Les Nations Unies et les origines de “la Grande Remise à zéro”

12 décembre 2020 0 Par Bible & Science Diffusion

“Nul doute que le concept biblique de l’homme créé par Dieu à son image a eu d’énormes répercussions sur la dignité de l’homme, sa liberté, l’élargissement de ses droits, les systèmes politiques, le développement de la médecine, ainsi que sur tous les domaines de la culture.
Il y a une différence abyssale entre les conceptions humaniste et biblique de l’homme; pour les humanistes, l’homme est le fruit de l’évolution ; il n’y a pas de Dieu; la Révélation biblique nous dit au contraire que l’homme a été créé à l’image de Dieu ! Le point de vue humaniste a permis aux régimes totalitaires marxistes de se débarrasser commodément de millions de personnes qui, n’ayant pas été créées à l’image de Dieu, n’ont aucune dignité, aucun droit à l’existence si ce n’est par la volonté discrétionnaire de l’État.
Cette situation a été explorée en détail par le baron autrichien Eric Von Kuehnelt-Leddihn qui est sans doute l’un des plus grands spécialistes de notre siècle en matière de liberté et de totalitarisme.”

Douglas Kelly, La doctrine biblique de la création et le dessein intelligent.

Par Antony P. Mueller

12 décembre 2020

grande réinitialisation forum économique mondial davos

Il y a environ deux mille quatre cents ans, le philosophe grec Platon eut l’idée de construire l’État et la société selon un plan élaboré. Platon voulait des “hommes sages” (philosophes) à la tête du gouvernement, mais il précisait également que son genre d’État nécessiterait une transformation des êtres humains. A l’époque moderne, les promoteurs de l’État omnipotent veulent remplacer le philosophe prôné par Platon par l’expert et créer l’homme nouveau par l’eugénisme, qui s’appelle désormais transhumanisme. L’ONU et ses différentes sous-organisations jouent un rôle central dans ce projet qui a atteint son stade actuel dans le projet de l’Agenda 2030 et dans la Grande Remise à zéro.

La lutte pour un gouvernement mondial

La Grande Remise à zéro n’est pas venue de nulle part. Les premières tentatives modernes de création d’une institution mondiale à fonction gouvernementale furent initiées par le gouvernement de Woodrow Wilson qui agissait en tant que président des États-Unis de 1913 à 1921. Sous l’inspiration du colonel Mandell House, premier conseiller et meilleur ami du président, Wilson voulait établir un forum mondial pour la période suivant la Première Guerre mondiale. Néanmoins, le plan de participation américaine à la Société des Nations échoua et le mouvement  d’internationalisme et d’établissement d’un nouvel ordre mondial recula pendant les années folles.

Une nouvelle initiative visant à gérer une société comme une organisation vit cependant le jour pendant la Grande Dépression. Franklin Delano Roosevelt ne laissa pas passer la crise sans faire avancer l’agenda avec son “New Deal“. FDR était particulièrement intéressé par les privilèges exécutifs spéciaux qui accompagnaient la Seconde Guerre mondiale. La résistance était presque nulle quand il alla de l’avant pour jeter les bases d’une nouvelle Société des Nations, qui allait maintenant s’appeler l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Sous la direction de Staline, Churchill et Roosevelt, vingt-six nations acceptèrent en janvier 1942 de créer une Organisation des Nations Unies, qui vit le jour le 24 octobre 1945. Depuis leur création, les Nations Unies et ses branches, telles que le Groupe de la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont préparé les pays du monde à se conformer aux objectifs annoncés lors de sa création1.

Pourtant, les déclarations onctueuses de promotion de “la paix et de la sécurité internationales”, du “développement de relations amicales entre les nations” et de l’action en faveur du “progrès social, de meilleures conditions de vie, et des droits de l’homme” cachent l’objectif de la mise en place d’un gouvernement mondial doté de pouvoirs exécutifs dont la tâche ne serait pas de promouvoir la liberté et des marchés libres, mais un plus grand interventionnisme et un contrôle accru par le biais d’organisations culturelles et scientifiques. Cela devint clair avec la création de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) en 1945.

Eugénisme

Après la fondation de l’UNESCO en 1945, le biologiste évolutionniste, eugéniste et mondialiste déclaré anglais Julian Huxley (le frère d’Aldous Huxley, auteur du Meilleur des mondes) en devint le premier directeur.

