9e sur mesure, l&rsquo;individu est juge de tout. L&rsquo;individu peut, bien s\u00fbr, adh\u00e9rer \u00e0 une communaut\u00e9 de foi, mais c&rsquo;est un aspect de moindre importance, secondaire. Ce processus, que l&rsquo;on d\u00e9signe parfois par <b>cheminement,<\/b> masque un <i>shopping <\/i>id\u00e9ologique, au gr\u00e9 des \u00e9motions et des pr\u00e9occupations du moment. Atteindre un but, trouver la v\u00e9rit\u00e9, importe peu, c&rsquo;est le <b>cheminement<\/b> lui-m\u00eame qui importe ainsi que la satisfaction \u00e9motive ou esth\u00e9tique que l&rsquo;individu peut en tirer. Ce processus permet, au moins, de meubler le vide int\u00e9rieur. \u00c0 ce titre, l\u2019existentialisme peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un pr\u00e9curseur du postmodernisme de par son rejet des id\u00e9ologies collectives, bien qu\u2019il reste fermement captif de la cosmologie moderne (mat\u00e9rialiste).<\/p>\n<p>En Occident, l\u2019influence postmoderne est, dans une large mesure, subliminale. Tr\u00e8s peu de gens s\u2019identifient en tant que postmodernes et pourtant on constate que chez plusieurs, leurs comportements et attitudes sont largement domin\u00e9s par les pr\u00e9suppos\u00e9s postmodernes. Il n\u2019y a l\u00e0 rien de tr\u00e8s surprenant. Sur le plan m\u00e9dical, par exemple, il est entendu qu&rsquo;un individu peut \u00eatre porteur d&rsquo;une infection sans en \u00eatre conscient. Par ailleurs, sur le plan id\u00e9ologique, il est tout aussi possible d&rsquo;\u00eatre affect\u00e9 par la pens\u00e9e postmoderne, sa mythologie et ses pr\u00e9suppos\u00e9s, sans s&rsquo;identifier sciemment \u00e0 ce mouvement. Pour \u00e9tablir les faits, il faut alors appliquer un test diagnostique afin de confirmer ou d&rsquo;infirmer l&rsquo;influence postmoderne. Il importe de souligner ici que le sujet de cet ouvrage, le postmoderne, n\u2019est pas un mouvement li\u00e9 uniquement \u00e0 la pens\u00e9e de quelques intellectuels fran\u00e7ais. Des auteurs tels que Derrida, Foucault, Lyotard, Deleuze et d\u2019autres ont bien s\u00fbr particip\u00e9 \u00e0, et nourri, ce courant, mais il les pr\u00e9c\u00e8de et les d\u00e9passe. Ce n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9fini par les activit\u00e9s de quelques \u00e9rudits. D\u2019autres acteurs tels que les m\u00e9dias populaires, les agences de publicit\u00e9, le cin\u00e9ma, les \u00e9lites m\u00e9diatiques participent, de diverses mani\u00e8res, au d\u00e9veloppement et \u00e0 la propagation de ce syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux.<br \/>\nLa d\u00e9construction et l&rsquo;analyse de m\u00e9tar\u00e9cits sont les outils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de nos \u00e9lites postmodernes, mais si on reprend ces outils, en prenant pour cible le discours postmoderne lui-m\u00eame, il y a lieu de penser que l&rsquo;intervention soit digne d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Le sociologue am\u00e9ricain Thomas Luckmann est d\u2019avis <i>(The Invisible Religion. The Problem of Religion in Modern Society,<\/i> 1970, p. 70) qu\u2019a priori toute soci\u00e9t\u00e9 poss\u00e8de un syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux, un syst\u00e8me de sens, une vision du monde ou, en termes postmodernes, un m\u00e9tar\u00e9cit. \u00c0 son avis, il y a toujours une dimension religieuse dans l\u2019\u00e9laboration de l\u2019identit\u00e9 personnelle et sociale. Si un syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux constitue alors l\u2019infrastructure de toute civilisation [10], quelle est alors la religion de l\u2019Occident postmoderne ? Quels sont ses institutions, ses rites, ses mythes d\u2019origines, ses ap\u00f4tres, ses fid\u00e8les, ses initiations ? Dans les pages qui suivent, nous tenterons d\u2019examiner toutes ces questions embarrassantes, taboues, pour regarder au c\u0153ur de notre g\u00e9n\u00e9ration. Qu\u2019y trouvons-nous ?<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: #ffffff; color: #333333; cursor: text; font-family: -apple-system,BlinkMacSystemFont,'Segoe UI',Roboto,Oxygen-Sans,Ubuntu,Cantarell,'Helvetica Neue',sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">Extrait de l&rsquo;Avant-propos<\/span><\/p>\n<h3><a name=\"044f29a12e1160a0a\"><\/a>Notes<\/h3>\n<p>1 Nous utiliserons aussi, dans ce texte, le terme syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux.<br \/>\n2 Une cosmologie mat\u00e9rialiste affirme donc que tout ce qui existe dans l\u2019univers r\u00e9sulte de causes mat\u00e9rielles dont les effets sont li\u00e9s aux lois de la nature.<br \/>\n3 Partie d\u2019une id\u00e9ologie ou d\u2019une religion qui s\u2019int\u00e9resse au futur ou \u00e0 la fin des temps.<br \/>\n4 <em>Universalis<\/em> 2003 (article : \u00ab Enfer et paradis \u00bb) : \u00ab En ordre ascendant, ce sont le ciel d\u2019Indra, peupl\u00e9 de danseuses et de musiciens, le ciel de \u00c7iva o\u00f9 r\u00e8gnent le dieu et sa famille, le ciel de Vishnu, construit tout en or et parsem\u00e9 d\u2019\u00e9tangs couverts de lotus, le ciel de Krishna, avec ses danseuses et ses fervents, enfin le ciel de Brahma, o\u00f9 les \u00e2mes jouissent de la compagnie de nymphes c\u00e9lestes. \u00bb<br \/>\n5 Ce terme est admissible puisque r\u00e9guli\u00e8rement employ\u00e9 en sciences sociales dans un sens \u00e9largi. Le mythe n&rsquo;est pas forc\u00e9ment un r\u00e9cit d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s impliquant des \u00eatres ou forces surnaturels, mais simplement un v\u00e9hicule p\u00e9dagogique permettant la transmission d&rsquo;informations cosmologiques diverses.<br \/>\n6 Par inertie culturelle dans une certaine mesure.<br \/>\n7 R\u00e9gis Debray note \u00e0 ce sujet (<em>Critique de la raison politique<\/em>, 1981, p. 413) : \u00ab L&rsquo;Incarnation chr\u00e9tienne est d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;origine de notre <b>foi politique.<\/b> En acceptant de na\u00eetre et de mourir pour nous racheter, le Dieu chr\u00e9tien a sacralis\u00e9 l&rsquo;histoire profane, en lui donnant un sens, et un seul. Se sont alors trouv\u00e9s rigoureusement superpos\u00e9s le monde intelligible du sens et le monde irr\u00e9versible de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Croire dans ce Dieu-processus, c&rsquo;est croire que l&rsquo;histoire ne proc\u00e8de pas en vain, venue de rien, allant vers rien, au coup par coup. Croire en l&rsquo;Histoire-processus, c&rsquo;est croire que le transcendant proc\u00e8de dans I\u2019immanence, de fa\u00e7on que les seules voies d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la transcendance passent en retour par l&rsquo;immanence. Premi\u00e8re condition de possibilit\u00e9 de la politique comme art supr\u00eame, ou du salut comme chef-d&rsquo;\u0153uvre politique. Du moment que le Logos rationnel s&rsquo;est investi en entier dans le r\u00e9el, nous pourrons \u00e0 notre tour investir la totalit\u00e9 du r\u00e9el en faisant n\u00f4tre sa rationalit\u00e9 cach\u00e9e. \u00bb<br \/>\n8 Camus nous donne un exemple, parmi tant d\u2019autres, de l\u2019influence jud\u00e9o-chr\u00e9tienne touchant le concept d\u2019histoire (<em>L\u2019homme r\u00e9volt\u00e9<\/em>, 1951, p. 241). En opposition au monde antique, l&rsquo;unit\u00e9 du monde chr\u00e9tien et du monde marxiste est frappante. Les deux doctrines ont, en commun, une vision du monde qui les s\u00e9pare de l&rsquo;attitude grecque. Jaspers la d\u00e9finit tr\u00e8s bien : \u00ab C&rsquo;est une pens\u00e9e chr\u00e9tienne que de consid\u00e9rer l&rsquo;histoire des hommes comme strictement unique. \u00bb Les chr\u00e9tiens ont, les premiers, consid\u00e9r\u00e9 la vie humaine, et la suite des \u00e9v\u00e9nements, comme une histoire qui se d\u00e9roule \u00e0 partir d&rsquo;une origine vers une fin, au cours de laquelle l&rsquo;homme gagne son salut ou m\u00e9rite son ch\u00e2timent. La philosophie de l&rsquo;histoire est n\u00e9e d&rsquo;une repr\u00e9sentation chr\u00e9tienne, surprenante pour un esprit grec. La notion grecque du devenir n&rsquo;a rien de commun avec notre id\u00e9e de l&rsquo;\u00e9volution historique. La diff\u00e9rence entre les deux est celle qui s\u00e9pare un cercle d&rsquo;une ligne droite. Les Grecs se repr\u00e9sentaient le monde comme cyclique.<br \/>\n9 L\u2019historien allemand Karl Dietrich Bracher explore la question en notant le caract\u00e8re religieux du ph\u00e9nom\u00e8ne (<em>Die deutsche Diktatur: Entstehung, Struktur, Folgen des Nationalsozialismus,<\/em> 1969, p. 30-31). En fait, la dictature moderne se distingue de l&rsquo;absolutisme historique en ce qu&rsquo;elle exige l&rsquo;annihilation de l&rsquo;individu. Elle le contraint \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer \u00e0 de gigantesques organisations de masse et \u00e0 professer une id\u00e9ologie politique \u00e9lev\u00e9e au rang de religion (ou de substitut de religion). Cette sacralisation du domaine politique s&rsquo;appuie sur un mythe politique supr\u00eame \u2014 dans le cas du fascisme, celui d&rsquo;un pass\u00e9 imp\u00e9rial ; dans celui du communisme, une utopie sociale \u00e0 venir ; dans celui du national-socialisme, enfin, la doctrine de la sup\u00e9riorit\u00e9 raciale.<br \/>\n10 Il y a l\u00e0, pour certains, une h\u00e9r\u00e9sie\u2026<\/p>\n<p><i>\u00ab Je vous demande donc, fr\u00e8res, \u00e0 cause de la bont\u00e9 que Dieu vous a t\u00e9moign\u00e9e, de lui consacrer votre \u00eatre entier : que votre corps, vos forces et toutes vos facult\u00e9s soient mis \u00e0 sa disposition comme une offrande vivantes, sainte et digne d\u2019\u00eatre agr\u00e9e. Ainsi, toute votre vie servira Dieu. C\u2019est le culte nouveau qui a un sens, un culte logique, conforme \u00e0 ce que la raison vous demande. Ne vous coulez pas simplement dans le moule de tout le monde. Ne conformez pas votre vie aux principes qui r\u00e9gissent le si\u00e8cle pr\u00e9sent ; ne copiez pas les modes et les habitudes du jour. Laissez-vous plut\u00f4t enti\u00e8rement transformer par le renouvellement de votre mentalit\u00e9. Adoptez une attitude int\u00e9rieure diff\u00e9rente. Donnez \u00e0 vos pens\u00e9es une nouvelle orientation afin de pouvoir discerner ce que Dieu veut de vous. Ainsi, vous serez capables de reconna\u00eetre ce qui est bon \u00e0 ses yeux, ce qui lui pla\u00eet et qui vous conduit \u00e0 une r\u00e9elle maturit\u00e9.\u00bb<\/i> &#8211; Romains 12.1-2 <i>Parole Vivante<\/i>, transcription moderne de la BIBLE (Nouveau Testament) pour notre temps, par Alfred Kuen.<\/p>\n<p><b>Source:<\/b> http:\/\/www.promesses.org\/arts\/161p27-30f.html.<\/p>\n<p><a class=\"link\" href=\"http:\/\/bibleetscience-diffusion.fr\/files\/notelecturefuitedelabsolu.pdf\">Note de lecture en PDF par Daniel Vidal de Fuite de l&rsquo;Absolu I<\/a><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: #ffffff; color: #333333; cursor: text; font-family: -apple-system,BlinkMacSystemFont,'Segoe UI',Roboto,Oxygen-Sans,Ubuntu,Cantarell,'Helvetica Neue',sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"> [131 KB].<\/span><\/p>\n<p><a class=\"link\" href=\"http:\/\/bibleetscience-diffusion.fr\/files\/Flyer_FuiteAbsolu_I.pdf\">Tract promotionnel A4 en PDF de Fuite de l&rsquo;Absolu I<\/a><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: #ffffff; color: #333333; cursor: text; font-family: -apple-system,BlinkMacSystemFont,'Segoe UI',Roboto,Oxygen-Sans,Ubuntu,Cantarell,'Helvetica Neue',sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"> [184 KB].<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<h3>A propos de l&rsquo;auteur<\/h3>\n<div>\n<div id=\"attachment_5040\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5040\" class=\"size-thumbnail wp-image-5040\" src=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Paul-Gosselin-1-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Paul-Gosselin-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Paul-Gosselin-1.jpg 300w, https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Paul-Gosselin-1-100x100.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><p id=\"caption-attachment-5040\" class=\"wp-caption-text\">Paul Gosselin<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>L&rsquo; auteur est anthropologue. Il a obtenu une licence et une ma\u00eetrise en anthropologie sociale de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval au Qu\u00e9bec (Canada). Il est \u00e9galement le webmestre du site Samizdat (250\u00a0000 visiteurs\/ann\u00e9e), et l&rsquo;auteur de trois livres :<br \/>\n&#8211; <i>Hors du ghetto\u00a0: un regard \u00e9vang\u00e9lique sur la culture et les arts<\/i> (2003)\u00a0;<b><br \/>\n&#8211; <\/b><i>Fuite de l&rsquo;Absolu : Observations cyniques sur l&rsquo;Occident postmoderne. <\/i>Volume I (2006) [sur le postmodernisme]\u00a0;<b><br \/>\n&#8211; <\/b><i>Fuite de l&rsquo;Absolu.