Lors du lancement de l’organisation, Huxley appela à un “humanisme scientifique universel, unifiant les différents aspects de la vie humaine” (p. 9) et plaida pour la manipulation de l’évolution humaine en vue d’une fin “souhaitable”. Se référant au matérialisme dialectique comme à “la première tentative radicale de philosophie évolutionniste” (p. 12), le directeur de l’UNESCO déplorait que l’approche marxiste du changement de société fût vouée à l’échec en raison de l’absence en son sein d’une “composante biologique” indispensable.

Avec ces idées, Julian Huxley était en compagnie respectable. Depuis la fin du XIXe siècle, l’appel à l’amélioration génétique de la race humaine grâce à l’eugénisme a gagné de nombreux adeptes de premier plan. John Maynard Keynes, par exemple, considérait la promotion de l’eugénisme et du contrôle de la population comme l’une des questions sociales les plus importantes et un domaine de recherche crucial.

Keynes n’était pas le seul. La liste des partisans de l’élevage de la race humaine dans le but de s’améliorer elle-même est assez longue et impressionnante. Ces “réformateurs illibéraux” incluent, parmi de nombreux autres noms bien connus, les écrivains H. G. Wells et G. B. Shaw, le président américain Theodore Roosevelt et le premier ministre britannique Winston Churchill ainsi que l’économiste Irving Fisher et les pionniers du Planning familial Margaret Sanger et Bill Gates Senior, le père de Bill Gates, cofondateur de Microsoft et président de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Dans son discours prononcé lors de la fondation de l’UNESCO, Julian Huxley exprima assez précisément les objectifs et les méthodes de cette institution. Pour réaliser le “progrès évolutif” souhaité de l’humanité, la première étape doit être de souligner “la nécessité ultime de l’unité politique mondiale et familiariser tous les peuples avec tout ce qu’impliquerait le transfert de la pleine souveraineté des nations séparées vers une organisation mondiale”.

De plus, l’institution doit considérer le compromis entre “le primat de la qualité et la quantité” (p. 14), ce qui signifie qu’elle doit tenir compte du fait qu’il existe “une fenêtre de dimensions optimales pour toute organisation humaine, de même que pour chaque type d’organisme” (p. 17). L’organisation éducative, scientifique et culturelle des Nations Unies devrait accorder une attention particulière à “l’unité dans la diversité de l’art et de la culture dans le monde ainsi qu’à la promotion d’un fonds unique de connaissances scientifiques” (p. 18.)

Huxley dit clairement que la diversité humaine n’est pas pour tous. La variété pour des “êtres débiles, des crétins et des anormaux… ne peut être que mauvaise”, et parce qu’un “pourcentage considérable de la population n’est pas capable de tirer profit d’études supérieures” et aussi parce qu’un “pourcentage considérable de jeunes gens” souffrent de “débilité physique ou [d’]instabilité mentale” et que ces tares sont “souvent d’origine génétique” (p. 22), ces groupes doivent être exclus des efforts d’avancement du progrès humain.

Dans son discours, Huxley diagnostiquait qu’au moment de sa rédaction, “l’effet indirect de la civilisation, loin de favoriser l’eugénisme, lui est contraire” et qu'”il semble vraisemblable que le poids mort de la stupidité génétique, de la débilité physique, de l’instabilité mentale et de la susceptibilité aux maladies, qui existe déjà dans l’espèce humaine, s’avèrera un fardeau trop lourd pour permettre la réalisation d’un progrès réel” (p. 23.) Après tout, il est “essentiel de faire entrer l’eugénisme entièrement dans le périmètre de la science, car dans un avenir assez proche le problème de l’amélioration de la qualité moyenne des êtres humains deviendra vraisemblablement urgent et l’on ne pourra le résoudre qu’en appliquant les découvertes d’un eugénisme vraiment scientifique” (p. 42.)

Utilisation de la menace climatique

L’étape décisive suivante menant à la transformation économique mondiale fut franchie avec le premier rapport du Club de Rome. En 1968, le Club de Rome fut créé au Centre Bellagio de la Fondation Rockefeller en Italie. Son premier rapport fut publié en 1972 sous le titre “Les limites à la croissance“.

Le président émérite du Club de Rome, Alexandre King, et le secrétaire du Club, le général Bertrand Schneider, nous informent dans leur Rapport du Conseil du Club de Rome que lorsque les membres du Club cherchèrent à identifier un nouvel ennemi, ils répertorièrent la pollution, le réchauffement climatique, les pénuries d’eau, et les famines comme les éléments les plus opportuns pouvant être imputés à l’humanité, ce qui implique que l’humanité elle-même doit être réduite pour maîtriser ces menaces.

Depuis les années 1990, plusieurs initiatives globales visant à mettre en place un système mondial de contrôle furent entreprises par les Nations Unies avec l’Agenda 2021 et l’Agenda 2030. L’Agenda 2030 fut adopté par tous les états membres des Nations Unies en 2015. Ce programme lança son modèle de changement global avec l’appel à atteindre dix-sept objectifs de développement durable (ODD). Le concept clé est le “développement durable” qui comprend le contrôle de la population comme un instrument crucial.

Sauver la terre est devenu le slogan des guerriers de la politique verte. Depuis les années 1970, le scénario d’horreur du réchauffement climatique a été un outil utile entre leurs mains pour gagner une influence politique et finalement régner sur le discours public. Entre-temps, ces groupes anticapitalistes ont obtenu une influence dominante dans les médias, les systèmes éducatifs et judiciaires, et sont devenus des acteurs majeurs dans l’arène politique.

Dans de nombreux pays, en particulier en Europe, les dénommés partis verts sont devenus un élément central du système politique. Beaucoup de leurs représentants sont assez francs dans leurs demandes de rendre la société et l’économie compatibles avec des normes écologiques élevées qui nécessitent une remise à zéro profonde du système actuel.

En 1945, Huxley (p. 23) notait qu’il était trop tôt pour proposer carrément un programme de dépeuplement eugénique, mais prévenait qu’il serait important pour l’organisation “de s’assurer que le problème eugénique soit étudié avec le plus grand soin et que l’opinion publique soit informée de tout ce qu’il met en jeu, de manière à ce que ce qui est maintenant inconcevable puisse au moins devenir concevable”.

La prudence de Huxley n’est plus nécessaire. Dans l’intervalle, les branches des Nations Unies ont acquis un tel niveau de pouvoir que même des sous-organisations des Nations Unies à l’origine mineures telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont été autorisées à ordonner à des gouvernements du monde entier d’obéir à leurs ordres. L’OMS et le Fonds monétaire international (FMI) – dont la conditionnalité des prêts est passée de la restriction budgétaire à la mesure dans laquelle un pays suit les règles fixées par l’OMS – sont devenus le tandem suprême œuvrant à l’établissement du nouvel ordre mondial.

Comme l’a souligné Julian Huxley dans son discours de 1945, c’est la tâche des Nations Unies de supprimer la liberté économique, car “le laisser-faire et les systèmes économiques capitalistes” ont “créé beaucoup de laideur” (p. 43.) Le moment est venu d’œuvrer à l’émergence “d’une culture mondiale unique” (p. 70). Cela doit être fait avec l’aide explicite des médias de masse et des systèmes éducatifs.

Conclusion

Avec la fondation de l’ONU et de ses sous-organisations, la volonté de faire progresser les programmes eugéniste et transhumaniste a accompli un grand pas en avant. En parallèle avec les activités du Club de Rome, elles ont un pied à l’étrier pour lancer la Grande Remise à zéro qui est actuellement en cours. Avec l’annonce d’une pandémie, l’objectif d’un contrôle gouvernemental global de l’économie et de la société a fait un autre bond en direction de la transformation de l’économie et de la société. La liberté fait face à un nouvel ennemi. La tyrannie se présente sous le déguisement d’un pouvoir expert et d’une dictature bienveillante. Les nouveaux dirigeants ne justifient pas leur droit à la domination en raison de la providence divine, mais revendiquent désormais le droit de gouverner le peuple au nom de la santé et de la sécurité universelles sur la base de preuves scientifiques présumées.