<\/i> Volume II (2009) [sur le r\u00f4le id\u00e9ologico-religieux de la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution].<\/p>\n<p>Il donne des conf\u00e9rences sur les sujets suivants\u00a0: postmodernisme, arts et culture, d\u00e9finition de la religion, d\u00e9bat sur les origines.<\/p>\n<p>Il est mari\u00e9, p\u00e8re de deux enfants et vit au Qu\u00e9bec, au Canada.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9construction et l&rsquo;analyse de m\u00e9tar\u00e9cits sont les outils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de nos \u00e9lites postmodernes, mais si on reprend ces outils, en prenant pour cible le discours postmoderne lui-m\u00eame, il y a lieu de penser que l&rsquo;intervention soit digne d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Le sociologue am\u00e9ricain Thomas Luckmann est d\u2019avis <i>(The Invisible Religion. The Problem of Religion in Modern Society,<\/i> 1970, p. 70) qu\u2019a priori toute soci\u00e9t\u00e9 poss\u00e8de un syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux, un syst\u00e8me de sens, une vision du monde ou, en termes postmodernes, un m\u00e9tar\u00e9cit. \u00c0 son avis, il y a toujours une dimension religieuse dans l\u2019\u00e9laboration de l\u2019identit\u00e9 personnelle et sociale. Si un syst\u00e8me id\u00e9ologico-religieux constitue alors l\u2019infrastructure de toute civilisation, quelle est alors la religion de l\u2019Occident postmoderne ? Quels sont ses institutions, ses rites, ses mythes d\u2019origines, ses ap\u00f4tres, ses fid\u00e8les, ses initiations ? Dans les pages qui suivent, nous tenterons d\u2019examiner toutes ces questions embarrassantes, taboues, pour regarder au c\u0153ur de notre g\u00e9n\u00e9ration. Qu\u2019y trouvons-nous ?<\/p>\n<p><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: #ffffff; color: #333333; cursor: text; font-family: -apple-system,BlinkMacSystemFont,'Segoe UI',Roboto,Oxygen-Sans,Ubuntu,Cantarell,'Helvetica Neue',sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">Ce livre percutant qui nous fait d\u00e9couvrir l\u2019id\u00e9ologie mat\u00e9rialiste du postmodernisme de l\u2019Occident et ses m\u00e9canismes, r\u00e9el danger aussi pour l\u2019\u00c9glise qui s\u2019en impr\u00e8gne. Un ouvrage indispensable pour comprendre la trame id\u00e9ologico-religieuse de nos soci\u00e9t\u00e9s occidentales. <\/span><\/p>\n<p>Gosselin<i>, <\/i>Paul <i>(2006) Fuite de l\u2019Absolu \u2013 Observations cyniques sur l&rsquo;Occident postmoderne, vol. 1<\/i>, \u00e9ditions Samizdat, Ste-Foy, (Canada). 492 pages avec avant-propos, notes, bibliographie et index des sujets ; site Internet : <a href=\"http:\/\/www.samizdat.qc.ca\/publications\">www.samizdat.qc.ca\/publications<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":5041,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false},"product_cat":[98,108,71],"product_tag":[110,109,111],"class_list":["post-5039","product","type-product","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","product_cat-philosophie","product_cat-sciences-sociales","product_cat-societe","product_tag-paul-gosselin","product_tag-postmodernisme","product_tag-vision-du-monde"],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/product\/5039","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/product"}],"about":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/product"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5039"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5041"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5039"}],"wp:term":[{"taxonomy":"product_cat","embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/product_cat?post=5039"},{"taxonomy":"product_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bibleetsciencediffusion.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/product_tag?post=5039"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}