A propos de l’auteur

Dr Antony P. Mueller

Le Dr Antony P. Mueller est un professeur allemand d’économie qui enseigne actuellement au Brésil. Il peut être contacté par courriel. Voir son site Web et son blogue. Voici sa biographie donnée par lui-même : “J’enseigne l’économie à l’Université fédérale de Sergipe (UFS) au Brésil. Je suis né et j’ai grandi en Allemagne de l’Ouest et j’ai obtenu mon doctorat (ainsi que le diplôme postdoctoral de Dr. phil. habil. et le venia legendi) en économie à l’université d’Erlangen-Nuremberg. En 2007, j’ai fondé le groupe de réflexion indépendant “The Continental Economics Institute“. Avant de venir au Brésil, j’ai acquis de l’expérience en tant qu’opérateur de marché financier international et j’ai occupé divers postes universitaires en Europe et aux États-Unis, où j’étais boursier Fulbright. Mes principaux domaines de recherche au-delà de la macroéconomie sont la finance internationale, l’économie politique internationale, l’économie monétaire (banque centrale) et l’économie autrichienne, avec un accent sur la dynamique des changements inattendus et des connaissances dispersées, des sujets qui me plongent parfois dans un désespoir métaphysique.”

Source : https://mises.org/wire/united-nations-and-origins-great-reset

Article original en anglais publié le 23 novembre 2020. Traduit en français et publié avec l’aimable permission de l’auteur.

Note de B&SD :

1 David Noebel écrit ce qui suit à propos de l’ONU : “John Warwick Montgomery affirme, dans Human Rights and Human Dignity, que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies (10 décembre 1948) a été établie par René Cassin et est inspirée des Dix Commandements. Montgomery pense que la lecture qu’en fait Johannes Morsink, qui conclut que la Déclaration était basée sur « l’humanisme laïque du XXe siècle » va trop loin. Nous pensons que Morsink est plus proche de la vérité, mais ce qui est très perturbant, c’est que l’organe chargé de l’application des décisions des Nations Unies est sous contrôle marxiste/léniniste et l’a été depuis la création de l’ONU. Le Département des Affaires Politiques et du Conseil de Sécurité, qui contrôle le Comité de l’état-major militaire, le plus important département du Secrétariat des Nations Unies, a été dirigé par les individus suivants : 1946-1949, Arkady Sobolev (URSS) ; 1949-1953, Konstantin Zinchenko (URSS) ; 1953-1954, Ilya Tchernychev (URSS) ; 1954-1957, Dragoslav Protitch (Yougoslavie) ; 1958-1960, Anatoly Dobrynin (URSS) ; 1960-1962, Georgy Arkadev (URSS) ; 1962-1963, E. D. Kiselve (URSS) ; 1963-1965, V. P. Suslov (URSS) ; 1965-1968, Alexei E. Nesterenko (URSS) ; 1968-1973, Leonid N. Kutakov (URSS) ; 1973-1978, Arkady N. Shevchenko (URSS) ; 1978-1981, Mikhail D. Sytenko (URSS) ; 1981-1986, Viacheslav A. Ustinos (URSS) ; 1987-1990, Vasiliy S. Safronchuk (URSS). Notre préoccupation sur ce sujet a été alimentée par le discours du 11 septembre 1990 du Président George Bush devant le Congrès et le peuple américain, dans lequel il avait déclaré : « De ces temps troublés, notre cinquième objectif – un nouvel ordre mondial – peut émerger… Nous voyons maintenant des Nations Unies qui œuvrent comme l’avaient envisagé leurs fondateurs. » Un de leurs fondateurs était Alger Hiss, un espion marxiste/léniniste du Département d’État américain – voir Whittaker Chambers, Witness (Chicago : Regnery-Gateway, 1978) et Time, 22 octobre 1990, p. 73. En 1944, Hiss exerçait la fonction de secrétaire exécutif de la Conférence Dumbarton Oaks, où pratiquement toutes les décisions critiques au sujet des Nations Unies étaient prises. Lors de la conférence inaugurale des Nations Unies qui eut lieu à San Francisco en 1945, Hiss assura le rôle de secrétaire général en exercice et de membre important des comités exécutif et directeur en charge de la rédaction de la Charte des Nations Unies” (David A. Noebel, Understanding the Times. The Story of the Biblical Christian, Marxist/Leninist and Secular Humanist Worldviews. Summit Press, Manitou Springs, CO, Etats-Unis, 1991, chapitre 23, “Biblical Christian Law”.)


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